‹ Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l'intelligenceChapitre 58 sur 144 · CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES

opposé, par la forme, la direction, les rapports, le siège, la longueur et la largeur. Il y a cependant, disent-ils, à la face interne de chaque hémisphère, immédiatement au-dessus du corps Calleux, une circonvolution presque symétrique, niais ontrouve encore des dissemblances marquées entre celle de droite et celle de gauche. Quant aux circonvolutions des mammifères, elles ne présentent rien de déterminé, » (1)

L'extrémité inférieure et postérieure de la circonvolution qui entoure le corps calleux, dont une partie avait été décrite par Malacarne, et admise par les frères Wenzel, a été l’objet d’une mention spéciale de la part de Treviranns (2). M. Ser+ res, qui lui a donné le nom de lobe d’hippocampe, en a parlé dans le même sens que Treviranus, et M. Lélut (3) en a exposé la structure.

Ainsi dans l’étude des circonvolutions cérébrales, on avance pied à pied et l’on attache si peu d'importance à les examiner, que les auteurs qui ont découvert une partie de l’une d'elles, ne poursuivent pas leurs recherches jusqu’à en observer toute l'étendue.

Le magnifique ouvrage de M. Tiedemann sur le cerveau des singes et de quelques mammifères rares dans nos contrées , l'emporte sur tous ceux qui l'avaient précédé par l'exactitude et la beauté de l’exécution; on y trouve fidèle ment rendues les circonvolutions de plusieurs singes, celles du phoque, du lion, du chat, du coati, de l’unau; mais. l’auteur ne les a pas décrites, et Le choix qu'il à fait de cerveaux

(x) De penitiori structure cerebri hominis et brutorum, in-fol. Tubing. 1812, ps 23

(2) Recherches sur la str ucture et les fonctions de l’encéphale, des nerfs et des organes des sens, dans les différentes classes du règne animal ; Wrad. par M. Breschet, dans les Archives générales de Médecine; 3° vols. 1823, p« 230.

(3) Vote sur la substance blanche du lobule d'hippocampe; ête, Joirnal des progrès, année ur 830, t. rt, p. 165.

DES MAMMIFÈRES. 368 rares dans ns contrées, aurait rendu cette description toutà-fait incomplète. Aussi M. Tiedemann n'at-il pas même tenté d’en indiquer la forme ou l'arrangement. En donnant des dessins exacts, ila fourni un document utile, mais que des recherches ultérieures pouvaient seuls féconder.

Je n’en puis dire autant des travaux de M. Serres, Sur le même sujet : : toutes les figures de l’atlas de son Ænatomie comparée sont inexactes, quant à ce qui concerne les circonvolutions cérébrales, et la/description qu’il donne de ces parties n’est en aucun point conforme à la nature. Ainsi, il distingue les animaux, en ceux qui ont des circonvolutions similaires, d’un lobe à l’autre, et en ceux qui les ont dissimilaires. Dans la première catégorie, il place les carnassiers, tels que le lion, Île tigre, le loup et le renard, sans indiquer aucune différence entre les uns etles autres; dans la seconde, il place l’homme, les cétacés, le cheval, qui les ont cependant tout aussi similaires que les premiers : du reste, il n’en conpaît ni le nombre ni le développement. Et combattant l’opinion des anatomistes qui croient que les circonvolutions pourraient fournir des caractères positifs pour la classification des mammifères, il dit que cette proposition est loin d’être exacte, en ce qui concerne les familles. D’après ses observations sur trois phoques, quatre lions, six renards, deux loups, environ vingt chiens, dix à douze chats, cinq à - six bœufs et moutons, il assure que la proposition dont il s’agit, manque également d’exactitude, en ce qui concerne les espèces. (1)

Rolando, dans un travail imprimé en 1829, à décrit et figuré les circonvolutions cérébrales de l’homme; et malgré la netteté de sx description, malgré la fidélité de ses dessins, il

(AP Open. 1, 11, p. 563, \ ;

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ne paraît pas qu'il ait été comptis, même par les anatomistes qui se sont le plus OCCUPÉS du cerveau, car M. Cruveilhier , lui-même, qui a essayé de veproduire, en 1836, la découverte de Rolando, n’a réussi qu 'imparfaitement à à donner une. idée de la disposition des circonyolutions cérébrales qu’il compare encore, suivant les anciennes traditions, aux circonvolutions de l'intestin grèle (L), mais dont il indique « cependant les dispositions principales. | Restait toujours la même ignorance des circonvolutions des animaux ; M, Cruveilhier, qui a essayé de traiter ce sujet, n’a pas été heureux dans le choix de ses propositions. « Dans l'espèce humaine, dit-il (2), ainsi que dans la série animale, le développement des ciréonvolutions m'a éoujours paru en rapport direct avec le développement du cerveau considéré en masse. » C'est une erreur empruntée à Gall, et que M. Vimont a depuis combattue avec raison. « Sous le point de yue des circonvolutions, continue M. Cruveilhier, comme sous beaucoup d’autres, le fœtus humain représente les dispositions des animaux inférieurs. Les anfractuesités d’un fœtus humain de cinq mois, ne sont ni plus profondes, ni plus multipliées que celles du cerveau du lapin » : et plus loin «sous le rapport du volume du cerveau et du nombre des circonvolutions, aucun mammifère ne se rapproche de l’homme. Chez les carnassiers et les ruminans, je n'ai point observé, dans les circonvolutions, larégularité que plusieurs anatomistes opposent au défaut de régularité des circonvolutions ‘de: l'espèce humaïne (3). » Les faits sont en opposition directe avec chacune de ces propositions. Le fœtus humain, dès qu’il paraît des circonvolutions à sa surface, à des (1) Anätomie descriptive, t, 1, p. 658,

(2) Zd., id. , p. 659.

(3) Zd:, id., p. 727.

caractères pris dans la disposition même des circonvolutions, qui le distinguent de tous les animaux inférieurs, et même de tous les. mammifères. Quant au nombre et au volume des cir= convolutions;l éléphant l'emporte sur l’homme: c'estun faitde la dernière évidence et dont on pourra s'assurer en jetantles yeux sur le lobe cérébral d’un éléphant, lobe que l’on conserve | au muséum d'histoire naturelle de Paris, et dont les planches , xur et xuir de l’atlas, sont la fidèle représentation. Enfin pour ce qui concerne la régularité des circonvolutions, - chez les carnassiers et les ruminans, elle est aussi constante que la régularité des artères ou des veines d’un côté du corps, comparées à celles du côté opposé. Il s'y rencontre des différences, des anomalies, mais il n’en est pas moins vrai que la description des artères du bras droit, par exemple, convient à à celle. du bras gauche. Le même degré de ressemblance. “existe entre les circonvolutions des deux lobes cérébraux. ti *e Dans l’énumération que je viens de faire des auteurs qui se sont occupés de la description des circonvolutions cérébrales de l’homme et des animaux, c’est à peine si j'ai eu à citer le nom de quelque phrénologiste. J e n'ai cependant pasoublié de compulser les ouvrages publiés par les sectateurs de Gall, mais c’est que par une inexplicable préoccupation, eux qui atta-, chent une si grande importance à la saillie de telle ou telle partie du crâné, ont négligé l'étude des circonvolutions du cerveau: Ni Gall, ni Spurzheim n'ont abordé. cette matière , et les partisans de la doctrine” enséignée par ces auteurs, ceux même qui Ont écrit depuis” 4829, n’on * pas su tirer parti de la découverte de Rolando. Les figures du cerveau de l'homme, publiées dans le grand ouvrage de Gall, manquent d’exactitude, Surtout en ce qui concerne les, circonvolutions.cérébrales; celles qui représentent le cerveau des animaux et qui sont d’ailleurs en très

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