DESCRIPTION DU SYSTÂME NERVEUX
le ganglion viscéral qui est uni au ganglion pédieux dWe manière assez intime y ces ganglions n'étant séparés que dans une partie de leur élendue» par un vaisseau artériel. De ce double ganglion partent comme autant de rayons , un grand nombre de nerfs qui marchent dans toutes les directions. A raide du microscope, j'ai compté à ces ganglions, trente-deux nerfs outre les quatre cordons qui , formant l'anneau , se portent aux ganglions céphaliques. Le ganglion viscéral fournit auxt)rganes de la digestion , de la respiration^ de la circulation et des sécrétions; il envoie des filets considérables au collier et aux muscles de la coquille^ tandis que le ganglion pédieux donne presque exclusivement ses filets au pied.
Ne pouvant mesurer séparément le ganglion viscéral et le ganglion pédieux , à cause de leur intime adhérence , je les ai mesurés réunis et je leur ai trouvé un volume qui , ramené en millimètres cubes y est de 10"^
La somme des diamètres des nerfs qui en partent, est de 9,72
Ce qui établit le rapport du ganglion aux nerfs égal à celui de là 0,972
La différence que donnent ces chiffres, entre le rapport des ganglions céphalique et viscéral, et les nerfs qui en émanent, exprime l'importance relative de ces ganglions. Dans les deux cas , le volume du ganglion l'emporte sur le diamètre des nerfs, mais, pour le ganglion céphalique, la différence est beaucoup plus grande que pour le ganglion viscéro-pédieux. Le ganglion céphalique est en somme le plus petit, mais, eu égard à ses nerfs, il est le plus considérable; il peut donc avoir sur ses nerfs une action plus puissante qoe le ganglion viscéro^édieux n'en a sur les siens ; il est le centre auquel viennent aboutir les nerfe destinés aux s^s^ c'est lui qui reçoit ^les sensations.
DES MOLLUSiQUtS. 17
Les conséquences de ce fait sont faciles à tirer ; elles confirment nn principe établi par S. T. Soemmering dans ses recherches sur le volume de l'encéphale de Thomme et des animaux vertébrés (1), comparé à celui des nerfs cérébraux , et montrent que chez les mollusques comme chez les animaux les plus parfaits, la nature procède d'une manière uniforme. Mais, dans ce chapitre, je dois me borner à une description anatomique ; les données physiologiques qui en découlent trouveront leur place ailleurs et plus utilement.
Dans certains gastéropodes , le nombre des gan^^îons nerveux s'élève jusqu'à onze : c'est ce qui a lieu dans les sabots (turbo) \ mais le plus ordinairement on en rencontre cinq qui sont : les deux ganglions céphaliques , le ganglion pharyngien y le pédieux , et le branchial ou viscéral ; dans les patelles, il y a de plus un ganglion labial.
4* Piérvpodet. « Dans le clio boréal , le cerveau est à deux lobesplacés sur l'origine de l'œsophage; de chacun d'eux natt un petit filet qui se renfle en un gros ganglion , lequel Tunit à son correspondant sous l'œsophage. Ces deux ganglions donnent chacun plusieurs filets aux parties environnantes ; deux de ces filète, un de chaque côté 9 se renflent encore en ganglions, qui s'unissant ensemble par un nouveau filet qui traverse sur l'œsophage , y forment ainsi un second collier lié avec le premier par le dessous ; ils donnent chacun un filet deux fois renflé, et c'est de tous ces petits nœuds de matière médullaire que viennent les différons nerfs. Je n'ai pu apercevoir d'œil quoique la figure de Phipps paraisse en indiquer un , ni aucun organe particulier des sens extérieurs, excepté Forgaue commun et général du toucher.» Cette description du système nerveux du clio boréal, le seul des ptéropodes qui ait été dis-
(f) Tahula haseos encêphoG, Francf. 1798, In-fol. fig.
16 DESGEIPTIQll 9V 8T^B||B NERVEUX
séqué avec soin, aéié donnée par Cavii»r; elle montre qu'O existe la plus grande analogie entre le cUo et les gastéropo»de^. Le nombre des ganglions du elio est en effet de cinq.
5"" Ç^ph^lopo4B$. Conme dans lea autresefauses des molhu* qnes » le système nerveux des oq^balopodes varie snivant les eq^èces, et pour le nowbre des sanglions et pour le vokuM re^^ctU de cltaciei d'eux t il y a pourtant une toidanee bien yisible de la misse nerveose » à se porter en plus grande quantité vers rorifice de l'cnsopliage. Làf en eiet, se tronveni et les ganglions les plus considérables» ei les nerfe les plus nombreux. JLes organes des sens » dont te point de réunion est Tanneau osopbagien» ont, dies les céphalopodes, wi bant degré de perfection ; Tceil , par exemple, y est presque aussi eom^t qne ebez les mammifères , et Torgane de Tovie est venu s'ajouter aux autres sens. Les gangKons prlncq>a«x sont encore placés auiour de l'cesopbage ; mais l'un d'eux, le gaqglipn cépbalique a, dans le poulpe, un voliuae qu'on ne retrouve pas dans les autres mollusques.
Le nautile que je décrirai d'après l'excellente gravure qw^en a publiée M. Owen (1), a six ganglions de chaque cdté, en to«l douxe ganglions, dont huit sent réunis autour de rœsophnge;, deux situés vers les lèvres, et deux autres au milieu des vis«< cères. Les ganglions, placée autour de l'œsophage, sont la eéphalique, l'optique, le sub^csso^hagien antérieur et le snb* cesopbagiea postérienr. Le premier est aa^dessus de l'orifice e^sopbagien , le second à sa partie externe et supérieure , les deux autres au-dessous. Les nerb qui en panent sont , pour lo gunglion oéphalique , les nerfs IbigMwx et maxillaires i pour Toptique , le nerf optique f pour le sub«œsophagien antérieur, les nerb des tentacules digitales, les nerh des tenl»*
(i) y. p], i'' , la figure publiée par M. Oweo , et «pie j'ai reprodnila.
D^ MOLLUêQUlfi. 49
cules labiales eKtenies , les nerfs infandSfeiilaires , et un cordon de communication avec le ganglion labial; pourlesub* œsophagien postérienr, les nerfe des mnscles de la coqnine, les nerfs des viscères et do la veine cave. Le cinquième gatH glion OH labial fonmit des nerfs aux tentacules labiaux internes, et les nerfs de Volfaction $ enfin , le même ganglion on gangtiOB viscéral donne des nerlk au foranchias «t aux vis^ cères ; c^est ce dernier qui représente, cbese le nautile, le gtin-* glfon sympathique des veriëbrés .
Parmi ces ganglioM , ropiiqm seul a une destinaiion spéciale, celle de donner le nerf optique; les autres tendent •eulenient à devenir spéciaux \ aiasi le snlMBsophagieB antérîenr foimilt les nerlii des tentacales auxquels il donne le •emiaent et ^e mouvement ; le sidMBsophagien postërienr fournit les iieifs de hi vie organique , et en même temps ceux de plnsleors mnaoies locomoteurs; le labial interne four-* Bit à TolActioii et an goftt; enin le viscéral donne aux bran^ eiiies et à plusieurs des organes de la digestion. Le volume des nerfs comparé à ceM des ganglions , est très consîdé^ nMe 9 ainsi le nerf optique , qui est à la vérité le pins gros de «o«s , a un diamètre qui égale les dmm tiets du gangHoQ optiqne, et qui est presque jiemblable m diamètre du gan^ gftem céphalîque.
Dans la seiche se trouvent des ganglions coii*espe«dant k ceux évL nautile, mais avec des modifications. Le ganglion éépbaliqne, qni, ^ns le nauâle, ne consiste gntr^ qvfeb tme simple commissure , a , daÉs la 9éi<dic, un volume beaucoup plus considérable ; il consiste , chez ce dernier Mimai , %ù un ganglion bilobé , central , et se distfaiguant n4itiement du ganglion optique , ceqni n'a pas lien chez le nautile. Le gan^* glion optique est très volumineux, le ganglion sub-œsophaglen antérieur , appelé aussi patte d'oie , donne aux muscles
20 DSSCKIPTION DU STSTftVB IfEKTSUX
des pieds $ le postérieur donne ies nerfs qui yoot aux viscères et au cloaque, il est en communication avec le ganglion viscéral ou ganglion étoile. Ce dernier est Tanalogue de celui qui y chez le nautile, donne les nerb des branchies.
Le ganglion eéphalique donne des nerfs qui sont au pour** tour de l'orifice œsophagien ; il donne les nerfs optiques qui « avant de pénétrer dans l'œil , se renflent en un ganglion qui l'emporte de beaucoup en volume sur tous les autres , et même sur le ganglion cépbalique ; il est enfin en communication avec le reste de l'anneau , par une double bande nerveuse.
Le ganglion sub-œsophagien postérieur, outre les nerb dont j'ai parié et dont plusieurs vont aux branchies , donne aussi des nerfs pour l'organe de l'oulOi organe qui, dans la classe des mollusques, n'existe que chez les céphalopodes. M. Garner fait remarquer, à l'occasion de ce nerf acoustique, que son origine est très voibine des nerfs respiratoires , ce qui établit un point d'analogie entre les mollusques et les vertébrés. Le même auteur ajoute que les nerfs qui vont aux organes extérieurs de la génâration , ne naissent pas du ganglion cépbalique, comme cela a lieu chez les gastéropodes, ce qui indique une tendance toujours croissante des ganglions à se spécialiser, au ftur et à mesure que l'on examine des animaux pins parfaits.
Chez la seiche', nn cartilage protège l'anneau œsophagien et surtout sa portion céphalique. C'est le premier indice du crâne que l'on retrouve également et même à un degré plus avancé chez le poulpe.
Quatre ganglions principaux existent chez le poulpe (1) : le céphalique, le seul qui soit impair est Située au-dessus de
(t) V. pt. i^*y Ya figure da sy&tème nerveux du pou|ile, reproduite d'aprèt
DBS MOLLUBQUBS. 21
rôesopbage, il est comparativement pins volumineux que celui de la seiche ; Voptique uni an premier par le nerf optique ; le sous* oesophagien ou ganglion en patte d*oie y qui est le point où aboutissent presque tous les nerfs, enOn le ganglion étoile qui se trouve au milieu des viscères et donne princi-' paiement à la bourse.
Le ganglion céphalique donne des nerb qui vont à la base des pieds, à la bouche et aux lèvres, d'autres qui vont former un ganglion secondaire que je désignerai sous le nom de labial, enfin le nerf optique. Le ganglion céphalique est divisé transversalement par un sillon qui le partage en deux parties, Tune antérieure et Fautre postérieure. Cuvier a appelé la première cerveau, la seconde cervelet : j'examinerai plus loin la légitimité de ces dénominations.
Le ganglion optique, uni par le nerf du même nom au gan* glion précédent, a un volume très considérable , il est uniquement destiné à l'organe de la vision qui est très volumineux chez les céphalopodes.
Le ganglion en patte d'oie fournit à lui seul , comme je l'ai déjà dit tout-à-I'heure , presque tous les nerfs de l'animal ; ces nerfs vont aux pieds , aux viscères , à l'entonnoir et à l'oreille , ainsi , il sert , en même temps i à la sensation , au mouvement , à la respiration et à la nutrition.
J'ai dit que le ganglion étoile allait principalement à la bourse , organe qui produit et contient la matière noire ap^ pelée encre de seiche.
D'après la description donnée par Cuvier, description que jeprends pour guide, le poulpe a donc quatre ganglions, et les nerfs principaux qui en émanent sont au nombre de sept paires. A ces parties fondamentales du système nerveux du poulpe , il faut lyouter les cordons qui forment ou plutAt qu i complètent le collier , en réunissant autour de l'œsophage , le
32 DESCEIPTION mi 3TftTàm KBRYEUXy BTC.
ganglion cépbaliq«e et le ganglion en patte d*oie. Ce cordon a cela de particulier qu'il est uniquement destiné à établir une communication entre les ganglions œsophagien»^ il ne ft*en détache jamais aucun nerf et chez les mollusques où j'ai pu lubserver, il est» dans toute son étendue, brmé par deux filets simplement adossés et ne communiquant entre eux dans aucun poini de leur étendue.
EÉSVMÉ.
i. Le système nerveux des mollusques consiste en ganglions» en nerb et en cordons de communication.
2. Un même ganglion peut fournir à-la-fois des nerCsï à tout l'organisme.
3. Cependant les ganglions ont de la tendance à devenir spéciaux; les uns étant plus particulièrement destinés aux or* ganes des sens, les autres aux organes de la nutritioui d'autres enfin aux organes de la locomotion.
&. Le ganglion duquel émanent les nerfs de la vue» du goût et de l'odorati est toi^ours situé au-dessus de l'œsophage.
5. L'organe de l'ouïe, quand il existe, reçoit le nerf qui lui est destiné, d'un ganglion situé à côté ou au-dessus de l'œsophage, lequel ganglion est commun aux neris viscéraux et locomoteurs.
6. Le ganglion le plus considérable n'esl jamais le ganglion céphalique.
7. La situation du ganglion céphaliquC) son volume, les nerfs qu'il fournit, indiquent qu'il est un organe supplémenuire du tube digestif et qui a pour fonction principale de présider au choix des alimens et à leur préhension. ,
8. XiG volume des nerfs est eu rapport avec celui des organes
STKUOrUftB DV «TSTÈMB IfBlIVEUX, ETC. H
. dof» tesq&ete ils se divisent, et non avec celui des centres
oerven, MCfêél leurs troncs viennent abontir. 9. Les ganglîotis œsophagiens, qui sont les ganglions princt-
pau, sont toqjoQTS symétriques; les autres le sont ordinal^
reouM.
iO. Chez plusieurs mollusques les organes ettérieurs éè la
génération reçoivent des nerfs qui viennent directement du
ganglion eéphalique.