‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 30 sur 66 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Le système nerveux cérébro-spinal des reptiles n'offre pas, à beaucoup près, la même variété que celui des poissons : chez les reptiles, la moelle épinière est conformée d'une manière très analogue, et les parties qui composent l'encéphale sont en même nombre chez tous. Serait-ce un retour vers la simplicité d'organisation que l'on rencontre chez les ascidies? Non ; car chez les ascidies, des nerfs nombreux et considérables, proportion gardée, vont se rendre à un petit ganglion ; tandis que chez les reptiles, ce sont des nerfs moins considérables, et des centres nerveux, des ganglions plus gros. Ainsi, chez les reptiles , prédominance du système central ; diminution du système périphérique. Dans le système central, si les parties se rapprochent, elles ne se confondent pas, et, chose remarquable, celle qui prend le plus grand volume , I. 15

9M DBSCBIPTIOll m L'mێPHA.LB

sembla rester eomplèieiBeiit élraagère à la prodactkn des nerfef au moins, n'en foarnit-eile aucmi d'ane manière dî^

recte.

l. Encéphale.

Les parties principales dont se compose Tencéphale des reptiles sont le cerveau, les lobes optiques» le cervelet; les parties secondaires sont les ventricules^ le corps calleux , les commissures antérieure» postérieure et inférieure » le corps strié» la couche optique» Yinfundibulunif Taqueduc de Syl* vius» la commissure diffuse du cervelet» le noyau gris inférieur, la tige pituitaire , la glande pinéale , el l'origine dee nerfs encéphaliques.

i^ Lobes cérébraux. Dans tous les reptiles, le cerveau r^tnporie en toiume sur les autres ganglions céphaliques ; il est allongé, pyriforme^ sa grosse extrémité, tournée en arrière, se prolonge dans presque tous les reptiles, jusqu'aux lobes optiques ^ sa petite extrémité se termine en avant par un prolongement creusé d'un canal (1), et qui, après s'être un peu renflé, fournit les nerfs olfactifs. Lorsque l'on écarte le lobe cérébral du côté droit de celui du côté gauche, on lea trouve distincts et séparés l'un de Tautre dans les trois quarts antérieurs ^ dans le quart postérieur» ils sont réunis au moyen d'une commissure analogue pour l'aspect , à la commissure moUe des couches optiques du cerveau de l'homme. La sorr face en est lisse f cependant» au côté externe de ce lobe, oa voit, chez la tortue» par exemple, une légère dépression qui est là comme un rudiment de la scissure de Syivius» et que parcourt une branche artérielle venant de la carotide» La

( <i) % pu Vit (es heffl olfatHifi dt la gnnùttiHé.

eeiÀeuf de la stiManm des lobe» oérihnmsi est ihm gris Manch&tre; celle de la commissare placée eotrece» lobes a la même apparence.

Si Ton incise les lobes cérébraux, on les trouve creux , et la surface interne en est parsemée de vaisseaux sanguins* Les parois en sont minces, excepté cependant iers la partie ei%r terne et inférieure, où elles présentent un petit renflement ganglionaire , analogue au corps strié. Chaque lobe cérébral est comme implanté sur Textrémitë céplidlique du prolonge* ment fulcral de la moelle épinière.

Gbez quelques reptiles , le crapaud et la grenouilleV par exemple , il existe en avant du lobe cér^ral , m petit gas^ glion olfactif qui se continue directement avec le proIong«<* ment creux dont l'extrémité antérieure^ ordinairement un peu renflée , fournit les filets nerveux olfactib.

2^ Lobeg ùptiquei. Ces lobes situés en aiKère des pré* cédens , sont arrondis , pyriformes et parfaitement blancs* Leur volume , contrairement à ce qui ' a lien dans tons les poissons osseux, est constamment moindre que celui du cerveau, quelquefois de la moitié , quelquefois du quart. Ils sont implantés sur les prolongemens antérieurs de la moelle épi-^ nière , et réunis , celui de droite avec celui de gauche ^ par une espèce de rapbé plus marqué en arrière qu'en avant. Deux racines d'un même nerf, du nerf optique^ se voient à sa surface , Tune en dedans et en haut , l'autre en dehors et en bas : c'est une disposition tont^fait analogue à celte Que J'ai décrite chez les poissons. Incisés, les lobes optiques présentent comme les lobes cérébranx , une cavité ; la cavité da lobe droit communique avec celle du lob^ gauôbe^ une déi* pression qui rappelle la voûte àtrois piliers, les distingue Tune de l'autre, plutôt qu'elle ne les sépare. La surface interne du lobe , ou pour parler plus exaotement , de la lame (y^tique.

228 DiscRiFTioir DB l'ihcépbale

est parsemée d'un flombre infini de vaisseaux, sanguins.

9^ Cervelet, Cet organe est loin d'être semblable chez tous les reptiles. Il consiste en une simple lamelle placée en trayers du quatrième ventricule , chez le crapaud , la grenouille^ le lézard y la salamandre terrestre , la couleuvre , le menobranchus , Tamphisbène ; il forme au contraire chez la tortue une masse globuleuse égale et même supérieure en volume i Tun des lobes optiques. D*après M. Mayer, de Bonn (1), le menopoma , malgré sa grande similitude d'organisation avec les salamandres, a un cervelet différent de celui de la plupart des autres reptiles et fort semblable, quant à la ferme , au cervelet allongé de la morue et du rouget : sui<vaut Desmoulins , le crocodile serait dans le même cas.

k^ Fentrieulei, Les prolongemens olfaciife sont creux chez tons les reptiles; les lobes cérébraux le sont également ; les lobes optiques sont creux et communiquent celui du côté droit avec celui du côté gauche ; entre eux et un peu eu avant, se trouve une portion du troisième ventricule , Yinfundi^ bulum, et en arfière, l'ouverture de l'aqueduc de Sylvius qui conduit daus le quatrième ventricule. Chez cei^taîns reptiles^ le quatrième ventricule présente des tubercules analogues aux tubercules de la moelle allongée des poissons; c'est ce qu'on remarque chez le crocodile.

5^ Corpi calleux. Je noie ici l'existence de celte commis- .sure , parce que l'étude de la structure de l'encéphale des poissons m'a révélé son existence et que si on ne Taperait pas à l'œil nu et comme partie distincte de l'encéphale des reptiles ^ on peut au moins la présumer. Tout-à-l'heure, je prouverai qu'elle existe réellement , et j'indiquerai le lien 'où il fiiut la chercher.

(i) Voyrt f ouviiige cîlé,p1. vh, fig. 5.

DES AEPTILBS. 229

6® Commissure antérieure. Elle est placée un peu enar'« rière du lobe cérébral , à Textrémité antérieure de Vinfu n« diïnUum,,

T Commissure postérieure. En arrière de Vinfufidibur lum, au-dessus de Taqueduc de Sylvius.

8® Commissure inférieure. Elle prend naissance , chez les poissons, dans les tubercules inférieurs. Au lieu de tubercules inférieurs, on ne trouve , chez les reptiles , qu'un petit noyau gris , à peine saillant , situé en arrière de l'endroit où se croisent les nerfs optiques. C'est des parties latérales du noyau donc il s'agit , que natt la commissure inférieure que l*on distingue très bien, notamment chez la couleuvre , du ehiasma des nerfs optiques.

îP Commissure diffuse. Quand ou a enlevé le cervelet et ouvert l'aqueduc de Sylvius , on voit les faisceaux de la moelle épinière se prolonger sous les ganglions cérébraux, sans se confondre , ni passer d'un câié à Tautre : et , en travers de ces faisceaux , on voit de très nombreuses fibres médullaires , analogues à celles qui chez fhomme, traversent ce qu'on appelle le bulbe rachidien.

10^ Corps strié. C'est un petit renflement gris que l'on découvre en ouvrant le ventricide cérébral dont j'ai parlé plus haut.

11° Couche optique. M. Carus décrit comme telle une petite portion de substance médullaire placée sur les pédoncules cérébraux du crocodile , entre ces pédoncules et les lobes optiques. Je n'ai pas eu l'occasion de disséquer le système nerveux du crocodile, je ne puis, par conséquent juger la valeur de cette détermination faite par M. Carus $ les reptiles que j*ai examinés m'ont présenté un tubercule si peu développé que je m'abstiendrai d'émettre une opinion sur ce sujet. Cependant ^ je dois :youter que l'opinion

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de Bçjanits s'accorde en cela avec celle de M. Canis. Bojaoai» admet que la très petite saillie de substance blanche que l'on voit en dehors de Vinfundibulum j chez la tortue d'Eorope , est un indice de la couche optique.

Quant aux autres parties secondaires de Tencëphale des jrepUles, telles que Vinfundibulum^ l'aqueduc de Sylvîus, le noyau gris iiiférieury ce que j'en ai dit suffit à leur description; 9t pour ce qui concerne le corps pituitaire et la glande pi* neate y il me suffit de noter leur existence chez tous les rep* tiles.

Les analogues des corps quadr^umeaux ne se rencoaU^nt dans aucun reptile : Bojauus , en parlant du nerf de la troi*

sième paire, ou moteur commun des yeux, dit, à la vérité, qnç la racine de ce nerf est entre le cervelet et les tubercules quadryumeaux , mais par tubercules quadrgumeaux , il en-* tend les lobes optiques.

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