C. Taiou, orgeUfrope, fourmilier, pangolin, omiihoringue
Des substances végétales, des oiseaux et des insectes forment la nourriture du tatou qui loge dans un terrier creusé par lui, et dont il ne sort qu'après la chute du jour. Il u'atta* que jamais les grands animaux; mais il se défend à l'aide du test écailleux qui l'enveloppe; il se roule en boule, et présente ainsi de toutes parts, à ceux qui lui fout la guerre, un boo^ clier impénétrable.
L'oryctérope vit de fourmis et se tient dans un temer; il en est de même des fourmiliers, du tamanoir et du tamandua. Ces trois derniers plongent leur langue dans une fourmilière et la retirent chargée de fourmis; ils mangent aussi quelques autres insectes. Le jour, ils se tiennent cachés dans leur ter* rier, et ne sortent que le soir : on parvient à les apprivoiser; ils sont courageux, quoique faibles, mais peu intelligens.
Il y a une grande analogie entre le pangolin et le tatou, même nourriture, même moyeu de se défendre, même ludii* (atiou . Le pangolin forme, |)ar sou organisation ot le test
inUâtat dont U eu ravém» me sorte de iriMitîM entre les qoednipàdes et les reptiles.
Uomithorinque, comme la musaraigne d*eaa et les de»* ittansi, $e retire dans des t«*riera eemmuniquant à des ma- 9iia pteins d^eau) il se forme anssi mi nid sur les roseamt, avec des débris de plantes aquatiques. Il se nourrit, à ee qpi^ farall, d'herbes et de grains. (1)
B. Snriffue, MyopoUin, Aybufme, phaseogmief doêywre, péramèle, phalanger^ potoroos, kanguroo, koala, phas^ eohm&.
Un caractère important sous le rapport de Torganisation et spus celui du soin des petits^ réunit tous ces animaux dans un même groupe, plus encore que leurs instincts et leurs facultés> Les femelles ont une poehe dans laquelle les petits, à peine formés, viennent se nicher et grandissent comme les foetus des autres animaux grandissent dans le ventre de leur mère i les petits, quand ils sont devMus assez forts pour sor* Ihr de cette poehe, s'y réAic^ent lorsqu'ils se croient menacés.
Le sarigue ou opossum, le cayopollin vivent de racines, de firuits, de poissons, d'écrevisses, d'oiseaux, etc., ce sont de i^éritables omnivores. Le sarigue est habile è attraper les poules; il mange des oeub, ce qui le rapproche un peu de la fouine, de la marte, et^. Le th^aoiiifi est plus avide de chair que le sarigue et doit ressembler au loup par ses mœurs; le phuseogule au contraire recherche surtout les inseetes.
Le phasoolome vit d'herbe, il habite up terrier; ses habitudes qui sont douoes le rapprochent du lapin fit du lièvre.
(t) V. Ann. des sel nat, février, itÎ7; Md. Oeoffroj^Rtînt-lfilaire , Oîrt.
w sAmiGUB, me. IM
D'antres aninaux» le dasyure (i), le përamèle, le phalan-* ger, le potoroos et le kanguroo^ pourvus oomme le sarigue de la poche destinée à loger 1^ petits, diflèrent trop du sa* rigne et des autres animaux dont il vieal d'être parié, ponr trouver place ici. luoun d^eiK, excepté peut-être le péramètoi ne loge dans un terrier^ le dasyure est tout-à*fait cavnivore, le phalanger se tient sur les arbres où U se nourrit du fruits et d'insectes, le potoroos est seulement frugivore, ainsi que le kanguroo dont le ciiractàre est très doux.
£. Ecureuil, pçhi^ucbe, muteardin.
Ces trois espèces d'animaux nichent sur les arbres, les muscardins sur les branches les plus basses, le polatouche
(z) Le dictionnaire classique d*bistoire naturelle, tome ▼, page 33g, con* tient le paiiage aniTant sur le daiyiiva A fîncea» 2
« Cet élégant petit anii^al «tait Irèa franc, et ne cherchait point à mordre | quelques tracajseries qu'on lui fit. Fuyant la lumière un peu trop tite et recherchant Tobscurité , il se plaisait beaucoup dans ta niche étroite qu'on lui arail préparée; lorsque, en doublant le cap Hom, on youlut la loi rendre plus chaude pour le préserver du froid, il aritdut et jeta au-debpn toutes \» ktnt rures qui la tapissaient. Il n*était pas méchant ; mais on ne remarquait pas qu'il fût susceptible d'attachement pour la personoe qui le nourrissait et le caressait. Chaque (bis qu'on le prenait , il paraissait effrayé et se cramponnait partout à l'aide de ses ongles assez aigus. L'instant de ses repas était une seène toujours curieuse pour nous; ne vivant que de viande crue ou cuite, il en saisissait les lambeaux avec voracité, et lorsqu'il en tenait un dans sa g:ueule, il le fiiisait quelquefois sauter en l'air et l'attrapait adroitement , apparema«it pour lui douer une direction plosjoo&venable. Il s'aidait aussi avca tm pattes de devant ; et quand il avait acl^eivé ^pn repas , il s'asseyait sur le |i^ de derrière et frottait longuement et avec prestesse ses deux pattes l'une contre l'autre (absolument comme lorsque nous nous frottons les mains), les pas- •ont sans cesse sur l'extrémité de son museau , toujours très lisse, trèshomeclé et oQuJear de laque; quelqutifois ^r lei oreilles et le sommet de b tète, coqtm» pour en enlever les parcelles d'alimens qui auraient pu s'y attacher. Ces soiuf d'une excessive propreté ne manquaient jamais d'avoir lieu après qu'il avait fini de manger. »
^04 VACUJLTÉS AU ftAT lUJBQVÉ
«t récureuil sur lea bnmches élevées. Les deu derniers sautenl et grimpent si facUement qu'on dirait qu'ils volent; le polatottche, à cause de son agilité, a mèoie été appelé ratvdant et écureuil*volant.
Le polatoucheet l'écureuil vivent de fruits et de graines; ik sont très doux, on les apprivoise sans peine, mais dès qu'ils peuvent recouvrer leur liberté et grimper sur un arbre, il est fort difficile de les décider à revenir. Us dorment une grande partie du jour et ne sortent guère que le soir. En parlant de la chouette j'ai dit que, pour se cacher, elle se contente souvent de cacher sa tète, croyant n'être pas vue parce qu'die ne voit pas; l'écureuil est mieux avisé, il se place toujours derrière l'arbre, et une forêt serait remplie de ces animaux, chaque arbre en aurait un ou plusieurs, qu'il serait difficile d'en apercevoir aucun. Leur industrie se montre bien dans la manière dont ils construisent leur nid; ce nid est impénétrable à la pluie, un couvercle en abrite l'ouverture, et l'intérieur en est d'une grande propreté.
Le polatouche et l'écureuil font des provisions qu'ils accumulent dans les troncs d'arbres.
F. A€U muiqué ou andaira, eoiiar:
Les meilleurs constructeurs , parmi les mammifères, sont l'ondatra et le castor, «c Us ont entre eux beaucoup d'analogie, ils vivent en société au moins pendant l'hiver, ils se bâtissent des cabanes habitées par une ou plusieurs familles ; et se pla« cent tODgoursprès des lieux qui peuvent leur fournir de l'eau et des racines. Si le lieu qu'ils ont choisi est bas, ils relèvent ; s'il est trop élevé , ils le creusent et disposent l'intérieur par gradins où ils puissent se retirer au fur et à mesure que leau monte.
« Leur habitailion est très artistemeiit constriûte, die est fsite d^ joDCs efttrdacës , sa forme est celle d'au dôme» el, à l'intérieur, elle est enduite d'une glaise bien détrempée ec recouterle d'une couche de joncs secs«
«c Ils se creusent des puits pour boire et se baigner, ils ont une fosse pour les excrémens et des galeries pour aller chercher des racines. » (i)
Les constructions des castors, plus considérables que celles du rat musqué, exigent des travaux qui feraient honneur à des ouvriers, surtout si l'on considère que, pour les. exécuter, les castors n'ont que leurs dents et leur queue.
Réunis au nombre de plusieurs centaines au bord de la rivière où ils veuleut s'établir, ils s'occupent d'abord de maintenir l'eau constamment à une égale hauteur ; pour cela , il leur faut une digue, ils la construisent de toutes pièces. Les uns coupent un arbre en ayant soin de faire ia coupure de manière à ce que l'arbre tombe dans l'eau et non du côté opposé. L'arbre tombé , ils en abattent les branches, dont ils font des pieux qu'ils enfoncent perpendiculairement dans le lit de la rivière. Ces pieux, rangés eu pilotis, sont tous égaux en hauteur et placés les luis contre les autres, de manière que leurs interstices puissent être remplis avec de la terre. Des ouvertures sont pratiquées pour le passage de Teau excédant le niveau ; le nombre et le diamètre de ces trous varient suivant l'abondance de l'eau.
Cela fait, les castors se construisent des cabanes sur le bord de l'eau à un ou à plusieurs étages, ils s'y logeut par paires un mâle et une femelle, et chaque paire se réunit à d'autres pour
(x) Saurait de divers mémoires de H. Sarrasio, médecia du roi à Québec , sur le rat nutqué, par Réaumur : daos V.46reffe des mémoires de V Académie de* scicncee , pour 1 7a5; J?. F. t. v, p. 199. .
Sd6 FACULTÉS nu BAT MUSQUÉ
former des tribus dont chsemie a 80& quartier et ses magasins de vivres, qui consistent es écorce fraîche dont les castors sont très friands.
Les castors se noarrisseï^ presque exclusivement de végétaux, cependant ils mangent aussi quelquefois du poisson ; ils ont rinstlnet de la propreté , instinct qui, du reste, leur est commun avec tous les animaux qui ont un domicile.
C'est pendant Thiver que l'aeceuplement a lieu ; au printemps les mâles s'en vont, les femelles élèvent leur^ petits, et s'en vont aussi, mais un peu plus tard : à l'automne suivant, les réunions se forment de nouveau, pour fonder d'autres colonies.
Les ouvrages exécutés par les castors ont de tout temps fort eeenpé les psychologistes qui, pour la plupart, ont refusé d'admettre que ces ouvrages tassent exëcutés avec intelligence. Frédéric Guvier lui-même (i) ordinairement si juste appréciateur des actions des animaux, s^exprime ainsi à leur sujet, «c Les constructions des castors sont le fruit d'une industrie toute mécanique, le résultat d\in besoin purement instinctif. En effet plusieurs castors solitaires des bords de PIsère, du Rhône et du Danube nous ont montré qu'ils sont constamment portés à construire, sans cependant qu'il puisse en résulter pour eux aucun avantage ^pe celui de satisfaire un besoin aveugle auquel ils sont en quelque sorte forcés d'obéir. »
81 par indutlfrie tnecanique Frédéric Cuvier a voulu dire instinct machinal , impulsion aveugle , évidemment il s'est trempé. U y a, dans les constructions opérées par les castors, une si grande variété de travaux, un clioix si bien fait, tant de difficultés accidentelles et toi^ours surmontées, qu'il est impossible de n'y pas recpnaaitre les caractères que l'auteur lui-même a donnés aux oeuvres de rintelligenoc.
« Les castors e^nslraisent , lors même qaHl ne ^nt en tésqUer poar enxaneun aTaaiage. » Ils ftml comme les oiseaux que nous retenons prisonniers et qui font an nid à leurs pen titS) lors même que nous leur en avons préparé un. Mais est* ce bien là une objection sérieuse? La hutte que fait le castor^ le nid que fait Toiseau, ne sont-ils pas beaucoupmieux appropriés à leurs besoins que le nid ou les huttes que nous leur préparons? Nous pontons trouver, nous, que nos ouvrages sont plus parfaits que les leurs; mais ces animaux seront-ilsobligés de voir et de sentir comme nous? Et d'ailleurs, la vie de prisonnier est pour eux une vie toute différente de celle pour laquelle ils sont nés. QuMls construisent, qu'ils fessent des provisions , tandis que nous nous chargeons de les loger et de les nourrir , cela n*a rien qui doive nous étonner. Savent-ils que nous prenons tant de soin pour eux? le peuvent-ils savoir? Une longue habitude de la domesticité en modifiant les besoins delà poule et du lapin, ôie à la poule l'instinct de se faire un nid, au lapin , celui de se creuser un terrier ; si nous placions les castors dans des circonstances analogues, qui peut dire qu'ils ne présenteraient pas la même modification ? Je ne nierai pas qu'il y ait une impulsion instinctive qui porte les castors à construire leurs habitations ; mais dans la manière dont Ils s'y prennent pour que cette impulsion ait un effet, il est de toute nécessité qu'une intelligence y préside. Dans les actions de lliomme , le premier mobile n'est souvent pas autre chose qu'un instinct; l'intelligence vient à la suite. L'intelligence connaît et opère, et c^est à elle que l'action finit par appartenir, bien que, dans son principe, cette action ait eu une cause aveugle.
Ne croyons pas élever l'homme en niant que lès animaux aient de l'intelligence : chacun et chaque chose soof à la place que Dieu leur a assignée, nos systèmes n'y changtrpnl
509 PACUtTÉ» DJU BVlUBAUft
rien. Ce qui ioq^orte à rhomme, ce n'est pas d'arranger les créatures d'après l'instinct de son amonr-propre, mais d'apprendre à les connaître telles que Dien les a faites.
7* OAOUFB. — SoUphdeê et ruminans.
Des facultés analogues réunissent dans un même groupe lessolipëdes et les ruminans. Tous se nourrissentde végétaux; tous ont à se défendre contre les animaux carnassiers. De leur nature ils sont inoffensifs et portés à se réunir pour vivre en fomille ou en troupe. Le nombre des espèces solipèdes est très borné : il ne s^élève pas au-delà de six ; celui des ruminans dépasse le nombre de soixante. Les premiers l'emporten t de beaucoup sur les autres en intelligence , et l'un d'eux , le cheval , est , pour tous les animaux solipèdes et rumiuans , ce que le chien est pour les carnassiers.
Comparé aux animaux qui vivent de chasse , le groupe entier des ruminans e^ des solipèdes leur est inférieur. Les ruminans surtout ont des actions peu variées , et la domesticité Y au lieu de développer en eux des facultés nouvelles ou de faire grandir celles qu'ils possèdent , les abrutit au point de les rendre presque méconnaissables. En veillant sur eux pour les conserver, en diminuant leurs besoins , en mettant à leur portée tout ce que , dans l'état de nature , ils seraient obligés de chercher eux-mêmes , Thomme a presque aboli leurs facultés psychiques.
Fr. Cuvier a combattu l'opinion très généralement reçue que les herbivores ont un caractère plus doux que les carnassiers, et il assure que c'est précisément le contraire qui est vrai, «c Tous les ruminans adttltes(l) /dit-il , les mâles, surtout, sont
(i) Estai 4ur la domesticité des mammifères ( Mémoires du Musée ^ l. xiti, p. 406).
«T MS SOLIFtD1S5. 609
des animaux bruts, grossiers, qa'aucun bon traitement n*adou* cit , qu'aucun bienfait ne captive. Slls reconnaissent celui qui les nourrit, ils ne leur sont point attachés, et , en leur don* nant des soins , il doit toiqours être en défiance ; car, dès qu'ils cessent de les intimider, ils sont prêts à le frapper. Il semble qu'un sentiment secret les porte à fuir et à traiter en ennemi toute espèce d'animal étrangère à la leur. Il en est tout autrement , continue Fr. Cuvier, pour les animaux qui se noarrissent plus exclusivement de chair : c'est que les uns ont une intelligence grossière «t bornée , tandis que les antres ne sont pas moins remarquables par l'étendue que par la finesse et l'activité de la leur, tant il est vrai que, même chez les animaux, le développement de cette faculté est plus favorable que nuisible aux bons seniimens. »
Ces remarques de Fr. Cuvier sont très justes en ce qui concerne les ruminans mâles parvenus à l'état adulte ; mais elles ne le sont pas , quant aux femelles ni même quant aux mâles de toutes les espèces de ruminans. Il est quelques-uns de ces mfties naturellement très doux et qui sont loin d'être dépourvus d'intelligence; les femelles et parmi les mâles ceux qui ont subi la castration , sont presque toujours doux et traiubles ; cependant il est vrai de dire que , si on les compare aux carnivores, .les ruminans sont peu élevés en intelligence.
Parmi les ruminans et les solipèdes , il est des animaux qui s'attachent à l'homme , ou au moins qui lui obéissent. On les réduit par des alimens , des friandises , des caresses : on les dompte par des veilles long-temps prolongées ; on les affaiblit par la castration , et, une fois habitués â vivre dans la dépendance de l'homme , ils donnent naissance à des petits qui deviennent domestiques ; mais tous ne sont pas dans ce cas, et beaucoup d'entre eux ne s'apprivoisent jamais , quoi qu'on fasse pour y parvenir. Le degré d'intelligence de ceux qui
510 FiLCVtTié htti RVÉIltâlCS
sont soumis à rhomme dépèiid soturent dé U nisinière dont on les traite , et , si plusieurs d'entre eux sont stuptdes , il fetti en accuser le peu de soin que Ton en a pris , et la brutalité dont on a usé à leur égard.
Le bœuf est un exemple bien frappant de cette vérité. Cliez nous le bœuf connaît son gtté : Il distingue ^n mattre ; il entend s'il faut s'aTsncer ou s'arl^ter, et peu de chose de (lins. Les Rottentots , qui ont pris un soin tout particulier dèâ bœuft , les ont élevés à garder, à conduire , et à défendre les troupeaux contré lei et Angers et leis bétes féroces.
La ménagerie du Jardin des Plantes a possédé un bison, que Fou a pu y étudier. La colère de cet animal n'était point aveugle; corrigé vigoureusement, tant qu'on le regardait fixement, lise tenait à l'écart, surtout s'il voyait son gardien arnica d'un bâton. C'était pour lui une extrême contrainte que d'ôlre retenu par le nez; cependant son intelligence n'alla jamais Jusqu'à connattre les préparatife qui avaient poin- objet dé passer une corde à travers l'anneau de son nez. (1)
Le mouiflon et le mouton sont un même animal; le premier vit en liberté, l'autre vit en servitude; le genre de vie si différent qu'ils tnènent a beaucoup modifié leurs acuités et leurs mœurs. Le mouflloli est vif, fort, léger & la course ; il sait se défendre contré Un eimemi , sbit en lé heurtant avec la tête, soit en le frappant du pied ; tandis que le mouton est lent; le moindre brdtt reffï*aié , il ne sait pas Veiller à sa conservation , il n'a pas le sentiment du danger ; Il a besoih d'un chef qui le dirige, et cé ôhéf, auquel il obéit, ti*est pas de son espèce , c'est un Carnivore. Que l'on enlève à
Une brebis Tagiteàu qui ini appartient et qu'elle nourrit , elle
(i) Histoire naturelle des nummfhts, par MM, Geoffroy Saint-Hilaire et ^r, G«vîer,t.t.
fie ié défend pa%, elle ne paraît pas s*en apercevoir. Totttefote, le bélier n'est pas aussi dégénéré que la brebis; il se bat atec les autres béliers, et ne ménage pas toujours le berger. Le mouton est le plus stupide des ruminans.
Fr. CuViér a fait sur les mouillons quelques expériences qui indiquent chez ces animauic une Intelligence supérieure à celle des ihoutons , mais qui est bependant très bornée. Leti mouillons aiment le pain , et lorsqu'on leur en présente, tts vietinent pour le prendre. On se sert de ce moyen pour leis attache!* avec un collier, afin de pouvoir, sans accident, en* trer dans leur parc. Quoiqu'ils soient tourmentés au dernier point lorsqu'ils sont ainsi retenus , quoique le collier qui les attpnd soit placé devant eux, jamais ils ne se défient du piège; Ils viennent constamment se faire prendre sans qu^il se forme d'association dans leur esprit entre le collier et l'appât.
La chèvre , quoique vivant avec l'homme , ne se dégradé pas comme le mouton ; elle conserve ses qualités primitives , presque sans altération. Elle est vive, vagabonde, et pourtant très capable d'attachement, reconnaît son tnattre et se montre sensible aut caresses. On Ta dite capricieuse et inconstante, mais cela est vrai seulement de ses allures, car elle est attachée a celui qui là soigne, et on a vu des chèvres refuser toute nour« rlturô et mourir de chagrin pour avoir perdu leur maître on leur maltresse. îl semble que ce soit par suite d'une inclina-^ tlon naturelle que la ehèvt*e s'attache à l'homme, car même dans les pays inhabités, elle ne devient pas sauvage.
La gazelle ) le kevel et les autres antilopes ont beaucou)^ de rapports avec la chèvre ; ils sont vigilans, reconnaissent le danger, fuient avec vitesse, mais s'il n'est plus temps de fuir et qu'ils soient surpris , Us se défendent courageusement On les tro«ve témh ea faarille de cinq ou «x individus.
La girafe diffère plutôt des autresrumtnanspar sa taillé et
512 FACULTÉS B« KCMIRAHS
ses allures que par ses facultés ; elle est douce, se laisse facilement conduire et vit aussi par petite troupe.
De tous les ruminans, le chevreuil est celui qui présente le plus dlntérét : je rapporterai textuellement ce qu'en dit Buf-* fon I afin d'éviter le soupçon de partialité que les phrénologistes pourraient être tentés de concevoir contre moi , quand je comparerai les facultés du chevreuil aux circonvolutions du cerveau de cet animal,
« Le chevreuil a plus de vivacité , plus de courage , plus de finesse, plus de ressources d'instinct que le cerf : il est plus gai, plus leste, plus docile, plus rusé, plus adroit. Il est très rapide à la course, et s'il est poursuivi, il fait des détours très multipliés avant d'être fatigué, il revient sur ses pas, retourne, revient encore, et lorsqu'il a confondu , par ses mouvemens opposés , la direction de l'aller avec celle du retour, il se sépare de la terre par un bond , et se jetant de côté , il se met ventre à terre, et laisse , sans bouger, passer près de lui , la troupe de ses ennemis.
<c II demeure en famille ; le père, la mère et les petits vont ensemble ; on ne les voit jamais s'associer à des étrangers ; ils sont aussi constans dans leurs amours que le cerf l'est peu; comme ils naissent ordinairement an nombre de deux à chaque portée, un mâle et une femelle , les petits prennent l'un pour l'autre un attachement très vif et qui dure tonte la vie (1). Si l'un d'eux est pris, l'autre lui survit rarement.
« La femelle du chevreuil cache avec soin ses petits; si elle aperçoit quelque danger, elle se laisse chasser pour détour^ ner les chasseurs.
(i) Le cbevrenil a plus d*iotelKgence qae le cerf et le daîm , cependant ee sont toujours les petits d*une mtaie portée qui s'apparient. lia parenté, dans le mariage, ne serait-elle donc pas une came d^abnilisiement intelleelvel wm pnîMante qu'on Ta prétendu ?
KT DE.S SOUPinES. 515
K Un no peut pas les rendre obéissans, ni familiers , mais ils sliabituent assez facilement à la présence de Thomme.
a lis diffèrent des cerfs principalement en ce qu'ils vivent appariés et en famille, tandis que les cerfs changent de femelle et se réunissent en troupes assez nombrenses. »
Le cerf a des ruses analogues à celles du chevreuil, cependant il passe pour être moins habile à éviter la poursuite du chasseur; il est doux, se défend contre ses ennemis , mais n'attaque jamais si ce n'est lorsqu'il s'agit de la possession d'ime femelle. Dans ce cas , les cerfs mâles se livrent entre eux de violens combats.
Les sens du cerf et ceux des autres ruminaus, qui vivent en liberté , sont généralement bons ; l'œil , l'oreille et surtout l'odorat sont excellons; ce dernier sens a, chez la plupart des mammifères et même chez le plus grand nombre des animaux de toutes les classes^ une perfection dont l'odorat de l'homme n'approche jamais.
Leroy (1) fait remarquer que le jeune cerf simple et sans expérience fuit sans méthode et avec maladresse , tandis que le vieux cerf montre par les ruses qu'il emploie, combien Texpérience lui a profité. Ce n'est pas seulement Tinstinct qui est llrfiu>biledes actions de ces animaux, car ils dirigent leurs courses d'après des faits antérietirs, ils raisonnent et compli* quent chacune de leurs démarches, de manière à arriver habilement au but qu'ils veulent atteindre.
Le chevreuil , le daim et le cei*f ont de la ruse en raison inverse de leurs forces ; le daim moins fort que le cerf a plus de rtise que lui; le chevreuil iuférieur en force à tous deux, les surpasse par son habileté.
Pour les habitudes, tes dainis sont presque des cerfs; ce-
fil4 FACULTÉS BIS HUlilllAIIft
peodant ces aoimaax ne 8*accoiipieiit pas les oas aveo les autres. On a observé que si un grand nombre de daims étaient dans le même parc , ils se réunissaient en deux troupes dis* ttncles, à la tête desquelles se plaçait un chef, et qui deTenaient bientôt ennemies.
L'axis, le renne et l'élan sont pour les habit«des > comme pour Toiiganisation, tous voisins du cerf et du daim. Toutefois le renne diffère des uns et des autres, en ce qu'il est très susceptible d'apprivoisement ; on en fait un auimal docile, et qui, dans certains pays, en Laponie, par exemple, rend à l'homme des services journaliers. Us sont très douX; en liberté , ils se réunissent en troupe ; Tapparence du moindre danger les fait fuir, cependant quand ils sont attaqués de près , ils se défendent avec courage.
Le lama a les mêmes qualités domestiques que le renne , il est docile et patient ; on l'emploie à porter des fardeaux. S'il veut se reposer , il le fait avec tant de précaution qu'il ne laisse rien tomber de son fardeau ( s'il est trop chargé, il reste à terre, et quand on le bat pour qu'il se relève, au lieu de se défendre, il se frappe violemment la tête contre le sol , quelquefois jusqu'à se tuer. Aurait^-il rinstinot de la mort? cette marque de mécontentement ou de désespoir dliUma, mériterait d'être attentivement étudiée.
On trouve ches le chameau toutes les bonnes qualités du lama et du renne , jointes à une extrême sobriété et à une patience à toute épreuve. Si le chameau est trop cl)firgé, il ne se relève pas avant qu'on ne Tait délivré de l'excédant qui l'écrase. Pour llntelUgence , il est bien au-dessus de nos bœufs, mais non pas au-dessus des bœufs qn^étèvent les Hottentots. L'espèce entière du chameau appartient à l*hottime , elle est esclave, et dégénère par l'effet des mauvais traitemens et des privations qu'elle endure. IMrira-t-elle? ce
Mrait pour rbomme un malheur , msift un malheur mépîtéf L'onagga, le couagga et le i&èbre, animaux qui ont une analogie très grande a?ec le eheval et avec l-àne, vitent en troupes nombreuses et ne s'apprivoisent jamais qu'imparfait tement. L'homme en peut retirer quelques services; mais il ne peut jamais compter sur leur docilité* Leur intelligence parait être inférieure à celle de rànej je dois ajouter cependant qu'elle n'a pas encore été suffisamment étddiée.Milord Cièvs, cité par Buffon , voyant qu'un aèbre ne voulait pas se laisser approcher par un Ane, fit peindre Ttee en isM>re, raoeouple^ ment se fit, et il en eat résulté un poulain semblable i la mère. Ija réussi^ de cette supercherie n'indique pas nne grande finesse dans rintelligence du aëbre; d'autres herbivores auraient pu s'y tromper; mais je ne crois pas qne le chien y eût été pris.
L'ftne vit par troupes nombreuses dans les plaines de l'Asie; l'histoire et la tradition nous le montrent assajéti A l'homme, depuis un temps immémorial. C'est un animal tranquille, patient, laborieux, mais obstiné et indoeile surtoiK quand il est vienx. Il cminah son mettre, s%abitue aux lieuK, au f eraomiea, eat capable d'attention^ et l'on est parvwit à e« dresser qvelquea^uns qui ont tflé donnés en spnotâ*ele,0)
Parmi les herbiveres niminans ou solipèdes, le cheval ^eit le premier peur l'inteHigeMe. A l'état sauvage, les chemn vlvente» troupe mu le eonmandement et la pracectkMitKi
{t) tTn litre tuHeut « été publié par Danieî Hrfo&ias, I U loaangé is IPâM (Aiw mM« is fw% pmM> llte Ml»«l£r dSM9 «» n^^ poittiea non pmuea , tum non nuila a&a dipenœ tnuUUonU ^f^^giIfftmU Ub mot asinut contient , suivant un grammairien dont se moqua Hetnaaui, nu sens très profond; on 7 trouve Jtsiduus , Seduius, induttrUis^ Noc Un^uam Sedent,
dl€ FACOLTéS DIS AVIilHAXS
plus fort, au nombrede plus de cinq cents Individus. D'après a manière dont ils se comportent les uns ù l*égard des autres, leur aptitude et leur docilité à apprendre les manœuvres de la cavalerie n*ont rien qui doivent étonner, car d'eux-mêmes, ils se rangent en files et par divisions. Us n*ont entre eux que des motifs d'émulation, ils n'attaquent jamais aucun animal, et comme ils sont moins portés à Tamour que beaucoup d'animaux, ils ne se battent pas pour la possession des cavales. Les cavales aiment beaucoup leur poulain et toutes les cavales aiment les petits de leur espèce. « Parmi les cavales qui paissent ensemble, dit Aristote (1), s'il en meurt une, les antres se chargent de son poulain : une preuve de leur amonir pour les petits, c'est que souvent les cavales stériles enlèvent à leur mère des poulains pour les élever; mais le défaut de lait fait périr les poulains. y>
Peu d'animaux sont aussi facilement éducables que le cheval; on fait comprendre à cet animal ce qu'on veut qu'il fuisse, et il devient, quand on sait fétevèr, non pas Tesclave, mais le compagnon de son mattre. A la guerre, il s'anime et combat avec courage; dans les courses, il lutte d'ardeur et de viteaae; dans les jeux il a de la souplesse et de la grftce. U vaut d'autant mieux que Ton s'occupe plus de lui et qu'on l'élète avec plus d'intelligence. Les traitemens grossiers le rebu- 'laiit et le rendent stupide, les bons traitemens, ou pour mieux s'exprimer, les traitemens bien entendus, une éducaiion raisonnée lui donnent ime perfection inconcevable. En Arabie, les chevaux vivent en familiarité avec les Arabes-, ils sont pleins de patience à supporter les mutineries des enfans, et n'osent souv^t se remuer dans la crainte de leur Mre danmi.
, {i) Op, «Vf,, liv. IX, diap, 5.
QaelqiiM-uiis y mais en petit nombre » sont vindicatib et hargneux; la plupart sont doux et reconnaissans des soins qu'on leur donne. Ils ont de la vanité. Ceux qui sont habi- .tués aux beaux équipages i si on les attelle à une charrette , marchent la tête basse et avec une apparence de tristesse* J*ai entendu dire à plusieurs cochers, que les chevaux d'é* Qiripage du faubourg Saint*Gennain et de la Chaussée d'Antin, avaient une allure à peine reconnaissable quand on les conduisait au faubourg Saint-Marceau, qui est , comme on sait , un des quartiers les plus pauvres et les plus malpropres de . Paris. L'histoire rapporte que Bnoéphale ne se laissait monter que par Alexandre : encore fallait* il que ce souverain Mt revêtu de ses habits royaux.
Par la violence seule , ou n^arriverait jamais à dompter et à rendre sociable un cheval indocile ; on y parvient au contraire par les alimcns donnés à propos, par les veilles et par ia castration. La privation des attributs de la virilité 6te au cheval du courage et de la force ; elle le rend docile et doux .coouaie. sont ordinairement les cavales.
On est toqjonrs surpris de l'adresse et de l'inteUigence des chevaux que l'on élève pour les jeux du Cûrque. Après avoir assisté à Tune des séances qui se donnent chaque soir au cirque des Champs-Elysées , séance à laquelle j'avais moimême assisté , un amateur de chevaux » M. du Prat-Taxis , écrivait : « Les chevaux du Cirque semblent toi^ours être de moitié pour rimelligettce avec les écuyers qui les dirigent et les cavaliers qui les montent. Du cheval » amené seul dans le Cirque, a saisi avec les dents un mouchoir qu'un écuyer •Ini a jeié à la volée ; il a ramassé le même mouchoir à terre » Ta pris sur sa croupe et même sur ses épaules, et l'a rendu h l'écoyer qui le lui redemandait. Un auti-eeheval s'est tirasse sur 6€S pieds de derrière, a appuyé ses lèvres bur la détente
d'uii (nstolet chargé , et a fiiit partir ce pistolet aaiis paraître anrpris de la dëtonnatiooi il est mètat reveon examiner cette araie comme pour attendre qa'on la chargeât de nouveau.
4t Un troisième choTal , après avoir Mt différons exercices aveo son cavalier , a quitté Tenceinte en appuyant ses pieds de devant sur Tarriàre^train du char^à^ano dans lequel était monté son eavalier , et fa suivi dans cette attitude Jusqu'Hn bout de l'enceinte » en ne marchant que sur ses pieds de derrière.
« Pendant les exercices, tons les mouvemens des chevaux semblent dirigés par la musique et combinés aveo ceux dès hommes qui les montent, à tel point que Thomme et le cheval ne forment qu'un , qu'au moment ok Thomme se sépare «du cheval , soit pour s'élancer en l'air , soit pour ftiire un soubresaut, Ton dirait qu'une partie de l'hommoH^faeval ou di| Giieval*homH^ se sépare de son entier, et qu'an moment «è lé cavalier revient bat te cheval , celte partie de Vétte âDltaé rejoint son entier.
a Que le cavalier tienae la bride dans la main eu la quitte, le cheval est toujours en harmonie avec sou cavalier.
« Le quadrille queuons avons ym danser aux chevaux est «ne nouvelle preuve de leuriatelligeoce^ ils efxécutaient en ihesure et avec ipfibiment'de gràee, toutes les pusses ot eoBtrë-pasàesl Les ouiftiliers 4ui les montaient dirigeaient parnmment leufaihMi«meiis«t dans d'oulves les suivaient . « Lés chevaux oart^valsé deuxà deufx étant tAoïtftéa chëeia foâ uh eavalier en suivant la mesuve de la' musique , et eu nagnimant par leurs niouvemens gracieux qirïls comprenniMt leur aimaiîott) et cet abandon vbluptneux , ce laisseraller éuit uimsi visible dansiaa «hevaqi-que dans les en- •ifalinrs. n
DU SANGUBAi DU BABIBOUSSA, £TC. (t9
8"^ GROUPE. — Cochofij sanglier, bahiroussa^ pécari^ tapir,
hippepotaméj rhinocéros.
Il faut placer oes aqimaux tous prè» des berbivoresy car ili se uoiurrissept presque exciusivemeot de végétaux; cependURt plusieurs d'eutre eux mangent aussi de la chair, pnais ils nu cbassent pas , et sont sous ce rapport, à une distance très grande des cbiens, des cbats et des martes.
Le plus stupide, parmi eux, est le cochon domestique, etf l^ho^e bien singulière! c'est précisément celui dont Thomme a pris soin. Le coAtraire a lieu le plus ordinairement» le voisî« nage et le contact de Tl^mme donnent aux animaux une activité intelleotueile qu'ils n'auraient pas sans lui , mais U «irriva au cochon oe qui arrive au mouton, c'est qu'oo Tâève surtout poiur le manger, qu on favorise chez l^ua ot cbeai l'autre Texercke des fonctions nutritives, tandis qu'on laisse s'engourdir les fonctions intellectuelles.
Le cochoB a l'iostinct de ehei^oher «a nourriture; le màle^ qak est axtrémemept prolifique, est très ardent pour les fer melles, et celles-ci défendent leurs petits. Leur vie se passe i manger et à dorudr. Us aimenl tes eaux bourbeuses et se vautrent dans la fange. Us mangent de la chair surtout quaad eUe est mêlée à quelque siUmeut tiré du règne végétal; ils man/* gent aussi leurs petits, et plusieurs fois ils ont dévoré des enfans. Depuis quoique temps» dans certaines localités et no^ tammeni dans les euviroos cl.iç Paris, pu les iiourrit avec de la chair de chfival, ce qui avait fait craindi*e à certaines per* sonnes que leur naturel n'en devint plus voracc et même féroce. Stupides comme ils sont, s'ils avaient un instinct carnassier très développé, on ne serait jamais eu^ùiEet^ Avee
520 rJLCVVttA DV COCHOS^
eux. Heureusement, les craintes que Ton avait conçues à cet égard, ne se sont pas réalisées. (1)
Le sanglier est supérieur au cochon, ses sens ne sont pas hébétés, il voit, entend et flaire de très' loin : il reconnaît le chasseur placé au-dessus du vent. Le sanglier màle est ja* loux de sa femelle; devenue mère, la femelle garde ses petits jusqu'à ce qu*ils soient devenus assez forts pour se défendre contre tes loups.
Attaqués, les sangliers se réunissent, les plus faibles se mettent derrière les antres, ceux qui sont devant font une vigoureuse résistance.
La nourriture ordinaire du sanglier consiste en racines et en ft'uits ; il se montre parfois avide de chair, mais beaucoup moins que les animaux carnassier^
Le babiroussa on cochon-cerf est plus doux que le sanglier ; on ne Ta pas vu manger de chair. Il est très multiplié dans certains pays et noumnient daas Ttle Bourou, Tune des MoluqueSy sur le territoire des Alfourons où il se platt au milieu des joncs et des plantes aquatiques. En captivité oo le nourrit exclusivement de mais ou d'autre aliment végétal. Il est d'humeur farouche et inquiète , mais non malhi*sant. (i)
Fr. Cuvier a observé deux babiroussas, Fan màle et Tautre
femelle , vivant ensemble à la ménagerie du Musée. Quand
le màle était couché sur la litière, la femelle le couvrait en-
ièrement de paille, puis elle se glissait sous la paille restante,
de manière à ne pouvoir être aperçue. C'est le seul exemple
(i) Pareiil-Ducbâtelet s'e«t occapé de cette matière, et d*aprèi les laits qu*il a obienrés,il a recoanu qu'il n'y a aucuo inoonvéoient à nourrir lei pores avec de la eliair de ciieval. Y. Mémoires sur les ^uesûoiu les plus impariantes de l'hygiène^ a \o1. in-S. Paris 18 36. t. 11. p. 444.
(a) Voyage artfour du monde , elc. par le C, Duperivy : Xooîogit par M Le>5on et Garnot, T. i. i'** part. ia4.
DU SANâUlHi DU lABlHOOêSA, BTC. 5Si
d'nne action de ce genre dont Fr. Cuvier ait été témoin, chez les animaux. (1)
Le même antear, parlant da pécari et du cochon en général , leur attribue une intelligence supérieure à celle des rongeurs et des mminans et d'un grand nombre de carnassiers. I! va même jusqu'à les comparer à l'éléphant ; mais , en cela , malgré toute la déférence due à Tantorité de sou nom, je ne crains pas de dire qu'il s'est trompé. L'éléphant est remarquable par une aptitude d*obsenraiion et de jugement supérieure à celles des autres pachydermes.
On a élevé un pécari à la ménagerie du Musée , et mk Ta apprivoisé aussi facilement qu'un chien. Il suivait partout son mattre , montrait de la joie en le revoyant , se montrait avide de caresses. Docile à la voix de l'homme , il savait se dire obéir de ceux dont il se reconnaissait le mattre.
On a fait vivre un pécari en société avec plusieurs chiens: ils avaient tous le même gtte et mangeaient à la même gamelle ; cependant , excepté un seul chien , que le pécari aAec^ tionnait , ces animaux ne prenaient part au repas que qu^pd le pécari le permettait. Au moment du coucher, le pécari prenait place auprès de son chien favori , dans l'endroit le plus chaud , et les autres se groupaient autour d'eux. (3)
A l'état de liberté, les pécaris vivent en troupes nombreuses et se nourrissent de végétaux et de reptiles.
Le tapir est aussi doux , mais moins éducable que le pécari : il est presque exclusivement herbivore et n'affronte aucun danger, bien différent en cela du sanglier, qui se défend quelquefols avec une sorte de rage. Sa trompe lui donne une ressens blance éloignée avec l'éléphant ; mais l'état de son intelligence le place fort au-dessous.
(i) Hist, Mât, Jet mammifères, art. Bamhou<8a.
(a) A/.,ait. PBC4&I.
$1)4 9ACl)lfTÉ» DD fHiQVIS
y |iipJWP<>^iBe ^t le rbinocdroi , malgré leur force mu^oulaire i qui est prodigieuse , n'ont pas la cruauté d^ animaux ç^ruawer^ : Us sont même généralemeat assez doux et ne font la guerre qu'à ceux qui les attaquent. Un voyageur» eîté par Vuffon I racopte qu'il a vu un Uppopotame » dont le plaisir était d'eiifoi^cer toutes les petites chaloupés et les canots qu'il reucontrait: il mettait tout le monde à la nage; mais tls'ea aHait sans faire de mal à personne. La ménagerie du Musée a possédé un rhinocéros. Cei animal étaii d'une exiréme douceur : il obéissait à son maître , et recevait ses caresses a^e.une véritaMe affection. De temps à autre , cepeadaat, il entuaitdaas une far&ue aveugle , dont la cause était peufrétife le hesoÎB de liberté ; car il était enfermé dans une loge étroite , qui gênait beaucoup ses mouvemens. Quand il était furieux, on le calmait saus beaucoup de peine avec des alimens et surtout avec des Ariattdiscs dout il était très avide.
Jjoa alimens dont se nourrissent l'hippopotame et te rhino* céffoe sont tous tirés du règne végétal. j
9* GEOUPE. — Phoque y morse.
Les cochons recherchent l'eau ; mais ils se tiennent le plus OTdinaireraent snr la terre. Ils se nourrissent de végétaux; cependant la nourriture animale n'est pas du tout incompatible avec leur goût, et il en est qui recherchent te poisson. L*intei- Hgence du cochon domestique est presque nulle; celle du sanglier, du babiroussa , du tapir, de l'hippopotame , du rhitooeé* vùB , est plus développée ; eelle du pécari , qui est le plus édu-cable des cochons , peut s'étendre au point de donner à cet animal quelque ressemblance avec le chien, (i)
(i) Fr. Ciivierf op,dt,^ art. PÉCâmi.
Le |»bo4iMiek lê.miN«e ppéBeatenipreaciiusf a to«f (Krints u développement des fievkés des ammaux préeédenl. Ils de^ laeareiil presque tolôMurt dans l'eau. Qaaad ils sent à tef re, ib paissent Tlierbe , mais ils se nourrissent princliialameac de poissons : ils vivent en troupes, et les troupes se divisent m Ikttilles; enfin ils sont éducables et sont susceptibles de eoneevoir pour rbMnme et peur les chie», une vériiaHe affeor tion. Fr. Cuvier (1) a vu de jeunes ohtana » auxquels np ^oque s'était ailacbé^ e^amnaer, peadant que le phoque man^ •geait , à lui arracher de la Inrairtie le poisson qu'il était près d'avalsr, sans qu'il témoignât la moindre eoUre f mats , Iotaqu'on donnait à manger à deux phoques réunis dans le mém^ bassin , il en césultait Mûonra un oombat à coupe de pallBÉ, elle plus faiUe laissait le champ libra au pbis fort.
Si les ehietas te hateelnienl pour jouer aveo lui , il tair donnait de légers coups de pattes, qui semblaient avoir plutôt
pour but de les ttciler que de les réprimer» i
Au rapport de M. Itm» (2) « teplioque (^phoea Ammii) mâle a communément autour de lui trois ou quatre femelles , et ebaeuiie de oeUesHûadett potilSf qui lèteut la» mère paudanl.deux ou troiajMis* Les lpkeq>^ se livfnt queb- ^wtfois des combats aohanéSb.Cea coirihata aaa Heu aptte les mAles seutaMoft, Aprte 1* défaite i le vaincu'.setptireeii meurt , et les femelles appartiennent au vate^idir* Sî hMi jaand«ea4>ro de mM?fi preMeiu iiari an.eombat^ iea/eoiel- 4es se«e«vwt» à çeqi&'^u «Hsmuiran enperiaM leturi peiiM^ . Oi» peut apprivoiser Jes.pli9Wf)iP ^ tes iseadr^^itvès^doeîle^. f r.) Cuvier regarde le p)ifHiim «qpoiun coipaie j^ai^t de IMS les anijatiu^aattvfgef» eetapi m.iMl^m^ vm^kïl\»mm
(i) Oàsetvations zooiogiques sur les faeuUés phfslqms ei imdUctuêlUs du phoquê commun, iib-4.
(a) rayage de tu^hfmtte, ^«WtfW, p, t%^
j»2& FACtLTÉS
et donl il esc le plus facile de se faire comprendre. Le pboque devient alors tellement doux , qu'on peut lui mettre la main dans la bonche sans en avoir rien à craindre , excepté cependant quandil éprouve des désirs amoureux, car alors il entre dans une sorte de fureur qui rend son approche redoutable.
Bulfon assure que si on a enlevé un pboque, ses compa* gnons pleurent sa perte : ce qui parait certain , c'est que les phoques se connaissent , et savent au besoin se défendre contre un ennemi commun. Les morses vont au secours les uns des autres. Martens rapporte que lorsqu'il avait blessé un morse, les autres s'assemblaient autour du bateau qu'ils perçaient à coups de défenses, ou s'élevant hors de l'eau « faisaient tout leur possible pour s'élanoer dedans.
La nourriture des morses est semblable à celle des phoques, elle consiste en coquillages, herbes et poissons.
10* GnouPK. — Lamaniin , dauphin , tnarêeuin , narval ,
eaehaleij baleitîe.
Agrandisses Kntelligence du phoque, donnes à ses facultés morales un plus entier dév<doppement , et vous auras , d'après le témoignage des naturalistes et des marins , l'état psychique du lamantin, du dauplun, du marsouin , du cachalot et de la baleine.
Le phoque vit en soclélé et en temille, mais sa famille est phitM une sorte de sérail qu'un lien réciproque, une afléctioB partagée. Chez les cétacés^ il n^ a qu'une femelle pour un tiàle, c'est presqu'un mariage et un mariage durable, car ou assure avoir vu plusieurs années de suite, le même mâle avec la même femelle, (i)
(OLtcépèdc, Histoire nmiunUû^ cétÊeù, ArU Balsuib.
Quelques 'eëtacës te font la guerre entre eux, ou attaquent les gmnds poiMons; la plupart ont un naturel très doux, ne mangent que de petits poissons ou même des végétaux. On en a vu plusieurs non-seulement se laisser apprivoiser, mais rechercher d'eux-mêmes la compagnie de l'homme et témoi* gner pour lui un vif attachement.
Les lamautinsi cétacés qur ne vivent que de végétauxi sont regardés comme étant tout-à-fait inoffensife. Ce que Ton raconte de leur attachement est presque incroyable. Une femelle ayant été amenée an rivage, le mftle Taurait suivie Jusque-là, et y aurait passé la nuit, sans que les coups aient pu le faire fuir. Il en aurait été de même pour deux petits à regard de leur mère. Les lamantins auraient arraché le har* pou du corps d'un des leurs, blessé par des marins.
Les dauphins étaient regardés par les anciens comme les plus familiers des animaux. Si Ton en croit Pline, un dauphin s'avançait vers le rivage, recevait la nourriture qu'on lui donnait, et se laissait monter par les baigneurs. D'après Mécénas Fabius et Flavius Alfius, un dauphin serait venu, chaque jdlir, recevoir sa nourriture des mains d*nn enfant, à la voix duquel il accourait, et l'enllint étant mort, le dauphin serait mort aussi du chagrin de ne le plus voir. Aristote dit que sur un rivage de Carie, un dauphin ayant été pris, un grand nom* bre de dauphins s'approchèrent du port et ne regagnèrent la pleine mer, que quand on leur eut rendu le captif.
Beaucoup d'antres histoires, de ceue nature, histoires que j'appellerai volontiers des contes-, se trouvent dans les ancioss naturalistes^ quelques fitits avérés leur ont probablement . donné naissance, mais les observations exactes sont en trop petit nombre pour nous mettre à même de distinguer, sur ce point, la vérité de Terreur.
Les marins disent avoir vu des troupes nombreuses de ca«
clialotft qui paraisMient «MMomandéft i>ar le plus grand ei le plus fort de la troupe. On n une sorle de peewe que eea animaux vivent appariés un m&le avec une femelle, car aur un npmbre de dix-6ept cachalots qui ont échoué sur les cotes de rtle d'Elbe, il y avait huit femelles et neuf mftles : chaque m&le avait une femelle près de lui.
Les cachalots n'ont pas la douceur du daupUn; ils sont même regardés comme très féroces.
Le. narval est aussi fort à craindrai el Buffon, pour donner une idée do rintelligence de cet animal, le compare à un rhinocéros ou à un hippopotame. La noturiture du narval consiste en poissons, en mollusques et an débris de cadavres.
On n'attribue à la baleine ancun instinct de férocité; elle ae nourrit de crftbes, de mollusques et suVtout de dios que nous avons dit être sa pftturcy dans les mers du nord. Quand die est attaquéci elle se défend avec courage^ et sa force la rend redoutable aux autres cétacés et à tous les poissons*
La chasse que Ton fait aux baleines les a rendues farouches, et leur a fait quitter, probablement pour toivonrs , de nnmbreiix parages oik eUes régnaient
11* M(Hmi. ^ MUphwÊê.
L'éléphant est, de tons les anfanam^ «eM que la nature a Arit le plus intelligent et le meiUeur (1). Les anciens Tavi^eoc en grande vénération, et les partisans de la métempsycose erojraient que les ëlépbans blancs recevaient r&me des empèrenm indiens. Les Malais rappellent Orange c'est'-à-dire être
(i) L'éléphant surpaue tow lesanimaui, n comprâiciuioii. Arbtote, I. u, -eb. r^.
DK VàlÂWUàJUT. 117
raisonnable 4 et ils donnent le mêaie nom au singe et à l'hoainie. Buffon dit que Téiéphant approche de Thomnie au-^ tant que la matière peut approcher de resprit, et comme séduit par les témoignages sans nombre, de sang-froid, de prudence, de courage, de justice, qu'il remarque dans les ëlé^ {Aans; voyant que les attentions, les offrandes, les respects dont on les entoure à Siam, à Laos et ailleurs, les flattent sans les corrompre, il semble reprocher aux Indiens de ne les croire animés que par des âmes humaines (1). Puis comp^*rant l'éléphant au chien, au singe et au castor, il fait remarquer avec raison que le castor n'a de sens que pour lui et les siens, que le singe est souvent indocile et extravagant, que le chien doit à l'homme la perfection dont il est doué, tandis que l'éléphant est, par sa seule nature, supérieur à loua trois.
Le caraclère de l'éléphant est doux, inoflènsîf; cet animal n'attaque jamais sans être provoqué, et comme il se nourrit exclusivement de végétaux, il n'est à craindre que pour oeuK qui le provoquent. Il est éminemment sociable,vit en troupes nombreuses, excepté quand l'époque des amours est venue, époque à laquelle chaque mâle, accompagné d'une femelle, se retire au fond des forêts, mus l'un et l'autre, à ce que Ton croit, par un sentiment de pudeur. Ce qui donnerait à eetie supposition une certaine vraisemblance, c'est qu'on n'a Jamais vu l'accouplement des éiéphans, et que ces animaux ne pro»duisent pas, tant qu'ils sont en captivité*
On a l'encontré de temps à autre quelques éiéphans solitaires; on les regarde comme sauvages et indomptables^ et l'on prétend, ce dont je n'oserais me porter garant, ifàfm
(i) Les attentions, les respects, les offrandes, les flattent sans les oorrompn; ils n*oDt donc pas une Ame humaine, oela seul démît suffire pour le démon- Irtr «VK Indiens* Buffon, HUi, nat,, art. EtipBAAir^
dSS VACVLTiS
raisoa de leurs défauts , ils ont été chassés de la compagoie des autres élépbans. Uu voyageur raconte qu'un de ces éléphans solitaires s*étaît mis en embuscade dans un étroit défilé par lequel passaient ordinairement des caravanes portant des comestibles et notamment du sucre : pour franchir le défilé , on jetait du sucre à l'éléphant , et tandis que Tanimal maAgeait, la caravane se bâtait de continuer sa route.
Quand les élépbans voyagent, Fun d'eui se met en tête de la troupe et la dirige; un autre se place le dernier pour hftter la marche, ayant soin que les plus faibles et les plus jeunes se tiennent an milieu et à Tabri de tout danger. S'il s'agit de traveiser une rivière profonde, les élépbans adultes enurent dans l'eau et se passent les nns an autres, à l'aide de leur trompe, les jeunes élépbans.
Tous les élépbans domestiques ont d'abord vécu à l'état de liberté, car contrairement à ce qui a lieu pour les chameaux, l'espèce entière de l'éléphant est libre, attendu qu'elle ne se reproduit pas en esclavage. Quand il est dompté, pourvu qu'on le traite bien et qu'on le dirige avec intelligence, l'éléphant s'atuche à celui qui le nourrit, lui obéit avec complaisance, et comprend la signification des ordres qu'on lui donne avec une promptitude étonnante. Ce n'est pas une force brute, ni ime sorte de machine animée que l'on trouve en lui , c'est un aide intelligent qui agit avec prudence et réflexion. Il saisit un fardeau, le ' met sur son dos et le porte en prenant tontes sortes de précautions pour ne pas le laisser tomber; il transporte des ballots, du rivage dans nn bateau , et les place dans l'ordre qu'on lui a Indiqué*, si e'eit uft twmeau tpd roule^ il va ehereher une pierre peur le caler.
Un éléphant qu'on élevait à la ménagerie de Versailles, semblait connaître si l'on se moquait de lui, et s'en vengeait quand il en trouvait rocc9^ioD. Ayapt été trompé par un
BE l'éléphant. 529
homme qnî avait fait semblant de lui jeter quelque chose à manger, il donna à cet homme un coup de sa trompe qui le renversai et le blessa grièvement; un peintre voulant le dessiner ayant la tête levée et la bouche ouverte, lui faisait jeter des ihûts dans la bouche par son domestique; mais celui-ci ayant plusieurs fois trompé l'éléphant en faisant mine de loi ^ jeter des fruits, l'éléphant en fut indigné, et conune s'il eût connu que le peintre était la cause de l'importunité du domestique, au lieu de s'en prendre à celui-ci, il s'adressa au maître, et lui lança une grande quantité d'eau qui gâta le dessin .
Le même éléphant détachait facilement une courroie dont il défaisait la boucle, et dénouait des nœuds de petite corde, avec beaucoup d'adresse.
La ménagerie du Musée possède maintenant un éléphant d'Afrique qui exécute avec intelligence plusieurs choses assez diflSciles. Il ouvre une porte fermée à clef; il vient, s'arrête, se retourne, s'agenouille, salue, reçoit ou refuse des alimens, suivant l'ordre que son cornac lui en donne. Toutefois son obéissance n'est pas aussi passive qu'elle le paraît. 11 voyait du foin dans une enceinte fermée par une grille, et se disposait à y entrer. Son^comac lui dit de se retirer et de fermer la grille; il fit la sourde oreille. Pressé d'obéir par de nouvelles injonctions du cornac, il alla fermer une porte voisine, feignant de ne pas comprendre que la porte qu'il fallait fermer, était celle qui conduisait à la botte de foin. Le cornac qui m'avait vanté l'extrême docilité de son éléphant, était contrarié de cette désobéissance; j'en étais au contraire fort aise, car elle indiquait un jugement dont, à mon avis, aucun antre animal ne serait capable.
Plusieurs fois on a fait intervenir des éléphans sur le théâtre, on leur a donné à remplir des rôles assez compliqués, et
ils se sont toujours tiré ie là avec bonheur. C'est nu reste une I. 34
f|0 wàanatà
chose admise par les gardiens d'éléphana qae ees aoliiiaiix compreiment presque tout ce qu'on leur dit. •
Buffoni en parlant de réiéphanti rapporté» d'après un té-* moin octtlairoi plusieurs faits qui doivent trouver place ici. Dans rindoi ft on se sert de l'éléphant pour le transport de l'artillerie sur les montapes, et c'est là que son intelligenee se fait mieux sentir* Voici comment il s'y prend : pendant que les bceufs, attelés à la pièce de canon, font effort pour la traîner en haut, l'éléphant pousse la cnlatte aveo'son fronts et 4 chaque effort qu'il fhit, ii mmiiêni Vaffàt avâo son gsnou qu'il placé à la roue. Son conducteur veut**il lui faire (àlre quelque corvée pénible, il lui explique de quoi il est que&* tion, et lui détaille les raisons qui doivent l'engager à obéir. Si l'éléphant marque de la répugnance à ce qu'il exige de lui, le cornac promet de lui donnerdel'arak ou quelque chose quHl aime, alors l'animal^e pr^e i tout. Mais il est dangereux de lui manquer de parole; plus d'un cornac en a été la victime.
tt J'ai plusieurs fois observé , dit un autre voyageur, que l'éléphant fait plusieurs choses qui tiennent plus du raison-* nement humain que du simple instinct naturel qu'on lui at-< tribue. U fait tout ce que son mattre lui commande. SI le mat* tre veut que l'éléphant fasse peur à quelqu'un, l'éléphant a*a^ vanoe vers cette personne comme s'il voulait la tuer et lor»* qu'il en est proche , il s'arrête tout court, sans lui faire aucun maU Si le mattre veut faire affront à une autre, il parle à l'éléphant qui prendra avec sa trompe, de l'eau du ruis^ seau ei de la boue, et la lui jettera au visage^
a Le Mogol a des éléphans qui servent de bourreaux aux criminels condamnés à mort. Si le conducteur leur commande de dépécher promptement ces misérables, ils les mettent en pièces en un moment ; si, au contraire, il leur commande de les faire languir , il leur rompent les os les uns
après l«s autre» ei leur font souffrir uo supplice aussi cnwi que celui de la roue. »
Sans une grande patience, rélépbant qui a le sentimeul de sa force et qui sait combien Tlunnoie lot est inférieur à cet égard, n'obéirait pas à la volonté et aux caprices de son mat** tre, cooune il le bit û souvent: Cette patience a cependant des bornes, et après avoir subi des contrariétés ou de mau^ vais traitemenS) l'élépbant sait ae venger. U est arrivé plus d'une fois que des cornacs ont été écrasés ou fadacés au loin par leur éléphant, et, chose bien importante à noter ioi » les premiers torts ne venaioat jamais de Téképhant II y a pour^ tant une circMstance où l'éléphant devient agresseur : o'ett quand il est pris d'une sorte de folie déterminée , peut^étref par la nonnuitisCEiGtion de ses désirs amoureux, et pendaH laquelle il «ntre dans une véritable foreur. Alors U mécmh nait wù mattre, et la force prodigieuse dont il est dott^ le rend tellement dangereux que, dans cette circoostancOy le seul parti à prendre, c'est de le tuer.
Un jeune Mpbant qui a vécu i lu ménagerie du MuséOi avait été dressé, par son mattre, à différons exerdces dont ik s'acquittait avee les marques tfune entière obétisanca et dHae vive «iBeiion; H avait besoin de la («éseilet dd SOU mattre, repoussuii les soins de toute autre personne et semblaii ne manger qu'à regiet lorsque sa UMrriMre* M était prés^Mée pur une main étrangère. Mais son mattiu devint ivrogne et prit l'hdbitiidà de le battre. Vék^plkML, aur paravuat d'une humeur gaie, parut tadlmnia et Von erut qu'il était malade : ses jeux ne lui plaisaient ptas, il donnait même parfois des signes d'taqiatience.Cet état de choses dwru quelque temps. Enfin un jour, poussé à bout, l'éléphant jeta un cri furieux, et sou mallre qui le frappait, n'eut que le temps de fuir. Depuis, l'éléphant ne s'est pins laissé >ppr0r
532 YKCVhriB de l'éléphaict. |
cher de lui y en le voyant il entrait en colère; et il n'a cessé de lui témoigner de la haine chaque fois qu'il l'a vu. (1)
Si l'on en croit Toscan, qui dit avoir été témoin des faits qu'il raconte, la musique exerce sur leséléphansune influence qu'aucun autre animal n'éprouve à un aussi haut degré que lui. Une expérience Ait faite i ce siqet, sur deux éléphans qui étaient au Jardin des Plantes, le 10 prairial, an vi, et donna au rapport de Toscan, des résultats extrêmement curieux.
Un orchestre avait été dressé hors de la vue des éléphans. Aux premiers accords que ces animaux entendirent, ils cessèrent de manger pour courir vers le lieu d'où panaient les 8onS| et témoignèrent leur surprise par des mouvemeos divers et des attitudes variés. Chaque air nouveau, chaque morceau qui différait assez du morceau précédent pour être saisi par leur oreille, leur faisait éinrouver une nouvelle émotion, et donnait à leurs mouvemens une expression dont le caractère se rapprochait toiqours, plus ou moins, du rbylbme musical. L'air de danse en w mineur de ITphigénie de Gluck, les mit dans une agitation extrême; Ils semblaient suivre par leur allure tantêt précipitée, tantôt ralentie, par leurs mouvemens^ tantôt brusques, tantôt soutenus, les ondulations du chant et de la mesure. Sous l'influence de l'air si tendre et si mélodieux : O ma tendre mueeUe, ils tombèrent dans une sorte d'enchantement; ils marchaient quelques pas, puis ils s'arrêtaient pour écouter mieux ; ils venaient ensuite se placer sous l'orchestre, agitaient doucement leur trompe, comme pour aspirer ces émanations amoureuses. Aux aocens vib et gais de l'air içaira^ tout en eux, prit soudain un caractère d'emportement et de désordre. (2)
(i) Mssaiturla James t. des mammifiresp etc. par Fr. CuTier, p. ag. («} Toscan , DéeaJe philosophique, et Foumler^Pa^ij; l>ist, des Sciences
VACULTÉS DBS MAKIS BT DBS SIffGBS. 5S3
L*aptitttde des éléphans à éprouver des émotions fortes en entendant la musique , quoique assez générale, ne paratt cependant pas constante, et elle a été niée par quelques naturalistes qui ont fait à ce siyet des expériences dont le résul* tat a été presque entièrement négatif. C'est que, sous ce rapport, je le présume du moins, il en est de l'éléphant comme de l'homme : l'aptitude varie suivant les individus. Les élé* phans qui ont fait le sujet des expériences précitées, étaient jeunes ; peut-être cette circonstance les rendait-elle plussen* sibles à la musique que ne l'auraient été de vieux éléphaos^
12® GEOUPB. — Makis f Hnges.
Nous ne connaissons que très imparfaitement les rapports des animaux entre eux. Modifiés qu'ils sont par l'éducation que nous leur avons donnée, ou dégradés par l'abondance des alimens dont nous les avons remplis, les animaux domestiques ne se présentent pas à nous aussi complets qu'ils le seraient à l'état de nature. Quant aux animaux sauvages , retenus ordinairement dans des cages étroites et séparés des animaux do leur espèce, ils ne se présentent à nous qu'avecleura facultés individuelles. Chez la plupart d'entre eux, les facultés de relation sont probablement très bornées, mais il n'en est sans doute pas de même pour les éléphans (1), et l'on ne peut s'empêcher d'admettre que des animaux qui comprennent l'homme si facilement et si bien, aient les uns à l'égard des autres, des relations multipliées.
Les singes en ont aussi : les voyageurs nous ont rapporté
(i) Il fant bien remarquer que les facultés données par i'bouime à Téléphant, ne se transmettent pas, chèa cet animal, par voie de génération, puisque les éléplians domestiques n*eDgendrent jamais ; ainsi Téléphant estil toujoon plus piès que le chien, de ion état primitif.
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d'user constamment avec eux de la plus grande séTérité. Gomme Us jugent en général assez bien de la mimique de lliomme^ s*ils voient que le gardien s'amuse de leurs espiéglerieSy ils cessent de lui obéir et lui font quelques méchancetés. Il leur est assez ordinaire, par exemple, quand le gardien vient pour netioyer leur case, d'emporter avec eux leurs excrémenSy afin que le gardien ne puisse pas les enlever.
Presque tous les singes sont susceptibles de jalousie : s'ils témoignent de l'amitié à une personne qui leur donne des friandises, et qu'un tiers s'approche d'eux, ils font à ce Uers toutes les méchancetés dont Us sont capables. Un orangoutang mort il y a deux ans à la ménagerie aimait, quand il était malade, à être sur les genoux de son gardien, il ne souffrait pas alors que personne s'approchât de lui, et il chassait surtout les enfans. Quelqu'un ayant embrassé une jeune fille devant un papion, celui-ci, devenu furieux', lui lança un pot d'étain qui le blessa grièvement. Il ne faudrait pas croire cependant, que les singes reconnaissent les femmes habU* le'eSf et sachent les distinguer des hommes; Us sont également lubriques en présence des uns ou des autres, principalement s'ils voient que Ton s'amuse de leurs saletés.
C'est une chose assez singulière que la manière dont les nouveau-venus acquièrent le droit de domicile dans la vaste cage où les singes de la ménagerie se réunissent pour jouer. Presque tous cherchent querelle à celui qu'ils voient pour la première fois; cependant ce n'est pas sans prendre quelque précaution, ceUe, par exemple, de voir s'il est fort et si ses dents sont longues. Un de leurs premiers mouvemens est d'ouvrir les lèvres pour montrer leurs dents, et il est arrivé, qu'en présence du gardien, un bonnet chinois est aUé lui-même écarter les lèvres d'un arrivant, pour juger s'U fallait le respecter ou le battre. Cette habitude des singes obli-
BT M8 SDroBs; 6S1
gérait à tenir les petits constamment éloignés des autres, si quelques singes des plas forts, les paplons et les hamadryas, ne se faisaient les protecteurs des plus faibles. Les cynocéphales, quoique naturellement cruels, aiment beaucoup les petits, et comme ils sont de nature changeante, ils préfèrent les nottveau^venus à ceux qu'ils connaissent d^à. On profite de cette disposition, et on place avec eux, pour dormir dans la même case, les singes auxquels il faut un protecteur. Leur connaissance est bientôt faite, et on peut les laisser aller en-» semble, sans rien craindre pour les plus faibles.
Fr. Cuvier a vu une femelle macaque qui ayant eu deux fois un petit, dans la Ménagerie, n'en a pris aucun soin. C'est là une monstruosité, car les singes ont une tendresse extrême pour leurs petits, et les femelles qui n'en ont pas sont heureuses de pouvoir en trouver ou en voler pour leur faire des caresses. J'ai vu ensemble deux femelles, l'une de papion, l'autre d'hamadryas; la première avait son petit accroché à sa poitrine, l'autre tournait auprès d'elle, trépignait, criait et faisait tous ses efforts pour le lui arracher. Elle tirait ce petit par les bras, par les jambes, avec une très grande force, nullement préoccupée de la crainte de lui faire du mal, mais comme uniquement poussée par un instinct violent de le posséder; mais la mère n'avait garde de s'en dessaisir et le détendait à belles dents. Les mères font la toilette de leurs petits : ce C'est un spectacle curieux, dit Fr. Cuvier (1), que de voir ces femelles porter leurs enfans à la rivière , les débarbouiller malgré leurs plaintes, les essuyer, les sécher et donner à leur propreté un temps et des soins que dans bien des cas, nos enfans pourraient envier, i»
Les mâles partagent les soins que les femelles donnent aux
(i) Oiii, rnUunUe des mëmmifirôtp elc« Hui, tks ùmnumgs.
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petits. Un papiODi dont la femelle est morle^ est père d'an petite âgé de trois ans, né à la Ménagerie. Ce peiit est rabou-» gri 9 racbitique; il dort tomes les nuits entre les bras de son père qui le surveille presque constamment. Il est l'objet d'une attention toute particulière de la part des autres singes des* quels il n'a jamais reçu la plus légère égratignure , et qui lui font au contraire toutes sortes de caresses. Il n'a pour mériter cette fhveur que les dents de son père, dont la force est supérieure à celle de tous les autres singes de la Ménagerie.
Une de leurs manières de se faire mutuellement plaisir est de se pouiller; ils le font avec beaucoup d'adresse, relevant les poils avec une de leurs mains, et avec l'autre cherchant, non pas des poux, car ils n'en ont jamais, mais des débris d'épiderme qu'ils portent à leur bouche. S'ils prennent quel« qu'un en amitié, ils le pouillent pour le fêter.
Us ont l'habitude de se suoer les lus les autres, tantôt aux oreilles, tantôt sur les flancs. Ceux que l'on suce se laissent faire, quoique leur peau en soit détruite et usée jusqu'aux muscles. Ds maigrissent, perdent connaissance, et périraient si on ne les tenait pas isolés tout le temps nécessaire à la gaérison de leurs plaies.
Les singes vivent surtout de fruits et de grains -y ils aiment le lait et le sucre ; Us ne sont pas gloutons, mais très firiands. Le sucre qu'on leur donne, ils le savourent avant de l'avaler. Si on leur présente plusieurs alimens, ils goAtent de chacun, et mangent celui qu'ils ont trouvé le meilleur. A la différence de la plupart des autres animaux, ils n'ont pas de reconnaissance envers les personnes qui leur ont donné des friandises. La versatilité de leurs sentknens est égale à la mobilité de leurs gestes. Le plus vivace de leurs instincts est celui qui les porte à faire le mal ; sur tout le reste, leurs impressions, quoique vives, sont ordinalrem^t très ftigaces.
irr ]>KS siHGfes. il9
Le coâïla, qui appartient à te famille des lapaJcfWy m pfais timide que la plupart des autres singes ^ ses mouyemens sont doux et réglés; il est peu intenigent, et si on le grond^ il agit au hasard et comme s'il avait perdu la tdCe. La moneesi aussi assez douce ; on dirait qu'elle a de la eirconspeolioii. Ses désirs ont de la persévérance et ne la portent janals à rien de violent : elle ouvre les armoires» dëfiiit les nœuds, ouvre les anneaux d'une chaîne , et fouille dans les poches avec délicatesse (1). Le gardien Daboncourt m'a rapporté qu'un sajou de la Ménagerie, étant parvenu à sortir de sa cage, avait fermé les verroux de la porte d'entrée d'un e<n«ridor, ets^était blotti dans une armoire après en avoir Até la clef. La combinaison d'idées qu'exige une action de ee genre se retrouve bien souvent dans la vie des singes (2). a Un cliacma qui blessa dangereusement son gardien, parce que celui-ci le menaçait d'un bâton, n'avait Jamais été frappé. Arrivé très jeune à la Ménagerie, II avait continuellement été enfermé dans sa cage 5 tout châtiment lui était inconnu , et le ton d'un homme qui gronde et qui tient un bâton à la mahn ne pouvait lui rappeler aucune punition , aucune douleur. Sa détermination n'avait donc pas eu pour cause une notion ac* quise par sa propre expérience, mais elle était le résultat d'un acte intellectuel particulier, d'un jugement naturel. t>
Beaucoup d'autres actions des singes sont également le produit de leur réflexion. Une femelle de papion voyant son petit suspendu à une corde, inquiète sur lui, et ne pouvant arriver jusqu'au bout inférieur de la corde, grimpa contre un poteau voisin, alla saisir la corde par le bout supérieur, et , la tirant à elle, amena son enfant qu'elle recueillit dans ses bras. L'un
(3) Id., id. , op, cit. art; CnrocinàLis.
des oraDgiM>QtâDgs qui sont morts récemment à la Ménagerie du Musée, quand l'heure du dtner était venue , avait l'habitude d'ouvrir la porte de la chambre où il prenait ses repis en compagnie de plusieurs personnes.^mme il n'était pas assez grand pour arriver jusqu'à la clef de la porte y il se suspendait à une corde , se balançait , et , après quelques o&« dilations « il atteignait bien vite la clef. Son gardien y que tant d'exactitude impatientait , prit un jour le parti de faire trois nœuds à la corde , qui , devenue trop courte , ne permettait plus à l'orang-outang de saisir la clef. Celui-ci, après une épreuve infructueuse , s'apercevant de la nature de l'obstacle qui s'opposait à ses désirs , grimpa sur la corde , se plaça au-dessus des nœuds et les défit tous trois, en présence de M. Geoffroy Saint-Hilaire, qui m*a raconté ce £aiit. Le même singe voulant ouvrir une porte , son gardien lui donna un trousseau de quinze clefis ; le singe les essaya jusqu'à ce qu'il eût trouvé celle dont il avait besoin. Une autre fois, on lui mit dans les mains un morceau de fer dont il se servit comme d'un levier. M. Decaen, capitaine de navire, cité par Fr. Guvier (1) , avait un orang-outang âgé de quinze à seize mois, qui ne marchait jamais sur le pont du vaisseau sans tenir fortement dans ses mains des cordes ou quelque autre chose attachée au vaisseau , et qui refusait toujours de monter aux mâts. Son maître, M. Decaen, lui donna l'exemple : l'orang-outang le suivit, et depuis il ne craignit plus d'y aller seul.
Le même animal , quand il était fatigué par la visite des curieux, se-cachait sous une couverture, et n'en sortait qu'après s'être assuré de la sortie des personnes auxquelles il n'était pas habitué. Quelquefois il témoignait de l'impatience
(i) Description d*un orang^utang et observations sur ses/acuités imieUec' tttêttes, IihS.
DIS MAMMIFiRBS. 6A1
et se frappait la tête par terre , puis regarilalt s*a avait produit quelque effet , dans le cas contraire, if recoimûeBçalt comme aurait pu faire un enfant mal élevé et ti'^<iuin.
RÉSUMÉ
1. Les carnivores sont généralement plus industrieux^ ^^ plus intelligens que les herbivores.
2. Le renardi le loup, le chacal et le chien sauvage ont detT mœurs analogues ; mais le cheval et surtout le chien sont nalurellement portés à s'attacher à Thomme et lui obéir.
3. Ils ont les uns et les autres, mais à un degré différent, de la finesse, de la ruse, de la circonspection; avec Tàge, ils acq nièrent de Texpérience. Us s'entendent et se concertent pour agir.
4. L'éducation ne développe, chez aucun animal, autant d'intelligence ni de meilleurs sentimens que chez le chien.
5. Les chats n'ont pas des dispositions naturelles, ni. une intelligence aussi grande que le renard et le chien; ils ne vivent ni en troupe, ni en famille; ils ne s'attachent à l'homme que par égolsme, et sans avoir jamais rien qui ressemble au dévoùment de chien. Ils chassent en épiant leur proie plutôt qu'en la poursuivant.
6. Les animaux composant les familles des ours, des martes et des civettes, ne se nourrissent pas tous exclusivement de chairs, quelques-uns d'entre eux préfèrent même les végétaux à tout autre aliment. C'est dans le groupe formé par ces trois familles que se trouvent les animaux les plus voraces et les plus destructeurs. En intelligence, les ours, les martes et les civettes sont inférieurs aux chiens, mais supérieurs aux chats,