‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 56 sur 66 · I. SI · texte numérisé non relu

I. SI

h^ glouton e$% appelé Iç vautour dea qi|s^drwpè4os : pou habile à |ai cqiv^ et pourtant très vorace, il se perche aur nu ^rbrQi attend gu'un animal vienne à passer, il se jette dessqa et le ronge vivant* Oi| dit que Tis^tis sert de pourvoyeur m glpfitpil : pçlni-ci fuît rûiatis ^ la chasse pour lui r^vir si| proioi car Tisatipi ^ans la crainte d'être mangé lui-mémo par le glouton, est souvent forcé de lui abandonner le produit de sa chasse.

Buffou a possédé un glouton apprivoisé , que Ton avait soin de nourrir abondamment et qui, à cette condition , ne faisait de m»l à personne. C'eat surtout la nuit que le glouton eat ^il|é et qu'il se met en quête d'animan à ron« ger.

I^e Maipopu demeure c;iphé dans un terrier qu'il a oreusé lui-^méme, tout le tempa qu'il ne paase pas ji la recherche de sa nourriture i il vit surtout de ehdir crue, mais il ae montre également av|de de poisson, de (ruits, do légumes, de lait, dn fromages, d'œufs. La femelle noun4t sea petits aveo grand ^oin, elle les couche au fond de son terrm sur nu lit d'herliea qu'elle leur prépare avant de mettre bas.

On apprivoise te blaireau sans beaucoup d^ palae. Ia mé^ nagerie du Musée posaède maintenant nn kinMou ; ^ wîi mal dort la plus grande partie du ieuPf mate U nuit tt M iras éveillé et tràs alerte , on le nonml oemme le% singei , avec du lait et des végétaui, mais il mange aussi de la chldr* Il a Veail tràa vif et la physionomie auasi intelUgwte que qeQo du renard.

Is eoaiâ , te bentnrong, le panda » le raton om dea moiira çtdesiiniitneta fi>n analogues et approchant de own dn m* nard^ If coati s'apprivoise et devtent enresannl* U vit dann une Uttière, et f e ronge la qume comn^ Ibnt ansii quobpini ancres espèces d'animau ni notammenl les aingei.

Dk l'ou&«. 481

Le raton se familiarise faeilemont avec rbomme^ il a toute la ruse nécessaire pour se procurer les alimens dont il fait usage sans s'exposer au risque d*étre pris. Ce qu'il mange, il le détrempe dans l'eau, avant de l'ayaler, c'est ce que font aussi plusieurs oiseanxi et notamment le geai : pendant qu'il est en train de manger, si une poule s'approche de lui, il la laisse faire, et quand elle est à sa portée, il la bappe et la tue. Il fait de même avec d'autres animaux plus faibles que lui.

On distingue plusieurs sortes d'ours que l'on dit très dif«ferons les uns des autres pour le naturel et les inclinations. Ce sont : l'ours brun d'Europe, l'ours noir d'Amérique, l'ours malais, l'ours du Tbibet, Tours jongleur et Tours blanc de la mer Glaciale. Ce dernier est réputé le plus vorace dé tous, ce qui peut dépendre de ce qu'il vit dans un climat où il trouve rarement à se rassasier; les autres sont doux quand ils n'ont pas faim, et quelques-uns même refusent toute nourriture animale. Ils vivent surtout de fniiis, de racines, ils aiment beaucoup le miel , et dans les pays où croit le cocotier , ih boivent le lait du fruit de cet arbre dont ils mangent la cime. La ménagerie du Jardin des Plantes possède un ours jon« gleur qui est très méchant; elle a possédé aussi deux oursons des Pyrénées avec leur mère , ce qui a permis d'observer quelques-unes de leurs relations de famille. Un jour , les .oursons se battaient , la mère impatientée s'approcha d'euXf leur donna à chacun un vigoureux coup de patte qui 1^ sépara. Si elle est mécontente d'eux, elle grogne et les ba^ qiu>iqtt'oUe soit maintenant plus faible qu'eux, ils ne se défendent pas contre elle. Vn des petits de la même fem^e, la Yoyant ronger un os , s'était placé près d'elle et criait comme pour demander cet os > mais U n'osait pas y toucher; la mère, impatientée de ses cris, lui donna un vigoureux coop

de patic qui le fit taire et l'éloigiia. Je tiens ce fait deM. Lanrillard sous les yeux duquel il s*est passé.

L*ours vit solitaire, tantôt dans une caverne, tantôt dans un creux d'arbre ou môme sur un arbre élevé où il s'arrange une sorte de nid. L'ours polaire choisit un creux d*arbre , un en» foncement dans la neige , une fente dans un glaçon , et s'y endort jusqu'au printemps. (1)

L'ours ne fait pas de provisions comme les autres animaux que leur organisation rapproche de lui'; mais aussi il n'a que foire de ramasser des alimens, puisqu'il passe une partie de la mauvaise saison sans manger, et dans un état de somnolence presque continuelle.

On l'apprivoise, on lui apprend à danser; les Indiens se servent beaucoup de l'ours appelé jongleur; ici on élève l'ours des Pyrénées; mais quelque habitude que l'ours prenne d'être avec l'homme et de lui obéir, jamais on ne peut être rassuré sur Inî. Bien n'annonce qu'il restera inoiïensif et qu'il n'étranglera pas ceux qui lui ont donné le plus de soins. Cependant, je le répète, quoiqu'on puisse l'habituer a ne manger que de la chair, il n'est pas essentiellement carnas* sier, car lors même qu'il est pressé par la fiilm, il passe sou*» vent auprès des animaux, il vient jusque dans les villages, sans qu'on ait à redouter de lui autre chose que le ravage des champs de blé, des légumes ou des arbres à fruits.

L'ours est très bon observateur des actions de l'homme, et il apprend vite à en tirer parti. Un lion enfermé dans sa cage ne saura que rugir , et si la force ne lui suffit pas pour en sortir, il n'aura recours à aucun autre moyen. L'ours, plus réfléchi, observe comment on a fermé sa cage, cherche les

(f) Frêd. Cuvier et Gfoffroy SAiot-RUaîrey UUtoirt nùtur^Uâ^s mammi'*

DU rOABTy ETC. bM

endroits qui seniblenl être les plus faibles » et au lien de se mettre en c<rière, il emploie avec nne paUence singulière, tous les moyens qui peuvent le mettre à même de se procurer la liberté. Il met de l'adresse et de la ruse , là où le lion ne met que de la force.

Quoique habitant les greniers à foin ou quelque autre dépendance de la demeure de Tbomme, cependant le putois est loin d^étre un animal domestique, c'est plutdt un animal parasite et un voleur habile qui vit aux dépens 4es fermiers. En été, les mâles vont dans les bois; en hiver, ils viennent chercher des femelles, se battent entre eux pour les posséder^ et celles-ci une fois que leurs petits commencent à être en état de trouver des alimens, cessent de les garder avec elles.

Le fiiret, qui est une espèce de putois, s'apprivoise assez facilement, et dans notre climat il ne vit que dans une sorte de domesticité. Il est moins fort et moins vorace que le putois. Il a pour le lapin une si grande antipathie, qu'il ne peut voir cet animal mort ou vivant, sans se jeter dessus. On pro* lite de cette disposition du furet pour l'employer à la chasse du lapin. On le musèle et on le place à Feutrée d'un terrier de lapins ; ceux-ci effrayés se sauvent, et on les prend ; le foret les poursuit hors du terrier et revient ù son maître. Si on n'avait pas la précaution de le museler, il sucerait le sang des lapins qu'il pourrait atteindre, s'endormirait au fond du terrier, et serait perdu.' Il est donc loin d'avoir l'habileté du chien; il chasse par instinct seulement, tandis que le chien chasse avec inlelligeuce.

Les instincts de la belette sont ceux de la fouine et du putois, elle chasse de la même manière et fait aussi des provisions. Son odorat parait être exquis. Buffon en avait apprivoisé une, à force de cbàtimeos; celte beleUe rompit un jour la chainc qui la retenait, courut vei-s Buffon, entra dans

tl6 FACULVÉ6 DB Vk BBLETTE

sa podie, et y déehira un petU papier contenant de la tiande qn^elle mangea. On a dit de l'homme qu'il est une intelligence servie par des oi^anes; on pourrait dire de la belette qu'elle est un estomac servi par des sens exquis^ et même par de l'intelligence.

La belette de Buffon distinguait très bien le ton de la menace et celui des caresses, elle reconnaissait son mattre, et Jouait avec un chien et un chat. Elle se montrait très ardente en amour, et iUui est arrivé, dit BuCTon, de se satisfaire sur un Mtre animal mort et empaillé.

Litermine ne difTère de la belette par aucun caractère essentiel, physique ou psychique.

La martre et la fouine viennent à la suite des animaux prë« cédens; elles te ressemblent pour les instincts et les mœurs, si ce n'est que la martre habite les bois, tandis que la fouine préfère les greniers. La martre s'empare ordinairement du nid de récureuti,- elle en agrandit l'ouverture et y bit ses petits. Ni la martre, ni la fouine ne sont susceptibles d'être ap^ privoisées.

La martre zibeline offre cela de particulier qu'elle habite de préférence le bord des fleuves; du reste elle ressemble, &0US le rapport psychique, aux animaux précédens.

La mouffette a été appelée enfont du diable, à cause de l'odeur insupportable qu'elle répand. Cette odeur qui est d'autant plus forte que l'animal est effi*ayé, soustrait les mouffettes à la poursuite de leurs ennemis, plus efficacement encore que l'encre répand|i par les sèches ne dérobent ces mollusques à la voracité des poissons.

Bô même que les pulois, les martres, eic, la mouffette sort surtout la nuit, ce qui indiquerait qu'elle est destinée à épier les animaux et à les surprendre pendant leur sommeil; cependant elle est peu vorace, et quand on en a tenu à la chaîne

DE LA IM>^»ltTB, ETC. M9

DU dans d«ê cages, on lei a tuas prélérar lëa tégéuna, M m^ ■actes et quelques mollusqiiesi à la chair des animaux à sang diand. La menffette habite les iéntes dei roehera oè div élève quelque téoipa ses petits.

Le ratage que le putois fait dans les bassesH^urs, la iouti^è le fait dans lea etangS) les pattes pounmes de membranes natatoires, et raplatissement de son corps la rendent propre I se tenir fiieilement sur reau) elle plonge bien, et quoique les animaui dont elle ttit sa nourriture n'aient d'autre moyeh de défense que là fUitè, ëepeidànt elle n'est dépourvue hi de force, ni de courage^ tti ditttelligenee; elle évite les ehiensi mais elle sait lutter avec euili et pour la chasser dis liëui qu'elle habile, il ftut que loft eastors se réunissem en gMnd nombre.

Elle est sauvage et farouche; les efforts tentés pouf Faj^ t>rttolseront rarement réussi. Qft Cite Unëcul exemple de ÉUccèsen ce geîire t C'est celui d'me loutre apprivoisée par des religieuses, paraissant entendre ee qu'on lui disaiti sachant quelquefois obéir et vivant dans une oertaine familiarité avec un chat du couvent. Bile satisfaisait à ses besoins sans distinction de lieu et sans que les correotions aient jamais pu lui faire entendre quelles sortes de précautions on aurait vouhi qu'elle prit.

Tous les anhnanx mammifères dont il a été question Jusqu'ici sont , Jusqu'à Utt certain point, perfectibles. L'eip4rience leur sert et la prudence leur vient aveé l'IgU. La loutre ne fait point elcepUon à cette règle et on s^empare moins fllcilement d'une vieille qUe d'une jeune loutre.

Le lit sur lequel elle fait ses petits est construit fftterbés et de morceaux de bois, elle ne les garde avec elle que le temps nécessaire pour leur apprendre à tfiasser.

ta civette et la gènetté tienHént^ pour la ccnfttruiatfiM et

&88 VACVLTit»

les instincu, du chat et du renard. Je n'ai vu qu'une cîvctté vivante; elle est à la ménagerie du Jardin des Plantes; on ne peut approdier de sa cage sans qu'elle menace de mordre comme un chat en colère. Elle s*est fait une large blessure an flanc gauche, en se mordant elle-même, elles gardiens n'osej*aient pas ouvrir sa cage pour la panser. Il est vrai que sa cage est petite et que le malaise qu'elle en éprouve, peut C4>ntribuer à augmenter la férocité qui lui est naturelle. Buffon dit que la civette saute comme les chats et court comme les chiens; qu'elle cherche, comme les renards à entrer dans les bas^ ses-cours, qu'elle ressemble à cet animal , surtout par la léte, et qu'elle voit dans l'obscurité. C'est donc un animal de transition pour les instincts et la conformation extér rieure, entre les renards et les chats. J'ai dit en parlant de son cerveau qu'on y trouve des caractères du cerveau du renard et des caractères du cerveau de la fouine : j'aurai à parier des rapports qui lient le cerveau de la fouine à celui du chat : c'est ce que je ferai dans l'article suivant. La civette vit de chasse , et à défaut d'animaux , eUe mange des racines et des fruits. On peut Tapprivoiser. La geneite est dans le même cas, elle a de plus, comnie les chats, l'art d'épier et de prendre les souris. L'hiver elle se tient dans un terrier, à la manière des lapins.

Un animal qui est domestique en Egypte, comme le chat Test chez nous , mais qui est encore plus vif et plus courageux que le chat, c'est la mangouste. Non-seulement elle mange les rats et les souris, mais elle attaque les serpens et lespetits crocodiles : elle est avide d'oeufs, et prend également ceux de poule et d'oiseaux. Elle recherche aussi ceux de crocodile , dont elle s'empare avec beaucoup d'habiietc , ce qui Ta rendue chère aux Egyptiens. J

On a compare' la mangouste au blaireau, au furei, à la be-

DK LA CIVETTE. &89

IcUe^ à la loiib'e. Elle a des rapports avec ces animaux; mais ses habitudes oe ridentlftent avec aucun d'eux, pas^plus.que la conformation de ses organes extérieurs , pas plus que sou cerveau.

Ici se termine la série des animaux carnivores. Ce oe sont pas les plus nombreux, ni même les plus forts ; leur apparition sur la terre est nécessairement postérieure à celle dea autresanimaux, ets'ils ne se faisaient pas la guerre entre eux, si le père et la mère eux-mêmes ne mangeaient pas leurs petits , les antres animaux , plus faibles qu^eux et souvent dépourvus de moyens de défense, auraient bientôt cessé d'exister. Mais les carnivores sont privés de ce qui fait la force des herbivores ; ils ne s'unissent pas entre eux pour la défense commune, et s*il en est qui attaquent de concert et s'entendent pour la chasse , c'est le plus petit nombre , et ceux-là trouvent dans l'homme un ennemi qui les combat presque toHjours avec avantage. Dans les groupes qui vont suivre, plusieura animaux sont omnivores , aussi bien que l'ours , le coati , le blaireau ; mais ils présentent d'autres caractères qui les rapprochent des herbivores.

Au reste, tous les naturalistes l'ont dit, îl n y a pas de démarcation absolue à établir entre les animaux : on trouve en- . tre ceux dont l'organisation et les instincts sont les plus op^ posés, des transitions nombreuses et variées, des êtres intermédiaires, qui forment le passage des uns aux autres, et qui ne se groupent naturellement avec aucun d'entre eux. Ce qui m'importe ici, c'est donc moins de faire une classificaiiou exacte des mammifères, que de savoir si les transitions d'organisation qui existent entre eux, sont en rapport constaqt et nécessaire avec les gradations de l'instinct et de l'intellîgence.

A* G&OCPB. -— Chatwe^souris j rouueUe.

J*ai éprouvé UD grand embarras quand j'ai voulu coordonner les cbéiroptéres, les insectivores, les marsupiaux, lesrongeurs et les édentés, d'après la nature de leurs insliocts. Si je prenais le genre de nourriture pour base de ma classification, j'éloignais les uns des autres des animaux d'une valeur psychique à-peu-près égale, et j'en rapprochais d'smtres qui différaient beaucoup entre eut. Ainsi la chauve*souris était séparée de la roussette, et lé castor se trouvait à côté de Tu^ nau et de l'aï. Devais-je m^efi tenir à quelqu'une des classifications adoptées par les naturalistes? Non ; car les natnni' listes ont réuni dans un même ordre , des animaux dissemblables par les instincts , suHout en ce qui concerne les mammifères inférieurs qu'il s'agissait de diviser.

J'ai cherché alors si quelque action commune à tous oes animaux ne m'oSIrirait pas une mesure de leur intelligenoe, et j'ai trouvé que la manière dont ils se logent, sérail poor moi un guide asse2 sûr. En adoptant cette base , je plaçais au dernier degré de l'échelle les chauve^souris et les rousseiies, Tunau et Tuf; au plus haut degré, le rat musqué et le castor. Ce mode était préférable au premier. Il est vrai qu'il place à côté les uns des autres des rongeurs, des édentés et des marsupiaux; qu'il divise les rongeurs en fractions qui se trouvent disséminés dans les autres ordres, et réciproquement \ mais qu'importe ! s'il établit une gradation entre les Inielligences. Ce que je cherche, en effet, c'est de savoir si cette gradation existe, et quels en sont les caractères ; or, pour arriver là, il faut, après avoir groupé les cerveaux , grouper les iniellir gences, afin de découvrir quelle sorte de corrélation existe entre les faits matériels et les faits psychiques.

DE LA «HAinri^sou&is. Mi

Les chauve-souris sont au plus bas degrés pour les facultés insUnoiiyes» dans la classe des mammifères: elles habitent des cavernes, de vieilles masures , sous les toits des prands édifices. Elles mangent des insectes et de la chair fraîche ou pourrie. Pendant Thiver, elles sont engourdies et ne sortent pas de leur demeure ) aussi ne font-elles pas de provisions. L'été et pendant le jour elles ne sortent pas non plus ; mais le soir et la nuit elles vont à la chasse aux insectes. Réunies quelquefois en nombre infini, on ne peut pas dire cependânl qu^elles vivent en société, parce qu'elles ne se rendent mu* luellement aucun service , et qu'elles n'ont pas besoin les unes des autres. Il est diffleile de croire que le mftle conserve quelque temps la femelle qu'il a fécondée ; quant à la mère, elle allaite ses petits qui se cramponnent après elle, Jusqu'à ce qu'ils soient en état de voler.

Il parait que toutes les localités entre lesquelles nous n'apercevons pas de dîfférenees notables, ne sont pas les méities pour eux. A Paris, par exemple, c'est à peine si on en trouve quelques-unes dans les combles de l'église Notre-Dame; Il n'y en a pas àSt.-Sulpice,nidanslaplupart des autres églises, tandis que les combles de l'église St-Gervais en contiennent par milliers. Ces combles ont la forme de l'église ; c'est-àdire qu'ils sont disposés en croix. Pendant l'été, les chauvesouris se mettent toutes sons le comble qui répond au midi , et les trois autres quarts de l'année, elles se tiennent du cdt^ du levant. Chaque année elles font la même migration.

La vctuslc de la charpente du toit de St.-Gervais ayant exigé, il y a quelque temps, que cette charpente fût entièrement renouvelée , les chauve-souris furent obligées de chercher un refuge ailleurs; mais, le toit rétabli, elles sont rev^ues s'accrocher aux poutres neuves, en aussi grand nombre qu'elles l'avaient fait aux vieilles.

â92 WACVhtà»

La cause de leur migration d*iine partie de la toiture i Tautre, pourrait être la différence dans l'intensité de la lumière qui y pénètre ; le lieu de leur séjour ordinaire est le plus obscur, le moins largement en contact avec Tair extérieur, et, par conséquent, celui où la chaleur se conserve davantage.

Les cbauve*souris ne voient que dans Tobscuriié ; le tact supplée jusqu'à un certain point à cette imperfection ; car une chauve-souris à laquelle on a arraché les yeux , peut encore voler et éviter les obstacles placés sur son passage.

n y a des chauve-souris qui se nourrissent principalement de chair; d'autres, de fruits seulement. Le vampire est une chauve-souris d'Amérique qui s'attache aux animaux et se nourrit de leur sang: la roussette, au contraire, appendue

aux arbres pendant le jour, vit de bananes, de pèches, de goyaves, de baies de guy et du suc des plantes ombellifères. Je n'ai pas vu le cerveau du vampire ; mais j'ai vu le moule de celui de la roussette : il sera curieux, en raison de la nature de l'instinct de cet animal , de comparer son cei*veau avec celui de la chauve^ouris ordinaire.

5* GXOUPK. — Unaup a>.

Au même degré que la chauve-souris, ou même encore audessous, se trouvent les deux tardigrades ou pare$$eux que Ton nomme l'unau et l'a!. La nature en a fait les plus lents, les plus lourds des animaux, et elle leur a donné pour nourriture des feuilles d'arbre et des fruits sauvages ! Il faut donc que ces pauvres bêtes, qui parcourent tout au plus une toise en une heure, grimpent sur un arbre pour y trouver de quoi se nourrir. Ils y grimpent ; mais avec des efforts inouïs , et quand ils y sont arrivés, quand ils ont mangé feuilles et fruits et que l'arbre n'a plus que du bois , comme il faudrait pour descendre deb efforts dont là plupart du temps ils ne sont pas

capables, ils se laissent tomber par terre, et s'ils se remettent de leur chute, ils se traînent vers un autre arbre.

Ces animaux n'ont aucune défense ; ils ont Tair morne , le regard sans vie. « Ils représentent , dit Buffon, le dernier terme de l'existence, dans l'ordre des animaux qui ont de la

chair et du sang. 9 Je dirai en quoi le cerveau de l'unau et de l'aï ressemble à

celui du castor.

Tous les animaux compris dans le groupe suivant , rongeurs, insectivores, édentés ou marsupiaux, ont cela de cornmun qu'ils se construisent une habitation souterraine,

6* GROun. -K A. Ayâ-aye, marmotte, loir, Uroi, mulot, éehimys^ fnéfrion^ rat, sourie, muêeardin, rat d^eaUf ge'O' mffêj hamiterj campagnol, lemming, gorboiêo, hélamyê^ oryetére, fore-épie, lapin^ la§omyê, eaHai, agouti, paea, ooehonrj^lnde.

On ne sait que peu de chose de l'aye-aye. Il vit dans un terrier, ne sort que la nuit; oh le dit paresseux et d'humeur très douce.

La marmotte est mieux connue (1) ; elle est en grand nombre sur les montagnes de la Savoie, dont les habitans l'apprivoisent pour la conduire dans les pays voisins, où ils en font un objet de curiosité et de spéculation. Elle se nourrit de viande, de pain, de fruit, déracines, d'insectes; elle aime le lait et le beurre.

Plusieurs marmottes se réunissent pour faire en commun l'habitation dans laquelle elles passent toute la mauvaise saison, à l'abri du ft'oid et de l'humidité , dans un éiat de torpeur et d'engourdissement. Cet engourdissement leur est

(■} '^* Genicr, AMrovtnde, Bafibiii «le -. ^

Mil fAGVI.Ti&

GommoB avec beaucoup d'auires rongeurs ; Tours lui-même y tombe aussi, et on ne doit pas attribuer ce phénomène seolemeiit à l'influence du iroid, car dans les pays chauds, on a observé qu'il avait également lieu.

Les marmottes, puisqu'elles sont engourdies dans leur ter^ rier, n'ont pas besoin de faire de provisions ; aussi n'en foni- •Uea îamaia. Le terrain qu'elles se copstruisent est fait en Y, ' dont les deux branches ont chacune une ouverture qu'eUea ferment pour le mauvaistemps. C'est au fond du terrier qu'elles déposent leurs excrémena< Tout l'intérieur de leur habitation est tapissé de mousse et d'herbe desséchée. Lorsqu'elles sortent pour chercher delà nourriture ou pour s'ébattre , il y a toiqours des sentinelles qui veillât pour les ^tres, et qui, k i'an>roche d'un ennemi, font entendre un sifflement qui est le signal de la retraite* Au rapport de Qesner , la sentinelle est la dernière à rentrer; elle sait qu'elle est chaiigée de veiller à la sûreté dcses compagnes.

On apprivoise facilement la marmotte ; eUes devient presque aussi docile que nos animaux domestiques. Elle éprouve pour les chiens la même antipathie que pour les chats, et se jette sur eux pour les mordre, surtout, assure-t-on, si elle croit être soutenue par son maître.

Aucun mammifère ne s'élève sur les montagnes autant que la marmotte, si ce n'est le lagomys.

Le loir, le lérot, Téchimys demeurent autant dans des fentes de rochers, dans des trous de muraille que sous la terre; ils sont engourdis pendant une partie de l'hiver; ils se nourrissent de fruits, d'insectes, et font quelquefois la guerre aux petits oiseaux; il en est de même du mérion.

Le rat et la souris ^ analogues aux précédens quant à l'organisation, en diffèrent par les habitudes, en ce qu'ils sont les parasites de l'homme dans l'habitaiiOB duquel ils se lo-

Bl LA MMHPTTV, BTG. 49(

geniy et q\\ ils irouveraient une nourriture aussi abondante que facile I si les chats > parasites comme eux, ne leur taisaient pps uqe guerre acharuée. Les rats et les souris font des provisions de nourriture) ils sont très lascifs, les rats surtout, dont l^s femelles défendent quelquefois leurs petits | même ooqtre les chats.

La féooudité des rau est extrfiœe (1) c ces animant muUi<« plient en nombre inQni partout où ils trouvent une nourri*» ture abondante , surtout une nourriture animale , et lia sont tellement féroees , qu'ils s'entre-dévorent si on les enferme, dans un lieu où ils n'aient rien à manger. M. Magen'àie, M. Hamont ont été témoins de ce fkit. Parent-Duohàtelet, d'après un calcul approximatif très fondé, évalue à œnt mille le nombre des rats qui se trouvent à la Toirie de Monifoucon (près Paris) et dans les environs s il dit que le terrain tremble sous les pieds et que des éboulemens ont eu lieu, dans le voisinage de cette voirie , par suite des dé-» gàts souterrains causés par les rats , et que ceux .de ces animaux qni ne peuvent se loger dans le voisinage do Mont-» faucon , établis à quelque distance de là , ont , à force de passer et de repasser sur le gacon 9 traoé des sentiers battus très facilement reconnaissables.

La souris, moins hardie que le rat, peut-être parce qu'elle est plus ftiible, a pour ennemi, outre l'homme et le chat, lont les oiseaux MCturnes et la fouine , la belette et même le rat^ Elle est susceptible d'un peu d'édooation) on parvient à lui ftilrefeire quelques petits exercices qui ont lieu de surpren«dre dans un anima! aussi éloigné de l'homme par son organisation.

(i) ParenUDDchàlelet , Mémoires sur Us questions Us jfius in^rtemtu d*iiygiènê publique^ t. ii, p. aao, dit que les raU font jusqu'à i8 petits à-la- Mu, et que le nombre des portées est d<»cinq à six par ait.

Le mulot habite les champs et les boîs) s'il trauve un trou à sa couveDance , sous un buisson , il le prend ; sinon il eu creuse un et s'y loge. Sa demeure est ordinairenient composée de deux parties distinctes , Tune pour lai , Fautre pour ses provisions qui sont parfois très abondantes. BufiFon en avait douze dans une même cage : au bout de quelques jours , comme on ne leur avait pas donné à manger , on vit qu'ils s'étaient entre-dévorés, il n'en restait plus qu'un seul, encore avait-il les membres mutilés.

Le campagnol , le muscardin , le hamster ont des mœurs très analogues à ceux des animaux précédons ; on dit avoir trouvé jusqu'à deux boisseaux de bon grain, dans les magasins du hamster ; il s'y renferment les uns et les antres, pendant la saison froide ; mais il est à présumer que s'ils s'engourdissent, ce n'est pas pour un temps aussi long que les marmottes, autrement les provisions qu'ils amassent, ne leur serviraient pas.

Le rat d'eau diffère de tous les rats et, par ses instincts , il se rapproche beaucoup de la loutre : il vit dans l'eau et se nourrit de poissons, de grenouilles, d'Insectes ; fl mange aussi des végétaux. Il a un trou qui communique au ruisseau qu'il habite et il s'y enferme l'hiver.

On a vu tout-à-rheure quel nombre prodigieux de rats, te voirie de Montfaucon nourrit tous les joiirs ; un rat du nord, né sur les bords de la mer glaciale, le lemming, parait être encore plus prolifique que le rat de Montfaucon ; il en part des bandes nombreuses qui se portant vers les conurées méridionales, aflbment les pays par où ils passent. Les rats d'Egypte étaient dans le même cas, et c'était, comme on sait, une des plaies de ce pays.

Les gerboises au nombre desquelles on a placé long-temps le dams^n ou agneau d'Israël queCuvier appelle un rhinocéros

-ftC hk MàKMOTTK, ETC. &97

(^n mintature, Uiffèrent des rats par leur caractère qui est toul-à-fait ÎDoffensif. Elles se servent de leurs membres

thoraciques qu^elles ont très petits , non pas pour marcher, mais pour saisir et porter à leur bouche ce qu'elles veulent manger, et elles marchent en sautant sur leurs pattes de derrière : on pourrait les appeler des bipèdes sauteurs. Elles s'apprivoisent peu.

Les bélamys sont presque des gerboises ; les oryctères et les géomys se rapprochent davantage des autres rongeurs.

Si le porc-épic était aussi méchant qu'il est bien armé , il pourrait être un animal dangereux, mais il ne se sert des pointes aiguës dont sa peau est hérissée, que pour se défendre des ennemis qui veulent l'attaquer. Il ressemble, sous ce rapport, à l'encoubert, au pangolin, et au tatou. Ses dents rongent le bois ; en captivité, il vit de pain , de Tromage, de fruits, de racines et de graines.

Le lapin se nourrit exclusivement de végétaux, il ne fait pas de provisions, ne s'engourdit pas l'hiver; s'il est libre , il creuse un terrier; dans le cas contraire , il cherche à en creuser un, mais cet instinct se perd lorsque plusieui*s générations se sont passées sans que le besoin d'en avoir un se soit fait sentir, et il revient également après plusieurs générations, mais plus prompiement qu'il ne se perd, lorsque le lapin passe de la domesticité à Fétat de liberté. Le lapin est d'une extrême timidité, une feuille lui fait peur; c'est seulement la nuit, que réuni a sa famille, car il vit en famille, il prend ses ébats sur la pelouse, pendant que le père veille à ce qn*aucun ennemi ne vienne à l'improviste.

L'ardeur copulaiive des lapins est extrême , et les femelles sont presque constamment en amour.

Le lièvre ne devrait pas ironver sa place ici, car il ne fait

pas de terrier ; mais ses rapports avec le lapip sont si nom- I. 33

brenx que je n'ai pas dû séparer ces deux animanx run de raatre. Il vit solitaire et toujours effrayé* Chassé par des ehiens, il cherche à les dérouter et à mettre un autre lièvre à slA place : s*il en trouve le moyen, il va se cacher au milieu d'en troupeau de moutons. Tellement seniblables l'un à l'autre qu'on serait porté ù les regarder comme appartenant à une même espèce, et quoique très ardens en ataour^ le Hèvfè et le lapin ne cohabitent pas ensemble , au moihs à ce que Ton asslll^. On peut les apprivoise^, Us sont capables d'un fhible degré d'attention et ils apprennent à faite quelques tours d'adresse comme battre du tambour et sauter en cadéttee. On ne saurait dire qu'ils s'attachent h l'homme, car si, aidés du peu d'intelligence dont ils sont pourvus , ils ii*ou vent le moyen de s'échapper, ils en profitent pour ne piifts revenir;

Leroy (i) assure, peut-être en cela ttiontre-t-il de la partialité en faveur des lapins, que, chez eux, la vieillesse et la paternité sont fort respectés et, qu'en retour, les vieux lapins ne rentrent jamais dans leur terrier, même quand un ennemi les menace, avant que tous les petits ne soient rentrés. Le fait que j'ai cité plus haut de l'ours femelle corrigeant son petit qui pleurait pour avoir un os, fait qui est hors de doute, puisqu'il a été vu par M. Lanrillard, rend au moins vraisemblable, ce que Leroy dit du respect que les jeunes lapins auraient pour leurs géniteurs.

Le lagomys est un grand faiseur de provisions; il amasse (lès tas de foin hauts de six ou sept pieds ; il habite , amsi que la marmotte, la partie la plus élevée des montagnes.

L'agouti et le paca ressemblent beaucoup au cochon, pour le naturel et les mœurs; ils fouillent la terre et sont omnivores.

DU COCllOir-b*I1f1lB, KTC. 4#9

L'agouti ne vit pas seul; il a, comme le renard, l'habitude â>iH terrer ce qui lui reste d' alimens ; on ne le trouve pas toujours dans un terrier, il habite aussi le creux des arbres et les fentes de rochers. Quant au paca, il habite volontiers le voisi* nage des rivières, il s'apprivoise pourtant : il vit seul dâds SM terrier.

Le cochon-d'Inde est l'tin de^ plus istupides des rongeUMi et en inême temps Tufi des plus féconds. A T&ge de six H^ inalned, il est en état d^engendrer ; trois semaines après avi^lf mis bas , la femelle éloigne d'elle ses plF^tits ; elle est presqufë toujours en amour et les mâles se battent pour ta posséder. Le cochon-dinde est exclusivement herbivore.

Quant an câblai, il vit plutôt dans l'eau que sur ta ten^^

H A les mœurs d'une loutre et serait mieux placé , en raisott de ses instincts, près de cet animal, que près des antres rom^ f eurs : eti cela if ressemble au rat-d'eau, dont il a été qnestiw précédemment.

Ces animaux exceptionnels méritent un examen spëèltlt précisément en raison de l'étrangeté de leurs mœurs, et mm sommes conduits à nous demander si, dans la tête du eaMil et dans celte du ratHl'eàn, H y aurait » ««rveau oontoiwf de la nMme manlène que celui de la loutre.

hérissoti est encore un di« Mimauit qui av«c une «bure redoutable n^a vfih des habitudes paisibtes; H\ft flfeliihaces, de colimaçons, d^hksectés et de fhiits, t\ o)i lut âoihiè de la viande, il en mange également, mais sans la redheK cher avec avidité. Les pointes dont il est armé et qu'il dresse contre la fouine , la belette, le imtois ou les Mseaux eamas^

8iers qui osent ratiaqiter, il ne s*en sert jamais que pour sa défense. Il dort tout Thiver ou plutôt il reste engourdi soit dans un terrier, soit dans une fente de rocher. On s'est assuré que la femelle mange ses petits, ce qui du reste lui est commun avec beaucoup de rongeurs.

La musaraigne, quoique en assez grand nombre dans les campagnes, n*est pas très connue; elle est timide, on la voit peu, elle vit de vers et d*insectes, et se tient dans son terrier presque tout le jour; c'est le soir seulement qu'elle en sort pour aller faire la chasse aux insectes.

Le rat-d'ean et le cabiài vivent dans Teau et sont très vora* ces; le desman se tient aussi dans Teau, il n'a pas cependant des habitudes de destruction aussi prononcées que les premiers; ce n'est pas sans doute qu'il détruise moins, mais c'est qu'il ne s'adresse pas à des animaux dont la vie soit aussi complète que ceux auxquels s'attaquent le rat-d'eau et le cabiai. Le desman vit surtout de sangsues; il se tient dans un trou dont ToriAce est sous l'eau, et qui s'élève en pente jnsqu'au*dessus du niveau des débordemens. De cette manière, l'entrée de sa demeure n'est accessible qu'aux animaux aquatiques , animaux dont il n'a rien à craindre; et quand il veut trouver de la nourriture, il n'a qu'à descendre, elle est à sa portée.

M. Geofliroy-Saint-Hilaire a donné le plan de la demeure d*ttne taupe : c'est une galerie h nombreuses divisions, pourvue de vestibules placés de distance en distance; les parois en sont battues, solides, et de plus, à l'abri des inondations, se trouve un nid dans lequel la femelle dépose ses petits, (i) . On croit que la taupe a les mœurs douces et pacifiques; d'après MM. Geoffroy-Sain t*Hilaire et Flourens, elle serait au contraire très vorace et plusieurs taupes ne pourraient

(i) Miifotn tmtnrfUe ifet wmmmtfirft, T9* IfÇMif p. ta.

DU TATOU, BTC. 601

pas seulement rester une nnit entière privées de nourriture, sans s*entre*déTorer; elles mangent des racines, des insectesi,

des vers.

Les màles sont très ardens et se battent à mort pour la possession des femelles : ils les gardent et restent avec eiks dans leur terrier pendant la saison froide.

M. Geoffroy-Saint«Hilaire explique la voracité des taupes non par un instinct de cruauté, mais par une faim avide due à la pi-ompUtude de la digestion et au peu de longueur du tube digestif.

Le condylure aurait, d'après les voyageurs, les mœurs de la taupe, et le scalope, celles du dcsman.

Page 1