‹ Anatomie comparée du système nerveux (volume 2)Chapitre 60 sur 66 · ILECHERGHE DU SIÈGE DES FACULTÉS · texte numérisé non relu

ILECHERGHE DU SIÈGE DES FACULTÉS

formation semblable , chez les assassins ; donc c*est elle qui porte au meurtre, et quand je verrai la saillie du cr&ne exister , je dirai que la faculté , que le penchant existe. » La détermination de Torgane repose uniquement sur ce fait, que certaines parties cérébrales qui ne se rencontrent que chez les carnassiei's et les hommes portés au meurtre , coïncident avec le penchant à détruire , penchant exclusif aux carnassiers et aux meurtriers : si donc on vient objecter que les par* ties cérébrales dont il s'agit se rencontrent chez les herbivores aussi bien que chez les carnassiers , il n'y a qu'un seul parti à prendre , c'est de rejeter entièrement la détermination que Ton a faite comme étant basée sur des observations incomplètes. En avouant que l'organe de la destruction se retrouve chez les herbivores, les phrénologistes ont donc ôté à cet or*gane le seul principe de son existence.

L'extension maladroitement donnée à l'oigne de la destructivité, conduit à des conséquences singulières et que les phrénologistes n'ont sans doute pas prévues. L'action du castor et de l'écureuil qui coupent des branches, des écorces pour se construire des habitations, ne peuvent, d'après les phrénologistes, se rapporter qu'à l'organe de la destructivité (i). S'il en est ainsi, on doit également rapporter au même organe, des actions analogues, chez Thomme. Or, les bûcherons, les jardiniers, les faucheurs, les moissonneurs, les vendangeurs, etc., etc., tous occupés de la destruetian des végétaux, doivent avoir la tête conformée comme les meurtriers et les assassins ! Alors que devient l'art de la divination par la crànioscopie, art que Ton voudrait introduire en médecine légale et à l'aide duquel Gall, Spurzheim, MM. Dumoutieri Yimont, Voisin, ont fait tant de belles découvertes dans les

(i) Broiusaisy op, cit., p. aai.

DÉPAETIES A13X MAMKIViBXS. 967

prisons et dans les bagnes? Le nom de cet art est an bout de ma plume; je ne crois pas qu'il soit nécessaire de l'ëcrire.

L'organe affecté par Gali à l'exercice des sentimens religieux, celui qui fait connaître Dieu et la religion, a été appelé par Spurzheim et ses disciples , organe de la vénération ; M. Dumontier en a indiqué le siège précis sur le cerveau de l'homme ; on le trouve sur une portion de circonvolution située en haut et en avant de la tête , correspondant et pour le lieu, et pour la forme à la circonvolution dont une sinuosité circonscrit ce que J'ai appelé le sillon crucial chez le che* vreuil, le daim, et que l'on voit, surtout chez le mouton, d'une ressemblance parfaite avec Torgane de la vénération que Ton voit sur le cerveau d'homme, modelé par M. Dumontier. J'ai opposé ce fait aux pbrénologistes, croyant les mettre dans l'embarras (i). Point. Broussais a répondu :

<c Les pbrénologistes ont refusé le sentiment de la vénération aux animaux : moi , je ne suis pas de cet avis. Une certaine nuance de vénération existe chez plusieurs espèces, parmi les vertébrés qui se choisissent des chefs, qui marchent d'après le signal que ces chefs leur donnent, et qui lui obéissent. Ainsi, même parmi les moutons, vous voyez un chef : s'il existe une troupe de chevaux sauvages, c'est le plus habile, le plus expérimenté qui conduit la troupe. Entre tous les animaux, le chien se fait remarquer par la vénération qu'il porte à l'homme, cet animal distingue parfaitement dans la maison qu'il habite, le rang qu'occupe chacune des personnes qui peuplent cette maisoQ. i» (2)

Ces faits psychiques allégués par Broiissais sont de toute vérité, les sentiment dont U parle existent cbez le mou-

Ci) Gazette médicale, x835, n^ i^'.

(a) Broussaif, Cours Je phrénologié, Paris, z836; p. 35o et 35a.

568 BBCHBACUB DU SIÈGB DBS fAtVVttS

ton, ie cheval, le chien et chez beaucoup d'autres encore qui ont ce qu'il appelle l'organe de la vénération. Mais les animaux qui ont aussi cet organe et qui n'ont pas la faculté, qu'en pen* seront les phrénologistes? Le loup a l'organe de la vénération aussi bien développé que le chien; le lion, le tigre sont dans le même cas. L'organe de la vénération pour ces derniers, il faut en convenir, est un organe parfaitement inoccupé.

Un système analogue à celui de Gall, en ce qu'il est fondé sur des observations qui semblent choisies dans le but de réaliser une idée préconçue, mais presque en tièrement opposé d'ail* leurs au système de Gall, par ses conséquences, a été proposé par Spix. Il est curieux de voir à quel degré de divergence sont arrivés deux auteurs qui, l'un et l'autre, ont fait usage de l'anatomie comparée, pour fonder une doctrine de localisation cérébrale.

Spix (1), dont on se ferait une idée trop défavorable si on le jugeait seulement sur son système cr&nioscopiqne , après avoir démontré la grande analogie qui, suivant lui, existe entre la mâchoire inférieure unie à l'os écailleux et la cavité abdominale; la mâchoire supérieure unie aux os etfa moïde et jugal, et la cavité thoracique; Tocciput et la cavité de la bouche, le synciput et la cavité du nez et de l'oreille, le front et la cavité orbitaire, demande qu'il lui soit permis d'exprimer publiquement son opinion basée, dit-il, sur l'art crânioscopique, physiognomonîque et pantomimique. Or, cette opinion est que l'âme végétative et motrice ou vitale siège à la base du crâne; l'âme sensuelle, abdominale, digestive, re-

(x) Y. Cephalogenesisy she eapith ossei strueturaf formatîo et tigmficatio par omnes animalmm classes y familias, gênera ac œtaUs digesta atque te— hulis iUustnua^ Ugesque stnud psyekologteœ, craniùseopicm oe psysiogmomcet inde derivatœ , auctore. J. B. Spîz, Muuich, i8i5, in-fol. arec t8 pi.

siPAKTIfiS AUX MAHMIPÈaBS. 569

productive et générative à Foccipital; Tàme réfléchiaeante, aux pariétaux; Tàme intelligente ou l'esprit, au frontal, on plutôt dans les parties du cerveau correspondantes à ces os. Et localisant davantage, il place les sens externes et internes ainsi que la réminiscence dans le cervelet, l'imagination et la fantaisie dans Textrémité postérieure du lobe cérébral que recouvre Tangle postérieur de roccipital, la faculté de concevoir et de juger, dans la portion du cerveau située sous la moitié inférieure des pariétaux et sous Tos écailleux, la raison et le sens commun au-dessus de Tinseriion des muscles temporaux, la foi dans la région inférieure du front, dans la région orbitalre et dans la région temporsde; enfin la science, dans la partie supérieure du front. Puis pour démontrer que sa localisation est une déduction logique des faits, qu*elle est puisée dans Tanatomie comparée, il dit :

a L'homme est le seul qui ait un front développé, il est aussi le seul qui ait en même temps delà science, de la raison et deTimagination (fantaisie); le singe est privé de la scienceetdela raison, il a peu deconscience et d'imagination; chez les autres animaux qui manquent de front, on ne trouve en avant que la portion orbitaire du cerveau et la foi, la confiance dont elle est le siège, mais une foi aveugle et dépourvue de science; enfin, en descendant jusqu'aux plus bas degrés de l'échelle animale, il ne reste plus que les portions basilaire et occipitale du crâne; aussi l'âme de ces derniers animaux manquet-elle d'intelligence, de réflexion et d'imagination; on ne trouve plus en eux qu'un esprit agissant par les sens et un instinct vital borné â produire le mouvement, la nutrition et la génération. »

Avant d'établir cette doctrine^ Spix avait observé beaucoup de têtes, et pour prouver la justesse de ses déductions, il a fait représenter sur uue même planche la tête de l'homme , celle

S70 EsanuieaB du siioB ois facultés

da singe, du lion, de rautruche, de la tortae, du crocodile, du boa , de la grenouille et du brochet. Les tètes ainsi choisies sont effectivement en rapport avec la doctrine de Spix ; mais une tête de mouton ou de bœuf en eût bouleversé l'arrangement ; car le frontal de Tun ou de l'autre , plus développé, comparativement que le pariétal et l'occipital , eût donné à ces animaux de la science, de la raison et une foi intelligente.

Plusieurs systèmes anciens, ayant pour but la localisation des facultés Intellectuelles, ont été proposés et adoptés, maïs anyourd'hul ils sont relégués dans le pays des chimères avec Tastrologie judiciaire et la nécromancie. Il faut les y laisser, et faire le même sort aux systèmes de Gall et de Spix. Un auteur moderne, M. Alexandre Walker , en a proposé un nouveau, basé, dit-il, sur les observations anatomiques de Gall, de M. Laurencet, et sur des observations qui lui sont propres.

D'après M. Alexandre Walker, les colonnes antérieures de la moelle épinière se rendent vers le cerveau et forment les faisceaux inférieurs de la moelle allongée, ainsi que les pédoncules cérébraux: elles s'épanouissent dans les corps striés, et parviennent jusqu'à la convexité des hémisphères, où elles forment les circonvolutions. Les fibres provenant des colonnes aniérieures de la moelle, après avoir suivi cette direction divergente, se recourbent, convergent en arrière, en dedans et en bas, traversent les couches optiques , vont aux tubercules quadrijumeaux, au cervelet , aux corps restîformes, et se rendent enfin aux colonnes postérieures de la moelle. M. Walker prétend avoir pu suivre, par la dissection, le cercle formé ainsi par les fibres nerveuses.

La circulation nerveuse, et avec elle les fonctions intellectuelles, suivent une marche qui est en rapport parfoit avec la direction des fibres de la moelle et celles du cerveau.

Par l'intermédiaire des cordons antérieurs , la sensation

DÉPAETIBS AUX HAMHIFiBES. 571

arrive au cerveau , et la perception s'y opère : la mémoire des sensations se fixe dans les circonvolutions cérébrales; Tassociaiion des idées se fait par Pintermédiaire des folsceaux qui unissent les circonvolutions entre elles; le corps calleni combine les idées ; la voûte à trois piliers éprouve les émotions ; les parois des ventricules ont la conscience ; le cervelet et le pont de varole donnent les passions et la volonté ; enûn, les parties postérieures de la moelle président aux mouvemens. (1)

M. Alexandre Walker, quia proposé ce système, accuse les savans français de n'être que des corsaires. Tout en lui accordant qu'il y a des corsaires parmi les savans français , comme il y en a parmi les savans de toute autre nation , je ne crois pas cependant qu'il s'en trouve un seul pour lui dérober l'invention de son système phrénologique.

La forme du crâne , et particulièrement l'étendue propor- ^tionnelle des os qui concourent à la formation de la cavité encéphalique, n'ont pas été connues de Gall et de ses disciples ; autrement, plusieurs des principes , regardés encore aujourd'hui comme incontestables, eu phrénologie, n'auraient jamais été proposés. L'os firontal , comparé au pariétal et à l'occipital , est regardé comme beaucoup plus étendu chez l'homme que chez les animaux: cet os diminu assure-t-on, au fur et à mesure que l'on descend dans l'échelle animale, et avec lui les circonvolutions antérieures, siège principal des fonctions intellectuelles. Le singe serait, à ce titre, le premier des animaux vertébrés, et les poissons seraient les derniers.

Sans m'occuper ici de ce qui concerne les vertébrés autres que les mammifères, je dirai que le singe est le pre-

i^ (i) Tfie nenous tyttem anat, and physiol, LondoD, x834 > analysée dam la Bévue médicnk/mnçaite, nai iS35.

572 &SCHS&CHK DU SliGB VM VkCtVtÈB

inier parmi eux, pour rëlévation de Vos frontal au-dessus de la face, mais qu'il est en même temps celui dont les pariétaux et roccipital sont les plus considérables. Dans les autres mammifères y le frontal s'abaisse , la face se développe audevant de lui, en même temps le pariétal se rétrécît beaucoupi et l'occipital cesse de recouvrir aucune portion du cerveau.

Du peu de développement de l'os frontal chez les animaux, les phrénologistes ont conclu au petit volume des organes intellectuels sous-jacens^ et par conséquent à la diminution relative de l'intelligence ; du rétrécissement beaucoup plus marqué du pariétal, de l'absence complète, chez presque tous les mammifères, de cette partie de l'occipital qui recouvre Texlrémité postérieure du lobe cérébral de l'homme et du singe, je concluerais, si je raisonnais comme eux , à la diminution proportionnelle des organes situés sous le pariétal, à la disparition complète de ceux que recouvre l'angle supérieur de l'occipital, et, par conséquent, à la diminution et mémo à la privation des facultés dont ces organes sont le siège. Or , puisque la phrénologie a placé l'amour pour les petits sous l'angle supérieur de l'occipital ; puisqu'elle explique l'amour maternel des singes par la saillie du cerveau en arrière, il est clair que l'organe de la philogéniture n'existe pas quand le cerveau ne se porte pas en arrière, quand il ne recouvre que très imparfaitement le cervelet], et que l'angle supérieur de l'occipital manque au cerveau? L'organe manque, donc la faculté manque, donc les mammifères autres que les singes, n'aiment pas leurs petits.

La phrénologie n'a pas prévu que le principe posé par elle conduirait là , et ne trouvant plus d'occipital pour loger la philogéniture, elle l'a glissé sous le pariétal. La seconde circonvolution que Gall désigne comme la circonvolution de l'amour pour les petits , chez le chat , est en effet recouverte

BÉPAHTIES AUX HAMMIFÉR1SS. 573

par le pariétal et seulementpar cet os. Mais s'il est admis que les organes cérébraux puissent ainsi se déplacer, s'ils peuvent aller d'arrière en avant, ils peuvent sans doute aussi al* 1er d'avant en arrière; alors, en admettant avec Gall que le frontal se rétrécisse réellement, chez les animaux, en proportion plus forte que les autres os du crâne, qui empêche d'admettre que les organes frontaux ne se déplacent aussi et ne se logent sous le pariétal? Que devient, dans ce cas, la valeur des inductions tirées du développement comparatif des os, de l'élévation du front, de la saillie de l'occipital? Elle est réduite à rien par les phrénologistes eux-mêmes.

Il est une circonvolution , celle que j'ai appelée interne , qui n'est en contact avec les os que dans la très petite portion de son étehdue, appelée lobe d'hippocampe ; il en est d'autres, celles par exemple qui recouvrent le cervelet chez quelques mammifères, qui ne se révèlent pas par la forme du crâne, parce qu'il y a entre elles et le crâne d'autres circonvolutions interposées : quand la place de chaque faculté est désignée sur le crâne , quand le système psychologique occupe toutes les cases tracées sur cette enveloppe et qu'il ne reste plus de facultés à placer , quel rôle assignera-t'-on à ces circonvolutions intérieures? Tandis qu'il n'est si petite fraction de la périphérie , qui n'ait d'importantes fonctions à remplir , les circonvolutions intérieures resteraient inoccupées? Cette objection a déjà été faite aux phrénologistes , mais comme ils n'ont pas jugé à propos d'y répondre , je crois convenable de la leur faire encore.

La détermination du siège des facultés départies aux mammifères , ne nous étant pas donnée par la phrénologle , et la localisation, faite par Gall et ses disciples , démontrée sans fondement, voyons si nous trouverons ailleurs la solution du problème qui nous occupe.

674 BECHBBCn BU SIÂGE DES PAGULTIÊS

Le volume de Tencéphale ne nous fournit pas des élémens d'une loi. A la vérité, si nous choisissions les faits, nous pourrions dire, en ce qui concerne le volume absolu : La chauvesouris est un des mammifères les plus stupides , l'éléphant est au contraire celui qui a le plus d'intelligence : entre le cerveau de ces deux animaux , une différence énorme. Au plus gros cerveau , la plus grande intelligence ; au plus petit, la plus bornée. Entre l'un et l'autre , nous pourrions trouver des animaux de transition tant pour le volume du cerveau, que pour le développement de l'intelligence. Mais combien d'exceptions n'aurions-nous pas à cette loi ? Le chien n'a pas plus de cerveau que le mouton ^ et il en a moins que le bœuf; tous les rongeurs en ont moins que le mouton , regardé avec raison , comme un des mammifères les plus stupides. La comparaison du volume absolu ne peut donc pas suffire pour nous faire distinguer les animaux les plus intelligens de ceux qui le sont moins.

Le poids de l'encéplialei comparé à celui du corps, indique une tendance , il ne donne pas la base d'une loi : les mammifères ont comparativement plus d'encéphale que les oiseaux et que les autres vertébrés , mais c'est là une règle générale» et non une règle absolue i et les uns à l'égard des autres , ils n'ont pas une proportion d'encéphale d'autant plus considérable 9 qu'il» sont plus intelligens. Le chien est sous ce rapport moins bien partagé que la cbauve^souris ; le cheval moins bien que le lapin.

Dans le poids de l'encéphale se trouve compris le poids du cerveau , celui du cervelet et celui de la moelle allongée ; lequel de ces trois organes a l'avantage chez les mammifères les plus intelligens? Le résultat du tableau que j'ai dressé pour résoudre cette question , n'est pas assez prononcé pour que j'aie lieu d'en être satisfait. Les animaux les plus intelli-

]»âPA&TIIft AUX MAMMIVàBBS. 575

gens sont inégalement répartis à toutes les hauteurs du tâH bleau : il en est de même du poids de la moelle allongée comparé à celui de Tencéphale.

Quant au volume des nerfs encéphaliques considéré dans ses rapports avec le poids de rencéphale^ on peut dire que le premier est d'autant moindre j que le second est plus consi^ dérable ; il place le chien et le cheval au^^dessus de Tàne » de la marte , du chat et du lapin. Le volume du nerf optique étant pris pour unité, le volume de Tencéphale diminue énormément en descendant des mammifères aux poissons : voicii pour quinze animaux différons y quel est le rapport du volume du nerf optique à celui de l'encéphale.

Cbeval, le nerf optique ait à rénoéphalcy eomme 1 cit à 80975

Marte. 22815

Chien 17044

Ane 10407

Chat « 0209

Lapin ...•• • * .•••.. 4404 ]

Pie 1417

Squale renard 1291

Perruche.» «•••<»•.•••».••. 1200

Vanneau* ••».••«...•«*•.•» #•».••*«••«« 770

Poule 064

Grenouille.. 495

Chardonneret 460

Léiard .••.*#•..••••.•.•.•••«•«••»•« ••••4. 080

Brochet • ..•.••• 321

Le poids comparé de la moelle épinière au cerveau, et celui de la totalité de la masse encéphalique et rachidienne y comparé au poids du corps, donnent un résultat analogue à celui qui est fourni par les nerfs encéphaliques $ ils indiquent une substance cérébrale plus grande chez les animaux les plus intelligens que chez ceux qui le sont peu , mais il ne donne

576 RECHBRCHB DU SI^.CIB DBS FACULTÉS

pas an résultat rigoureusement applicable aux individus , de telle façon, qu*il est impossible, à moins d'une différence très notable dans le poids comparé du cerveau, de prononcer qu'un animal est plus intelligent qu'un autre, d'après le volume relatif de la substance qui compose le centre nerveux céphalo-rachidien .

La manière dont la substance cérébrale est répartie, soit en avant , soit en arrière , soit au-dessus du corps calleux, mérite d'être prise en grandis considération. La partie antérieure du cerveau des herbivores, solipèdes, ou ruminans, est plus longue et plus large que celles des carnassiers, je l'ai déjà dit plus haut : je n'y reviendrai pas. La partie postérieure est plus longue et plus large chez l'éléphant , le singe, le marsouin , le dauphin , la baleine , le phoque , la loutre, que chez la plupart des autres animaux. Tous ceux qui ont la partie postérieure du cerveau reposant sur le cervelet et recouvrant cet organe, sont des animaux intelligens. Par opposition^ les rongeurs, la chauve-souris et beaucoup d'autres mammifères plus ou moins slupides , ont le cervelet en partie ou même en totalité découvert, et chez quelques-uns, le défaut de développement en arrière des lobes cérébraux est tel , que l'on aperçoit entre ces lobes et le ver du cervelet , une portion des tubercules quadrijumeaux antérieurs. Ce fait serait-il donc l'expression d'une loi ? Non , car le renard et le chien se trouveraient placés au même rang que le mouton, et fort en arrière du phoque et de la loutre ; non, car, ainsi que nous le verrons dans le volume suivant, te singe serait aussi bien partagé qtie l'homme, et même quelquefois l'emporterait sur lui.

Quant au développement en hauteur , il met le cheval audessus du bœuf, le marsouin et le phoque au-dessus des rongeurs, des marsupiaux, des édentés, des cocjions, en un mot,

DÉPARTIES AUX MAMMIVÂBBS. 577

au-dessus delà plupart des autres mammifères ; maïs le chieo, le renard , le singe seraient au-dessous de tous ces animaux. Autant que j'en ai pu juger, il en serait de même pour Véléphant. Je dirai donc du développement en haut de la masse

cérébrale , ce que j'ai dit de son développement en arrière : c'est qu'elle est propre , mais non pas exclusive , aux animaux intelligens ; qu'elle indique une tendance, mais non pas une loi.

. La présence ou l'absence des circonvolutions cérébrales parait avoir une valeur beaucoup plus grande que la plupart des conditions oi^niques dont il a été question jusqu'ici.

Aux animaux inférieurs , jamais de circonvolutions ; aux animaux supérieurs, toujours des circonvolutions; et à l'éléphant, de tous les animaux le plus intelligent et le meilleur, les circonvolutions les plus nombreuses et le plus approchant de celles de l'homme. La loi que nous cherchons , la trouverons- nous ici? Il semble que nous soyons sur le point de la découvrir.

« La forme générale des circonvolutions divise les cerveaux des mammifères en trois groupes. Dans le premier groupe, se placent les ciroonvolutions non flexueuses, celles qui sont séparées les unes des autres par des lignes régulières, droites ou courbe»; elles appartiennent exclusivement aux mammifères carnassiers. Dans le second, les circonvolutions ondulées, sinueuses qui, au premier aspect, ressemblent le plas à celles de l'homme; elles appartiennent ài tous les solipèdes et à tous les ruminans , animaux qui vivent uniquement de .substances végétales; elles appartiennent à l'éléphant, qui est exclusivement herbivore; on les trouve aussi chez les cétacés ^t les amphibies , animaux dont quelques-uns se * nourrissent de végéianx , mais dont la plupart vivent de poissons. Enfin , dans le troisième groupe , viennent se 1. ^1

578 EECHraCHS DV SliGB DES FACULTÉS

ranger la famille enti^ des onrs , celle des martes et celle des cochons, mammifères omnivores dont le cerveau a des circonvdtttions sinueuses et des circonvolutions non sinueuses.

Les animaux du premier groupe, tous animaux de proie, agresseurs , astucieux , vivant de chasse , marchant, le plus souvent seuls , font la guerre aux autres animaux , et sont rarement en paix les uns avec les autres ; ceux du second groupe vivent en société nombreuse ou au moins en famille } ils attaquent peu ; leurs ruses ont pour objet de mettre en début Tennemi qui les poursuit, ou de se défendre en com* mun ; ils ont un chef auxquels ils obéissent. Les derniers , ceux du troisième groupe, vivent tes uns seuls , les autres en société, et la différence qu'ils présentent, sous ce rapport, est comme liée à la disposition plus ou moins flexueuse de leurs circonvolutions cérébrales; la loutre, le putois, la marte sont ordinairement seuls; leurs circonvolutions cérébrales sont peu ondulées : le sanglier , le porc , le pécari vont par bandes ; leurs circonvolutions, et surtout celles du pécari, se rapprochent de celles des moutons pins que de celles des chiens et des chats. En ce qui concerne ces ondulations, il y a même des différences individuelles. Le cerveau du renard ressemble à celui du loup , celui du loup à celui du chien de berger : ces trois cerveaux ont le même type fondamental. Le cerveau du barbet , du caniche et des autres chiens qui vivent le plus en familiarité avec l'homme, ont encore le même type^ mais on y rencontre quelques modifications dans les détails; les lignes ont perdu de leur régularité ; ce n'est ni nu cerveau d'herbivore, ni même un cerveau dont les ondohitiens approchent de celles de Tours. Du reste, on n*y retrouve pas la même régularité que dans le- cerveau du-cbîen de berger.

Chez les ruminans, un fait analogue : le chevreuil- vit ei

DÉPARTIES AUX HAMMIFÂRES. 5.

famille et non pas en troupe, Thomme n'en obtient aucune obéissance^ aucun service, c'est un animal sauvage; la chèvre au contraire s'apprivoise et s'attache à l'homme; elle vit dans la société des autres chèvres. Eh bien ! le cerveau du chevreuil est bien moins subdivisé et bien moins ondulé que cdui de la chèvre. Le cerveau du mouflon est aussi subdivisé, mais il m'a paru un peu moins ondulé que celui du mouton ^ celui du zèbre, moins ondulé que celui du chameau.

Ce n-est pas l'augmentation de volume qui amène ces subdivisions; j'ai vu xle petits chiens caniches qui avaient le cer^ veau plus ondulé que ne l'est celui du chien de berger et de jeunes moutons ou de jeunes veaux qui l'avaient également plus ondulé que celui du chevreuil. Cependant, je ne voudrais pas tirer de cette coïncidence une loi applicable 4 tous les mammifères; le chat domestique, plus sociable assurément que le tigre, a moins d'ondulations que le tigre, dans les cii^ convolutions cérébrales; le cochon tonquin, moins féroce que le sanglier,' a des lignes plus régulières que le sangliet, à la surface du cerveau.

Au reste, la présence des ondulations cérébrales, ni même celle des circonvolutions, n'est liée à la sociabilité des animaux de telle manière qu'on puisse dire que Tune dépend de l'autre. Les oiseaux, qu'ils soient sociables ou non, en sont dépourvus; il en est de même des rongeurs et notamment du rat musqué et du castor.

Jusqu'à quel point les ondulations, dans les circonvoJutlons cérébrales, indiquent-elles l'étendue de l'intelligence? En prenant pour type de la perfection du cerveau des mammifères, celui de l'éléphant, qui est de tous celui dont les ondulations ressemblent le plus à celles de l'homme, nous trouverons après réléphant, l'orang-outang, la baleine, le marsouin et le dauphin, puis le cheval et les autres pachydermes, les ruminans,

580 hrchcrcue du siège des facultés

les cochons, tes ours, et enfin les chats, les renards, la civette, la genette et la mangou&ie. Sans ces derniers, nous aurions eu, en apparence, une règle de quelque valeur pour mettre en harmonie les cerveaux et les intelligences; mais, en ne considérant même que les cerveaux des herbivores, cette règle serait soumise à plusieurs exceptions. Le coqjioa est moins intelligent que Tours, et il a plus d'ondulations que cet animal; le chevreuil, qui est de tous les ruminans et surtout des ruminans sauvages, le plus capable et le plus rusé, a moins d'ondulations et même de subdivisions que le daim, le cerf, le chamois, la girafe, le cheval, le moufflon, etc., et cette différence porte aussi bien sur la partie antérieure que sur la partie postérieure du cerveau.

La multiplicité des ondulations augmente retendue de la surface du cerveau; or, ainsi que nous venons de le voir, cette surface nVst pas toujours en raison du développement de l'inielligenco.

Desmoulins (1) a cependant émis une proposition contraire, quand, se fondafit sur des faits tirés de Tunaiomie comparée, il a dit que : a le nombre et la perfection des facultés intellectuelles, dans la série des espèces et dans les individus de la même espèce , sont en proportion de retendue des surface cérébrales. » Comme cette proposition est basée sur des fait$ tirés de Tanatomie des mammifères, c'est ici le lieu de l'examiner.

Suivant Desmoulins, <c i"" le dauphin est l'animal qui a le plus de circonvolutions; il en a même plus que Thorame; mais, comme, relativement tui volume du corps, le cerveau d^ dauphin est nioinilro que celui de l'homme de la moitié environ

fi) Anatomie tirs systèmes nerveux des (mÎMattx rrrtèhrês ^ etc. Paris,

UÂPA&TlEâ AUX MAMMIFÉEES. 581

il «'ensuit qu'il a en réalité moins de surface cérébrale que nous n'en avons.

<c 2^ Les circonvolutions dans les chiens y et surioul dans les chiens de chasse, ne sbul guère moins nombreuses ni moins pi'ofondes gue dans les singes, el même dans Thomme.

tt 3^ Lesouistilis, qui n'ont guère plus de circonvolulious que les écureuils, n'ont qu*une intelligence analogue a celle des écureuils, ei fort inférieure a celle des autres singes.

(c k^ Les chiens, qui ont des sillons plus nombreux au cerveau que n'en ont les chats, remportent sur les chats en intelligence.

a 5® Les sarigues, les édeutés, les tatous, les paresseux, les rongeurs n'ont pas de plis a leur cerveau; ils sont moins iu« telligens que les chiens et les chats. »

Lors même que ces faits avancés par Desnioulins seraient vrais, el ils ne le sont qu'en paitie, la conclusiou qu*ii en tire n*eu serait pas moins erronée, parce qu'il na pas amassé tous les élémens du problème qu'il tentait de résoudre , parce qu*il a négligé de tenir compte de ceux qui étaient contraires & son système. L étendue de la surface cérébrale des rumiuans dont Desmoulins ne parle pas, celle du mouton eu particulier, est, proportion gardée, supérieure à celle du chien, du chat, et de tous les rongeui'S; or, est-il besoin de dire que la plupart des rongeurs, que tous les chats et les chiens remportent en intelligence sur le mouton?

S'il fallait, ce qu'en principe je ne crois pas admissible, s'il fallait, dts-je^ localiser les facultés instinctives et les facultés intellectuelles, dans des circonvolutions séparées, en considérant que le cerveau de l'ours qui vit de substances végétales et de substances animales, a des circonvolutions dont les unes sont analogues à celles du renard, et les autres analogues à celles des herbivores, je serais autorisé a placer dans

582 EECHEECHE DU SliCE DES FACULTÉS

les deux premières circonvolutions, celles qui sont^le plus rapprochées de la scissure de Sylvius, les instincts des carnassiers, et de placer dans les deux circonvolutions supérieures, les inslincls des herbivores. Mais6i cela était vrai pour Tours, cela le serait aussi et à plus forte raispn, pour lo coati et le blaireau qui ont Tune des circonvolutions dont il s'agit comme atrophiée; cela serait vrai pour la loutre dont la première circonvolution, un peu moindre en avant que celle de Tours, a la partie antérieure de la seconde circonvolution, sillonnée à la manière des circonvolutions des herbivores. J'ajoute que, sans même sortir de la classe des mammifères, nous trouvons en grand nombre, des herbivores et des carnivores qui n'ont aucune sorte de circonvolutions cérébrales. Si les instincts et les facultés intellectuelles étaient inhérens à une forme déterminée du cerveau, à une disposition particulière des circonvolutions cérébrales, le cerveau du rat d'eau et celui du cabiaï devraient être semblables à celui de la loutre, et celui du kanguroo semblable à celui des ruminans. . Que si nous mettons en regard, pour le nombre des ondulations cérébrales, les ruminans et les carnassiers, nous voyons que l'avantage est tout entier du côté des premiers. Pour la forme générale, pour le nombre et l'étendue des sous-divisions, pour Tarrangement des circonvolutions, les animaux. )cs plus stupides^ le mouton , par exemple, approchent de Téléphant de beaucoup plus près que le chien.

Long-temps on a comparé les circonvolutions du cerveau aux circonvolutions intestinales^ cette comparaison est fausse; car les premières sont toujours régulières, tandis que les secondes ne le sont jamais. Toutefois, il y a ce rapprochement à faire, que les animaux qui ont des circonvolutions inteàlinalcs les plus nombreuses, tels que les ruminans, les solipèdes, dont le tube digestif est très long , sont en môme

^ DEPABTIES AUX MAHHIPèBJBS. 583

temps ceux qni ootle plus d'ondulations au cerveau; tandis que les carnivores qui ont le tube digestif très courte et par conséquent moins de circonvolutions intestinales que les premiers, ont en même temps les circonvolutions cérébrales les moins sinueuses. Comme les sillons qui séparent les circonvolutions 9ont parcourus par des vaisseaux sanguins , il doit y avoir entre les subdivisions de ces vaisseaux chez les carnivores et chez les herbivores, des différences qui me paraissent dignes de fixer l'attention des anatomistes.

La multiplicité des ondulations cérébrales est certainement un progrès dans l'organisation; l'addition de circonvolutions uoiivelles en est un plus grand, puisqu'il assimile en quelque sorte, le cerveau de trois espèces d'animaux, au cerveau de l'homme ; cette addition coïncidant avec un degré supérieur d'intelligence^ serait-il favorable à la localisation de quelques facultés?

Que Ton compare le bœuf à l'éléphant : ce dernier ayant des facultés et des circonvolutions que n'a pas le premier, une réponse affirmative à la question que je viens de poser semblerait devoir résulter de cette comparaison « Les circonvolutions supplémentaires de l'éléphant se rencontrent, aussi chez les singes, nouvelle preuve à l'appui de la déduction que l'on pourrait tirer de ce fait. Mais si les facultés supérieures sont inhérentes aux circonvolutions supplémentaires, ces facultés et ces circonvolutions doivent toujours coexister chez le même animal, elles doivent être dépendantes l'une de l'autre, comme l'effet l'est de la cause. Or, il n'en est pas ainsi, car une espèce de singes incomplets, les makis, ont un rudiment du cerveau du singe, dans lequel on trouve les cir^-

convolutions supérieures, sans que ces animaux aient des facultés qui les élèvent au niveau des singes, ni même au niveau de la plupart des ruminons.

$82 EECHERGHE DU SIÂGE DES FACULTÉS

les deux premières circonvolutions, celles qui sont^le plus rapprochées de la scissure de Sylvius, les instincts des camas* siers, et de placer dans les deux circonvolutions supérieures, les instincts des herbivores. Maisfii cela était vrai pour Tours, cela le serait aussi et à plus forte raispn, pour lo coati et le blaireau qui ont Tune des circonvolutions dont il s'agit comme atrophiée; cela serait vrai pour la loutre dont la première circonvolution, un peu moindre en avant que celle de Tours, a la partie antérieure de la seconde circonvolution, sillonnée à la manière des circonvolutions des herbivores. J'ajoute que, sans même sortir de la classe des mammifères, nous trouvons en grand nombre, des herbivores et des carnivores qui n'ont aucune sorte de circonvolutions cérébrales. Si les instincts et les facultés intellectuelles étaient inhérens à une forme déterminée du cerveau, à une disposition particulière des circonvolutions cérébrales, le cerveau du rat d'eau et celui du cabiaï devraient être semblables à celui de la loutre, et celui du kanguroo semblable à celui des ruminans. . Que si nous mettons eu regard, pour le nombre des ondulations cérébrales, les ruminans et les carnassiers, nous voyons que Tavantage est tout entier du côté des premiers. Pour la forme générale, pour le nombre et retendue des sous-divfsions, pour l'arrangement des circonvolutions, les animaux, les plus stupides^ le mouton , par exemple, approchent de Tcléphant de beaucoup plus près que le chien.

Long-temps on a comparé les circonvolutions du cerveau aux circonvolutions intestinales; cette comparaison est fausse; car les premières sont toujours régulières, tandis que les secondes ne le sont jamais. Toutefois, il y a ce rapprochement à faire, que les animaux qui ont des circonvolutions inteèUnales les plus nombreuses, tels qtic les ruminans, les solipèdes, dont le tube digestif est très long , sont en même

^ DBPABTIES AUX WkJOMVFkhES. 588

temps ceux qui ontle plus d'ondulations an cerveau; tandis que les carnivores qui ont le tube digestif très courte et par conséquent moins de circonvolutions intestinales que les premiers, ont^en même temps les circonvolutions cërébrales^ les moins sinueuses. Comme les sillons qui séparent les circonvolutions 9ont parcourus par des vaisseaux sanguins , il doit y avoir entre les subdivisions de ces vaisseaux chez les carnivores et chez les herbivores, des différences qui me paraissent dignes de fixer l'attention des anatomistes.

lia multiplicité des ondulations cérébrales est certainement un progrès dans l'organisation; l'addition de circonvolutions uoîivelles en est un plus grand» puisqu'il assimile en quelque sorte, le cerveau de trois espèces d'animaux, au cerveau de l'homme j cette addition coïncidant avec un degré supérieur d'intelligence, serait-il favorable à la localisation de quelques

facultés?

Que l'on compare le bœuf à l'éléphant : ce dernier ayant des facultés et des circonvolutions que n'a pas le premier, une réponse affirmative à la question que je viens de poser semblerait devoir résulter de cette comparaison* Les circonvolutions supplémentaires de l'éléphant se rencontrent, aussi chez les singies, nouvelle preuve à l'appui de la déduction que l'on pourrait tirer de ce fait. Mais si les facultés supérieures sont inhérentes aux circonvolutions supplémentaires, ces facultés et ces circonvolutions doivent toujours coexister chez le même animal, elles doivent être dépendantes l'une de l'autre, comme l'effet l'est de la cause. Or, il n'en est pas ainsi, car une espèce de singes incomplets, les makis, ont un rudiment du cerveau du singe, dans lequel on trouve les circonvolutions supérieures, sans que ces animaux aient des facultés qui les élèvent au niveau des smges, ni même au niveau de la plupart des ruminons.

^ aEGHEACHS DU SIÂGK DE9 FACULTÉS

une même famille , nous rencontrons souvent des instincts opposés? La réponse à toutes ces questions sera-t-elle donnée par l'étude de Fencéphale? Trouverons-nous dans les modifications de la forme et de la structure du cerveau , la cause qui fait varier à Tinfini, dans la série animale, les pendians» les habitudes I les mœurs ^ les idées?

Avant de nous former une opinion sur chacun de ces points, poursuivons notre étude : un grand problème nous reste ^ celui de Thomme. L'bomme résume tous les animau, il est au-*dessus d'eux» et rien de ce qui l'entoure ne s'élève jusqu'à lui* U coonatt le temps, ii mesure l'espace, il calcule le mouvement des astres ) le souvenir des siècles passés , conservé d'&ge en âge, reste dans sa mémoire ; il scrute le présent, il sonde l'avenir* Les œuvres de son intelligence ne tiennent pas de la terre ^ les seniimens qu'il éprouve le portent au*, delà. Il aspire après un monde nouveau, infini, parfait i où il trouve la justice qu*il aime et le bonheur qu*il rêve. Botné anx choses visibles, il doute, il hésite, il marche sans corn* prendre où il va, et, plein d'incertitude» il demande à une antre vie, la synthèse de sa vie.

Apprenons donc à connaître l'homme \ cherchons si, dans son organisation , se trouve la cause de la supériorité iniellectuelle dont il jouit i et jetant ensuite nos regards en ar^ rière, nous comparerons l'homme aui animaux et les oni*^ maux entre en, afin de savoir quels rapports existent, dans toute la série animale, ent|« le système nerveux et les facultés de rintellfgence.

dépabtibs aux mahhivèabs. £87

bAsuké.

1. Gall n'ayant pas décril le cerveau des animaux n'a indiqué que sur les crânes la place qu'il assigne aux insUnctS| aux seniimensi aux facultés intellectuelles et aui^ faculté^ morales.

2. Il s'est trompé quand il a avancé que les animaux auxquels on a fait subir la castration, ont le cervelet plus petit que les animaux entiers, et cette assertion qu'il avail émise comme une preuve que Tamour physique réside dans le cer^ velet, est de nulle valeur.

Z. En tirant la conséquence rigoureuse des principes posés p^r Gall relativement aux rapports que les circonvolutions du cerveau ont avec les os du crânei il faut admettre ou que les mamifères autres que les singes, n'aiment pas leurs petits, ou qu'ils les aiment sans avoir l'organe de l'amour des petits.

/k Relativement au siège de l'organe de l'attacbemeat, Gall s'est borné à une simple affirnuàtion«

5. En raisonnant d'après les principes de la phrénologief le lapin serait ou plus carnassier, ou plqs nisé^ ou plus cou* rageux que le loup.

6« Aucune disposition anaioinique soit du or&ne , soit da cerveau, ne justifie Gall d'avoir admis^ chez les mammifàrasi un organe de la hauteur, et chex quelques singes , un orgine de la vanité.

7. Si, oomnie il assure l'avoir fait, OaU avait comparé le cr^ne du serpent avec odui des grands généraux , il u'au** rait pas donné au serpent l'organe de la circonspection.

8. Le prétendu organe de l'édunabilité^ est également A6^ veloppé chez le renard et chez le chien, chez le mM0k)n ot chez le cheval.

Page 1