PRÉFACE DE M. P. GRATIOLET
Ce livre est destiné à compléter le travail de Leuret sur VAnaiomie comparée du cerveau. Cet habile homme est mort sans achever son œuvre. Il se proposait, en effet, de couronner ses recherches sur les animaux par une étude approfondie de Tencéphale humain, et cette seconde partie de son travail devait comprendre le résumé d'observations presque innombrables, sur la physidogie et la pathologie des organes et des fonctions de Tintelligence. Malheureu* sèment, au moment où il commençait à tracer les premières pages de ce travail nouveau, la maladie et la mort sont venues l'interrompre, et ce Uvre pensé n'ayant point été écrit, \% trésor d'observations précieuses qu'il avait depuis longtemps amassé est à jamais perdu pour la science, le n'ai point eu, en écrivant ce second volume, la prétention de
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faire oublier une perte irréparable -, mais il a paru utile aux éditeurs et aux amis de M. Leuret de compléter autant que possible un monument inachevé, et les vœux de Fauteur de cette seconde partie seraient comblés, si son œuvre, ajoutée à celle de son devancier, ne paraissait pas absolument indigne d'elle.
La marche que j'ai suivie dans ce long et pénible travail, diffère à certains égards de celle qui a été jusqu'à présent préférée. Depuis quelque temps l'anatomie du cerveau humain, malgré la glorieuse impulsion qu'elle avait reçue des travaux de Willis, de Yieussens, de Vicq-d'Azyr, de Reil, de Gall, de Burdach, d'Arnold et de M. Foville, paraissait à peu près délaissée pour des sujets, à coup sûr, moins importants ; cet abandon m'a paru résulter de deux causes principales, à savoir : d'une part, la grande difficulté du sujet, et d'autre part, l'épuisement de la plupart des filons abordables d'une mine déjà exploitée par tant de grands hommes. J'ai donc eu la pensée d'ajouter à l'étude du type humain celle d'un type inférieur, mais matériellement analogue, celui des vrais Primates ou des Singes. Le problème se présentait ici sous des formes plus simples, et je comptais sur cette simplicité qui, en diminuant les difficultés qu'amène une complication trop grande, semblait me promettre l'occasion de quelque découverte nouvelle. On jugera que cette attente n'a point été trompée. La
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connaissance de nouveaux faits, propres à éclairer le pro* blême delà constitution de la moelle épinière, du bulbe et du noyau cérébral, un nouveau mode de description de ces parties, une meilleure manière de concevoir la formation du corps calleux et de la voûte à trois piliers, la découverte des expansions cérébrales du nerf optique et de leurs curieuses modifications dans la série animale, ont été les principales conséquences de cette nouvelle application des méthodes de Tanatomie comparée ; enfin, une étude attentive de révolution des formes cérébrales a permis de déterminer avec plus de certitude les véritables caractères de l'encéphale humain, et ces déterminations ont reçu une sanction nouvelle de la considération de quelquesunes de ces formes imparfaites qui résultent d'une impuissance initiale des forces originelles, impuissance qu'on pourrait, à bon droit, désigner sous le nom diAsthèTUo-
J'ose espérer que les vues nouvelles que je propose sur l'arrangement et la classification des plansi fibreux qui composent le centre ovale du cerveau paraîtront aux philosophes, être un véritable acheminement vers une anatomie théorique de ce merveilleux appareil. Les planches où sont représentés les faits principaux qui m'ont servi de bases, ont été dessinées, sous ma direction, par M. H. Formant, peintre attaché au Muséum, et dans un ordre tel, que
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de ranaiyae de ces faits on pût aisément remonter ft une idée synthétique de leur ensemble. Je compte que leur exactitude sera appréciée par tous les anatomîstes qui prendront la peine de (es yérifier par des ^servations nouvelles que j'appelle de tous mes vœux, heureux d'être corrigé, si malgré tons mes soins quelqm erreiur avait pu m'échapper.
Le plan accepté par M. Leoret dans le premier volume de cet ouvrage m'imposait le devoir d'ajouter, i cette partie purement anatomîque et physiologique de mon livre, une histoire de l'intelligence humaine, faite de manière à la distinguer par des caractères précis, des facultés analogues qu'on observe dans les animaux. J'avais ici deux écueils à éviter, les uns en effet font l'homme et les animaux trop semblables entre eux, les autres au contraire les séparent trop absolument. Ce sont là deux manières de philosopher également exagérées^ en effet certaines facultés sont communes aux animaux et i l'homme *, ils ne diffèrent done pas d'une manière universelle; mais d'un autre côté certaines facultés de l'homme n'appartiennent qu'a lui, et ces facultés scmt d'un ordre si relevé, qu'elles font du genre humain iio aiONB i part dans l'armée des êtres vivants. Je me suis donc attaché à les caractériser dans une esquisse rapide , mais ferme et précise , et en cela l'ai suivi la méthode des naturaUstes plutôt que celle
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des idéologistes; mais si l'on juge que j'y ai réussi, peutêtre paraltrai-je avoir à mon tour payé mon tribut à la noble science de la psychologie.
Qu'il me soit permis de remercier publiquement MM. les docteurs Giraldès, Ricard de Morgny, J. Lemaire, Labourdette, Edmond Alix et M. de Lintilhiac, de la générosité avec laquelle ils ont mis à ma disposition des matériaux précieux, sans lesquels il m'eût été impossible de résoudre quelques-unes des questions principales qui sont traitées dans cet ouvrage. Enfin, M. Lelut, auquel la science du système nerveux doit tant de belles découvertes, a bien voulu encourager mes efforts en me permettant d'examiner plusieurs cerveaux d'idiotes-, sans lui cette occasion, si rare pour les anatomistes étrangers aux grands hospices d'aliénés, m'eût manqué. Je le prie d'agréer ici le témoignage de ma respectueuse reconnaissance.
Pierre Gratiolet.
Parts, lepteoibre 1857.
FAUTES ESSENTIELLES k CORRIGER.
Page iS6 ligne 9, autoehionef , lUex : aotoehthonef.
3S4 — i5, ne peut s*appliqaer au cerrean, Ktet : an certeau des bèteg .
340 — 17, que suit, lue» : qui suit.
357 — i2, ils tournent, lUei : il tourne.
S 60 — S2, en qnellet eiroonttanoef il, liie% : en quelles circonstances ce
momrement.
361 — 4, adducteurs, iitex : abducteurs.
395 — t3, mais cette, Iitex : mais toute. 306 — 3, ces propriétés, /«tes : ses propriétés.
— — 5 de la note (1), regrettent, liées : rejettent. 419 — 2, sans doute, lieet : il est rrai.
— — 28, évoquer dans, lûe% : évoquer ainsi. 490 — 2 de la note (1), rêvant, Iitex : veillant.
S13 •- 4 de U note (1), il est arrivé, lises : Il arriva.
519 — 14 de la note f 1), infectaret, litex : inseetaret.