À L'OBSCURITÉ
1) Cellules épidermiques à parois minces.
2) Stomates moins nombreux.
3) Tissu palissadique réduit.
: 4) Tissu lacuneux réduit.
5) Collenchyme diminué.
6) Faisceaux libéroligneux nombreux à vaisseaux ligneux diminués de calibre.
7) Pas de matières de réserve.
SOUS TERRE 1) Cellules épidermiques à parois épaissies.
2) Pas de stomates.
3) Pas de tissu palissadique.
4) Tissu lacuneux plus réduit encore.
5) Pas de collenchyme.
6) Faisceaux libéroligneux reduits en nombreet en dimensions.
7) Des matières de réserve.
Or, la feuille jeune de la même plante possède des caractères très analogues à ceux de la feuille développée à l’obscurité : il existe, au contraire, dans la feuille ayant végété dans le sol des caractères surajoutés qu’en aucune période de son développement la feuille normale n’a présentés. Les cellules épidermiques, par exemple, ont des parois minces dans les feuilles jeunes encore et dans les feuilles adultes à la lumière et à l’obscurité. Sous terre, elles ont acquis des parois beaucoup plus épaisses : il est bien manifeste ici que cet épaississement de l’épiderme a eu lieu en vue d’une adaptation physiologique et que c’est un caractère particulier que la feuille souterraine à acquis sous l'influence du milieu.
De même, les matières de réserve n'existent à aucun stade du développement de la feuille normale ou étiolée, tandis qu’elles existent en abondance dans la feuille souterraine.
Il y à par conséquent dans cette dernière des caractères négatifs produits par un arrêt de développement que l'on retrouve également dans la feuille jeune (diminution du
nombre et des dimensions des faisceaux libéroligneux. réduc- Lion du tissu palissadique et du tissu lacuneux, importance moins grande du collenchyme): encore faut-il remarquer que ces Caractères sont plus accentués dans la feuille souterraine que dans la feuille jeune. L’épaississement des cellules épidermiques, la production de matières de réserve sont des caractères positifs qui appartiennent en propre à la feuille souterraine.
Considérons une feuille de Mentha aquatica s'étant développée sous terre. Elle présente, comme différences avec la feuille aérienne, une disparition du tissu palissadique, une diminution du nombre des méats intercellulaires, une réduction de l’appareil vasculaire. Ce sont là des caractères que nous retrouvons dans l’état jeune de l’organe. Mais il y a en plus, une cutinisation beaucoup plus marquée de l’épiderme inférieur et le parenchyme préserte en outre un nombre d'assises cellulaires bien plus élevé. En outre, immédiatement en contact avec l’épiderme inférieur, se trouve une rangée de cellules intimement unies entre elles qui fait défaut dans la feuille aérienne. Il est bien manifeste ici qu’en aucun stade de son développement, la feuille de Mentha aquatica n’a présenté ces derniers Caractères et que c’est sous l'influence du milieu que la feuille souterraine les a acquis.
Que l’on compare la feuille aérienne et l’écaille souterraine d’Helleborus odorus, on constatera également que dans cette dernière, le parenchyme présente une épaisseur près du double que dans la première, que son épiderme inférieur est plus cutinisé et qu’en dedans de lui se trouve une assise de cellules identique à celle déjà signalée dans la Mentha aquatica. Il est probable que cette assise formée de cellules étroitement appliquées les unes contre les autres et allongées perpendiculairement à la surface, est destinée à augmenter.la protection des tissus situés à l’intérieur, protection assurée déjà par la présence d’un épiderme inférieur très Cutinisé.
On ne peut également admettre que l’écaille de £ilium candidum, dont le parenchyme est composé uniformément de très grandes cellules polygonales, représente seulement un stade jeune de la feuille. S'il en était ainsi, comment (pSane
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que les cellules du mésophylle de la feuille adulte soient très FI HIEn inférieures en dimensions à celles de l’écaille ?
! Commé il était facile de le prévoir, l’appareil de soutien si nécessaire au limbe de certaines feuilles, n’a dans l’écaille qu’une importance tout à fait minime : c’est ce qui explique pourquoi cet appareil fait défaut ou n’est représenté que d’uné façon rudimentaire. ; On comprend également pourquoi le parenchyme palissadique est plus considérable dans la feuille normale dont les éléments sont appropriés à recevoir l’action de la lumière.
184 appareil conducteur de l’écaille doit être construit aussi plus simplement en raison de son peu d'importance.
Les cellules de l’épiderme inférieur ou externe. plus exposées que toutes les autres, acquièrent des parois plus épaisses que celles des cellules similaires de la feuille aérienne : de même, la transpiration s’effectuant plus difficilement dans les parties souterraines, le nombre des stomates diminue. Le
De plus, lécaille souterraine possède un parenchyme plus développé et des matières nutritives en plus grande abondance que la feuille aérienne, ce qui lui permet dE remplir le rôle de réserve alimentaire.
Mais nous avons montré que les écailles souterraines peuvent en outre acquérir un certain nombre de caractères spéciaux qui ne pouvaient être prévus à priori. C’est ainsi que l’anatomie comparée des feuilles aériennes et souterraines montre qu'il y à plus de différenciation dans l’écaille souterraine que dans la feuille développée à l’obscurité dans l'air: cette dernière ne présente guère que des caractères d’ arrêt de développement.
L'écaille souterraine ne représente pas davantage un état jeune de la feuille développée à la lumière. Certains des caractères se retrouvent, à vrai dire, dans l’un et l’autre cas: mais le séjour dans le sol a eu pour.effet d'amener certaines modifications de structure que l’on ne retrouve jamais dans la feuille aérienne, à quelque moment de son développement que ce soit.