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MYOLOGIE DU HERISSON
Ennaceus EuroPæus L., Règ. an., t. 1, p. 124,
pl. 74, 75 et 56, dessinées de grandeur naturelle par M. Cuvier.
Le hérisson présente dans les muscles de sa peau une disposition particulière au moyen de laquelle il peut, en se roulant sur lui-même, c'est-à-dire en fléchissant sa tête et ses pattes vers le ventre, hérisser les piquants ou poils forts et aigus dont son corps est couvert et en présenter les pointes de toute part à l'ennemi qui l'attaque.
Il est difficile de reconnaître ici les diverses parties que nous avons déjà observées dans le muscle peaucier des autres animaux; mais la peau est un organe à qui la nature à fait subir parmi les mammifères les modifications les plus considérables, et qui présente, notamment sous le rapport de la mobilité, les dissemblances les plus extrêmes, depuis l'enveloppe charnue et contractile du hérisson jusqu'à l’étui presque immobile des cétacés. Aussi voit-on dans le hérisson ces petits trousseaux de fibres écartées que nous avons signalés comme formant le peaucier des animaux déjà figurés prendre un développement considérable et se transformer en museles volumineux.
La fig. 4, pl. 74, représente le peaucier en position, lorsque l'animal commence à se ployer pour se pelotonner,; il forme un disque ou bouclier assez semblable, pour la forme, à la carapace d'une tortue, dont les fibres charnues sont concentriques et plus épaisses au pourtour [ÿ], fig. 2, qu'au centre; en divers endroits de la face interne de ce bouclier s’attachent des faisceaux de muscles indiqués par des points, qui vont se fixer à diverses parties du corps, et au moyen desquels le disque est distendu et finit par former une poche ou bourse qui enveloppe tout l'animal; les fibres du pourtour agissant alors à la manière d'un sphincter, le hérisson se présente sous la forme d’une boule plus ou moins sphérique, avec une petite ouverture sous la face ventrale.
Ce sont ces faisceaux musculaires que nous avons cherché à comparer au peaucier des autres mammifères, le disque étant une exagération de quelques minces fibres longitudinales et superficielles qui existent dans la plupart d’entre eux, mais qui sont tellement collées à la peau qu'elles échappent presque toujours à la dissection.
Les muscles qui ürent les bords de cette poche sur la tête nous paraissent être le fronto-occipital [1], les surciliers [1°1, le facien [2] et le cervico-facien [3].
Le thoraco-facien [4] s'unit au cervico-facien et sert à étendre le bouclier sur le cou.
La portion scapulaire du dermo-humérien [5'] sert à l'étendre sur l'épaule.
Ceux qui le raménent sur les flancs sont la portion dorsale du dermo-humérien [#'], sa portion latérale [5°] et sa portion ventrale [5°].
Nous avons marqué du signe [5‘] trois faisceaux de ce même dermo-humérien, qu'il faudrait
MYOLOGIE DU HÉRISSON.
nommer dermo-coccygien, qui se fixent à la queue et ürent le disque sur le train de derrière. Nous verrons qu'il n’est pas rare que le peaucier s’étende jusque-là.
Une portion ventrale [5°] qui se fixe à la partie inférieure de la queue, comme on le voit pl. 76, fig. 4, sert puissamment à ramener le bord postérieur du disque sous le ventre.
On voit dans la fig. 4, pl. 75, le peaucier rejeté, pour mieux montrer à la face inférieure du disque les attaches des faisceaux musculaires dont nous venons de parler. Pour ainsi faire, on a dù couper ceux du côté droit”.
Telle est, si nous ne nous trompons, la détermination que lon peut faire de cet appareil, au premier abord si nouveau et si compliqué, mais qui, comparé au peaucier des autres mammifères, n'offre plus que des dimensions pour ainsi dire colossales, et qui ne sont pas, après tout, dans des proportions plus considérables que celles qui existent, pour la grosseur, entre un piquant de hérisson et un poil ordinaire. |
On sait que les fibres du disque s'implantent à la base des piquants et les redressent quand l’animal se pelotonne en boule; lorsque le hérisson veut reprendre son allure ordinaire, 1l contracte les fibres du centre du disque et relâche ceux du pourtour, ainsi que tous les faisceaux qui contribuent à étendre celui-ci; en même temps les piquants se couchent les uns sur les autres, à la manière des poils. Quant aux muscles du corps et des membres, 1ls offrent les dispositions générales que nous avons déjà fait connaître.
On voit, fig. 4, pl. 75, que le deltoïde et le grand dorsal sont faibles, tandis que le grand fessier et le biceps de la cuisse sont forts. Le grand fessier s'attache sur toute la longueur du fémur, et le biceps descend presque jusqu'au bas du tibia. Il faut dire que la portion de ce grand fessier qui s'attache au bas du fémur forme un muscle séparé [a+], fig. 2, que l’on pourrait peut-être considérer comme l’analogue du cruro-coccygien [5'] de louistitz.
Le petit dentelé antérieur [10], fig. 2, n'offre que deux digitations, et il est séparé par un espace considérable du petit dentelé postérieur [11].
La fig. 4 de la pl. 76 nous présente une structure de la portion sternale du grand pectoral |}, que nous retrouverons en général dans les carnassiers. La partie antérieure se sépare de la postérieure; les fibres de la première sont transverses et passent sur celles de la seconde qui sont obliques d’arrière en avant; souvent même l’attache de ces deux parties à lhumérus est distincte, et 1l semble y avoir alors quatre pectoraux.
La fig. 2 montre les attaches à l'humérus des divers faisceaux de la portion dorsale du dermohumérien [#°].
Voici les notes de M. Cuvier :
« Les deux trapèzes sont très séparés; celui du dos [a°], Gg. 1, pl. 75, est un ruban étroit. Les limites du rhomboïde sont marquées en points; toutes ses parties sont continues; il y a un rhomboïde profond adhérent au milieu du bord de l'omoplate sous l’origine du rhomboïde ordinairé.
«Il'y a deux petits péroniers, et cependant le pédieux a trois tendons, de sorte que le troisième doigt a trois tendons.
« Le fléchisseur sublime [x], pl. 76, fig. 2, ne donne que trois languettes aux trois doigts mitoyens; le profond en donne quatre; le pouce n’en a aucune,
« Le fléchisseur sublime est distinct jusqu’en haut et profondément divisé en trois parties.
« Le fléchisseur profond a ses ventres radial et cubital, formant son principal tendon, et quatre ventres huméraux qui viennent s’y joindre par des . tendons grêles.
«Il y a un court supinateur, point de long ; un très petit carré pronateur, point de lombricaux. Les petits muscles du pouce sont fort exigus.
« Le court fléchisseur commun [x], fig. 3, est charnu et donne un tendon aux trois doigts mitoyens. »
(1) On à marqué de la lettre [g] ceux du côté gauche; mais c’est par erreur que les faisceaux [5] et [5°] ont reçu celte lettre.
HÉRISSON re
(Érinaceus europœus L.)
Le peaucier en
position.
Le peaucier relevé pour montrer ses
attaches.
j Gcorées Cuvier del. | L : Imp. par Auguste Bry.
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