MYOLOGIE DE LA TAUPE COMMUNE
Tazpa Europaa L., Cuv., Règ. an., 1, 131,
>]. 80, dessinée par M. Cuvier, de grandeur naturelle. } ) P ) fs
Les membres antérieurs de la taupe, animal dont la vie est souterraine, forment un instrument propre à déchirer la terre et à la rejeter en arrière. Un bras très court, très rapproché de la tête, rattaché au tronc par une longue omoplate que soutient à son tour une forte clavicule, porte une large main, garnie à son bord radial d’un os supplémentaire, semblable à un fer de faux, qui en fait une pelle à bord tranchant, éminemment propre au genre de vie de l'animal.
La longueur et l’étroitesse de l’omoplate, la largeur et le peu de longueur de l’humérus, dont les faces antérieures et postérieures sont presque carrées, rendent quelquefois difficile la détermination des muscles. Ainsi le trapèze est presque méconnaissable; sa portion occipitale manque; sa portion cervicale [a], fig. 4, est tout à fait séparée de sa portion dorsale [a’1, qui est ici dorsolombaire, ses fibres s'étendant en arrière jusque sur les vertèbres des lombes.
Le rhomboiïde de la tête [ce] existe seul, et 1l s'attache en arrière à un ligament transversal très fort, qui lie ensemble les deux omoplates. Le grand dorsal [i] fournit une languette qui descend jusqu'au cubitus, fig. 5. Le grand rond [o] est extrêmement puissant et tellement sallant que dans la fig. 1 on pourrait croire qu'il se fixe au cubitus; mais on voit, fig. 5, sa véritable attache. La portion scapulaireft] et la portion externe [t ] du triceps brachial, fie. 1, sont très fortes, aussi bien que l’anconé [ul], fig. 4.
Le grand pectoral, fig. 2, est d’une épaisseur extraordinaire et presque aussi grand que chez les oiseaux; et il offre de plus une particularité remarquable : sa portion antérieure [j] est tellement portée en avant qu'elle ne s'attache plus au sternum que par un petit faisceau marqué du signe [+]; le reste forme une forte bande musculaire qui va d’un bras à l’autre, de sorte que lorsque cette partie se contracte, elle agit sur les deux bras à la fois et les rapproche nécessairement l'un de l’autre. La postérieure ou costale [j] est très épaisse et se fixe en partie au sternum; le petit pectoral [ j°] n'offre rien de remarquable”.
On peut ajouter à tous ces muscles qui agissent sur l'épaule et sur le bras deux faisceaux du peaucier [5°], fig. 2 et 5, qui se rendent, l'antérieur à la portion transversale du grand pectoral, et le postérieur à la portion sterno-costale [] ].
Le peaucier, généralement très fort, enveloppe presque tout l'animal; mais il n’a point été
représenté particulièrement. Outre les deux faisceaux de ce muscle dont nous venons de parler,
(1) La description du grand pectoral, qui se trouve dans les Leçons d'anatomie comparée, 1, 395, diffère un peu de celle-ci, parce que la dissection avait été portée trop loin, et que l’on avait séparé à tort la portion [j'] en trois faisceaux.