BATRACIENS
Tous ces animaux, à l’exception des crapauds et des pipas, ont des dents au palais; elles sont courtes et serrées les unes contre les autres, on les sent plutôt au doigt qu'on ne les distingue à l’œil.
La langue des grenouilles est fixée à l’arc du menton, sa
SC
pointe est dirigée en arrière et l’animal la renverse sens dessus dessous, hors de la bouche, pour saisir sa proie. La langue manque entièrement dans certains batraciens.
L’estomac présente souvent la même forme que celui des chéloniens. Le canal intestinal est court: la partie antérieure plus
étroite, correspondant aux intestins grêles, fait deux ou trois coudes, tandis que la partie postérieure, qui représente le gros intestin, est très-courte. L’anus s’ouvre aussi dans le cloaque, dont l’ouverture est en T dans les grenouilles et longitudinale dans les salamandres.
La grenouille à l’étal de têtard est herbivore, et carnassière ou plutôt insectivore à l’âge adulte; aussi, dans le têtard, l’intestin est plus long que dans l’animal adulte.
Quand le régime change avec l’âge, des modifications pareilles s’observent presque toujours dans le tube digestif.
Fig. 4i. — Tube digestif de hyla bicolor.
APPAREIL DIGESTIF
POISSONS
Les poissons n’ont plus de lèvres; les fosses nasales ne cominuiiiqueul plus avec la cavité de 1a bouche; la langue est rudimentaire et ne présente que peu de mobilité; elle est aussi peu sensible, et on la trouve souvent couverte de dents.
Dans les cyprins, on trouve au fond du palais un organe contractile, riche en nerfs, provenant surtout du nerf glosso-pharyngien et q ne l’on peut considérer comme le siège du sens du goül. Depuis longtemps les gourmets connaissent cet organe sous le nom de langue de carpe.
Les poissons sont, à peu d’exceptions près, carnassiers.
Les dents sont extrêmement variées, aussi bien pour le nombre que pour la forme et la place qu'elles occupent. Il n'y a pas de classe dans laquelle on observe des variations plus nombreuses. Elles tiennent généralement à la peau comme les poils et se détachent facilement. Elles manquent dans un très-petit nombre de poissons. Les esturgeons en sont privés. Le brochet et le saumon ont la bouelieentièremenl garnie de dents. Généralement elles servent à retenir la proie, quelquefois pour la couperet rarement pour la broyer. Elles se réunissent sous la forme de dalles dans certains poissons qui mangent des crustacés, des mollusques et des oursins. Ce sont des bouches pavées.
D'après leur insertion, on les appelle maxillaires , intermaxillaires, cornéliennes, palatines, linguales, pharyngiennes ou branchiales.
Elles sont généralement osseuses; les chélations e n ont de cornées, élastiques et presque transparentes.
On a trouvé, dans la plupart des dents, de la substance osseuse, qui est quelquefois entourée d'une couche d'émail ; les balisles semblent porter en outre du ciment, et les scores, une quatrième substance à leurs dents palatines, produite par l'ossilicaljon de la pulpe dentaire.
Ce qui distingue surtout la cavité de la bouche, c'est qu'on aperçoit généralement sur le côté plusieurs fentes q ni livrent passage à l'eau nécessaire à la respiration Dans la plupart des
poissons (osseux) on découvre de chaque côté de la cavité buccale quatre fentes branchiales, et une fente extérieure, par où l’eau échappe. Dans les classes précédentes, l’aliment seul entre par la bouche, tandis que dans les poissons cette ouverture livre passage à la fois et aux aliments et à l’eau.
L’œsophage consiste dans un canal fort court, mais très-large,
Fig. 43. — Estomac et cæcums pyloriques de cdnlliarus.
et il n’existe pas de ligne de démarcation nette entre cet organe et l’estomac (fig. 45).
L’estomac est toujours membraneux, et montre souvent un cul-de-sac très-développé ; sa dimension est très-variable.
Un repli pylorique sépare toujours la cavité de l’estomac de celle de l’intestin, de manière que les aliments sont forcément arrêtés pendant quelque temps. Dans la plupart des poissons, on trouve au commencement de l’intestin des cæcums plus ou moins volumineux, d’autant plus petits qu’ils sont plus nombreux; on les appelle cæcums pyloriques (fig. 45 et 40). Depuis qu’on a observé ces organes chez les poissons pourvus d’un pancréas (esturgeon), on ne les regarde plus comme glande pancréatique. Ils jouent sans doute le même rôle que les cæcums qui se trouvent sur le trajet de l’intestin dans les classes précédentes.
L’intestin est court et il est rarement plus renflé vers sa terminaison; celte brièveté s’accorde avec le régime carnassier. Dans quelques poissons, comme l’esturgeon, les raies et les
APPAREIL DIGESTIF
squales, une valvule spirale s’étend dans toute la longueur de l’intestin, et oblige la matière nutritive de séjourner plus longtemps dans la cavité (tig. 47).
Fig. if». — Estomac cl cæcums pyloriqucs de leptorhynchus.
Canal digestif d'esturgeon.
L'anus s’ouvre séparément à la base de la queue, au devant de l’appareil sexuel et urinaire : dans les raies et les squales il s’ouvre comme chez les reptiles dans un cloaque.
Les intestins sont maintenus en place par un péritoine formant une membrane continue, et quelquefois par de simules brides.
La cavité du péritoine communique avec l’extérieur par deux m ilices situés à cédé de l'anus, chez les poissons plagiostomes.
ou par une seule ouverture, chez les branchiosloines. Dans ces derniers poissons, la cavité communique avec l’appareil respiratoire; dans les plagiostomes, elle communique avec la cavité du péricarde. Il en résulte que l’eau du dehors peut baigner le cœur de ces poissons.
Dans les insectes, comme dans tous les animaux articulés, la bouche consiste dans une fente longitudinale, tandis qu’elle est transversale dans les vertébrés, et au lieu de deux mâchoires qui agissent l’une de bas en haut et l’autre de haut en bas, il y a au moins une paire de mandibules et une paire de mâchoires qui agissent l’une sur l’autre, de gauche à droite et de droite à
gauche (fig. 48). Il y a souvent une lèvre en avant et une autre en arrière, qui consistent, comme les autres pièces de la bouche, dans une lame cornée et mobile faisant partie du squelette. Entre ces deux lèvres on voit une paire de mandibules et une paire de mâchoires; ces dernières partent, comme la lèvre inférieure, des palpes.
Chez les insectes suceurs, les pièces de la bouche s'allongenl foules et elles forment ou une trompe ou un suçoir, qui com-