REPTILES
•Nous ne trouvons pas dans les reptiles cette uniformité de
Fig. 38. — OF<o|»hagr du chttonin r.«cnlml».
structure que l’on observe dans les oiseaux; on doit énumérer chaque ordre séparément. Toutefois, le canal digestif des rep-
liles n’offre point de grandes modifications. L’estomac tend de plus en plus à se confondre avec l’œsophage ; la division des intestins en intestin grêle et gros intestin n’est plus si constante: souvent la valvule iléo-cœcale disparaît, ainsi que les cæcums, et tout l’appareil digestif devient plus simple.
Les organes qui varient le plus sont les dents et la langue.
On trouve dans les reptiles, outre les dents maxillaires, des dents insérées sur le palais ou des dents palatines.
Chez tous les animaux de cette classe, l’intestin s’ouvre dans un cloaque dont l’orifice est transversal chez les sauriens et les ophidiens.
Les chéloniens ont un bec corné et sont privés de dents comme les oiseaux; la langue est peu développée; les fosses nasales n’ont pas de voile du palais et il n’y a plus d’épiglotte.
Tout le canal intestinal est membraneux; on voit un seul estomac; dans quelques tortues marines, l’œsophage est hérissé de papilles cornées très-grandes qui empêchent les aliments de rebrousser chemin (fig. 58, p. 51).
Les sauriens comme les ophidiens portent des dents ; d’après leur insertion, on peut les diviser en incisives, canines et molaires; mais comme en général elles ne servent plus à broyer les
Fig. 39. — Langue, œsophage et csloniac de crocodile.
aliments, leur forme et leur insertion n’ont plus une grande importance. Les dents varient beaucoup d’une famille à l’autre; elles sont moins solidement enchâssées que dans les mammifères, mais elles conservent leur nature osseuse.
APPAREIL DIGESTIF
On voit des dents enchâssées l’une dans l’autre chez les crocodiles.
Les crocodiles sont aussi les seuls reptiles qui aient des amygdales; leur estomac a des parois épaisses, et dans une espèce surtout (crocodile à deux arêtes) on voit un disque aponévrotique duquel partent les fibres musculaires. Cet estomac ressem Idc au gésier des oiseaux (lig. 59).
Les ophidiens ou serpents ont les dents effilées et très-légèrement courbées en crochets, avec la convexité en dedans. Les mâchoires comme les os palatins portent des dents (fig. 40).
Fig. 40. — T«'te de irigonoc^phnlr
Certaines dents sont creusées en canal ou présentent une gouttière el reçoivent â leur base du venin qu’elles versent dans la plaie par la pointe. Ce sont les dents venimeuses que l’on re
Fig. 41. — Déni venimeuse isolée.
connaît à ce caractère. Le poison étant déposé au centre de la plaie formée par la dent, l’absorption en est si rapide, que la mort s’ensuit immédiatement. Il y a aussi des dents de rem-
placement qui sont prêtes à prendre la place de celles qui tombent ou qui se brisent.
L’œsophage est très-large dans les ophidiens et se confond avec l’estomac; ils sont l’un et l’autre très-dilatables et montrent de nombreuses glandes muciparcs. Le commencement de l’intestin est toujours indiqué par un repli pylorique. Il y a peu de circonvolutions, quelquefois même elles manquent, mais en général on distingue le gros intestin par sa largeur (fig. 42).
Chez le coluber scaber, on voit dans l’œsophage des dents couvertes d’émail ; ce sont tout simplement des apophyses antérieures des vertèbres, qui traversent les parois digestives (Jourdan).
La langue des tortues est plus ou moins molle, mais peu développée et très-peu mobile. Les crocodiles ont une langue plus rudimentaire encore; elle ne consiste qu’en un simple repli , complètement immobile et sans pointe libre.
Aussi, les anciens nous avaient déjà fait part de cette observation, qu’en Égypte un petit oiseau (pluvier) pénètre sans crainte dans la gueule du Fig. 42. — Tube digestif de orotaic. croc0(|j|e pour y prendre des insectes et des débris dont l’animal ne peut se débarrasser. Ce fait curieux, rapporté par Hérodote, a été confirmé par les naturalistes qui faisaient partie de I expé-
dition d’Egypte.
Les lézards ont la langue molle, très-mobile et légèrement bifurquée. Les serpents ont une langue plus profondément bifur-
APPAREIL DIGESTIF
quée et plus mobile encore; elle est logée d;nis une gaine et nommée communément dard. Le serpent semble s’en servir pour menacer.
Mais la langue 1a plus remarquable est celle des caméléons (tig. 43). Cet animal la darde à une distance égale à la
Fig. i3. — Langue »1«? caïuél^nn
longueur du corps. Elle est molle , robuste et en forme de massue. •
Le rectum vient aboutir à un cloaque, et son ouverture a la même forme dans les sauriens et les serpents.
On voit souvent des amas de graisse entre les replis du péritoine et du pigment noir à sa surface. Ce pigment enveloppe le canal digestif et les glandes qui se trouvent sur son trajet, le poumon et les organes sexuels avec leurs canaux excréteurs. Les replis de l’intestin sont logés, chez les ophidiens, dans une poche formée par le péritoine et maintenus en place par du tissu cellulaire dense. Chez les crocodiliens, la cavité du péritoine communique avec le cloaque, et par conséquent avec l'extérieur, par des orifices situés à coté du pénis chez le mâle et près du clitoris chez la femelle; ce sont les canaux péritonéaux.