JO
M. Gervais a injecté les raies entre la peau et les muscles, et il a vu la matière d'injection pénétrer dans le cœur.
Le cœur de l’esturgeon est entouré d’un sinus lymphatique d’apparence glandulaire. (V. Siebokl.)
AIITICILÉÜ OU ÉPICOT1XÉDONES.
Les animaux de cet embranchement ont le sang incolore et dépourvu de globules réguliers; ils ont un cœur, quelquefois des artères, mais pas de veines. La circulation veineuse se fait toujours par des lacunes.
Si on trouve encore des globules, ils sont irréguliers et n’ont jamais la couleur rouge.
Les vaisseaux lymphatiques ont complètement disparu dans tous les animaux sans vertèbres.
Insecies. - Le sang est généralement blanc ou plutôt incolore, et contient une faible quantité de corpuscules ou globules. Il n’est pas contenu dans des vaisseaux propres, mais répandu dans les cavités du corps de manière à baigner les divers organes.
Le long du dos, on aperçoit, à travers l’épaisseur de la peau de plusieurs larves, un vaisseau qui se contracte régulièrement d’arrière en avant; c’est le cœur, désigné aussi sous le nom de vaisseau dorsal (tig. U 7). Ce cœur est divisé par des étranglements en plusieurs chambres, généralement au nombre de huit; chaque chambre présente sur le côté une ouverture, qui laisse entrer le sang du dehors, mais ne le laisse plus sortir que par la chambre qui précède. Cette ouverture est produite par deux lèvres qui s’écartent pendant la diastole et se rapprochent pendant la systole. Le sang passe toujours d’arrière en avant; les confluents veineux aboutissent ;i la chambre postérieure; de là le sang passe dans celle qui la précède et arrive ainsi jusqu’à l’antérieure en passant
Fig. 117.
Cœur des insecies
APFAIIEIL CtllCUI.ATOlltE .
pur toutes les autres el en augmentant sa masse de liquide de celui qui pénètre par les ouvertures latérales de chaque compartiment.
Arrivé à la dernière chambre, le sang est poussé dans une artère très-courte d’où il est versé ensuite dans les cavités du thorax et de l’abdomen; on le voit former dans les pattes deux courants en sens inverse, comme s'il se mouvait dans des vaisseaux.
Il n’y a ni artères ni veines dans les insectes ; la circulation en dehors du cœur a lieu par des courants; les viscères sont baignés dans le sang.
L'appareil circulatoire des myriapodes ressemble beaucoup a celui des insectes; ainsi le coeur s'étend dans toute la longueur du corps ie long du dos; il se divise aussi en chambres qui correspondent généralement aux anneaux • mais si chacune de ce> chambres présente en dessous une couple d’orilices comme dans les insectes, elle présente de plus de chaque côté un tronc vasculaire; à son extrémité antérieure, ce cœur se prolonge en une aorte. Il existe ainsi dans les myriapodes, de plus que dans les insectes, des canaux véritablement artériels.
On a reconnu dans ces derniers temps que h cœur de certaines arachnides ne porte aucune trace de rameaux latéraux, et qu'il est enveloppé d’un péricarde membraneux n olTrant aucun indice de perforation latérale.
Dans d'autres arachnides il existe cependant des rameaux latéraux tout le long de cet organe; l’existence des artères est un fait mis hors de tout doute.
Plusieurs arachnides semblent aussi dépourvues, non-seulement de vaisseaux, mais même de cœur: il n’y aurait dans les arachnides, qui occupent les échelons les plus basde cette classe, aucune circulation régulière; le fluide nourricier remplirait les interstices du corps et ne serait mis en mouvement que par les contractions de celui-ci.
Dans les crustacés décapodes, l’appareil circulatoire est assez complet. Le sang se rend des branchies au cœur, celui-ci l’envoie vers la périphérie par diverses artères et le sang revient à un large sinus, situé à la base des branchies, en passant par les
lacunes et les interstices qui existent entre les viscères (fig. 118).
Le cœur est enveloppé d’un sinus qui reçoit d’abord le sang des branchies et qui n’est ni une oreillette ni un péricarde (fig- H 9, p. 123).
Tout cet appareil, et même le cœur, semble manquer dans quelques crustacés des derniers ordres. Il occupe toujours, quand il existe, le milieu du corps à la partie postérieure du céphalo-
K«g. 118. — Figure 'liéoriquc «le l'appareil circul.iloit e «lu ni aï a*
thorax. Dans les crabes et les écrevisses il a une forme carrée, ses parois sont assez épaisses et on aperçoit dans son intérieur des colonnes charnues. Les vaisseaux qui aboutissent au cœur, comme ceux qui en partent, sont pourvus de valvules qui empêchent le sang de revenir sur scs pas.
Le cœur contient du sang qui a passé par les branchies, et des artères distinctes le conduisent du cœur vers les organes. Ces artères manquent seulement dans les ordres inférieurs, et les veines, au contraire, manquent dans tous les animaux de la classe.
Si nous prenons pour exemple les crabes et les écrevisses, nous voyons les divers courants veineux se concentrer à la base des pattes, se rendre ensuite aux branchies, revenir de là et sc porter dans un sinus qui enveloppe le cœur tout entier.
APPAREIL CIRCULATOIRE
Le sang pénètre ensuite dans le
Fig. 119. — Appareil circulatoire <lu homard.
les deux branchies. C’est ce qui î trois cœurs. Le cœur principal
cœur d’où il est envoyé vers la périphérie par plusieurs artères.
En somme donc, l’appareil circulatoire est incomplet dans tous les articulés, puisque les veines manqueni et que la circulation veineuse s’effectue par des lacunes.
Mollusques, — On a cru.
jusques dans ces dernières années, que les mollusques ont tous non-seulement un cœur, mais aussi des artères et des veines; c'est une erreur : le dernier ordre, les bryozoaires, est privé de cœur et de toute trace de vaisseaux; les autres sont généralement privés de veines. Le sang est, à quelques exceptions près, incolore.
On peut considérer le cœur des céphalopodes comme composé de trois poches (fig. 120, p. 124) : deux oreillettes et un ventricule, mais qui sont séparées toutes les trois; il y a uneoreill lette isolée contenant du sang veineux, à la base de chaque branchie, et un ventricule, isolé aussi, mais situé sur la ligne médiane entre fait dire que ces animaux ont ?çoit le sang qui revient des
branchies; il est par conséquent à sang artériel ; ses parois sont épaisses et musculeuses; l’intérieur est tapissé de colonnes charnues, et l’orifice des vaisseaux est garni des valvules qui empêchent le retour du sang. Ces cœurs sont doués de contractions rhylhmiques.
Il y a plusieurs artères qui partent du cœur et qui vont porter le sang aux organes; elles ont les parois assez épaisses.
Fiq. 120. — Appareil circulatoite dos céphalopodes.
Les céphalopodes ont aussi des veines, car le sang veineux revient par des veines caves aux cœurs branchiaux; ces vaisseauxconimuniquent tous directement avec les cavités qui logent les viscères; ainsi, sans produireaucune lésion, le liquide injecté s’épanche dans ces cavités. Il y a donc aussi des lacunes dans cet appareil.
Les gastéropodes ont un cœur doué de pulsations régulières; il se compose de deux cavités qui se suivent (fig. 121, p. 125); la première, l’oreillette, reçoit le sang provenant de l’appareil respiratoire; de l’oreillette il passe dans le ventricule, et celui-ci l’envoie vers la périphérie par une forte artère aorte qui se di-
APPAREIL CIRCULATOIRE
vis<* bientôt en diverses branches. On voit des colonnes charnues dans l’intérieur du cœur (fig. 122). Le sang veineux s’é-
panche ensuite dans les cavités de l’abdomen et de lü il se porte dans les branchies ou les poumons pour y subir le contact de I oxygène.
Quelques gastéropodes (chiions) ont deux oreillettes latérales: le cœur est traversé par le rectum.
Le sang est rouge ou rougeâtre dans les planorbes, tandis qu'il est blanc dans les autres animaux de ce groupe.
Dans les moules, parmi les acéphales, deux oreillettes reçoi-
Fig. lii. — Ventricule d’hyale ouvert
veut le sang qui revient des branchies, et elles le versent
dans un ventricule à parois musculeuses situé sur le rectum (fig. 125). Ce ventricule entoure l’intestin comme une bague entoure le doigt ; il existe des artères qui portent le sang aux organes, mais les veines manquent. Le sang veineux revient aux branchies par des lacunes. Dans d’autres acéphales, le coeur est isolé (fig. 124- p. 127) et ne contracte aucune adhérence avec les intestins.
L'appareil circulatoire le plus remarquable est celui des luniciers. Dans ces mollusques, on observe un vaisseau à contractions rhythmiques; il communique d’un côté avec le réseau capillaire de la branchie et de l’autre avec la cavité qui loge les viscères. Ce vaisseau se contracte pendant quelques instants de droite à gauche, puis le mouvement s’arrête brusquement, et peu de temps après les pulsations recommencent; mais au lieu de se contracter de nouveau de droite à gauche, il le fait dans un sens opposé, et il pousse le liquide dans une autre direction (lig. 12;», p . i 27).
Il n’y a pas de vaisseaux dans l’intérieur du corps, si ce n’est ceux qui forment le réseau branchial (fig. 120 p. 128). Une
Fig. (23.
Appareil circulatoire de 1 ’a 11 oilon te.
« Rectum . — b Oreillettes. — c Ventricule. — d Artères.
Al’l* AllEIL CIHCl ILATOIUE
partie de ee cœur sert alternativement d’oreillette et de ventricule, et le tronc qui conduit le sang à la branchie fait fonction alternativement de veine et d’artère branchiale. Chez
quelques-uns d’entre eux (ascidies), M. Milne Edwards a observé du sang rouge.
Ledernier ordre des mollusques, les bryozoaires, n’ontaucune
« Co»ur. fcOi jjune mdél. — <• Vaisseaux qui s’ouvreut dans la cavité
péi'igastrique.
Fig. 125. — Cœur d'ascidie.
trace d’appareil circulatoire. Un liquide remplit la cavité périiuleslinale; il se meut par l’action de cils vibratiles, se rend dans les appendices droits qui forment la couronne branchiale et représente le sang. On voit ainsi une gradation véritable dans cet appareil, depuis ces derniers jusqu'aux céphalopodes.
Vers. — Cet appareil présente des modifications profondes dans les animaux de celle classe: il y en a beaucoup qui n'ont pas de traces de vaisseaux, tandis que d’autres ont un réseau vasculaire complet (lig. 127 p. 129).
D’abord, ce qui a beaucoup frappé les anciens physiologistes,
c’est que le sang est rouge dans beaucoup de vers, et on a même cru, jusques dans ces dernières années, qu’il était rouge
dans toutes lesannélides. Malgré l’identité de couleur avecles animaux vertébrés, cette coloration n’est pas due ici à des globules, mais c’est le liquide lui-même qui est rouge, comme il est vert, jaune et incolore dans d’autres. Un phénomène très-curieux observé d’abord par Delle Cbiaje, c’est que le sang est vert ou rouge dans le même ver, d’après l’accumulation du liquide dans les vaisseaux. Dans le sang de quelques vers, nous avons vu des globules réguliers mais complètement incolores ; la grande majorité des annélides n’a toutefois pas de ces globules dans le sang.
Chez plusieurs annélides, on voit dans toute la longueur du corps des troncs vasculaires contractiles qui jouent le rôle de cœur. Dans la sangsue, on en distingue un le long du dos, un autre le long du ventre, et puis souvent encore deux latéraux (fig. 127 p. 129). Comme tout le vaisseau est contractile, le cœur n’est point encore localisé. Toutefois, chez quelques annélides, on voit très-bien le cœur se former; sur le trajet du tronc principal il apparaît une ou quelques dilatations variqueuses, dans lesquelles se concentrent les contractions rhythmiques. Ces vaisseaux longitudinaux communiquent entre eux par des anastomoses et sont parfaitement clos.
Chez quelques vers on voit une partie des vaisseaux, par exemple le vaisseau dorsal, être contractile, tandis que les autres ne le sont pas; il apparaît quelquefois des vésicules contractiles sur leur trajet, comme dans les branchellions.
Fig. 120.
Parois du sac brnncliialilc l’ascidie aiwnulloïde.
AI'I’AlîEII. CIIICI'LATOIRE. «2i»
On ne peut plus guère distinguer les vaisseaux en veineux et en artériels.
Outre le sang qui cireule dans des canaux vasculaires, plusieurs annelides ont encore dans les lacunes périguslriqucs un liquide sanguin, qui subit, parait-il, le contact de l’oxygène par des appendices branchiaux particuliers.
tiÿ l</. — \|»|»»rnl circulatoire tic I.» snii£4tir.
a N «liteau dorsal. — b Vaisseau rentrai. — c Vaisseau latéral.
d Organe excréteur.
Les annelides céplialobrancltes et dorsibranclies ont généralement un appareil vasculaire complet: ils sont pourvus d'un vaisseau dorsal et d’un vaisseau ventral, anastomosés par des branches transverses; quelquefois le vaisseau médian unique est divisé plus ou moins en deux troncs distincts (tig. 128).
Le vaisseau dorsal est contractile; il fait fonction de cœur; maison trouve encore chez quelques-uns des pulsations régulières dans les vaisseaux des branchies et dans ceux de la trompe.
Dans différentes hirudinées, comme dans des vers intestinaux (cestoïdes et (rémalodes), on a observé un système de canaux qui n'a aucune communication avec le précédent.
Il n existe pas de vaisseaux dans les vers intestinaux, du
moins pas dans les tréninlodes ni dans les cesloïdes; c’est à torique l'on a pris pour tels des canaux excréteurs. Ces prétendus vaisseaux s’ouvrent à la partie postérieure du corps, et
aboutissent ù un organe pulsatile situé dans cet endroit; le contenu suit toujours la meme direction dans le même vaisseau.
Ëchinodennes. — Les écliinodermes sont pourvus d’un système vasculaire sanguin, qui comprend un tronc artériel et un tronc veineux; ce système est isolé. Il paraît y avoir aussi un rudiment de cœur. Dans les étoiles de mer, par exemple, il existe trois anneaux vasculaires; deux, autour de l’ouverture de la bouche, un sous la peau du dos, et entre eux on voit un cœur allongé qui part de la plaque madréporique pour se rendre à l’ouverture de la bouche.
Acalèphes et polypes. Il n’existe plus d’appareil circulatoire proprement dit, à canaux fermés et sans communication au dehors. On voit au contraire chez beaucoup d’acalèphes, des canaux partir de la cavité qui reçoit l’eau, se ramifier et s’anastomoser dans l’épaisseur des tissus (fig. 129 p. loi). On semble en outre avoir observé dans quelques acalèphes de véritables vaisseaux situés le long de ces canaux.
Dans les polypes qui vivent en communauté, les estomacs des divers individus qui composent une colonie sont en communication ; le liquide peut passer de l’estomac de l'un à celui de 69), et ce passage a été pris pour un
Fig. 128
Arénicole dos péoheurs; appareil circulatoire.
l'autre (voyez fig. 67, p
APPAREIL CIRCULATOIRE. I5
mouvement circulatoire. Il l’est dans ce sens que le liquide charrie en même temps la nourriture et l’oxygène.
Ü et
Fi| I Î9. — Bcrof pilruj.
Dans le cydippe pileus (ligure 129, p. 131), il exisle une cavité digestive distincte et une large cavité circulatoire qui est en communication directe avec la première; à certains intervalles, le cul-de-sac de l’estomac s’ouvre et laisse échapper un liquide chargé de globules; ce liquide se meut alors dans celte
cavité et se rend dans les canaux longitudinaux sous forme de côtes et dont la face externe porte d’énormes cils vibraliles ; c’est le premier exemple, en remontant l’échelle animale, d’un liquide envoyé dans des canaux propres servant à la respiration. Il n’est pas douteux, en effet, que ces huit côtes des cydippes ne représentent l’appareil de respiration.
Les actinies (fig. 130) semblent avoir la cavité digestive séparée complètement de la cavité générale du corps, et la matière nutritive doit dans ce cas passer à Iravcrsles parois; il n’y a pas de vaisseaux; tout le sang baigne le canal alimentaire comme dans les bryozoaires; on voit le sang entrer dans les tentacules et revenir ensuite dans la cavité générale.
Les hydres présentent le même mouvement circulatoire, avec cette différence que la cavité des bras communique directement, non avec la cavité périgaslriquc, mais avec la cavité de l’estomac elle même, comme dans les acalèphes.
Infusoires. — Ces organismes simples, étant entièrement perméables à l’eau qui les entoure, n’ont évidemment pas besoin
Fig. 130. — Actinie.
a Tentacules, — b Estomac. — c Cavité générale.
APPAREIL CIRCULATOIRE
de canaux pour faire pénétrer le fluide nutritif et l’oxygène jusqu'au fond des organes. L’eau agit, par su matière nutritive et par son oxygène, sur la peau extérieure et sur le parenchyme du corps.
Dans le loxodes bursaria, on voit encore un mouvement circulatoire et, chez plusieurs autres infusoires, on distingue une ou diverses cavités dont les parois sont douées d’un mouvement de systole et de diastole.
bA.VULIOAM VA8CKLAIKEM.
Quelques organes dont les fonctions sont encore problématiques, mais qui semblent avoir des relations assez intimes avec l'appareil vasculaire, sont : la rate, le thymus, le corps thyroïde et les capsules surrénales. Ces organes ont souvent été désignés improprement sous le nom de glandes; ils n’ont pas de canal excréteur.
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On trouve une rate dans tous les animaux vertébrés, à l'exception des branchiostomes; elle manque au contraire dans tous les animaux sans vertèbres ; son volume est généralement en rapport avec le volume du foie: elle est plus développée dans les carnassiers que dans les herbivores.
Les corpuscules de la rate sont des sinus ou des varicosités lymphatiques; on les observe dans les carnassiers comme dans les herbivores. Des vaisseaux sanguins sont distribués sur leurs parois.
On voit une rate étroitement unie à l’estomac, chez tous les mammifères, et surtout à la première poche quand il y en a plusieurs, par exemple, chez les ruminants. La rate est simple et varie dans sa forme selon les ordres. Les simiens ont une rate peu allongée mais large, tandis qu'elle est longue et étroite chez les lémuriens, les carnassiers et les ruminants. Dans les dauphins, on trouve des rates accessoires dont le nombre s’élève quelquefois jusqu’à dix— sept, comme il a été reconnu dans le marsouin.
La rate est formée de deux lobes, dans les monotrèmes, et elle affecte la forme d’un T dans les marsupiaux.
Les oiseauxont tous une rate proportionnellement petite; elle est en général de forme sphérique, rarement comprimée; sa couleur est foncée; elle est située dans le voisinage du foie; elle est extrêmement petite dans le coucou. Quelques oiseaux ont des rates supplémentaires.
On a reconnu aujourd’hui cet organe dans tous les reptiles et les batraciens; sa situation varie selon les divers ordres sans qu’elle abandonne toutefois le voisinage de l’estomac. Il y a aussi quelques modifications dans la forme et le volume.
Les chélonicns et les sauriens ont cet organe assez grand ; chez les ophidiens, il est souvent adhérent au pancréas; il est petit et arrondi chez les batraciens.
Tous les poissons, y compris les lépidosiren, ont une rate; on l’a reconnue aussi dans les cyclostomes. Chez quelques poissons plagiostomes, ainsi que chez les esturgeons, cet organe se compose de plusieurs rates accessoires, réunies par des vaisseaux sanguins. Ou voit une rate unique dans les poissons osseux en général ; elle est simple, de couleur brune ou quelquefois rouge, de forme variable, mais toujours gorgée de sang. Comme dans 1rs classes précédentes, on la trouve dans le voisinage de l’estomac (tig. 131).
Il est à remarquer que le seul animal vertébré, dépourvu de rate, est aussi
Fig. (31. — Fancicuselrate ce|uj „uj n>a pas ]e sang roUge fait qui de brochet. . ' , .
« Estomac. - b Dnode- 'lent « > »PP«' de 1 OpiIllOIl (le Ceux qui num. — c Pancréas. — attribuent.) cet organe un rôle important, d Rale‘ soit dans la formation des globules du
sang, soit dans leur destruction. On prétend en effet avoir constaté que les veines afférentes sont plus chargées de globules que les efférentes, d’où il faudrait conclure que la rate sert à la destruction des globules qui sont mis hors d’usage.
APPAREIL CIRCULATOIRE
TIIYHIM < ET COR PS THYROIOC.
Ces organes on! été reconnus dans tous les ordres de mammifères, à très-peu d'exceptions près; ils occupent la même place que dans l’espèce humaine.
Le thymus occupe toujours le médiastin antérieur; il s’étend en bas jusqu'au cœur et en haut ses cornes font souvent saillie hors de la cavité thoracique. Il paraît manquer dans les marsupiaux.
Le thymus n’acquiert tout son développement que chez les mammifères. C’est vers la fin de la période fœtale que cet organe paraît atteindre tout son développement; il diminue après la période de lactation, mais il peut exister pendant toute la vie.
Entre les deux couches qui composent la vessie natatoire des poissons, on observe un ganglion vasculaire que des anatomistes ont comparé au thymus.
Le corps thyroïde est toujours situé sur le larynx ou au-dessous de cet organe, d’où il s’étend quelquefois sur la trachée artère. Il se compose de deux lobes souvent réunis par une bande et qui sont quelquefois, mais rarement, réunis directement. Chez la loutre, les deux moitiés sont très-écartées et touchent de chaque côté «i la glande sous-maxillaire. Cet organe est en forme de rouir dans les cétacés et situé devant la trachée.
Dans les oiseaux, comme dans les reptiles, on trouve ù côté du larynx inférieur, ou dans le voisinage du cœur et des gros troncs vasculaires, des organes peu volumineux, arrondis ou allongés, sans canal excréteur, et qui sont très-riches en vaisseaux: ces organes sont ordinairement lixés à la carotide ou à la veine jugulaire; ils correspondent au thymus et au corps thyroïde.
On trouve encore des traces de ces organes dans les batraciens, mais il n’en existe plus chez les poissons et les animaux sans vertèbres.
1 Le riz «le veau, en termes de cuisine, est le thymus «In reau.
CAPSVLES M'RRÉ.l.HEM.
Ces organes oui été observés aujourd’hui dans les diverses classes de vertébrés. Ils sont situés, chez les mammifères, en dedans ou en avant des reins, ont une forme variable et montrent généralement dans leur composition une substance médullaire et une substance corticale; leur volume est variable, et souvent, au moment de la naissance, ces organes sont plus petits qu’à l'état adullq.
Dans les oiseaux, les capsules surrénales sont grises ou d’un jaune doré ; elles sont logées en avantdans l’épaisseur des reins; elles n’ont point de cavité et sont souvent en contact avec le testicule ou l’ovaire.
Dans les reptiles et les batraciens, ces organes existent généralement, mais souvent, comme dans les salamandres, ils sont formés d’un amas de granules jaunes placés en dessous des reins.
La présence des capsules surrénales a été constatée chez les poissons osseux et les plagioslomes; ce sont souvent des granulesarrondis de couleur jaune, ou quelquefois des bandelettes étroites qui recouvrent les reins ou les uretères.
APPAREILS GLANDULAIRES
Los divers appareils que nous venons d’esquisser sonl chargés d’assimiler la matière nutritive, de la convertir en substance propre de l’animal. Il appartient à la physiologie do faire connaître comment cette assimilation a lieu. La connaissance de l’appareil est seule du domaine de l’anatomie.
Il nous reste à parler dans ce chapitre d’une série d’appareils qui sont chargés, les uns, d’éliminer des substances devenues inutiles à l’économie animale, comme l'urine; les autres, au contraire, doivent produire certaines matières nécessaires à l’entretien de la vie, comme la bile, la salive, etc.; d’autres enfin ont pour destination spéciale de produire de nouveaux individus; ce sonl les organes qui pourvoient à la procréation : ils perpétuent l’espèce et forment un appareil particulier connu sous le nom d'appareil générateur ; nous en parlerons dans un autre chapitre.
Tous ces organes, qui sécrètent ou produisent une substance particulière, sont désignés sous le nom de glandes. Elles sont toutes conformées d’après le même type; elles consistent dans
ANATOMIE COMPAUÉE .
une portion de peau rentrée, un crypte, et leur surface est en général d’autant plus étendue que le produit auquel elles donnent naissance est plus abondant. Ce repli de la peau pénètre quelquefois profondément dans les tissus. Les glandes sont situées et s’ouvrent aussi bien dans la peau ou la muqueuse qui forme le canal intestinal que dans la peau externe ou la peau proprement dite.
Le type de ces organes, quels que soient leur forme, leur volume, leur situation et leur couleur, est une vésicule terminée en cul-de-sac, ou un cæcum simple ou multiple, droit, flexueux, ramilié et montrant quelquefois des anastomoses (tig. 152).
Fig. 132. — Diverses formes de glandes.
La plupart des glandes, quelle que soit leur complication dans les classes supérieures, se montrent dans l’une ou l’autre division du règne animal sous leur forme primitive, pendant toute la vie de l’animal ; c’est ainsi que les glandes salivaires sont formées dans les insectes par de longs tubes, qui enveloppent le canal intestinal.
Le caractère d’une véritable glande est de communiquer au dehors soit directement, soit indirectement, et de répandre son produit par un orifice. Quelques-uns de ces organes ne sont pourvus que momentanément d’une issue.
Entre la glande et l'orifice extérieur, il existe en général un conduit que l’on appelle le canal excréteur ; su i le trajet de ce
AI’I’AKKII.S ülandulaiucs.
conduit on voit souvent une dépression, une vésicule qui sert de dépôt au produit (fi},'. 1 33).
C’est ainsi que l’urine n’est pas évacuée à mesure qu’elle se produit; elle s’accumule dans la vessie. C’est de la même manière que la bile est recueillie dans la vésicule du fiel, pour pénétrer dans l’intestin pendant l’acte de la digestion.
Avant de parler des glandes particulières qui se trouvent à l’extérieur de l’animal, nous dirons un mot des trois glandes principales qui jouent, par l’action de leur produit, un rôle important dans le phénomène de la digestion.