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APPAREIL URINAIRE

Ou a constaté dans les canaux excréteurs de l’urine, chez quelques batraciens, la présence de cils vibraliles sur une partie de leur longueur (fig. 1 i’j).

Pig- 145. — Corpuscule* de Malpighi de la grenouille.

Il existe généralement une vessie dans les reptiles véritables comme chez les batraciens, mais elle ne reçoit jamais directement les uretères et elle s’ouvre dans la paroi antérieure du cloaque.

Tous les poissons sont pourvus de reins. Ils sont situés chez les plagioslomes dans la partie postérieure de la cavité abdominale. Ils sont composés de plusieurs lobes, qui envoient séparément leur canal excréteur vers un point commun où commence l’uretère. Il existe, comme dans les reptiles, une vessie, mais qui n'a pas de communication avec l'uretère et qui s’ouvre en avant dans le cloaque. Dans les poissons osseux, les reins sont ordinairement disposés comme deux longs rubans, de couleur rouge ou brune, s’étendant dans toute l'étendue de la cavité abdominale, entre les vertèbres et la vessie natatoire. Ces organes ont en général très-peu de consistance. Ils sont séparés l'un de l’autre, ou quelquefois réunis plus ou moins complètement sur

leur trajet. Les uretères s’unissent souvent en un seul canal, qui s’ouvre dans le corps de la vessie. Celte vésicule de dépôt paraît manquer rarement dans les poissons. La vessie répand son contenu par un court canal de l’urètre, qui s’ouvre derrière l’anus.

Plusieurs animaux sans vertèbres produisent de l’urine; on a constaté la présence de l’urée chez plusieurs d’entre eux, mais il y a peu d’organes qui sont positivement reconnus pour des reins.

Dans les insectes, les vaisseaux de Malpiglii ont donné de l’acide urique à l’analyse chimique; on a trouvé des calculs urinaires dans leur intérieur, aussi peut-on les regarder peutêtre comme faisant simultanément fonctions de foie et de rein ; mais avant tout ce sont des organes biliaires.

On trouve des organes semblables dans les arachnides et les myriapodes, et qui donnent sans doute naissance au même produit.

On n’en a pas encore reconnu dans les crustacés, toutefois on voit certains organes autour du canal intestinal qui pourraient bien, après une étude approfondie, être reconnus pour un appareil urinaire.

Dans les mollusques céphalopodes, on voit à côté de l’anus, un canal excréteur provenant d’une glande qui contient le noir, connu sous le nom de sépia. Depuis longtemps, cet organe a été regardé comme le rein, mais tout récemment on a cru reconnaître le rein dans les corps spongieux qui recouvrent la veine cave de ces mollusques. La présence de l'urée dans ces appendices et leur rapport avec les vaisseaux sont des conditions favorables à celle détermination.

Dans les gastéropodes, on voit également une glande dont le canal excréteur accompagne le rectum et <1 ii i s’ouvre aussi à côté de l’anus. Depuis longtemps, celle glande est regardée comme le rein de ces animaux L’analyse chi-

APl’AREIt. L'RIMAIUK.

mique a révélé la présence de l’acide uriijue dans son iiilérieur.

Dans les mollusques acéphales, on connaît depuis longtemps un organe dont la nature est problématique et que l’on désigne sous le nom de poumon de Bojanus. On y a découvert des concrétions qui contiennent de l’acide urique, de manière que ces animaux seraient encore pourvus d’un rein, d’après quelques auteurs.

Enfin, on doit regarder comme reins les canaux excréteurs qui parcourent toute la longueur du corps dans les vers trémalodes et ccsloïdes (fig. 146, p. 184); ils ont été pris jusqu’à présent pour un appareil circulatoire; ils s’ouvrent sou- ({ vent à l’extérieur par l’intermède d’une vésicule pulsatile, et les canaux portent de longs cils vibratiles qui ne se meuvent que dans un seul F,f.» 77i.'r*"TJ sens (fig. 147). Cet appareil existe dans les di vers ordres de vers, depuis les hirudinées jusqu’aux planaires, et les rolifères.

APPAREIL GENERATEUR .

Tous les appareils dont nous avons parlé jusqu’ici concourent à un seul et même but: au développement ou à la conservation de l’individu; l’animal peut vivre par l’accomplissement de ces fondions. Mais un but plus élevé doit être atteint et pour lequel souvent tout l’organisme est sacrifié, il faut en effet pourvoir à la conservation de l’espèce. L’animal, comme tout être organisé, n’est appelé à vivre que pendant un certain temps ; comme la plante, il est né, il doit mourir ; sans la reproduction, la surface du globe serait bientôt complètement dépeuplée. Cet appareil conserve l’espèce dans le temps.

Ceux qui parlent encore de génération spontanée ou d’animaux se formant de toutes pièces, doivent prendre rang parmi les naturalistes qui font provenir les poissons de la boue des étangs; on conçoit que celte doctrine ait pu régner du temps d’Aristote, mais de nos jours l’observation en a fait justice.

Le génie de l’homme a inventé des machines bien admirables, mais quand elles sont usées et mises hors d’usage, il en faut d’autres; Dieu, en créant ces autres machines, qu’on appelle plantes et animaux, les a douées elles-mêmes de la faculté de se reproduire et de perpétuer ainsi sur notre planète ces formes

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infinies, telles qu’elles sont sorties de ses mains. Tous les efforts de la nature semblent concourir à ce but suprême : de conserver la vie à la surface du globe; l’individu n'est rien en présence de l’espèce. Les individus souvent disparaissent aussitôt que le développement de la progéniture est assuré. L'animal, en général, ne semble vivre et se développer que pour se reproduire, car à peine a-t-il atteint l’àge adulte et complet, que l’appareil générateur entre en fonctions et domine; les autres besoins souvent se taisent devant celle haute nécessité.

Voyons comment la reproduction s’opère dans le règne animal et par quelle gradation l’appareil chargé de celle fonction passe successivement.

Considérée dans tout le règne animal, la reproduction se confond d’abord avec l'accroissement; l’animal, ayant atteint un certain volume, se divise en divers fragments qui deviennent bientôt chacun un individu complet, semblable à celui qui leur a donné naissance. C’est la reproduction scissipare qu'on observe surtout dans quelques infusoires. Les diverses parties du corps se séparent les unes des autres, continuent malgré cela à s'accroître, et deviennent toutes semblables entre elles et à celui dont ils proviennent.

Dans les polypes, cet accroissement se localise; il se forme un boulon dans une région déterminée du corps, ce bouton s'accroît, des tentacules apparaissent et bientôt ce bouton ressemble au polype qui lui a donné naissance. C’est la reproduction par gemme ou par bourgeon. Il pousse des bourgeons sur le corps de l’animal comme sur les arbres.

Dans d’autres animaux plus élevés, au lieu d'un boulon formé par continuation des tissus, il apparaît, dans une région du corps, une cellule isolée qui présente dès le principe un caractère d’individualité, c’est l’œuf; la reproduction alors est ovipare.

Mais du moment que l'oeuf existe, il faut le concours d’un autre produit qui le rende fécond; il faut le produit d'un organe mâle ou d'un testicule; le contact d’une liqueur spermatique est nécessaire pour rendre l’oeuf fécond. Quelle est l’action de celte liqueur mâle sur l’œuf? C'est ce que l’on ignore; tout ce

que l’on sait, c’est que le contact est indispensable pour produire la fécondation. Il y a donc trois modes de reproduction et à la rigueur seulement deux, car les reproductions scissipare et gemmipare diffèrent bien peu l’une de l’autre; ces modes sont : la reproduction ovipare, la reproduction gemmipare et la reproduction scissipare.

Pour cette première reproduction, il faut des sexes; elle est sexuelle. Il n’en faut pas pour les deux autres; ces reproductions sont agames.

Ces sexes peuvent se trouver réunis dans un seul et même individu, c’est ce qui constitue l’hermaphroditisme, et cet étal d’hermaphrodite est complet quand l’individu se suffit à luimême; il est incomplet quand, comme dans les sangsues, deux individus, pourvus chacun des deux sexes, agissent réciproquement l’un à l’égard de l’autre, à la fois comme mâle et comme femelle; après la copulation tous les deux produisent des œufs féconds.

Dans tous les animaux supérieurs, les organes sexuels sont portés sur des individus distincts et l’espèce se compose de mâles et de femelles.

Ainsi, tous les vertébrés et articulés ont les sexes séparés, tandis que plusieurs mollusques, un grand nombre de vers ont les sexes réunis; les acalèphes et les polypes ont souvent les sexes portés par des individus distincts comme dans les animaux supérieurs.

On peut dire d’une manière générale que les animaux qui sont tixés au sol comme les plantes, sont hermaphrodites comme celles-ci, et que ceux qui jouissent de toute la liberté de leurs mouvements sont cà sexes séparés; ces derniers peuvent seuls aller à la recherche les uns des autres, pour accomplir le grand acte en faveur de l’espèce.

On peut considérer comme une transition de la réunion des sexes ou de l’hermaphroditisme à la séparation des sexes sur des individus différents, l’exemple des salpa, qui agissent comme mâles ou comme femelles, selon leur âge. D’autres hermaphrodites semblent agir comme mâles ou comme femelles, selon la saison.

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La séparation des sexes peut être considérée comme une division du travail, la femelle et le mâle ont à accomplir des devoirs différents selon les circonstances dans lesquelles ils sont placés.

Dans plusieurs animaux, les deux modes de reproduction sont réunis; la même espèce est ovipare et gemmipare. I. ’liydre d’eau douce produit des gemmes en été, des œufs en automne.

L’individu qui produit des gemmes, s’il vit dans des conditions différentes de celui qui est ovipare, présente une forme souvent bien différente, et comme on voit des distinctions entre les mâles et les femelles, ou en voit aussi entre les gemmipares et les ovipares; cette différence de forme dans une seule et même espèce a produit des phénomènes bien singuliers et dont on ne s’est rendu compte que dans ces dernières années.

C'est ainsi qu’un individu gemmipare, provenant d'un œuf, produit un individu ou toute une génération qui ne lui ressemble pas; et si, comme cela arrive dans quelques animaux, l’animal est alternativement gemmipare et ovipare : si celui qui provient d’un œuf donne un bourgeon et celui qui provient d'un bourgeon un œuf, il y a deux formes qui alternent, et la fille, au lieu de ressembler à sa mère, ressemble à sa grand’mère. Les individus ovipares produisent des individus gemmipares, ceux-ci de nouveau des ovipares, et ainsi de suite; de manière que l’individu ovipare ressemble à sa grand’mère, ovipare comme lui, mais pas à sa mère, qui est gemmipare.

C’est ce phénomène que l’on a désigné sous le nom de génération alternante (Steenstrup) et que nous considérons comme un simple phénomène de double reproduction ou de </»'flénèse.

Nous avons vu la division du travail dans les appareils; nous voyons ce principe s’étendre ici jusqu’aux individus; nous voyons des individus spermatogènes, des individus ovigènes, des individus phylogènes (ceux qui produisent des bourgeons), et il y a même, dans les classes inférieures, des colonies composées d’individus chargés, les uns de manger et de boire, les autres de respirer, d’autres de conduire la colonie (les rameurs),

ceux-ci de produire des œufs, ceux-là de former des gemmes, et on voit chaque animal affecter une forme qui est en rapport avec ses fonctions. C’est cette diversité dans la forme qui n’avait pas permis aux naturalistes de comprendre les singulières colonies flottantes réunies sous le nom d’acalèphes hydrostatiques.

Y a-t-il des animaux qui subissent des métamorphoses et d’autres qui n’en subissent pas?

L’opinion la plus fausse règne encore aujourd’hui dans la science au sujet des métamorphoses. On répète encore tous les jours, dans les ouvrages de zoologie les plus recommandables, que tels et tels animaux se distinguent des autres par leurs métamorphoses, en oubliant d’ajouter que ces phénomènes dépendent de l’époque de l’éclosion, que l’embryon parcourl tous les changements de forme par lesquels il doit nécessairement passer, tantôt dans l’œuf et tantôt seulement après sa sortie de l’œuf. Un animal quelconque peut-il se développer sans métamorphose? Évidemment non !

A l’époque où l’on croyait que les animaux se trouvent tout formés et en miniature dans leur œuf, on a pu dire par opposition que les grenouilles subissent des métamorphoses ; depuis que l’observation nous a appris le contraire, que le jaune se transforme en substance de l’embryon, cela n’est plus exact. Tous les animaux subissent des métamorphoses ; elles sont plus longues et plus étendues chez les uns que chez les autres. Chez quelques-uns, ces métamorphoses ont lieu plus tôt que chez les autres, elles ont lieu tantôt dans l’œuf, tantôt après la sortie de l'œuf, voilà la différence entre ceux qui subissent des métamorphoses complètes et ceux qui n’en présentent pas.

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