‹ Anatomie comparéeChapitre 31 sur 61 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

Nous ne serions pas surpris qu’il y eùl aussi dans les planaires une fécondation solitaire comme dans le groupe précédent, d’autant plus que, d’après O. Sclunidl et Scliullze, il existe un organe spécial pour la formation du vitellus et des vésicules germinatives (lig. 204).

Fig. 204. — Appareil sexuel idéal de planaire.

a Tcuticulc. — 4. Canal déférent. — c. Vésicule séminale. — il. Pénis. — i. Ovaire. — f. Oviduete. — g. Vaçin. — A. Orifice.

Les planaires d’eau douce n’ont, en général, qu’un pore génital, tandis que les planaires marines en ont deux, un, mâle, devant et l’autre, femelle, derrière.

hchinodemies. — Tous les échinodertnes ont les sexes séparés, mais souvent on ne distingue les sexes entre eux qu’à l’aide du microscope. Le testicule et l’ovaire occupent la même place, présentent la même structure et ils ont jusqu’à la même couleur. La reproduction par gemmes n’est pas connue dans celle classe.

Al’époquedu frai, les organes génitaux acquièrent unénoruie volume et remplissent une grande partie de la cavité du corps.

Dans l’asleracanlhion rubens, l'espèce commune de nos côtes, chaque rayon loge deux grands ovaires qui consistent dans un sac plus ou moins spacieux, dont toute, la surface est couverte de lobes. Les œufs se forment sur les parois internes. Chaque

ovaire a un canal excréteur qui s’ouvre du côté du dos près de l’angle rentrant (Muller et Troschel) et qui répand son contenu par plusieurs pores. Il existe donc dix ovaires dans ces animaux, et dans chacun d’eux se développent des milliers d’œufs (fig. 205). Le testicule est conformé de la même manière et s’ouvre au même endroit. L’eau sert de véhicule pour la fécondation.

Les oursins ont cinq testicules ou cinq ovaires formés de cæcums ramifiés, qui s’ouvrent séparément dans le voisinage ou autour de l’anus.

Le testicule et l’ovaire des holothuries sont formés de cæcums très-longs, fort nombreux et flottant dans la cavité du corps; il n’y a qu’un seul canal excréteur qui est situé entre les tentacules buccaux (fig. 20(i).

Polypes. — Les polypes et acalèphes ne forment qu’une seule classe. Ils offrent les trois modes de reproduction : par scission, par gemmes et par œufs. Les sexes sont en général portés sur deux individus.

Plusieurs de ces animaux n’ont été connus, jusque dans ces derniers temps, que dans le jeune âge, d’autres seulement à l’état adulte ; c’est pour ce motif que l’on n’a pas reconnu plus tôt leurs affinités. On connaissait les individus agames dans les polypes, et les individus sexués dans les acalèphes; il manquait une forme dans l’un et l’autre groupe.

Dans quelques classes, les individus sans sexes ou à sexes sont semblables ; ici ils diffèrent souvent les uns des autres sous

Fig. 205. — Ovaire d’astérie (asteraconlhion rubens).

APPAREIL GÉNÉRATEUR. 20A

lous les rii|i|>orts, parce qu'ils vivent dans des conditions différenles.

Ou remarque mie analogie frappante entre ces animaux cl les

Fig. «106. — Testicule d'hololhuria lubrrlo*;».

plantes. On voit sortir de la graine végétale un individu sans sexe, sous la forme d’un bourgeon; celui-ci produit un autre bourgeon et ce second produit une troisième génération sous la même forme; un arbre est formé ainsi d’un nombre considérable d’individus qui vivent agrégés. Mais après un certain nombre de générations agames, d’autres boulons apparaissent et deviennent des fleurs ou des bourgeons A sexes. La fleur, en effet, produit toujours une semence et le germe femelle est toujours fécondé par un germe mâle. Il y a donc ainsi alternativement des individus sans sexes sons une telle forme, et d’autres individus à sexes sous une autre forme, et l’espèce se compose d’individus différents.

C'est exactement le cas de plusieurs polypes, les campanulaires, les tubulaires, etc.

Il sort de l'œuf des individus polypes sans sexes, qui produisent des bourgeons, d'où sortent plusieurs autres générations de bourgeons formant ensemble une colonie de polypes, comme il se forme dans le règne végétal un arbre. Quand cette colonie a

atteint un certain développement, il pousse des bourgeons différents, d’où sortiront des individus qui n’ont presque pas de rapports par la forme avec les générations précédentes. Ce sont les bourgeons floraux, et ce nouvel animal, comme la fleur, porte un sexe dans ses flancs et produit des œufs. Nous n’avons donc pas la moindre différence à signaler entre ces phénomènes des deux règnes. Il y a plus : les organes floraux ne sont pas indispensables pour la production de la graine, l’essentiel c’est l’étamine et le pistil ; le calice, la corolle et les autres parties peuvent manquer sans porter aucune perturbation dans l’accomplissement de ce grand acte. Eli bien! dans ces mêmes polypes, le même phénomène se reproduit. L’enveloppe animale et la gaine vivante peuvent disparaître, pourvu que les œufs et les spermatozoïdes arrivent à terme, pourvu que la conservation de l’espèce soit assurée. Peu importe si le mâle ou la femelle deviennent adultes, s’ils s’affublent de leur robe de noces ou non; quand l’œuf est fécondé et quand il est mis à même de se développer, le but est rempli.

Nous avons, dans celte classe, des animaux réduits à l’état de testicule ou d’ovaire.

Les béroés ont en dedans et le long des côtes un testicule dans les mâles, un ovaire dans les femelles; ces organes s’ouvrent en avant. L’un et l’autre a la forme simple d’un sac.

Les méduses ou du moins la médusa aurita est gemmipare dans le jeune âge, scissipare à un âge plus avancé et ovipare à l’état adulte. Les sexes sont séparés. Les tesliculeset les ovaires ont le même aspect et sont logés tout autour de la grande cavité • digestive dans laquelle pénètre l’eau. L'un et l’aulre se répand par déhiscence.

Fig. 207. — Cyteis donnant des bourgeons.

APPAREIL GÉNÉRATEUR

D’aulres méduses (eyteis), sous leur forme adulte, produisent des bourgeons à la base de la lige centrale, et les embryons deviennent directement méduses sans passer par la phase polypiaire (lig. 207).

Les campanulaires et les tubulaires sont gemmiparcs d’abord, et ovipares plus tard sous leur forme adulte. Les sexes sont séparés. L’appareil de génération est disposé comme dans la médusa aurita.

Les actinies ou anémones de mer ont les sexes séparés et ne sont qu’ovipares (fig. 208).

Les organes sexuels onl la forme de rubans situés en dessous ou en dehors de l’estomac ; les

. . ’ eij. *08 — Actinie.

œufs tombent dans la cavité commune cl sont n

°. Ur^ane*

évacués par la bouche. Les deux organes mâle sexuels.— *. E»et femelle sont conformés de la même manière. lomac Les hydres donnent naissance à des bourgeons mobiles et

porlenl les deux sexes sur le même individu. Toutefois, d’après notre interprétalion, Vovisac comme le spermisac sont deux individus distincts, mais qui sont arrêtés dans leur développement. Ils sont réduitsl’un et l'autre à l’étal de gaine.

C’est la fleur réduite à l'état d'étamine ou de pistil.

D’après quelques observations, des colonies entières de polypes appartiendraient à l’un ou à l’autre sexe; tous les individus seraient exclusivement mâles ou femelles. C’est ce que Fig.*o». - sortuiari» cuprcMoïrff j fcmtiic. gr(j| a observé dans le ve-

retillum cynomorium et l’alcynnium ; Krolin dit l'avoir remarqué

dans les sertulairos. Ce serait la monœcie de Linné dans le règne animal (fig. 209).

Ni les organes sexuels ni le mode de reproduction ne sont bien connus dans les rliizopodes.

Infusoires. — Les animaux appartenant véritablement à cette classe n’ont pas d’organes sexuels; du moins jusqu’à présent on ne les connaît pas. Leur reproduction a lieu généralement par scission et quelquefois par gemmes (fig. 210).

Celte scission est souvent très-simple:

l’animal se divise spontanément en plusieurs parties, quelquefois il se désagrège, il se décompose physiquement, mais bientôt on aperçoit que la vie continue dans chaque fragment et que chaque particule qui s’est détachée affecte bientôt la forme de l’individu dont Fîg. 210. Loxodet bursario. e||e est provenue. Ce moyen de re- “• Vésicules contractiles, production est extraordinairement ra-

— o. Embryon qui estsur ., le point de se détacher. p IG G .

Outre cette reproduction par division, qui paraît avoir lieu régulièrement pendant plusieurs générations, on a vu des infusoires donner naissance à de jeunes infusoires d’une autre forme et décrits sous d’autres noms; on en voit un exemple dans les vorlieelles; celte reproduction, qu’elle ail lieu par gemmes ou par spores, représente le mode de reproduction ordinaire, commun à plusieurs classes des rangs inférieurs.

Il paraît que la multiplication par division s’épuise au bout de quelques générations et qu’il faut alors une nouvelle souche provenant d’un bourgeon ou d’un spore.

Page 1