APPAREIL ELECTRIQUE
Cet appareil établit des rapports entre l’animal qui le porte et le monde extérieur, c’est pourquoi nous en parlons ici après les organes des sens.
Quelques animaux dégagent l’électricité et portent ù cet effet un appareil spécial souvent assez volumineux; d’autres dégagent de la lumière pour éclairer le milieu dans lequel ils vivent.
Jusqu’il présent les poissons sont les seuls animaux chez lesquels on a trouvé un appareil électrique, et ceux qui portent ces singuliers organes appartiennent à des ordres divers.
Ces organes n’ont ni le même volume, ni la même structure; ils n’occupent pas la même région du corps, et s’ils sont toujours riches en nerfs et en vaisseaux, ils tirent leurs nerfs comme leurs vaisseaux d’une source différente. Les uns en effet reçoivent leurs nerfs directement du cerveau (torpille), les autres de la moelle (gymnote).
On a trouvé cet appareil chez les poissons suivants : torpille, narciue, gymnote, mormyre, gymnarche et malapterure. Dans la queue des raies on a observé un organe particulier construit comme l’appareil électrique, mais que l’on n’a pas vu
APPAREILS DES SENS
dégager de fluide électrique, malgré les essais que l’on a tentés.
Chez les torpilles (tig. 310), on voit deux organes sur le côté de la tète, entre les parois du crâne et les membres antérieurs, immédiatement en dessous de la peau; ils sont formés d’autant de colonnes verticales qu’on voit de ligures polygones à la surface. Chaque colonne est composée de nombreux diaphragmes membraneux qui séparent l’intérieur en un grand nombre de cavités closes ou de chambres, remplies d’un liquide gélatineux ou albumineux. Les fibres qui composent ces colonnes et ces cloisons tiennent beaucoup du tissu élastique.
Quatre troncs nerveux se rendent dans chacun de ces organes; le premier liait de la troisième branche du nerl trijumeau, les trois autres proviennent des nerfs branchiaux du pneumogastrique.
Ces nerfs vont se répandre avec les vaisseaux entre les parois des cloisons et l’épithélium qui les recouvre, au milieu d’une substance transparente.
Les gymnotes électriques ont quatre organes électriques placés dans la queue au-dessus de la nageoire anale, dont les supérieurs sont plus grands que les autres qui sont placés en dessous. Les colonnes sont disposées horizontalement, et les nerfs, au nombre de plus de deux cents, proviennent des nerfs spinaux.
Les phénomènes physico-physiologiques de cet appareil si singulier ont été étudiés avec le plus grand soin par Malteucci, mais il est bien loin d’èlre suffisamment connu dans tout ce qu'il offre d’important.
Fig. 3it). — Torpille montrant en-dessus les deux organes électriques et les nerfs qui partent du cerveau pour s'y rendre.
POSTFACE
Nous avons promis dans l’introduction (page 7) de donner, dans une note, quelques explications sur la distribution des animaux en trois embranchements et de faire connaître les modifications que nous proposons d’introduire dans l’arrangement de quelques classes. Nous publions ici cette note et nous la faisons suivre de divers tableaux qui ont pour objet la répartition des groupes principaux dans chacune des classes du règne animal.
Nous profiterons en même temps de cette occasion pour faire connaître les principaux ouvrages dans lesquels nous avons pris un certain nombre de figures, qui sont intercalées dans le texte. Nous avons pensé qu’il serait non-seulement inutile de donner toutes figures originales dans un ouvrage comme celui-ci, mais que souvent même on ne réussirait pas à en donner de meilleures que celles qui existent.
Ces ouvrages sont : Cuvier, Histoire naturelle des poissons; M Une Edwards, Éléments de zoologie; Carus, Erlauterungstafeln, Owen, Todd’s Cyclopedia, de Quatrefages, Gervais, Blanchard, Dugès , Kolliker , Eschricht , Vrolik, Brandi, Busconi, Newport, Wagner, Tréviranus, V. Siebold, Schlegel, etc., divers mémoires.
POSTFACE
Il est inutile, pensons-nous, d’y ajouter que nous n’entendons aucunement nous attribuer toutes les descriptions que renferme le texte. Nous avons puisé la plupart des faits dans les mêmes ouvrages et nous les avons coordonnés d’après le plan que nous avons fait connaître dans l’introduction.
Nous avons évité autant que possible les citations; il serait inutile et fastidieux, dans un ouvrage élémentaire, de faire à chaque auteur la part qui lui revient dans les découvertes. La nature de cet ouvrage demandait avant tout une exposition simple et précise des faits qui sont entrés définitivement dans la science; si, dans quelques cas, nous avons cru devoir nous écarter de cette règle, en citant des noms propres, c’est que nous avons voulu laisser aux auteurs l’honneur de la découverte ou la responsabilité des faits.
En parlant de la reproduction dans les dernières classes du règne animal, nous avons employé des expressions dont la rigoureuse exactitude pourrait être contestée. Ainsi, en faisant mention des polypes, nous avons dit que la médusa aurila estgemmiparedansle jeune âge, scissipareà un âge plus avancé (nous aurions dû dire également gemmipare) et ovipare à l’étal adulte. Cela est vrai, en prenant les générations qui se succèdent, depuis la sortie de l’œuf jusqu’au développement des organes sexuels, pour des générations qui changent avec l’âge; la médusa aurita est ovipare, non pas quand l'individu a atteint son dernier terme de développement, mais quand les générations qui sont sorties d’un œuf sont arrivées à ce terme. Dans ces animaux, ce n’est pas l’individu qui se métamorphose, ce sont les générations; ce n’est pas la chenille qui se change en papillon, c’est une colonie de polypes, sortie d’un seul œuf, composée de plusieurs générations engendrées par gemmes, et dont les dernières seules portent des œufs. C’est comme si une chenille produisait plusieurs générations de bourgeons et que les individus, nés par bourgeons, pussent seuls devenir papillons; une génération de chenilles dans celte supposition serait suivie d'une génération de papillons; la chenille elle-même ne se transformerait pas en papillon, et celui-ci à son tour ne passerait pas par l’àge ou la forme de la chenille. La chenille est morte agame
POSTFACE
ô li
avant que les ailes et les organes sexuels ne soient développés.
La première génération, après la sortie de l’œuf, meurt avant d’avoir pris la forme adulte, mais avant de mourir elle a produit, par voie gemmipare, une autre génération. Celle-ci commence son évolution moins bas que la première; en naissant, elle a presque la forme que l’autre avait en mourant et cette seconde génération devient adulte et sexuée. On peut donc dire que les individus de la première génération représentent le jeune âge et que les autres représentent l’àge adulte.
Les animaux qui présentent ce phénomène d’une double reproduction par gemmes et par œufs, agame et sexuée, nous les appelons digénèses.
Quand il existe une succession de générations formées d’individus de forme différente, nous disons qu’il y a digénèse avec hétérogonie, comme c’est le cas dans la méduse citée plus haut.
Quand, au contraire, des générations se succèdent par œufs et par gemmes et que les individus sont tous semblables, nous disons qu’il y a digénèse avec homogonie.
La digénèse avec hétérogonie correspond à la génération alternante.
On peut encore établir ensuite la digénèse hétérogone complète et incomplète. Quand elle est complète, les générations parcourent entièrement leurs métamorphoses; les individus sexués prennent leur robe de noces; c’est la méduse qui a été engendrée par le polype, comme dans plusieurs campanulaires. La digénèse hétérogone est au contraire incomplète, quand la robe de noces avorte et que l’animal est réduit à un sac qui porte les œufs ou les spermatozoïdes. Les sertulaircs en général nous en fournissent un exemple.
Les individus de la première génération ou agames, nous les avons appelés scolex ou proscolex dans la classe des vers, et on pourrait étendre ce mol aux autres classes ; par proglollis, nous désignons les individus adultes et complets qui portent les organes sexuels. Ainsi les individus qui forment les générations entre deux reproductions sexuelles etqui sontagames, portent, suivant la génération, le nom de scolex, de proscolex ou de deutoscolex.
POSTFACE
Les classes de l'embranchement des vertébrés ou des liypocolylédones et des épicolylédones sont les mêmes que celles qui sont généralement admises; l'embranchement des alloeotxlédones demande quelques mots d'explication.
Nous réunissons dans un seul groupe les mollusques et les radiaires de Cuvier, auquel nous ajoutons encore les vers et les annélides, que plusieurs zoologistes placent dans le second embranchement.
On observe, il est vrai, quelques animaux qui établissent le passage entre les annélides cl les articulés; les vers à sang rouge ont une chaîne nerveuse ganglionnaire semblables à celle des articulés, mais l'embryogénie fournit des caractères qui doivent primer les autres et qui en font un allocotylédone. Du reste, n’y a-t-il pas de vrais articulés dont les cordons de la chaîne ganglionnaire se séparent?
La classe des mollusques comprend cinq ordres : les céphalopodes, les gastéropodes, les acéphales, les luniciers et les bryozoaires. Les ptéropodes de Cuvier doivent prendre place parmi les gastéropodes, cl plusieurs d’entre eux, conservant les caractères de l'âge embryonnaire, doivent se trouver à la queue des gastéropodes.
Dans les deux derniers ordres, on peut reconnaître une génération préparatoire (scolex), dans le têtard des luniciers et dans la larve ciliée des bryozoaires.
Les vers forment une classe très-riche qui comprend tous les animaux que le vulgaire désigne sous ce nom. Les ordres principaux sont à peu près les mêmes que ceux qui sont généralement admis, mais ils sont autrement groupés; celte classe renferme deux groupes parallèles dont l’un est dioîquc et 1 autre monoïque. La première idée de celle répartition appartient à M. de Qualrcfages.
La classe des échinodermcs comprend les divisions qui sont généralement admises.
Par contre, la classe des polypes est complètement bouleversée; d’abord les bryozoaires en ont été définitivement retirés pour prendre place parmi les mollusques, puis I embryogénie nous a montré que les polypes cl les acalèphes sont beaucoup
5ÔG
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plus voisins les uns des autres qu’on ne le croyait; le même animal est polype à telle génération et acalèphe à telle autre. De quelques-uns de ces animaux, on n’a connu pendant longtemps que les dernières générations; d’autres, on n’a connu que les générations préparatoires; et d’un grand nombre, on ignorait et le développement et l’organisation. Un remaniement général de ces animaux est devenu nécessaire; il y a encore bien des desiderata, mais nous n’hésitons pas à réunir dans une seule et même classe les acalèphes et les polypes de Cuvier.
Les trois premiers groupes cténophorides, siphonophorides et discophorides sont les mêmes que ceux qui sont généralement admis, avec cette différence seulement, que nous avons ajouté à ce dernier les campanulaires et les tubulaires qui ne peuvent plus en être séparés.
Les siphonophorides constituent un groupe extrêmement naturel ; tous ces animaux vivent en communauté et constituent des colonies vivantes, dans lesquelles on reconnaît les scolex (vessie flottante), les strobila et les progloltis; ces derniers ont la forme de méduse. La division du travail est poussée jusque dans ses dernières limites. Les diverses fonctions sont remplies par des individus d’une forme propre. C’est ici que la digénèse hétérogone est le plus développée; on voit des individus mangeurs, nageurs, propagateurs, etc., etc.
Les hydres et les serlulaires forment aussi un groupe distinct, quoiqu’il y ait entre eux cette différence fondamentale, que les hydres ont les bras rétractiles et une cavité digestive qui s’étend jusqu’au bout de ces appendices. Us ont de commun entre eux qu’ils sont digénèses incomplets par arrêt de développement.
La dernière division ou les anlhophorides forment un groupe également très-naturel. Ces polypes sont digénèses incomplets, non par arrêt de développement, comme les précédents, mais à la manière des bryozoaires dont les diverses générations sont semblables, qu’elles proviennent d’un œuf ou d’un bourgeon. Ces polypes sont gemmipares, vivent en colonies fixes ou flottantes, ont des parois digestives distinctes et des tentacules creux en communication avec la cavité périgastrique. Les œufs
POSTFACE
se développent toujours dans l’intérieur même du corps le long de cloisons membraneuses.
La classe des rhizopodes ou foraminifères a pour noyau les prétendus céphalopodes microscopiques dont M. Dujardin nous a révélé le premier la simplicité de structure, auxquels viennent se joindre les noctiluques, les dilllugies et selon toute probabilité les grégarines. Ces derniers organismes, si problématiques jusque dans ces derniers temps, projettent des filaments dans le jeune âge et ne prennent une surface unie que dans l’àge adulte, d’après les observations de M. Lieberkiibn.
Enfin la dernière classe, celle des infusoires correspond aux infusoires polygastriques d'Ehrenberg; les rotateurs ont pris place parmi les vers et les nombreux végétaux que l’on y avait placés en sont également retirés.
REGNE ANIMAL
Car. Les animaux sont des êtres organisés qui se meuvent spontanément.
Règne animal ; le vilellus rentre
par le ventre.
Vertébrés, ou mieux hypocotylédones.
par le dos,
Articulés, ou mieux êpicotylèeloncs.
ni par le ventre, ni par le dos.
Mollusco-radiaires, ou mieux allocotylédones.
! Mammifères.
| Oiseaux.
\ Reptiles, f Batraciens.
^ Poissons.
(Insectes.
Arachnides.
Crustacés, v Myriapodes.
/ Mollusques.
I Vers.
' Echinodermes.
1 Polypes.
' Uhizopodes.
' Infusoires.
niiirmn i:n mt \ !vrm: si i;m.
LES ItyPOCOTVtÉDONES.
Car. Animaux dont le vilellus moelle épinière.
ÎA allantoïde et amnios; la température du corps est
sans allantoïde et sans amnios
rentre par le ventre et qui ont une
5 mamelles et J
poils. Mammifères, sans mamelles et
J plumes. Oiseaux,
variable selon le milieu. Reptiles.
A poumons. Batraciens,
sans poumons. Poissons.
■ constante;
Oiseaux à doigts
RÈGNE ANIMAL
Gl-ASSE I. — MAMMIFÈRES.
Car. Des mamelles; le corps couvert de poils.
/ Primates (qua- I druuiaues).
/ eu disque. ' Chéiroptères.
^ ) Insectivores.
Mammifères
Monodelplics ou v.vipa- en zolie res; placenta
\ diffus.
Rongeurs.
Carnassiers.
Edentés.
^ Proboscidiens.
-, Ongulés.
I Sirénoïde».
. Cétacés.
I Didelphcs ou embryopares isans pla- Didclpbes.
centa).
Ornilhodelpbes ou pulcinipares. Monotrémes.