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ESTOMACS

L’estomac est toujours membraneux; le plus simple parmi les mammifères est celui des carnassiers aquatiques ou des phoques (figure 23). Il ne consiste que dans un léger renflement du tube digestif.

On peut dire en général que, plus l’animal est carnassier, plus l’estomac est simple. Cet organe présente souvent une échancrure plus ou moins profonde qui le divise en deux parties (divers rongeurs, fig. 24); l’estomac est boursouflé chez quelques quadrumanes, par la présence de bandes longitudinales trop courtes; il en résulte que sa cavité est di-

Fig. 23. — Estomac do phoque.

Fig. 2i — Esloinnc de liatnctrr

visée quelquefois en trois compartiments (semnopilhèque et co-

APPAREIL DIGESTIF

lobe) (fig. 23). Dans les cétacés sotillleurs il est divisé en trois

poches qui se suivent et qui sont nettement séparées les unes des au-

*■ 'g- 26. Estomac dr monaiu* amiriranui.

pig Ut,UÎ> œ lamenim, l’estomac pi

Mg. — fcslomac du (lotir. . j , J *

sente deux poches en forme dccœcti (fig. 26); mais c’est dans les ruminants que cet organe acquit

tig. *7 . — - Ksiomac de mouton.

son plus grand développement (lîg. 27). Il se compose de quatre

cavités : la panse, le bonnet, le feuillet et la caillette. La première esta elle seule plus grande que toutes les autres : elle est toujours remplie d’herbes. Le bonnet est situé au-dessus de la panse; il est arrondi et porte dans son intérieur des replis en forme d’alvéoles. Le feuillet se trouve au bout du bonnet et présente dans son intérieur des plis longitudinaux comme les feuillets d’un livre. Enfin la quatrième renferme la substance qu’on emploie pour faire cailler le lait. Entre l’œsophage et le feuillet il existe une gouttière formée par deux lèvres très-mobiles, la gouttière œsophagienne; ces lèvres en s’écartant forment une rainure et, en rapprochant leurs bords libres, constituent un tube, qui conduit, après la seconde mastication, l’aliment de l’œsophage directement dans le feuillet; on a observé aussi cette gouttière œsophagienne chez l’arvicola amphibius, le mulot, le Icmming et d’autres mammifères.

Les chameaux, les lamas et le chevrotain de Java n’ont que trois cavités dans leur estomac.

On sait que les mammifères qui ruminent, mâchent leurs aliments à deux reprises différentes. Les herbes^ grossièrement divisées, passent d’abord de l’œsophage dans la panse, où elles séjournent jusqu’à ce que l’animal ait fait sa provision; elles reviennent ensuite à la bouche, et c’est alors que commence la rumination. Celle-ci achevée, les herbes arrivent parfaitement triturées au bout de l’œsophage, pénètrent dans la gouttière dont nous avons parlé plus haut, et passent cette fois-ci directement dans le feuillet.

Dans la partie la plus déclive de la panse des chameaux, il existe de grands alvéoles qui font l'office de réservoirs dans lesquels ces animaux conservent leur provision d’eau. On sait que les chameaux, appelés avec raison les vaisseaux du désert, sont surtout précieux à cause de leur grande sobriété pendant leurs longs voyages dans les déserts.

Chez les cétacés souffleurs, l’estomac est formé de trois cavités qui se succède. L’estomac des bradypes se rapproche par sa forme de celui des ruminants.

Plusieurs mammifères ont, dans l’épaisseur même des parois de l’estomac, un amas de glandules prenant quelquefois

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In l'orme d'une grappe de raisin (castor, etc.). Chez le loir, ces glandules sont réunies, comme chez les oiseaux, nu devant de l’estomac et forment une sorte de ventricule succcnturié.

Intestins. — Dans tous les mammifères il existe entre l’estomac et l’intestin un bourrelet circulaire, connu sous le nom de pylore. Les intestins sont généralement divisés en deux portions; la présence d’un cæcum et d'une valvule sert de ligne de démarcation. La première portion est plus grêle et porte le nom d’intestin grêle; la seconde, beaucoup plus large, est nommée gros intestin.

La surface interne de l’intestin grêle est quelquefois augmentée par des replis transverses ou bien par des replis longitudinaux; chez quelques mammifères (divers cétacés) on voit en

Fig. ïb. — Caecum de lagomys puMllus.

u (iranri cæcum. — b Appendice vermiforme. — c Petit cæcum.

même temps les uns et les autres; dans certains cas ces replis forment des alvéoles.

La longueur de ce viscère est très-variable; il a trois à quatre fois la longueur du corps chez quelques chauves-souris et de

vingt à vingt-huit fois cette longueur dans quelques ruminants, le mouton, par exemple. Les frugivores, comme les singes, ont,

Fig. l2‘J. — Cæcum de hamster»

Fig. 50. — Cæcum de daman.

ainsi que l’homme, un intestin de six à sept fois la longueur du corps. L’intestin n’offre aucune trace de division, dans les

martes et les putois, les cétacés et les loirs. Le cæcum et

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la valvule iléo-cœcale manquent dans ce cas. Le développement du cæcum est aussi en rapport avec le régime ; celui des lièvres et des lapins est le plus volumineux; il a jusqu’à septfois la capacité de l’estomac et montre une valvule spirale dans son intérieur.

On a remarqué une sorte d'antagonisme entre l’estomac et le cæcum , par exemple : les cétacés et les bradypes ont un estomac compliqué et point de cæcum, beaucoup de rongeurs ont un cæcum énorme et un petit estomac.

Le cæcum est petit chez les carnassiers. L’appendice vermiforme qui termine cet organe dans l'homme ne s'observe que dans l’orang-outang et les gibbons.

La surface interne des intestins est souvent couverte de villosités ou de papilles de forme très-variable. C'est dans le rhinocéros qu’elles sont le plus développées. Ces villosités renferment un réseau vasculaire qui plonge dans le chyle et absorbe le principal produit de la digestion.

L’anus s’ouvre à la hase de la queue, et sauf les monotrèmes. il est toujours situé en arrière et au-dessus de l’ouverture de l’appareil génito-urinaire. Chez les monotrèmes seuls il s’ouvre dans un cloaque comme chez les oiseaux.

En général, l’anus est entouré d’une ou de plusieurs glandes,

souvent assez volumineuses ; elles sécrètent une huile ou une graisse dont l’odeur varie dans chaque espèce ; ce sont les glandes anales (lig. ô2).

Rectum

Chez les mouffettes, la fétidité de ce produit est si grande, qu’elle sert à leur défense.

Chez tous les mammifères, les intestins sont maintenus en place par le péritoine, qui se comporte partout de la même manière envers les viscères abdominaux. Les épiploons sont très -étendus et fortement chargés dégraissé chez les mammifères hibernants, comme le blaireau, la marmotte, les loirs, etc.

Cette graisse abonde surtout en automne avant que l’animal ne tombe dans son sommeil léthargique; elle lui sert de combustible pendant la durée de son sommeil et a complètement disparu à l’époque où il se réveille.

Glandes de Peyer. — Les plaques de l’intestin connues sous le nom de glandes de Peyer se trouvent dans les divers ordres des mammifères; elles sont toujours situées vers la fin de l'intestin grêle. Dans les singes, Bœhm en compte de six à seize. Elles diffèrent peu de celles de l’homme. Le cheval en a une centaine, le bœuf une trentaine dont les plus grandes ont l’étendue de la main. On peut facilement étudier ces plaques dans le mouton, chez lequel elles sont répandues comme de petites îles dans tout l’intestin grêle.

Les glandes de Brunner ne s’observent que dans le duodénum; elles sont toujours formées de plusieurs lobules en grappe de raisin ; chacune de ces glandes est pourvue d’un conduit excréteur.

OISEAUX

L’oiseau se nourrit comme le mammifère; cette classe renferme des carnivores, des frugivores, des insectivores, etc: mais l’oiseau n’emploie pas les mêmes moyens que le mammifère pour réduire sa nourriture. Tous les oiseaux sont privés de dents, et c’est dans l’intérieur même de l’estomac que les aliments sont réduits en pâte. C'est pour ce motif que l’on trouve une différence si grande entre l’estomac membraneux des mammifères et l’estomac généralement charnu et épais des oiseaux.

Les deux mâchoires sont couvertes d’un étui corné, ou le bec. à l’aide duquel certains d’entre eux font subir aux aliments une

A PPA II El L DIGESTIF.

première division. Le bec lènie dentaire, dans lequel les dents, de nature cornée, seraient fondues les unes dans les autres.

Il y a un certain rapport entre la forme du bec et la nourriture habituelle des oiseaux.

peut être considéré

comme un sys

La cavité de la bouche diffère de celle des mammifères : l°par l’absence de lèvres; 2° par l’absence de dents: au lieu d’un système dentaire, il se développe un étui corné qui recouvre les mâchoires; 3ü par l'absence de voile du palais, et 4U enfin par l’absence d’épiglotte.

La langue est généralement de forme triangulaire et souvent cornée. Elle est molle dans les perroquets et les canards; aussi c’est seulement dans ces derniers oiseaux qu’elle est le siège du sens du goût. La langue la plus remarquable, parmi les oiseaux, est celle des pics :

ils ont cet organe vermiforme et prolraclile. C’est un véritable organe de préhension ; les insectes quelle touche restent collés a la viscosité qui recouvre sa surface. Elle est barbue dans le>

toucans (lig. 31).

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