ART. VIII. — PASSAGE DU PÉDONCULE A TRAVERS LE PONT DE VAROLE
Nous rappellerons d'abord les différences qu'offrent ces régions chez l'homme et chez les divers animaux. Le pédoncule, la protubérance et les pyramides constituent chez l'homme des organes trèsvolumineux; chez le singe ils sont déjà plus petits.
En descendant dans la série des mammifères, on voit la protubérance considérablement réduite chez les carnivores; il en est de même de la pyramide antérieure qui ne forme qu'un petit cordon ; la partie postérieure de la moelle allongée au contraire (région de la calotte) prend un notable développement.
L'olive inférieure se trouve à découvert chez l'homme, sous le bord inférieur de la protubérance, à côté des pyramides ; chez la plupart des animaux elle est cachée dans l'intérieur de la moelle allongée et très-peu développée. Chez les singes supérieurs et les cétacés, le type humain se retrouve à peu près complètement (Meyiiert). Le schéma [fig. 118) montre la disposition de la face inférieure de l'isthme du cerveau avec les deux gros pédoncules cérébraux, les pyramides et les olives de chaque côté. Le schéma {fig. 119) montre la même région chez le singe papion (cynocéphale). On voit, de chaque côté des pyramides, les petites olives. Les pyramides n'émergent pas
XIB PÉDONCULES ET PHOTUBËMNCE.
comme chez l'homme du bord inférieur de ta protubérance, elles sortent de cet organe vers son tiers inférieur. Hais sous les pyramides passent encore des fibres transversales qui donnent naissance de chaque côté aux corps trapézoïdes. Les fibres les plus superficielles de la protubérance n'arrivent par conséquent pas jusqu'au bord inférieur de l'organe, et l'on s'explique de cette façon facilement pourquoi les fibres profondes sont à découvert. La moelle allongée du phoque (fig. 120) se rapproche de nouveau
Fig. 118. — Face antérieure de la ptv- Fig. 119. — Face atitérieuFe du tubérance et du bulbe de l'homme. bulbe et de la protubérance
d'un ainoe cunûcéokale.
davantage de celle de l'homme. Elle n'offre pas de corps trapézolde, mais elle ne présente pas non plus d'olive superficielle. Chez le mouton {fiff. 121) on voit le type ordinaire des mammirères, avec un corps trapézolde bien développé, et sans olive apparente. L'olive est cachée dans la profondeur sous les pyramides. C'est pour cette raison que l'on voit, chez les mammifères, cette grande région (a, /Sj. 121) nue,rendue encore plus apparente par l'éiroitesse des pyramides. Cette région appartient presque tout entière à la partie antérieure du champ moteur. Chez certains animaux (porc-épic, taupe), qui ont un très-gros trijumeau, elle a un relief tout spécial grâce k la grosse racine ascendante du trijumeau qui se <
CORPS TRAPËZOIDE. S17
d'une façon tràs-Dotte soua la forme d'un bourrelet légèrement saillant et parallèle à ta pyramide.
La présence du corps trapézoïde chez les animaux semble signifier qu'il manque, dans ce point de la protubérance, des fibres qui se trouvent chez l'homme. Meynert pense que ces fibres sont dépendantes des fibres pédonculaires qui prennent part, chez l'homme, à la constitution du pédoncule cérébelleux moyen, de sorte que le développement de la protubérance serait en raison directe de
Fig. i!0- — Face antérieure du biUbe et de la protubérance du phoque.
Fig. 131. —face aniMeure lia bulbe et de la protubérance du mouton (*).
celui des pédoncules cérébraux. L'olive, qui se trouve cachée dans la profondeur chez les animaux, se montre à la surface chez l'homme, d*abord parce qu'elle est plus développée et puis parce qu'elle est repoussée en dehors par la pyramide Irès-développée elle-même. Le peu de développement du faisceau pédonculaire qui se rend au cervelet provient donc de l'exiguïté du pédoncule cérébral ; c'est ainsi que se forme la disposition qui fait apparaître le corps trapézoïde. Les pyramides sont petites, minces et les olives trouvent place au-dessous d'elles dans la moelle allongée (!].
(1) Hais il n'en est pas moins vrai que les olives sont d'un volume très-rAduit chez les animaux ; bien plus, elles ne sont chez eux représentées en réalité que