VENTRICULES LATÉRAUX
A la face interne des hémisphères se forment maintenant diverses scissures :
1** La scissure courbe d'Arnold (ô, fig. 8 et 9) qui limite la circonvolution arquée ou margiiiale. Cette scissure courbe pénètre assez profondément de toute part dans Tintérieur de l'hémisphère, et va limiter le territoire de la corne d'Ammon.
2° La scissure occipitale [fig, 8 et 9, c) apparaît à ce même moment.
3° Le sillon de V hippocampe [g) se montre beaucoup plus tard ; le moment exact de la formation ne peut pas être précisé.
4° La scissure festonnée [sulcus calloso-marginalis ^ Huxley) {fig, 9, /) se montre à- peu près au même moment que le sillon de l'hippocampe. La circonvolution arquée se divise bientôt en deux anneaux concentriques (» et p, fig, 9). La limite entre ces. deux anneaux est formée par la ligne d'émergence du corps calleux. Aussi lorsque le corps calleux apparaît plus tard dans ce point (2, fig, 9), il n'est pas difficile de préciser ce qu'il advient des deux anneaux. Les recherches embryologiques montrent que l'anneau extérieur donne naissance au cylindre de fibres situé au-dessous de la circonvolution du corps calleux (système d'association de la troisième circonvolution primitive), ainsi qu'aux tractus situés à la face supérieure du corps calleux et connus sous le nom de nerfs de Lancisi. De l'anneau intérieur naît le trigone (1). Par suite la scissure courbe d'Arnold n'est plus représentée chez l'adulte que par la fente située entre le corps calleux et la circonvolution du corps calleux, au niveau de la ligne où l'écorce cérébrale se termine par un bord tranchant. Le sillon calloso-marginal se formant alors, la scissure occipitale et le sillon de l'hippocampe s'achevant, la division de la face interne des hémisphères en ses divers sillons est terminée dans son ensemble [fig. 9).
La surface des hémisphères reste complètement lisse jusqu'au deuxième mois. Au troisième mois se développent des sillons transitoires, que l'on considère comme des plis des hémisphères gênés dans leur accroissement. Ce n'est qu'au huitième mois que se forment les circonvolutions définitives.
(t) [Quelques lignes plus haut Tauteur dit que la scissure d'Arnold limite le territoire de la corne d'Ammon; ici il parle du trigone; c'est qu'en effet, il est bon d'en prévenir le lecteur dès maintenant, trigone et corne d'Ammon ne sont qu'une seule et même chose. On verra plus loin que les fibres blanches qui composent exclusivement le trigone chez l'homme sont en connexion avec la substance grise de la corne d'Ammon, et nous pouvons ajouter de plus que chez les carnassiers, et surtout chez les rongeurs, celte substance grise accompagne le trigone presque jusque vers les piliers antérieurs, de sorte que ces animaux présentent une immense corne d'Ammon, correspondant et à la corne d'Ammon proprement dite et au trigone du cerveau humain].
Vésicule des couches optiques (première vésicule primitive). — A la sixième semaine, la vésicule des couches optiques est fendue d'avant en arrière, de telle sorte qu'il ne reste qu'un petit pont à la partie postérieure, lequel représente la commissure postérieure. Bientôt et très-rapidement, de la paroi inférieure et latérale part un bourgeon qui forme déjà à la septième semaine une double saillie. Ces deux saillies sont rapprochées Tune de l'autre et se voient fort distinctement en écartant un peu les hémisphères. Dans la septième semaine on peut voir la glande pinéale (Schmidt) et dans la dixième les deux corps genouillés. Nous avons donné plus haut les explications nécessaires sur la prétendue division de la vésicule des couches optiques.
Corps strié. —7 On n'est pas encore fixé complètement sur la question de savoir si le corps strié provient de la vésicule des hémisphères ou de celle des couches optiques. La plupart des auteurs (Schmidt, Kôlliker) s'accordent à lui faire prendre son origine dans un épaississement de la partie inférieure de la vésicule des hémisphères. On remarque en effet dans ce point, vers la septième ou huitième semaine, une proéminence allongée située au-devant de la couche optique^ et s'étendant par son extrémité postérieure sur le côté de cet organe. Petit à petit cette proéminence aquiert sa forme définitive : elle s'amincit à sa partie postérieure, se porte vers le bas par son extrémité antérieure renflée (tète du noyau intraventriculaire du corps strié), et prend une forme courbée en spirale en rapport avec celle des hémisphères entièrement développés. Il est probable qu'en même temps se forme le noyau extra-ventriculaire ou lenticulaire qui a des rapports anatomiques et physiologiques si étroits avec le corps strié (1). Schmidt dit qu'il a pu l'extraire de sa capsule au quatrième mois.
Il faut, en outre, se rappelenque d'après Schmidt, au milieu du troisième mois, la tête du corps strié est divisée en deux lobes qui se portent en avant, séparés par une large fente. De ces deux lobes l'interne disparaît complètement, l'externe se transforme petit à petit et devient en définitive la tête du corps strié. Dans l'intervalle des deux parties passent les piliers antérieurs du trigone. Enfin, il est une observation de Schmidt très-remarquable, à savoir que la plus
(1) [II ne faut pas oublier que les auteurs allemands réservent spécialement le nom de corps strié au noyau intrnven&iculaire ou 7ioyau caudé du corps strié , et qu'ils désignent le noyau extraventriculaire sous le nom de noyau lenticulaire. Quand Huguenin parle du corps strié, il entend donc uniquement le noyau intraventriculaire].