I. — Noyau de foculo-moteur commun et du pathétique
Celte colonne de cellules forme un amas compact de chaque côté du raphé, sous l'aqueduc de'Sylvius ; la partie moyenne de la colonne correspond environ au bord inférieur du tubercule quadrijumeau supérieur. Ce noyau renferme de grosses cellules multipolaires dont la forme est celle des cellules motrices ordinaires; elles ont de 30 à 60 fx de longueur sur 20-25 f* de largeur. Leurs prolongements offrent des subdivisions très-évidentes, et elles ont manifestement un prolongement cylindre-axe dans le sens de Deiters. Personne n'a démontré encore la structure fibrillaire du protoplasma de ces cellules ; on n'a pas non plus prouvé encore, avec certitude, l'union des fibres à moelle périphériques de roculo-moleur avec les prolongements cylindre-axe. Le noyau reçoit en haut deux sortes de fibres : a) des fibres du pédoncule cérébral qui se rendent dans le raphé, et s'entre'Croissent{(\g. 107). Ces fibres proviennent du noyau lenliculdiire {Linsenkemschlmge^ anse pédonculaire^ fig. 89). Ce sont les fibres qui conduisent les excitations volontaires venant de Técorce cérébrale ; — b) les fibres radiées signalées plus haut qui viennent des tubercules quadrijnmeaux supérieurs. Cette voie réflexe est la seule qui soit connue parmi toutes celles dont on doit admettre l'existence.
Comme ce noyau envoie aussi vers le bas (en arrière) des faisceaux qui forment les racines du nerf pathétique (1), il est clair que le noyau émet beaucoup plus de fibres en bas qu'il n'en reçoit en haut. De plus les faisceaux qui appartiennent au système de projection du troisième ordre sont beaucoup plus épais que ceux du système de projection du deuxième ordre.
Il se ferait donc dans l'intérieur du noyau une multiplication et un changement de nature des fibres. Ce dernier point est certain, le premier peut être mis en doute par la raison que nous ne connaissons bien certainement encore qu'une faible partie des fibres réflexes qui
(1) Nous avons dit précédemment (p. 173, en note) que le noyau du pathétique est en réalité distinct de celui du moteur oculaire commun. Dans un récent travail sur cette région de l'isthme de Tencéphale, Aug. Forel signale ce môme fait et le confirme d'une manière très-explicite {Untersuchungen ûber die Haubenregion, Arch. f. Psychiatrie, t. VII, 1878, p. 440).
gagnent le noyau. Nous ferons encore une fois remarquer ici que le nerf pathétique s'entre-croise avec son congénère du côté opposé avant sa sortie de la valvule de Vieussens , ce que ne fait aucun autre nerf encéphalique, sans en excepter le nerf oculo-moteur. Nous avons déjà dit plus haut quelles conclusions on pourrait tirer de cette disposition.
Quelle voie suivent les fibres qui unissent ce noyau au noyau lenticulaire, lorsqu'elles ont atteint ce dernier ? Les faits pathologiques peuvent seuls répondre provisoirement à celte question, et ces faits mêmes sont encore fort peu nombreux. Nous en citerons quelquesuns, quand nous nous occuperons des troubles de la motilité dans cette région.
IL — Noyau d'origine du trijumeau.
Nous avons donné, page 186, une courte description des fibres qui concourent à former le tronc du trijumeau. Avec Meynert nous avons divisé ses racines en racines qui descendent de haut en bas dans le tronc sensible du nerf (racines supérieures), en racines qui montent de bas en haut (racines inférieures ou bulbaires), et enfin en racines qui naissent au niveau même deTémergence. A ces racines s'ajoute la racine motrice qui vient également d'en haut.
Cette racine motrice naît d'un gros noyau arrondi situé dans le champ moteur de la calotte [fig. 110). Voyez à la page 186 pour ce ce qui concerne ces connexions. Ce noyau se compose entièrement de cellules multipolaires ayant jusqu'à 70 f^ de long sur 40 \t. de large ; elles offrent un noyau arrondi et des prolongements à nombreuses subdivisions.
On n'a pas encore constaté pour ces cellules ni prolongements cylindre-axe, ni structure fibrillaire du protoplasma ; cependant nous n'avons aucune raison de ne pas admettre ces dispositions. — Nous ne pouvons rien dire des rapports qu'ont les fibres que le noyau reçoit par en bas avec celles qu'il reçoit par en haut. Pour la forme et la grosseur des cellules, ce noyau se révèle à nous comme un noyau moteur par excellence.
A. — Les racines descendantes (racines supérieures) qui vont çejoindre le tronc sensible du trijumeau proviennent de difiFérents noyaux.
a) Autour de l'aqueduc de Sylvius, depuis la région du tubercule quadrijumeau supérieur jusqu'auprès du point d'émergence dutriju-