TRIJUMEAU
meau, se trouvent de petits amas de grosses cellules* vésiculeuses à noyaux arrondis et n'offrant que de rares prolongements difficiles à suivre. Ces cellules formeraient un très-gros noyau si elles n'étaient pas disséminées sur un long espace : leurs dimensions sont de 70 fx de long sur 60 f* de large.
Ces cellules offrent une ressemblance frappante avec celles des ganglions de Gasser, des ganglions spinaux, et celles du noyau antérieur de l'acoustique (/îy. 115, I.) Dans ce dernier noyau, on peut poursuivre un nerf auquel Claude Bernard a reconnu des fonctions vaso-motrices (le nerf intermédiaire de Wrisberg). Il serait peutêtre admissible que dans l'un comme dans l'autre de ces noyaux nous ayons affaire à des cellules vaso-motrices ?
La structure de ces grosses cellules rondes ne révèle jusqu'ici rien de bien spécial. Elles ont un protoplasma sans enveloppe ; elles sont totalement dépourvues de la membrane conjonctive que présentent les cellules du ganglion de Gasser ; — elles ont un gros noyau arrondi avec un ou plusieurs nucléoles. Il n'a pas encore été démontré j usqu'ici que les fibres du trijumeau émanent réellement de ces cellules; on voit bien les cellules entourées de fibres et la racine du trijumeau devenir déplus en plus épaisses au fur et à mesure que l'on a dépassé un nombre plus grand de cellules ; mais on n'a pas encore reconnu la façon dont les fibres périphériques naissent des prolongements.
b. Les cellules de la substantia ferruginea [fig. 1 1 1 , jo). Ces cellules, renfermant un pigment brun et noir, se trouvent disséminées sur un long espace. Le plancher du quatrième ventricule, dans le locus cœruleus^ en est complètement rempli et elles se répandent en outre sous forme de petits amas dans les parois latérales du ventricule et jusque dans le toit sous la forme de cellules isolées. Avec l'âge, les cellules se remplissent de plus en plus d'un pigment qui manque presque totalement chez les jeunes sujets. Elles n'offrent pas de prolongement cylindre-axe caractéristique, et ne paraissent pas avoir la structure fibrillaire. Leurs dimensions sont de 70 fx de long sur 20 à 30 fx de large. Leurs prolongements se subdivisent d'unie façon très-complexe. Meynert seul a réussi à voir les connexions de ces cellules avec les fibres du trijumeau ; celte démonstration est dans tous les cas des plus difficiles.
Il est impossible de donner la signification physiologique de ces cellules pigmentées, pas plus ici que dans la substance de Soemmering. Nous ne pouvons faire même aucune hypothèse comme pour les cellules des autres racines descendantes.
HuGUENiN. — Syst. nerv. 21
B. — Les racines qui naissent au niveau de l'émergence du tronc du trijumeau sortent du noyau dit sensible du trijumeau (111, d;'\\ est complètement défiguré, par une faute de gravure). A cette place se trouvent différents groupes de substance grise, de grandeur variable et séparés les uns des autres ; leurs cellules représentent un type différent de ceux que nous avons décrits jusqu'ici. Elles se distinguent avant tout par leur petitesse (15-20 f* de long sur 6 à 10 fx de large).
' Elles atteignent en conséquence à peine le tiers de la grosseur des cellules que nous avons rencontrées jusqu'ici dans les noyaux moteurs. Elles offrent, contrairement aux cellules multipolaires étoilées de ces noyaux, une forme arrondie ; leurs prolongements sont trèsgrêles, très-fragiles, et ne peuvent jamais être suivis sur un espace très-long ; on ne peut même pas dire avec certitude s'ils se subdivisent. Ces cellules offrent des noyaux avec des nucléoles et ont, par conséquent, une certaine analogie avec les cellules sensitives de l'écorce. Vu l'obscurité qui règne sur la disposition de leurs prolongements, on ne peut pas non plus dire rien de positif sur leurs connexions avec les fibres radiculaires du nerf. On voit, il est vrai, des amas de cellules entourés de petits faisceaux de fibres, on peut affirmer que la masse entière des fibres doit trouver sa terminaison dans ce points mais on ne peut pas aller plus loin pour le moment. Nous renvoyons, pour ce qui concerne les rapports du noyau {fig, 111,/) avec les hémisphères,, aux remarques que nous avons faites précédemment sur ce point. — SliUing considère le noyau entier comme un prolongement de la substance gélatineuse qui doit trouver à cette place sa terminaison définitive (1). Nous ne pouvons pas nous ranger à cette manière de voir. Les éléments ne concordent pas et, d'autre part, la substance gélatineuse de la moelle se distingue précisément par ce fait que les racines sensibles la contournent et la traversent sans lui abandonner de fibres qui se terminent dans son intérieur.
C. — Nous avons poursuivi la racine ascendante (bulbaire) du trijumeau jusque dans la moelle épinière. A partir de ce point elle se conduit comme les racines postérieures de la moelle ; nous donnerons des détails plus complets sur cette question quand nous nous occuperons de la moelle épinière.
Il n'y a absolument rien à dire sur les fibres du trijumeau qui remontent dans le cervelet ; leur terminaison est totalement inconnue ;
.(1) L'opinion deStilling nous paraît absolument conforme à la vérité (Voy. du reste la note ci-dessus, p. 247).