II. Constricteurs du thorax
1). Les muscles abdominaux (transverse, oblique, droit abdominal). — Nerfs intercostaux.
2). Les muscles carrés des lombes. — Nerfs intercostaux, douzième paire dorsale et première paire lombaire.
3). Muscles petits dentelés inférieurs. — Nerfs intercostaux.
4). Les muscles intercostaux internes sont ordinairement cités avec les précédents. Leur action expirairice est cependant trèsdouleuse. — Nerfs intercostaux.
Quand la respiration est absolument tranquille, l'expiration se produit par la seule élasticité du thorax, à laquelle se joint l'effet de la pesanteur des parties soulevées. Les muscles n'entrent en jeu que dans les cas de dyspnée de quelque nature qu'elle soit. Ces muscles sont innervés par les nerfs cérébro-spinaux suivants : les nerfs cervicaux de la deuxième à la septième paire, les nerfs thoraciques et la première paire lombaire, le nerf accessoire, le nerf vague, le nerf facial, le nerf hypoglosse, le trijumeau et notamment sa petite portion.
Il doit donc y avoir dans la moelle allongée, siège du centre res-
piratoire, ainsi que le démontre rexpérimentation, un appareil compliqué qui fait que l'excitation partant de ce centre peut se répandre sur un grand nombre d'autres centres nerveux (les centres primaires, noyaux des nerfs précédents).
Connaissons-nous d'une façon précise le point vital de Flourens ? Nous sommes obligé de répondre négativement à cette question. On désigne toujours, il est vrai, avec une grande assurance, la partie la plus inférieure du calamus scriptorius comme formant ce centre. Là, se trouve, de chaque côté de la ligne médiane, le noyau de l'hypoglosse qui s'étend encore un peu vers le bas sous le pédoncule cérébelleux inférieur. Un peu en dehors se trouve le noyau du nerf vague, plus en dehors encore celui du nerf acoustique. La seule conclusion que l'on puisse tirer actuellement, c'est que c'est à la destruction du noyau du pneumogastrique qu'est dû l'arrêt de la respiration. Mais nous ne connaissons que d'une façon fort incomplète les connexions du noyau du pneumogastrique ; nous n'en connaissons pas avec le noyau du facial, ni avec le noyau moteur du trijumeau. Celles avec le noyau de l'hypoglosse sont encore fort douteuses. Nous comprenons plutôt le transport des excitations du noyau du pneumogastrique au noyau de l'accessoire, en songeant que ces deux noyaux sont continus l'un avec l'autre. De même, on conçoit le transport d'excitations vers la substance grise de la moelle épinière, car les noyaux du nerf vague et de l'accessoire font directement suite, bien qu'à l'étal de réduction, à la substance grise de la moelle épinière. La division du centre primaire du nerf vague en deux noyaux ne s'explique pour le moment qu'en admettant que le noyau postérieur (qui se trouve sur le plancher du sinus rhomboïdal) donne naissance aux fibres sensitives et le noyau antérieur aux fibres motrices. Le même fait peut être établi pour le noyau de l'accessoire où toutefois les fibres motrices sont de beaucoup les plus nombreuses.
On s'aperçoit plus encore de l'insuffisance de nos connaissances quand on songe aux rapports remarquables du nerf vague et de l'accessoire et à la diversité de leurs fonctions. Longet les a considérés comme une paire nerveuse, avec une racine antérieure motrice, et une racine postérieure sensible ; mais d'autres auteurs, dont Claude Bernard, rejettent cette opinion avec de bonnes raisons. Le nerf vague renferme des fibres motrices et des fibres sensitives ; il en est de même de l'accessoire. Dans le nerf vague prédominent les fibres sensitives, dans le nerf accessoire les fibres motrices.
A. Les fibres du nerf vague sont les suivantes :
I. Des fibres motrices : d'une part, les muscles du voile du palais et ceux du pharynx; d'autre part, les muscles du larynx, tous innervés par le nerf récurrent, ^auf le crico-thyroïdien (laryngé supérieur); enfin les muscles de l'œsophage, de l'estomac, des bronches.
II. Des fibres sensitives : appareil de la digestion jusqu'au pylore, cœur.
Le nerf vague renferme encore :
III. Des fibres régulatrices centrifuges: arrêt des mouveinents du cœur.
IV. Des fibres régulatrices centripètes : fibres d'accélération pour le centre respiratoire, fibres d'arrêt pour le même centre, fibres d'excitation pour le centre d'arrêt du cœur, fibres d'excitation pour le centre vaso-moteur (laryngé supérieur), fibres d'arrêt pour le centre vasomoteur (nerf dépresseur chez le chien).