CONFIGURATION EXTÉRIEURE DES MASSES CENTRALES
Nous nous occuperons dans ce chapitre de la configuration extérieure des centres nerveux, et nous commencerons par les hémisphères cérébraux.
ART. l". — HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX.
Nous avons étabh précédemment que les hémisphères cérébraux sont formées de deux substances difiérenles, l'une blanche centrale,
constituée par des fibres, l'autre grise périphérique, étendue comme une coiffe au-dessus de la couronne radiée. Les parties supérieures des hémisphères (Voir le schéma fig. 15) sont unies d'un
côté à l'autre par le corps calleux qui ferme les cavités cérébrales à leur partie supérieure. Il résulte de ce schéma qu'en d et en /récorce du cerveau doit se terminer par un bord libre, c'est ce qui existe en effet. En d se voit un simple bord tranchant ; en /le bord s'enroule sur lui-même, nous le décrirons plus tard sous le nom de corne d'Ammon.
Le cerveau de la plupart des mammifères est construit d'après ces principes généraux (chez les monotrèmes et les marsupiaux, le corps calleux fait défaut). La surface extérieure du cerveau n'est pas lisse, mais parsemée de sillons et de circonvolutions qui présentent selon les espèces des différences très-grandes. Ces plis offrent leur plus grand développement chez Thomme dont le cerveau, pour cette raison, a été le plus étudié. Cependant dans toute la série des mammifères une même règle semble avoir présidé à la formation des circonvolutions. Elles ont toutes en principe la forme d'un arc dirigé parallèlement à Taxe longitudinal des hémisphères, et comme ceux-ci, développé autour d'un axe transversal fictif passant par les deux insula de Reil. Toutefois il faut se garder de vouloir conclure strictement du cerveau des animaux à celui de l'homme. Outre que chez ce dernier l'individualité joue un rôle, plus considérable que chez aucun autre animal, on trouve à la surface du cerveau de l'homme des particularités qui lui sont tout à fait spéciales. Nous allons passer- en revue brièvement le cerveau de quelques animaux, puis nous étudierons plus attentivement celui du singe et de l'homme en nous servant des descriptions de Burdach, Pansch, Gratiolet, Huxley, Ov^en, Ecker (1).
(1) L'étude des circonvolutions cérébrales est une étude aujourd'hui à Tordre du jour, non-jseulement à cause de son intérêt purement anatomique, mais encore et surtout à cause des applications cliniques, la patliologie cérébrale étant aujourd'hui largement entrée dans la voie des localisations. l\ ne sera donc pas inutile d'indiquer ici le procédé mis généralement en usage pour momifier les cerveaux et les conserver à sec avec toutes leurs particularités de formes et de développement. Ce procédé, indiqué par Broca, consiste dans l'emploi de solutions plus ou moins concentrées d'acide nitrique. Le liquide qui nous a donné les meilleurs résultats est un mélange d'une piartie d'acide azotique pour dix parties d'eau. Des hémisphères cérébraux y sont déposés sans aucune préparation préalable et y sont laissés à macérer pendant trois à quatre semaines. Au bout de ce temps ils ont acquis une consistance analogue à celle d'une masse de cire à modeler : on les retire du liquide, on les dépouille avec une grande facilité de l'enveloppe formée par la pie-mère et on les met sécher sur un coussinet formé soit d'un linge plié en plusieurs doubles, soit d'une tranche d'une grosse éponge. Au bout de deux mois l'hémisphère cérébral s'est desséché en acquérant la dureté d'un morceau de bois : la dessiccation lente a été assez régulière pour n'altérer en rien les formes ; les circonvolutions sont plus nettement dessinées que sur le cerveau frais, parce que les sillons qui les séparent se sont élargis et les limitent très- nettement. Mais la masse de l'hémisphère a perdu au moins les trois quarts de son volume. Cette réduction, qui s'est opérée régulièrement et proportionnellement pour
CIRCONVOLUTIONS DES MAMMIFÈRES. 29
Gratiolet a divisé l'ensemble des cerveaux à lui connus en quatorze groupes, basés sur la configuration extérieure des hémisphères. Dans cette classification les animaux les plus disparates se trouvent quelquefois réunis, aussi ne saurait-on s'appuyer sur les seuls caractères de la surface du cerveau pour établir une division rationnelle. Nous mentionnerons cependant brièvement ces groupes :
toutes les parties, n'a aucun inconvénient ; il est même avantageux d'avoir l'hémisphère humain sous un plus petit volume. — Il n'en est pas de même pour les cerveaux des animaux (chien, lapin, etc.), qu'il est également important de conserver, afin d'avoir toujours sous la main une pièce qui serve de guide dans les expériences sur les loca-. lisations cérébrales. Ici le ratatinement de la masse finit par réduire les hémisphères à un trop petit volume. Pour éviter cet inconvénient, nous avons mis avec succès en usage un procédé de conservation qui n'est qu'une légère modification d'un procède récemment indiqué par L. Frédéric (de Gand). Après durcissement dans la solution d'acide azotique, le cerveau est plongé dans une solution de bichromate de potasse : l'acide chromique, mis en liberté en présence de l'acide azotique, porte alors au plus haut degré le durcissement de la masse cérébrale, qui est ensuite placée dans l'alcool à 36°, puis dans l'alcool à 40". Le cerveau est retiré de l'alcool au bout de deux jours, et, après une exposition de quelques minutes à l'air libre, il est plongé dans de la paraffine fondue et presque bouillante. Cette matière grasse pénètre lamasse nerveuse, et lorsque celle-ci est retirée et refroidie, elle conserve indéfiniment son volume primitif, le volume qu'elle avait après durcissement dans l'accide azotique, c'est-à-dire à peu près exactement son volume normal.
Pour la question de la conservation des cerveaux, et pour Vanatomie descriptive des circonvolutions, consultez :
BuRDACH (C. F.), Vom Baue und Leben des Gehims, Leipsig, 1829.
FoViLLE, Traité de ranat., de la physioL et de la pathoL du syst, nerveux. Paris, 1844.
Gratiolet, Mémoire sur les plis cérébraux de Vhomme et des primates, Paris,
Broca, Noie sur la distinction et la disposition des circonvolutions frontales des hémisphères cérébraux {Bull, de la Soc, anat.^ 1861, t. XXXVI, p. 350). — Sur la structure spéciale des circonvolutions inférieures du lobe occipital du cerveau; existence constante du ruban rayé de Vicq d'Azyr {Bull, de la Soc, cT Anthropologie, 1861, t. II, p. 313). — Sur tes rapports anotomiques des divers points de la surface du crâne et les diverses parties des hémisphères cérébraux {Bulletin delà Société anatO' mique, 1861, t. XXXVI, p. 340). — Procédé pour la momification des cerveaux {Bull, de la Soc. anthrop,, t. XI, 1865). — Sur la topographie cérébrale et sur quelques points de Vhistoire des circonvolution^ {Acad. de médecine, 8 août 1876; Gaz, des hôpit., p. 741, 1876, Revue d'anthrop., t. V, n° 2, 1876).
Pansch, De sulcis et gyris in cerebris simiarum et hominum. Kiel, 1866.
Huxley, On the Brain of ateles Paniscus {Proceedings of the zoolog. Soc, of London,
EcKER (Alex.), Die Himwinditngen des Menschen nach eigenen Untersuchungen Braunschweig, 18G9.
"Daheste^ Mémoire sur les circonvolutions du cerveau chez les mammifères (Annal, se. nat., 4« série, t. I, p. 76) .
Gromier (J.), Étude sur les circonvolutions cérébrales de Vhomme et des singes Thèse. Paris, 1874, avec planche.
Pozzi, Art. Circonvolutions, in Dict. encyclop, des se, médic, 1875, t. XVI, p. 339.— Note sur le cerveau d'une imbécile {Revue d^ Anthropologie, t. II, 1875).
Fredericq (L. de Gand), Procédé de conservation du cerveau (Bull, de VAcad, roy, de Belgique, juin 1876).
DUVAL (Mathias), Procédé de conservation des cerveaux {Société de Biologie, Société d'Anthropologie 1877).
I. Ce groupe comprend : rornîthorhrnque, la taupe {fy, 17), la souris domestique, le rat, l'hydromys et tous les chéiroptères ; par conséquent des insectivores, des rongeurs, des chauve-souris {fig. 16) et des monotrèmes. Les cerveaux de tous ces animaux n'offrent pour ainsi dire aucun sillon à leur surface à l'exception toutefois de la scissure de Sylvius. Ils diffèrent du reste assez entre eux, mais les ditTérences portent sur des parties et des orçanes de second ordre, de sorte que le plan fondamental est maintenu [fig. 16 et 17).
II. Ce groupe comprend : le lièvre, ta marmotte, la sarigue, l'hystrix, le castor, en un mot des rongeurs, auxquels il faut ajouter quelques marsupiaux et insectivores. La scissure de Sylvius est ici plus marquée ; au sommet de la convexité se montrent quelques traces de sillons ; il en est un notamment qui existe presque toujours et qui est parallèle à la grande scissure cérébrale. Ce sillon délimite une circonvolution arquée qui longe la grande scissure inter-hémisphérique (/Î9'. 18etl9].
Fig. 18. — Cemeûu de lapin.
Fig. 10. — Cerveau d'aguti.
111. Le troisième groupe comprend: le renard, le chien, le loup. Ici le type est déjà plus développé. Tandis qu'on ne voyait que difficilement dans le deuxième groupe un sillon longitudinal délimitant une circonvolution, dans oe troisième groupe on voit trois sillons
CIRCONVOLUTIONS DES HAHHirËRES. 31
très-régulièrement disposés et qui parcourent toute la longueur des hémisphères [fig. 20). Ces sillons délimilent quatre circonvolutions,
Fig. 20.— Cerveau de renard vu de côté {').
qui chez le renard et le loup se trouvent disposées avec une grande régularité autour de la scissure de Sylvius, et vont d'une extrémité à l'autre des hémisphères sans su- '■
bir de subdivision ni d'interrup- '
lion, et sans s'anastomoser entre elles {fig. 20). Cette forme de circonvolution est celle qu'on voit sur le cerveau embryonnaire. Chez le fœtus des plis cérébraux apparaissent en eQet tout d'ahord sous cet aspect (1); on les retrouve aussi chez les animaux inférieurs; pour toutes ces raisons on leur donne le nom de circonvolutions primitives {Vrvnndungen). Le renard, le chien, le loup, ontpar conséquent quatre circonvolutions pri- Pie- ïl- — Cerveau de renard vupar mitives; chez la plupart des chiens
domestiques elles ne sont déjà plus aussi régulières, mais offrent souvent des plis et des anastomoses.
.(• a, sciisurs de Sïlïius.- b, lobe olfaclit. — I, U, 111, IV, In qusln circoiiTolutions primiliiM,
comptées en psruot de celle qui eotoure immâdislemeiil I* tciMure de Sjliius. («) (Lellres comme dao» la BRure ÎO).
(1) Ces prétendues circonvolutions sont transitoires : l'auteur a déjà fait allusion à leur existence (ci-dessus page V et les a considérées comme produites par un plisse-
3S SURFACE DES HËMISPHËRES.
lY. Le quatrième groupe comprend ; le chat, ie lion, le tigre, en général toute l'espèce féline. Les cerveaux de ce groupe sont caractérisés égalemeat par ce fait que, comme dans le troisième
Fig. tl2.^ Cerveau dt panthère Cj.
groupe, quatre circonvolutions se trouvent rangées autour de la scissure de Sylvius. Mais voici les particularités :
l' La première et la deuxième circonvolution ont constamment ujie
Fig. 33. — Cerveau de coati brun {*•).
anastomose considérable dans le voisinage de la scissure de Sylvius (Ay. 22, x) ; 2" La troisième circonvolution dans le troisième groupe est sou-
ment mécanique qu'éprouveraient les hémisphères se développant dans une boite crâ» nlenne donl le développement ne marche pas tout d'abord aussi vite que celui de son contenu.
CIRCONVOLUTIONS DES MAHMIFÈHBS. 33
vent subdivisée en arrière, notamment chez le chien domestique ; ceci ne se présente jamais chez le chat.
T. Le cinquième groupe comprend : l'ours, le blaireau, la loutre, (A?- 24), la viverra. Ces cerveaux appartiennent sans contredit à des types fort éloignés les uns des autres. Les circonvolutions- chez ces
Pig. 24. — Cerveau de la loutre (*). Fig. Ï5. — Cerveau de Va\.
animaux sont très-différentes; cependant on peut les ramener à trois circonvolutions primitives. La viverra civetla par exemple a un cerveau presque semblable à celui du renard, mais les branches descendantes de la première et de la deuxième circonvolution se réunissent au-devant de la scissure de Sylvius. Il en résulte qu'on peut admettre aussi bien quatre circonvolutions que trois. L'embryologie seule pourrait éclaircir ce point.
L'animal le plus rapproché de la viverra civetta, la viverra genetta, a un cerveau analogue dans toutes ses parties à celui du renard, mais il n'offre que trois circonvolutions primitives.
Le coati brun a trois circonvolutions bien dessinées ; la partie descendante de la première circonvolution, derrière la scissure de Sylvius, est considérablement élargie, ce qui se voit sur tous les cerveaux rangés dans ce groupe par Gratiolet.
T^ois belles circonvolutions se trouvent dans le genre muslela. Le cerveau de la loutre présente ceci de remarquable qu'il offre une anastomose constante entre la deuxième et la troisième circonvolution (/îj. 24, a;).
Le cerveau des ours est rangé par Gratiolet dans cette catégorie. On peut cependant compter quatre circonvolutions et non trois, comme le veut Gratiolet, sur le cerveau de l'ours commun.
3i SURFACE DES BËHISPHËRES.
YI. Le sixième groupe comprend : le phascolome, le bradypus, l'aï [fig. 25). Ici on trouve trois circonvolutions qui vont sans interruption et sans inflexions secondaires de la partie frontale à la partie temporale des hémisphères. Ce qui distingue d'ailleurs ce cerveau , c'est l'absence totale d'un sillon crucial (Voir plus bas).
YII. Le septième groupe comprend :
l'orycteropus, l'halmatunis. Les données de Gratioiet et les connaissances que nous avons sur ces cerveaux sont tout à fait insuffisantes. Du dessin que Gratioiet donne du cerveau du kangurou [fig. 26), il semble ressortir qu'il existe trois circonvolutions assez irrégulières.
Vin. Le huitième groupe comprend:
le cheval, le chameau, le cerf, l'antilope, la gazelle, la chèvre, le mou- „ „ „ , , ,. ton, le bœuf; par conséquent des
Fig. 26. — Cerveau du kanguroJt {j. •
solipedes et des rummants sont reunis dans ce groupe par Gratioiet, La grande variabilité qu'offrent tes circonvolutions de ces animaux fait présumer qu'ils répondent à un certain nombre de types non définis encore. Giatiolet n'admet chez tous ces animaux que deux circonvolutions; « mais, dit-il, elles ont de nombreuses subdivisions et subissent des inflexions très-variées, u
Dans le fait, ici aussi l'embryologie peut seule décider s'il y a une, deux ou même quatre circonvolutions primitives. D'après ce que j'ai observé sur un embryon de mouton, ce type aurait trois circonvolutions. J'en ai vu trois tout à fait simples et allant du front à l'extrémité du lobe temporal. Mais, pendant le développement, il se forme des sillons si singuliers que le type primordial s'efface presque complètement, ainsi qu'on peut le voir sur les schémas qui suivent. La tigure 27 montre le profil de l'hémisphère d'un hœaî. La fente qui va de a vers le haut est la scissure de Sylvius ; à la partie postérieure de cette fente de Sylvius, les grandes circonvolutions mar-
CIRCONVOLUTIONS DES MAMMIFÈRES
quées I et II se réunissent et passent au-dessus de la circonvolution arquée p, p qui entoure la scissure de Sylvius ; à la partie antérieure naissent de nouveau deux circonvolutions I et II qui vont du côté
Fig. 27. — Cerveau du bœuf vu de côté (*).
du front. Le point de séparation est marqué en x. Les deux premières circonvolutions sont par conséquent réunies dans leur trajet autour de la scissure de Sylvius.
La troisième circonvolution offre un aspect variable selon les différents animaux ; la figure 28 montre le cerveau d'un cerf vu par en haut. En a, près du bulbe olfactif, commence une circonvolution qui longe la grande scissure interhémisphérique et est assez simple jusqu'en x. A ce niveau, elle se divise en deux branches b et <?, qui vont vers la partie occipitale du cerveau ; la partie postérieure de la troisième circonvolution est donc divisée en deux branches. Cette division peut aller encore plus loin.
La figure 29 montre la face supérieure du cerveau du mouton. En avant, au-dessus du bulbe olfactif, commencent les deux circonvolutions a et 6, qui se réunissent en x par une anastomose constante. Mais aussitôt après [c et d), elles se séparent de nouveau, et gagnent l'une à côté de l'autre les régions postérieures. La partie antérieure de la troisième circonvolution s'est donc aussi divisée en deux branches. Une disposition toute pareille se montre chez le cheval, mais
(*) a, scissure de Sylvius ; — ^pt circonvolution arquée résultant de la fusion des deux circonvolutions primitiTes I et II, dans les points x x .
36 SURFACE DES HÉHlSPHiRES.
ici aussi nous avons des raisons d'admettre trois circonvolutions primitives.
IX. Le neuvième groupe comprend : le porc, le sanglier, le pécari, etc. Ces cerveaux sont irréguliers, avec trois circonvolutions
Fig. 28. — Face supérieure du cerveau du cerf (').
primitives, qui pourraient tout aussi bien être rapportées à quatre, parce que nous n'avons pas de notions sur la disposition embryologique.
Dans tous les cas on peut admettre comme un fait caractéristique pour ces cerveaux que les parties antérieures des circonvolutions I et II sont réunies au-devant de la scissure de Sylvius {/îff. 30), On peut en conséquence admettre tout aussi bien une circonvolution doiit la partie postérieure est divisée en deux.
CIRCONVOLUTIONS DES MAMMIFÈRES
X. Le phoque. — Le cerveau du phoque a trois circonvolutions très-développées. La première circonvolution, la plus rapprochée de
Fig. 29. — Face supérieure du cei^eau du mouton (*).
la scissure de Sylvius, est très-plissée et irrégulière. La seconde et la troisième s'anastomosent aux environs du lobe temporal [fig. 31 ar, x)
Fig. 30. — Cerveau du porc (**).
et donnent naissance à trois circonvolutions a, p, y» '^^^^ ^^ partie
(*) a et hf les deux branches antérieures de la troisième circonvolution primitive; — c et d^ ses deux
branches postérieures ; — x, point où cette circonvolution est simple. (**) I, II, III, lY, les quatre circonvolutions primitives ; — les deux premières (I et II) se soudent en
une seule' («) en avant de la scissure de Sylvius.
3ft SURFACE DES HÉMISPHÈRES.
postérieure. Gratiolet, à cause de cette disposition toute particulière, réunit cet ensemble de circonvolutions en une seule ; il n'admet que deux circonvolutions primitives ponr le cerveau du phoque. L'igno-
Fijt. 31. — Cervemi du phoque ('/j dt gr, nat.) (*).
rance dans laquelle nous sommes encore louchant l'embryologie ne permet pas de trancher la question.
XI. Le dauphin, la baleine. — Le cerveau des cétacés a quatre circonvolutions très-apparentes, comme le montre la figure 32. Trois sillons parcourent sa surface d'arrière en avant (u, p, i) et délimitent quatre circonvolutions. Le cerveau de la baleine ressemble tout à fait à celui du dauphin ; les sillons et les circonvolutions y sont Irès-distincls, et Gratiolet l'appelle pour ce motif un grand cerveau de dauphin.
XII. L'éléphant. — Chez l'éléphant apparaissent de nouvelles particularités. Nous avons jusqu'ici rencontré des circonvolutions disposées en arcs qui vont de ta partie frontale à la partie temporale des hémisphères sans offrir d'interrupiion transversale bien marquée. A partir de l'éléphant, nous trouvons constamment un grand sillon qui commence au milieu de la grande scissure interhémisphérique et
CIRCONVOLUTIONS DES MAUHIFËRGS. 39
descend vers la scissure de Sylvius, coupant par conséquent perpendiculairement toutes les autres circonvolutions primitives. Sur la figure 33 on voit en k. une fente divisant le cerveau d'avant en arrière et de bas en haut, c'est la scissure de Sylvius. Dans le fond
Flg. 32. — Cerveau du dauphin.
de cette scissure se montrent quelques petites circonvolutions que nous considérerons comme formant l'insula de Reil. En B un sillon plus profond descend obliquement de la partie supérieure du cerveau vers la fente sylvienne, c'est la scissure de Rolando. Celleci est limitée en arrière et en avant par deux traînées de circonvolutions dont les postérieures sont indiquées par p, p, p et les an-
40 SUBFACE DKS BBMISPHËBBS-
lérieores par Yt t* t-.'^^ circonvoluLious sont les ârconvoiutiom centrales postériewe et antérieure, que dous retrouverons avec leur plus grand développement chez le singe et l'hoaune. Ce sont là les nouvelles formations donl nous avons parlé. Sur le reste de là surface des hémisphères se distinguent trois circonvolutions qui sont surtout faciles à délimiter à la partie postérieure du cerveau ; elles sont marquées du signe C,,C„C,. La délimitation est plus di^cile en avant, on y arrive cependant, comme le montre la figure 33 (D,,D3,D,).
Fig. 33. — Cerveau de i'élépliani (Vi de gi: naiur. (*).
Leuret a émis une autre opinion sur ce sujet. Mais cette opinion s'écarte tellement du plan de notre ouvrage que nous ne pouvons pas la développer ici (I).
[I) L'opinion émise par Leuret ne nous pareil pas bien difTérente de cetle donnée ici par HugusDln (Voy. Leurot et Gratiolet, Anal, comparée du syst. nerveux, t. I, p. 196) ; Eeulement Leuret compte trois clrcoovolulions transversales i^hsz l'élépliaDt ; ' c'eBt-à-dIre qu'il volt en arrière de D', D', D', dnos la branclie verticale commiuie à ces trois cireonvoluUtmB, un pli analogae à ceux qui sont marqués par las Ici-
CIRCONVOLUTIONS DES 3IN6ES. 41
XIII. Celte classe comprend les cerveaux des singes. Les cerveaux des singes sont très-différents les uns des autres, et offrent des gradations des plus intéressantes depuis le type le plus inférieur jusqu'au type le plus élevé. Comme nous ne pouvons entrer dans tous les détails que comporte la question, nous nous contenterons de rechercher les caractères principaux du cerveau d'un singe supérieur. Les figures 34
Pig. ït. — Cerveau du singe papion (cynocéphale) vu de côté (*).
et 35 représentent le cerveau du singe papion. Ce cerveau offre, comme celui de l'homme, trois circonvolutions primitives très-distinctes, un sillon de Rolando, une circonvolution centrale antérieure et une centrale postérieure {i), et, à l'extrémité postérieure, quelques sillons accessoires qui se retrouvent chez l'homme. La scis-
na, sciMura de Sili\at\ — C, C, C, le> circoDiolulioiu cenlrilu aDiirItnin et poilëiieurs; — Fi, Fi, Kl, le» trois ci rcomoln lions tronUles [compiées ici de bas eo haut, a l'inTerie de 11 minière de proft^der cluùqne en Fmuse (Toj. le note de U page 49] ; — T|, Tj, Tg, lu (mil circoniolutiou. tcmporalei; — s, s, parties repi^tenlaDt !■ première circonTolulion panëlale;-^ f, g, Hcoude cir' (»D*olnli»n pwîMile (|rii conrbe); — fi Iraiiiime circouvnluiion pariétale; — Fo, sillon occlpittl (Kinure perpendiiaJiin eiterne); — e, lobe oceipitat; — SH, sillon de l'hippasiaipe.
(I] ClrconvoInUoD centrale antérieure, ou circonvolution frontale ascendante des auteurs h'auçais; circonvolution centrale postérieure, oii cifconvolution pariétale ^ascendante.
sure de Sylvius est située en a, figures 34 etSS. Vers celle-ci descend de la grande fente interhémisphérique le sillon de Rolande 6, mais sans ratteindre cependant. Le sillon de Rolande est bordé de chaque côté par une circonvolution qui commence de même en haut à la scissure interhémisphérique et descend vers la scissure de Sylvius (CG); ce sont les circonvolutions centrales postérieure et antérieure. Bien que
Fo. SHC Y yCSHFo
Fig. 35. — Cerveau du singe papion {face supérieure) (*).
les circonvolutions primitives soient ici interrompues de la façon la plus imprévue, on peut les reconnaître avec une grande sûreté. Cela n'ofiFre pas la moindre difficulté aux points extrêmes des hémisphères, au lobe frontal et au lobe temporal. Dans les figures 34 et 35 elles sont représentées en F4,F2,F3, et en T4,T2,T3.
Dans la région comprise entre la circonvolution centrale postérieure ce, et le commencement de la partie régulière des circonvolutions temporales, T^, Tg, T3, nous trouvons les dispositions sui-
(*) Lettres comme dans la 6f ure 34.
CIRCONVOLUTIONS DES SINGES. 43
vantes. Comme on peut le présumer par analogie avec ce que l'on voit chez les autres mammifères, la première circonvolution primitive entoure dans toute son étendue la scissure de Sylvius. Par contre la deuxième circonvolution, qui'devrait comme la première commencer auprès de la circonvolution centrale postérieure, prend son
Pig, 36. — Cerveau humain {face latérale droile) (').
origine dans un pli courbe dépendant de la première circonvolution au moment où elle se recourbe autour de la scissure de Sylvius (pp). Celte seconde circonvolution se continue comme la première sur le lobe temporal T^. Le point où celle seconde circonvolution s'anastomose avec la première se trouve dessiné en x [fig. 34 et 35). Il est encore plus difficile de délimiter une troisième circonvolution sur la partie supérieure de la région pariéto-occipitale. On peut considérer comme formant le commencement de cette circonvolution le point situé entre la partie supérieure de la deuxième circonvolu-
(*} B, lillon d.a Roludo; — Fd, sLUon occipital (ou perpcadicnlsire eiteroe); — S, iciuu» de Sfl-
— P|, Pi, F), lu Uois circonraluiiom pariéUlei ; — Oi, Ot, Og, la trois cîicoaToLulions occipitilni
— T), Ti, T), U) troit circomolutiong temporales ; — x, point où lu gecoode pariéliie prcod nai»- HDC* m U pnmiire puiélalci — a, bruibo antérieure, et i, branche posléricuie de la eeigiun
tion et la scissure interhémisphérique (y, fig. 34 et 35). Mais vers rextrémité postérieure apparaissent de nouveaux plis qui obscurcissent le type. On voit d'abord (Fo, fig. 34 et 3S) un nouveau sillon qui part de la grande scissure. Ce sillon est U*ès-développé chez le singe ; il occupe la face interne des hémisphères et pénètre si profondément dans la substance cérébrale, qu'il semble presque séparer du reste de Thémisphère la pointe du lobe occipital. Ce sillon, qui se montre pour la première fois chez le singe, et qui pour celte raison a été appelé aussi le sillon du singe^ est le sillo7i occipital {fissura parieto^ccipitalisj Ecker, scissure perpendiculaire interne et externe^ senkrechte hintere Himspalte^ Wagner). Ce sillon divise par conséquent la troisième circonvolution perpendiculairement. Un second sillon divise le lobe occipital plus en arrière encore. C'est le sillon de thippocampe (SH, fig. 34 et 35), fissura calcarina d'Huxley, fissura horizontalis de Pansch.
Ces deux sillons circonscrivent une portion d'encéphale que l'on a nommée le coin (cuneus) à cause de sa configuration. Pour la même raison la partie y» située en avant, que nous avons signalée conune le point d'origine de la troisième circonvolution, a été dénommée Vavant'Coin [prœcuneus).
XIV. Le quatorzième groupe est représenté par le cerveau de l'homme. — Le cerveau de l'homme a été divisé en un certain nombre de lobes.
1** Le lobe frontal [lobulus frontalis), limité en arrière par le sillon de Rolande ;
2** Le lobe pariétal [lobulus par ietalis)^ limité en arrière par le sillon occipital, en bas par la scissure de Sylvius ;
3*^ Le lobe temporal [lobulus temporalis) ; ce lobe n'a pas de limite postérieure bien définie ;
4** Lobe occipital [lobulus occipitalis) ^ qui s'étend du sillon occipital, à l'extrémité postérieure delà région occipitale.
11 ressort déjà de ces premières données que si Ton ne considère que la surface extérieure des hémisphères, le cerveau du singe peut servir de prototype à celui de l'homme. Nous trouvons en effet chez l'hqmme tous les sillons et les circonvolutions principales qui ont été décrites chez le singe, et nous pouvons facilement ramener les circonvolutions secondaires si compliqués à trois circonvolutions primitives, comme chez le singe.
Un certain nombre de sillons se dessinent déjà de très-bonne heure sur le cerveau de l'homme, ainsi que nous l'avons dit dans les préU-