DE L'ÉDITION FRANÇAISE. ÏX
Plus rarement les anatomistes se sont attachés à distinguer, dans les parties blanches des centres nerveux, des faisceaux bien circonscrits, dont le trajet était suivi, soit par la dissection sur des pièces macérées, soit par les sections fines sur des pièces durcies, de façon à déterminer leurs connexions anatomiques avec d'autres faisceaux, ou avec des amas plus ou moins nettement limités de substance grise. Dans ces circonstances, ces faisceaux blancs ou ces amas gris recevaient des noms tirés uniquement de leur configuration anatomique, de leur couleur, de leur direction, etc., mais ne préjugeant rien de leurs fonctions physiologiques : avec une nomenclatui^e semblable, les faits anatomiques possédaient une valeur intrinsèque définitive, et ils pouvaient, parfois longtemps après, acquérir une importance nouvelle, par l'étude des phénomènes morbides ou physiologiques dont la clinique ou l'expérimentation établissaient le siège, la localisation dans les territoires anatomiquement définis. C'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, que la nomenclature et la topographie cérébrale de Burdach [capsule interne^ capsule externe ^ etc.), nomenclature relativement ancienne (1818-1826), a été dans ces dernières années reprise, même en France (Charcot) (1), et est devenue la base des notions les plus élémentaires sur la loca- Usation des lésions de la substance blanche des hémisphères.
Il faut bien le reconnaître, les travaux des aiiatomistes allemands, sans être à l'abri de tout reproche au point de vue de cette anatomie hypothétique, anatomie de commande^ comme l'appelle Vulpian, sont cependant ceux qui affectent le plus le caractère que nous venons d'indiquer en dernier lieu, c'est-àdire celui de descriptions et de nomenclatures purement topographiques, anatomiques, de recherches pour ainsi dire dé-
(1) Yoy, Charcot: « ....Je désire insister sur ces dénominations, toutes minutieuses qu'elles peuvent paraître, et si depuis longtemps je me suis efforcé de les introduire dans la nomenclature française, c'est que je les considère comme de la plus haute utilité, quand on veut, lors de Tautopsie, déterminer la localisation exacte des lésions. Qui oserait afûrmer que telle ou telle région, qui n'a pas d'appellation dans la nomenclature usitée chez nous, n'a pas une importance physiologique du premier ordre ? D'ailleurs, comment désigner cette région sur le protocole d'autopsie, si elle n'est pas dénommée? Est-ce qu'une bonne carte stratégique est jamais trop complète?...» {Leçons sur les localisations céréhraleSt p. 8.)