ART. VIII. — MOELLE ÉPIWIÈHE
La moelle épinière descend dans le canal rachidien jusqu'au niveau de la deuxième ou troisième vert^re lombaire. Ëlie est plus rapprochée de la face antérieure du canal que de la postérieure, et se trouve (ixée dans cette situation en baut par la moelle allongée, en bas et sur les côtés par des ligaments ({) et par les racines des nerfs spinaux. La moelle épinière se termine en pointe à son extrémité inférieure ;
iinuUire;—c, pédoncule ctribelleux >upëri€iir ; — d, DpreDBDt le cordon grêle (/] ; «1 le cordon CDDéifonu
I, pjrramide (anlérieure) ; ftn cordon poiUriem
roule de Holudo.
(1) CeB ligaments dépendent de la pie-mère, et il ne sera pas inutile d'indiquer id brièvement leur disposition, puisqu'il sera, dans la suite de ce volume, question de 1« pie-mire k diverses reprises.
Nous rappellerons donc que, dans la région spinale, la surface externe de la pie-mère
g. 61. — Face latérale du bulbe et des parties voisines (les trois pédoncules eéribelleux sont seciioTinis à leur entrée dam le cervelet!,').
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86 MOELLE EPINIÊRE.
immédiatement au-dessus, dans la région lombaire, elle oflOre un premier renflement ; elle s'amincit de nouveau en tout sens et d'une façon très-évidente dans la région dorsale, présente tin second renflement au niveau des vertèbres cervicales, et se rétrécit de nouveau légèrement avant de se continuer avec le bulbe (renflements lom^ baire et cervical ou brachial). Pour ce qui concerne les dimensions réciproques de ces renflements, il suffit de dire que dans le renfle- / ment lombaire les diamètres antéro-postérieur et transversal sont i à peu près égaux, et que dans toute autre partie de la moelle le diamètre transversal l'emporte sur le dfamètre antéro-postérieur, ce qui donne à la coupe la forme d'une ellipse plus ou moins allongée selon les points.
La moelle épinière se compose de deux moitiés parfaitement symétriques. A la partie antérieure se voit une fente qui occupe toute la longueur de l'axe spinal {sillon médian antérieur). Postérieurement, existe une seconde fente, qui n'est jamais aussi béante que l'antérieure et qu'on ne peut pas entr'ouvrir aussi facilement {sillon médian postérieur). Un double feuillet de la pie-mère pénètre dans ^ la profondeur du sillon antérieur, jusqu'à la commissure blanche antérieure ; en arrière, au contraire, un simple feuillet pénètre dans A le sillon postérieur. Les deux cordons postérieurs sont unis d'une façon intime à cette partie de la pie-mère, de sorte qu'il ne peut être question à proprement parler d'un sillon postérieur comme d'un sillon antérieur.
est, dans toute son étendue, séparée du feuillet viscéral de l'arachnoïde, et que l'espace ainsi laissé libre est occupé par le liquide céphalo-rachidien. Cet espace est parcouru par des travées et des cloisons incomplètes de tissu fibreux qui partent de la moelle, c'est-à-dire de la pie-mère, et vont s'attacher à la dure-mère en soulevant le feuillet viscéral de l'arachnoïde. Parmi ces tractus fibreux, les uns sont filamenteux et irrégulièrement disposés, les autres présentent dans leur forme et leur situation une fixité qui les a fait décrire sous les noms de ligaments dentelés et de ligament coccy- \ gien. Les ligaments dentelés forment, de chaque côté de la moelle, une série longitudinale de festons, au nombre de 18 à 20, qui, par leur sommet, prennent insertion à la dure-mère, et vont, par leur base, s'attacher à la pie-mère, c'est-à-dire à la moelle, sur ses faces latérales, entre les racines antérieures et les racines postérieures des nerfe rachidiens. Le ligament coccygien représente au premier abord le sac formé par la piemère, qui, au niveau de la terminaison Inférieure de la moelle (région lombaire), n'ayant plus rien à contenir, se condenserait en un cordon fibreux étendu jusqu'à la base du coccyx où il s'insère ; mais ce cordon est creux et il renferme encore le filum terminale f c'est-à-dire une masse de substance grise nerveuse, enveloppant, en couche mince, un canal central de forme très-irrégulière : il renferme aussi des fibres nerveuses. Notons encore que la pie -mère enveloppe les nerfs qui naissent de l'encéphale comme ceux qui naissent de la moelle, et les accompagne vers les trous osseux par lesquels ils sortent de la boîte céphalo-rachidienne : à ce niveau, la dure-mère, qui revêt ces orifices, se joint à la gaine fournie par la pie-mère aux racines nerveuses et ces deux ^ membranes fusionnées se continuent dès lors avec l'enveloppe fibreuse des nerfs périphériques.
MOELLE ÉPINIËRE. .87
Si l'on écarte avec précaution les bords du sillon antérieur, on aperçoit la face interne des . cordons antérieurs absolument lisse, et se continuant sans interruption depuis la décussation des pyramides jusqu'au filum terminale. Au fond du sillon apparaît dans toute la longueur de la moelle une commissure blanche, qui relie les deux moitiés latérales de ta moelle. Cette commissure ofîre un grand nombre de sillons transversaux, situés de chaque côté de la ligne médiane, et laissant entre eux une sorte de raphé très-étroit qui s'étend jusqu'au bas de la moelle. La décussation des pyramides, qui interrompt le sillon longiludinal antérieur à la partie inférieure des pyramides, oRre extérieurement un aspect très-variable. Tantôt on
Fig. 6!. — Coupe de la moelle épinière (figure schémaiigae) (*).'
voit quatre OU cinq minces faisceaux descendant de chaque côté et se croisant dans la profondeur ; tantôt ce sont deux simples lamelles plus épaisses qui pénètrent dans la profondeur en s'entre-croisant ; enfin il existe des moelles où rentre-croisement est si peu visible extérieurement qu'on a toutes les peines à constater le fait. On a même prétendu que, dans certains cas fort rares, l'entre-croisement n'existait pas (Longet, III, 168). Mais comme la chose n'a jamais été démontrée sur des coupes transversales, cette question est encore à résoudre. En écartant les parois du sillon postérieur, ce qui ne se fait pas sans une certaine difficullé, on voit dans le fond une commissure
(*] a, lulHiiaee griK; — b, racineu nerTeuseaa posUrieures; — c, nciaei nerreuict antirieurc) ; — d, coriIoDi poilérieun; — f, cordons anléro-liUreui i^g, »llon médlin poilirieuri — k, aiJIoii
semblable à rantérieure et également blanche. Mais elle se distingue de la précédente en ce qu'elle n'offre pas de sillons transversaux. Sa signification est aussi toute autre que celle de la commissure antérieure.
La face antérieure de la moelle épinière est divisée par le sillon longitudinal antérieur en deux moitiés absolument semblables, et séparées des parties latérales par la série des racines antérieures. La ligne d'implantation de ces racines disparaît presque complètement après leur arrachement, de sorte qu'il n'y a pas de sillon à proprement parler (prétendu5e7/owco//a/^a/aw^^"eMrde quelques auteurs). La face postérieure de la moelle est divisée en deux parties symétriques par le sillon longitudinal postérieur, et séparée des faces latérales par la série des racines postérieures (dont l'arrachement produit le sillon collatéral postérieur). Sur le cordon postérieur se voit en outre à très-peu de distance du sillon longitudinal postérieur un second sillon. Ce sillon vient des parties supérieures et forme le prolongement de celui que nous avons décrit sur le pédoncule cérébelleux inférieur et qui sépare le cordon grêle du cordon cunéiforme. Il descend à un niveau très- variable. Foville admettait qu'il s'étendait à toute la longueur de la moelle, ce qui n'est certainement pas exact. Il s'efface ordinairement dans la région cervicale et disparait bientôt après. Les faces latérales de la moelle n'offrent rien de bien remarquable ; elles sont un peu moins lisses que les faces antérieures et postérieures et présentent un grand nombre de petites fentes longitudinales. Les points d'émergence des racines nerveuses seront décrits plus loin d'upe façon spéciale.