ART. IX. — CERVELET
Le cervelet est rattaché de chaque côté, comme nous l'avons déjà fait voir, à trois pédoncules qui sont de dehors en dedans :
1° Les pédoncules cérébelleux moyens, crus cerebelli ad pontem;
2° Les pédoncules cérébelleux inférieurs, pedonculi cerebelli;
3** Les pédoncules cérébelleux supérieurs, crus cerebelli ad corpora quadrigemina^ Bindearm,
Dans la figure S4, /, A, /, montrent d'une façon très-nette comment le pédoncule cérébelleux inférieur se glisse entre les deux autres et comment ensuite les trois cordons montent vers le haut et pénètrent dans le cervelet. Bien qu'il y ait encore sans contredit quelques autres voies par lesquelles arrivent au cervelet les faisceaux nerveux
PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX. 89
placés SOUS sa dépendance, ce sont cependant là les trois voies principales. Les pédoncules cérébelleux moyens [crus cerebelli ad pontem) sont formés d'une part par de simples fibres commissurales reliant entre elles les deux moitiés du cervelet, et, d'autre part, par des fibres qui viennent des ganglions cérébraux par le pédoncule cérébral et ont probablement pour fonction de transmettre au cervelet les impulsions volontaires.
Les pédoncules cérébelleux supérieurs (Bindearm) relient, en s'entre-croisant, l'écorce du cervelet à celle du cerveau, ou, pour mieux dire, à la couronne rayonnante, car la terminaison précise de leurs fibres dans l'écorce cérébrale est encore inconnue.
Le pédoncule cérébelleux inférieur se compose de deux parties : Tune' sensible (funiculus gracilis et cuneatus) amène très-probablement au cervelet des impressions sensibles de la périphérie; l'autre motrice [corpus restiforme) se rend au cordon antérieur de la moelle [fig. 60 et 61) et conduit sans aucun doute des impulsions motrices directes du cervelet à la périphérie.
Ces vues sont celles qui sont acceptées jusqu'aujourd'hui. Nous donnerons plus loin, en parlant de la moelle allongée, quelques nouveaux aperçus sur cette question.
Nous ne pouvons pas ici faire la description de la surface extérieure du cervelet avec tous les détails qu'en a donnés Stilling dans ces derniers temps. La signification physiologique et pathologique des circonvolutions du cervelet étant d'ailleurs encore inconnue, nous nous limiterons aux faits les plus importants.
On distingue dans le cervelet deux parties : une masse médiane, le vermis^ qui représente à la fois le centre- de tout l'organe, et deux masses latérales, les deux hémisphères. Chez l'homme .les hémisphères sont de beaucoup les plus développés, de sorte que le vermis est comparativement petit aussi bien comme masse que comme étendue. Mais déjà chez le singe les hémisphères commencent à diminuer, le vermis proémine en avant et en arrière ; et plus nous descendons dans Téchelle des vertébrés, pins l'organe entier prend la forme d'une circonvolution allongée striée transversalement, qui représente seulement le vermis, tandis que les parties latérales deviennent tout à fait rudimentaires.
Les cervelets les plus simples, dans le type que nous venons d'indiquer, appartiennent aux oiseaux. Le cervelet de l'elster n'est pas autre chose qu'une circonvolution allongée d'avant en arrière, avec une infinité de petits sillons transversaux. Sur les côtés se voient
quelques petits plis très-peu développés et très-simples ; ce sont les restes des hémisphères latéraux des vertébrés supérieurs.
La figure 63 montre le cervelet du lapin et la figure 64 celui de rhypsiprymnusmurinus. Une étude plus attentive et la comparaison des différentes parties du cervelet dans la série mènent à la conclusion fort intéressante que cet organe est constitué d'après un même plan qu'on peut suivre, malgré toutes les variations de détails jusque dans le cerveau le plus développé. Nous ne pouvons dans cet ouvrage faire
Fig. 63 — Cervelet du lapin (*). Fig. ^.-^ Cervelet de rhy-
psiprymnus murinus (**) .
cette démonstration, et nous passerons de suite à la description de la conformation extérieure du cervelet de Thomme.
Le cervelet de Thomme offre deux hémisphères séparés par le vermis. Il est divisé en deux parties. Tune supérieure, Tautre inférieure, par un sillon horizontal très-profond qu'on voit lorsqu'on regarde l'organe par le côté. Ce sillon commence dans le point où le pédoncule cérébelleux moyen pénètre dans le cervelet {a, fig. 67). C'est le grand sillon horizontal, grand sillon circonférentiel de Vicq d'Azyr, sulcus horizontalis magnus [shm, fig, 65 et 67). Des deux lobes ainsi formés, l'inférieur dépasse en arrière le supérieur el s'aperçoit alors même qu'on regarde l'organe par en haut (fig, 65, Lip, Lobus in ferior poster ior).
A la face supérieure du cervelet [fig. 65), nous voyons sur la ligne médiane la partie supérieure du vermis qui se termine en arrière à la scissure marginale postérieure. Cette scissure est due à la saillie que forme de chaque côté le lobe inférieur postérieur. Sur les hénaisphères du cervelet se voient de nombreux sillons assez profonds, qui se dirigent en dehors et en avant et concourent à la délimitation de plusieurs lobes. Ces lobes sont à leur tour subdivisés par des sillons
(•) a, lobes latéraux (hémisphères) ; — u>, permis. (♦*) bf masses latérales (hémisphères) ; — w, Ycrmis.