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ART. I". — DES GANGLIONS DE LA BASE DES HÉMISPHÈRES

Nous dirons d'abord quelques mots des rapports réciproques des ganglions cérébraux ^t de leur configuration. Ces notions nous serviront à poser les bases des systèmes de projection.

1. Le corps strié [Streifenhugely corpus striatum^ nucletis coudatus) représente dans sa forme une courbe parallèle à celle des hémisphères et développée autour d'un axe fictif transversal qui passerait par les deux insula de Reil.

La partie antérieure constitue la tête ou grosse extrémité; la partie postérieure forme la queue. Le corps strié a toute sa face interne et supérieure dirigée vers l'intérieur du ventricule latéral ; la configuration générale de l'organe répond à peu près à celle de cette partie visible dans le ventricule: Il ressort de la forme même du corps strié que cet organe se présentera sous des aspects différents dans les différentes coupes du cerveau. Sur une coupe transversale passant très en avant, la tête du corps strié s'offre sous la forme d'un gros noyau [fig. 70, Cs). On n'aperçoit aucune partie de la couche optique, qui ne commence que plus en arrière. Mais si l'on fait une coupe à travers la partie la plus épaisse de la couche optique {fig. 69), le corps strié n'apparait plus à côté de la couche optique que comme une très-petite masse, parce que la section a porté seulement sur la queue de l'organe {Cs).

2. A la face externe du corps strié, et un peu vers le bas se trouve le noyau lenticulaire ou extraventriculaire {nucleus lentiformis, Linsenkem, fig. 69 et 70). II forme chez l'homme une masse grise très-développée offrant sur les coupes transversales la forme d'un triangle dont la base est dirigée en dehors et dont la pointe regarde en dedans.

Vue par sa face externe, cette masse ganglionnaire justifie bien par sa forme la dénomination de noyau lenticulaire {fig. 71). Mais sa forme est rendue irrégulière par ce fait qu'en avant, du côté du lobe frontal, le ganglion est beaucoup plus épais qu'en arrière ; il rappelle

GANGLIONS OPTO-STRIÉS.

SOUS ce rapport la forme du corps strié. Le bord postérieur est aminc et se termine par une arête dentelée, sauf à sa partie postérieure

Fig. 69. —Sckéma d'une coupe transversale de l'hémisphère céré/iral, au niveau de la couche optique (").

plus reculée. En avant la tète du corps strié et la grosse extrémité

(') — Cf, eoppi «trié {do.»u eaudé qu intnnenlricglaire) : - TA, concbo optique ; - L, noyiia lentieulain (Doy. ciImeutricuLaire) du corps strié ; — V, ïvnnt-mur ; — ), écorce de l'ipsuli ; — g, fibres dneorpl eslLeui; — a, couranne rayonnante du corps slrié; — /, couronne ra]Onoante de la couche optique ; — 6, raisceani supériïura de la nuronoï rajonnanle du noviu lenticulaire ; — d, fuiioeaui inrérienrg du même noyau.

du noyau exlraventriculaire sonl Irès-rapprochées l'une de l'autre {fig. 70), et sonl séparées par une bande de substance médullaire ■ blanche (Ct). Mais celte séparation n'est pas complète, la substance blanche [a) est interrompue surtout dans sa partie inférieure par de petites traînées de substance grise ; à leur base, les deux ganglions sont même tout à fait réunis dans cette région. L'opinion que le corps strié et le noyau lenticulaire forment un seul et même organe aussi bien au point de vue anatomique qu'au point de vue physiologique-

Fig. 70. — Coupe de la région frontale d'un ctrveau d'enfant {au niveau de ta tête ducorpa alrié{').

n'est par conséquent pas invraisemblable, surtout si l'on considère les connexions des deux organes avec les pédoncules cérébraux. Celte union des deux ganglions {fig. 56, p. 77) apparaît lorsqu'on les sépare de la base du cerveau. On les trouve alors réunis ensemble, quelques rares faisceaux blancs coupés en travers marquant seuls la ligne de séparation {/îg. 56, z). La masse blanche C {/ig. 70), est la capsule interne, innere Kapsel, capsula interna. Elle sépare [/ig. 70) le noyau extraventriculaire, en avant, de la tête du corps strié, et en

O — Ct, torpi tlriè (noju! aaât ou ie

GANGLIONS OPTO-STEUÉS. 103

arrière de la couche optique {fîg. 69). La capsule interne conserve dans toute son étendue sa même direction de bas en haut et de dedans en dehors*; elle constitue un système très-imporfant dans lequel se distinguent de nombreuses catégories de fibres.

Sur une coupe transversale, le noyau eitraventriculaire ne présente pas l'aspect gris homogène du corps strié. Il est parcouru par deux sortes de faisceaux blancs, les uns verticaux: {latnins meduUares), divisent l'organe d'une façon très-visible en trois segments : un segment interne, un segment moyen et un segment externe. Le segment externe et la face antérieure du ganglion sont limités extérieurement par un feuillet blanc [fig. 69), la capsule externe [aeussere kapsel, capsula externa)^ qui est en rapport ellemême en dehors avec une masse ganglionnaire grise, étalée en lamelle et offrant sur la coupe

l'aspect d'une bandelette ver- ' ' '"'

ticale très-étroite [fig. 69, V).

Plus extérieurement encore se voit une nouvelle couche blanche qui n'a pas reçu de nom, et qui se trouve en rapport avec l'écorce de l'insula de Reil.

n ,. - 1- Fie. 71, — Coros strié et noiiau letiticulaire

Cette masse grise, ganglion- ^ ^^^^ J,^„, et en mors C). naire, interposée entre le noyau

extraventriculaire et l'écorce porte le nom d'avant-mur { Vormauer). Nous ferons observer de suite qu'entre la face externe du noyau extraventriculaire, l'avant-mur et l'écorce de l'insula, il n'y a pas de fibres commissurales, et qu'on peut énucléer le noyau extraventriculaire de la capsule externe sans intéresser la surface du ganglion.

Nous avons dit précédemment que le noyau extraventriculaire est divisé en trois segments par des cloisons de fibres verticales. Chacun de ces segments est lui-même parcouru par une seconde catégorie de fibres transversales (voir/î^. 76), qui sont les prolongements des fibres du pédoncule cérébral, tandis que les lames médullaires verticales peuvent être considérées comme provenant de la couronne rayonnante ; elles arrivent au noyau par en haut. Les fibres transversales sont au reste beaucoup plus rares dans le segment externe que dans le segment interne et moyen. L'ensemble de ces deux derniers

segments a même reçu en raison de son aspect blanc le nom de globus pallidus.

Il n'est presque plus nécessaire maintenant de parler des rapports réciproques du corps strié et du noyau lenticulaire, La figure 71 montre les deux ganglions par leur face externe, la capsule externe et les faisceaux de la couronne rayonnante ont été enlevés sur toute la longueur du bord supérieur. Les faisceaux de fibres ascendantes recourbées [a) appartiennent au corps strié, la bordure de libres sectionnées également.

3. La couche optique était, il y a fort peu de temps encore, la partie du cerveau la plus obscure. Aujourd'hui, quoique bien des points restent à éclaircir, on commence cependant à mieux connaître ce ganglion, et cela grâce surtout aux recherches de Meynert. Comme le corps strié, la couche optique a, d'une façon générale, la forme d'une masse courbe développée autour d'un axe transversal qui passe par les bras des tubercules quadrijumeaux inférieurs et supérieurs. La branche antérieure de la courbe est beaucoup plus longue que la postérieure, et c'est en arrière, aupulvinar, que le ganglion offre sa plus grande largeur. Lorsqu'on regarde la couche optique par la face située dans le ventricule moyen , la partie antérieure paraît être la plus épaisse. Mais ce n'est là qu'une apparence ; cette partie est, au contraire, la moins développée, par la raison qu'elle n'arrive pas jusqu'à la base du cerveau. La couche optique est en rapport, dans sa partie antérieure, avec le bord interne du noyau lenticulaire [fig. 76) ; elle est séparée de la base du cerveau par un groupe de parties que nous décrirons bientôt. La surface interne est recouverte par la substance grise encéphalo-médullaire de Meynert (i?5Are/igr au centrale)] c'est ce qui fait que sans une préparation préalable on ne peut pas se rendre compte de la hauteur de la partie antérieure. On a remarqué depuis longtemps dans la couche optique plusieurs amas de substance grise assez distincts; c'est ainsi qu'on a décrit un noyau supérieur, un noyau interne et un noyau postérieur. Meynert a montré qu'il ne s'agit pas ici de noyaux de structure et de signification différentes, mais qu'en réalité une même masse grise forme tout l'organe, et que cette apparence de segments est due simplement au mode de distribution des faisceaux de fibres qui pénètrent ou qui sortent de la couche optique. — Au reste, la configuration de la couche optique ressort déjà assez clairement des explications et des figures schématiques que nous avons données jusqu'ici. Lorsque l'on regarde les gros ganglions par leur face externe, on ne voit de la

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couche optique qu'une partie proéminant en arrière, le pulvinar. liOrsqu'oii les regarde par leur face interne, après avoir enlevé les tubercules quadrijumeaux et les pédoncules cérébraux, on aperçoit tout d'abord à la partie postérieure [/îg. 72) une grande surface de section. Sur celle-ci se voient, à l'examen le plus superficiel, trois parties : en bas, Vêlage inférieur ou pied du pédoncule cérê- ' bral, pédoncule cérébral proprement dit [a] ; au-dessus, la sub-

Fig. 72. — Face interne de la couche optique et du noyau caudé {').

stance noire de Sômmering {b); pins haut enfin (c), la coupe de Vétage supérieur du pédoncule^ la calotte formée de fibres qui se rendent à la couche optique. La face interne de la couche optique n'est nettement séparée de la face supérieure qu'en arrière par les freins de la glande pinéaJe {d). La face interne tout entière est grise (/); la surface supérieure est lilanche ; cette couche blanche superficielle s'étend aussi en avant sur la face interne du côté des piliers antérieurs {g) ; h est le pulvinar ; i la commissure antérieure ; k les corps nammillaires; l la coupe du chiasma. Enfin on voit en Cs toute la portion libre du corps slrié {noyau caudé ou întraventriculaire) ; le noyau extraventriculaire (lenticulaire) ne peut pas être aperçu. La ligne ponctuée (m) répond à peu près au contour de la partie inférieure de la couche optique.

Nous devons rappeler que la capsule interne {fig. 69) qui sépare imparfaitement, comme nous l'avons vu, le noyau caudé du noyau lenticulaire, se trouve située, en arrière, entre la couche optique et le noyau lenticulaire. Celle ca|)sule interne est le prolongement direct

0— a,^«, >urr«ede eeclion du pédoncule cérébral (s). d« la substapce noiro de Bœmmeriiig (A), ds Il CBloUe (e) ; — d, Itei-a àe la ^Unde pinéale ; — /, tace interne de la coucKe oplique ; — g, pilier

cbiuma optique; — O, corps slrié (novau Inlmentrîculaire) ) — m, li^e ponctuée mwquanl le eonbiBr da U partie inlérienre de la cuucbï optique.

du pédoncule cérébral, et elle se mélange en haut avec différents systèmes de fibres.

A ces trois ganglions il faut ajouter une quatrième masse grise, Yavant-mur [fig. 69). L'avant-mur, dont nous avons déjà parlé précédemment, est situé entre le noyau lenticulaire et Técorce de l'in- ■ sula, séparé du premier par la capsule externe, de la seconde par une bandelette de substance blanche. Enfin, nous devons mentionner / le noyau amygdalien [Mandelkeim^ nucleus amygdaleus). C'est une masse grise de la grosseur d'une amande, qui se trouve située àTextrémité du lobe temporal, dans la profondeur, sous la substance grise de la circonvolution de Thippocampe. Le noyau amygdalien est encore fort peu connu. Nous ne connaissons que quelques faisceaux de fibres qui aient des rapports avec lui. Un de ces faisceaux est la bandelette cornée qui parait du reste traverser seulement cet amas de substance grise pour se rendre à Técorce avoisinante.

Nous allons passer maintenant à Tétude des différents feuillets de la couronne rayonnante qui émanent des ganglions cérébraux.

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