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ART. II. — DES FIBRES DE LA COURONNE RAYONNANTE

[Fibres du corps strié y du noyau lenticulaire et de la couche optique.)

I. Fibres du corps strié (1). — On connaît plusieurs connexions du corps strié avec Técorce des hémisphères. Lorsque sur les cerveaux durcis dans l'alcool on enlève tout le corps calleux, on arrive sur un système de fibres radiées qui s'étend du lobe frontal au lobe occipital; ces fibres s'insèrent sur le bord supérieur externe du corps strié, depuis la tête jusqu'à la pointe de l'organe ; c'est le feuillet de la couronne rayonnante du corps strie\ figure 69, a; sur la figure 71, i, les fibres ont été sectionnées ; sur la figure 73, oo, elles sont préparées dans l'hémisphère cérébral.

Sur les préparations, ce feuillet paraît prendre son origine dans les parties corticales de la troisième circonvolution primitive (2), mais la chose n'est nullement certaine, car, avec la simple dissection, la séparation de ce feuillet d'avec les parties voisines n*est réellement possible que sur les bords du corps strié, et l'intrication des fibres, plus en dehors, dans Tintérieur de la couronne radiée, rend

(1) II s'agit ici seulement du noyau intraventriculaire ou noyau coudé. (Voir la note page 22.)

(2) C'est-à-dire de la première circonvolution frontale, ei du lobule pariétal supérieur (nomenclature française des circonvolutions. (Voir ci -dessus, page 49.)

COURONNE RAYONNANTE. 107

illusoire toute recherche plus approfondie. On peut cependant admettre comme vraisemblable que, eu égard au plus'grand développement de la tête du coips strié, la partie du feuillet <}ui provient du lobe frontal offre une épaisseur notablement plus grande que les autres parties, et, conséquemment, qu'elle renferme une plus grande quantité de fibres.

Il existe, en outre, des libres qui se rendent du lobe olfactif au

Kg. 78. — Fibres de la counmne rayonnante du corps strié pré/arées par leur face interne (•)■

eoips strié. Ce fait est évident chez les animaux. Meynert dit l'avoir également constaté chez l'homme. Nous reprendrons celte question plus loin; nous ferons seulement remarquer ici qu'à notre avis le lobe olfactif et le bulbe olfactif n'ont rien de commun, et que, par conséquent, les fibres qui réunissent la moelle du lobe olfaclif à un

108 STRUCTURE DES HÉMISPafiRES.

ganglion cérébral, ont la même signification que les autres fibres de la couronne radiée.

Enfin dans le système de projection ùu corps slrié nous trouvons la bandelette cornée. Celle-ci forme un long faisceau à trajet fort singulier qui relie la tète du corps slrié à l'écorce cérébrale vers l'extrémité du lobe temporal. On la découvre très-facilement en enlevant répendyme dans le sillon de séparation du corps strié et de la couche optique et en éloignant les veines qui l'accompagnent. On voit alors un cordon blanc qui prend naissance à la tète du corps strié, longe le bord interne de cet organe, contourne l'extrémité postérieure de la couche oplique et pénètre dans la corne inférieure dont il suit la paroi externe dans toute sa longueur, pour aller se

Fig. 74. — Couronne rayonnante du noyau lenticulaire mise ùnv par aa face externe {d'après FovUle) {').

perdre dans le noyau amygdalten. Mais il est très-probable que ces fibres traversent le noyau de l'amygdale et vont se terminera l'extrémité du lobe temporal {fig. 73, p, partie supérieure de la bandelette cornée.)

II. Fibres du noyau lenticulaire. — De même que pour le corps slrié, les connexions du noyau lenticulaire avec l'écorce du cerveau sont beaucoup plus développées dans les parties frontales et pariétales que dans les parties postérieures. De toute façon, le bord supérieur du noyau lenticulaire reçoit dans toute son étendue un grand feuillet de fibres qui provienneiitde toute la longueur des hémisphères {fig. 69,A).

COURONNE RAYONNANTE

Lorsqu'on cherche par la dissection à préparer ce feuillet, en l'abordant par sa partie supérieure, on tombe précisément dans la région b

Fig. 75, — Schéma des fibres de la couronne rayonnantede la coucke optique (').

sur des difficultés notables, à cause de l'intrication des fibres. On obtient raremenidans ce pointdespréparations réellement démonsira-

(•)-<i,c«ch«o|)liqi.ai-6,eorp.

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le optique);-.

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ilO STRUCTURE DES HÉMISPHÈRES.

tives. Mais on voil (l*aulunt mieux sur des coupes que des faisceaux importants de fibres pénètrent dans les parties supérieures du noyau lenticulaire. La figure 76 représente la section transversale du noyau lenticulaire chez Thomme. On voit en a eX en b des faisceaux appartenant à la couronne rayonnante qui pénètrent dans le noyau lenticulaire. Ils ont la même direction que les fibres verticales blanches précédemment décrites, il est plus facile de mettre le feuillet à découvert par son côté externe {fig. 74).

D'après Meynert, l'écorce de l'insula de Reil envoie aussi au noyau lenticulaire des fibres qui ont certainement une grande importance dans la fonction de la parole. Ces fibres se recourbent autour du bord supérieur du noyau lenticulaire, et se rendent au ganglion par cette voie avec les autres faisceaux. — Enfin, nous avons à signaler des fibres ascendantes, venant du lobe temporal, qui pénètrent dans le noyau lenticulaire par son bord inférieur {fig. 69, d).

III. Fibres de la couche optique. — La couche optique a différentes connexions avec Técorce du cerveau. Ces connexions ont toutes une même signification anatomique {système de projection du premier ordre, ou fibres cortico-optiques), mais leurs dispositions sont trèsdiverses.

\. — Il faut mentionner en premier lieu un feuillet très-développé, disposé d'après le type précédemment décrit pour les feuillets du corps strié et du noyau lenticulaire. Ce feuillet [fig. 7o) met la couche optique en relation avec toute la longueur des hémisphères. Il est tout aussi impossible de dire à quel territoire de l'écorce se rendent ces fibres, qu'il nous a été impossible de le préciser pour les feuillets précédents; Tintrication des fibres dans la couronne de Reil ne peimet pas de les suivre d'une façon distincte du côté de l'écorce. Dans ce feuillet (en /, fig. 69) se voient quelques points où les fibres sont particulièrement abondantes et serrées. La figure 75 représente le schéma de l'ensemble de ce feuillet dont on peut classer les divers groupes des fibres en trois masses.

A. La racine antérieure de la couche optique [Vordrer Stieldes Sehhûgels) (fig. 7o, hh). — Ce faisceau très-volumineux provient du lobe frontal, il passe entre la tête du corps strié et le noyau lenticulaire, et pénètre dans la partie antérieure de la couche optique, où il concourt à former la capsule interne [fig. 70, a). Dans la couche optique, ce faisceau se disperse en rayonnant ; on peut le suivre très-loin dans l'intérieur du ganglion, sur des coupes longitudinales. Sur les coupes transversales de la partie antérieure de la

COURONNE RAYÛMNAHTE.

couche optique, on trouve toujours une région où se voient de nombreux et gros faisceaux sectionnés en travers {fig. 76, /). Ces faisceaux forment la partie la plus importante du feuillet corticooptique de la couronne rayonnante; le resle de ce feuillet n'est

Fig. 76. — Coupe iransversUle de la partie antérieure de la couche optique et du noyau lenticulaire (*).

plus qu'une simple lamelle semblable au feuillet du corps strié

{fig. 75, «■).

B. Si le faisceau antérieur tire son origine des parties frontales, on peut dire que les faisceaux latéraux proviennent des parties pariétales de l'écorce. Meynert a décrit d'autres faisceaux ayant leur origine dans les lobes temporaux.

C. Les faisceaux optiques de Gratiolel, Gratioletschen Sehstrahlungen [fig. 75, kk). — Ces faisceaux forment la partie la plus

(*) — a, (tûoean de U

langiludiul de U «IMle (hiul

-ajiHiDBnle du corpi ilrit {doiiu lentlcuUire); — c, coupe <

du pilier

.cplacte

Ipsula i - (f. fcorce ((riie de l'iniuli ; - *, atuit-mur; -

■ *, qna-

M>upe de I> putie anUrleurï d« Il couche oplique, dam la q

uellepé-

1 cDuclie ; — m. capsule inlerne ; — «,o,p, legmeota intcput

1, moyen

; — î,capiule<.leriie; — r, «mas qui donne naiManlB an

r.ii«au

rommii-

ii2 STRUCTURE DES HÉMISPHÈRES.

postérieure de la couronne radiée de la couche optique. Ils se dirigent en bas dans la région temporale, et en arrière dans la région occipitale. Lorsqu'on enlève l'épendyme sur la paroi externe de la corne inférieure, on rencontre d'abord un stratum de fibres se dirigeant obliquement de haut en bas, c'est le tapetum [Balkentapete)\ infimédiatement au-dessous du tapelum on rencontre une autre couche de fibres qui prend son origine au pulvinar de la couche optique, se dirige en bas et en arrière, et se rend manifestement à l'écorce des lobes occipitaux et temporaux. Le point d'origine de ces fibres au pulvinar n'apparaît bien nettement que lorsque l'on a complètement enlevé la bandelette cornée. Ces faisceaux optiques, nommés ainsi à cause de leur point d'origine sur le pulvinar où se termine la grosse racine de la bandelette optique, ont été divisés par Meynert en deux couches :

a. La couche la plus superficielle se dirige en avant et en bas, et se rend à l'écorce du lobe temporal.

b. La couche profonde a la même direction que la superficielle dans une certaine étendue, mais ensuite elle se recourbe en bas et en arrière, et se rend aux couches corticales du lobe occipital.

Ces faisceaux ont sans aucun doute des relations avec le nerf optique et ses fonctions centrales. Au point de vue anatomique, ils sont tout à fait les analogues des faisceaux radiés antérieurs et latéraux de la couche optique. Il est facile d'ailleurs de montrer leur trajet sur les prépara tions> tel que cela est représenté figure 75.

Les régions de l'écorce, d'où partent ces faisceaux optiques, ne peuvent pas être nettement précisées. Avec Meynert, on peut admettre d'une façon générale que les faisceaux descendants viennent de récorce des circonvolutions fusiformes et linguales (formant les deux circonvolutions occipito-temporales), et que les faisceaux qui se dirigent en arrière émanent du voisinage du sillon de l'hippocampe.

2. — Racine inférieure de la couche optique. Unterer Siiel desSek- ^%^/5(Meynert). — Le trajet de ce faisceau n'est pas facile à saisir; et il est nécessaire, pour le comprendre, de jeter d'abord un coup d'œil sur la base de l'encéphale. Si nous envisageons [fig. 77) les parties de la base du cerveau en cherchant à nous rendre compte de la situation réciproque du corps strié et du noyau lenticulaire, nous voyons en^ poindre la tête du corps strié ; tout à côté, en /, se trouve la face inférieure du noyau lenticulaire, qui a sa grosse extrémité dirigée en avant, et sa petite extrémité dirigée en arrière. Derrière le noyau len-

COURONNE RAYONNANTE

ticolaire, et à côté du pédoncule cérébral proémine en arrière le pulvinar de la couche optique, el, si nous nous figurons les deux ganglions du corpsstrié transparents, le contour de la couche optique sera repré-

K(. n. — Base de Vencipliale et schéma des rapports de la couche optique H des corps striés {'y

noté par la ligne qqq. Le pédoncule cérébral pénètre dans le noyau lenticulaire et le corps strié sur la ligue SS ; cette entrée est masquée

ttomilM tilBrne; — d, piiltlnir; — /, face inférieuri: du na]lu lenliculaire; — ç, ISU du noï»u luiU;— i, chiumt opliquei — i, corps mamilllires ; — *, proluWranïB anouialre; — (, pjr>lùdsi— m, dIItbi; —h, cardons auiéro-laiéraui ; — a, racine inrérienre de la couebe optique; ftf , U(M paRelu<« indiqDut le canlaur de la couche optique ] — u, bindclettc optique.

Hraonuii. — SfBt. i

114 STRUCTURE DES HEMISPHERES.

par la bandelette optique (u). Lorsqu'on enlève la bandelette optiqae, on trouve immédiatement au-dessous un cordon transversal à peu près paralèlle à la bandelette optique, c'est la substance innommée de Beil, Vanse pédonculaire de Gratiolet. Meynert a décrit quatre couches à cette anse. Le trajet et la terminaison de la première (la plus profonde}, de la troisième et de la quatrième (la plus superficielle, c'està-dire la plus inférieure] de ces couches sont très-bien établies; on reste dans le doute pour la deuxième. Nous ne décrirons provisoirement que la quatrième et la troisième couche [k et i, /îg. 76), c'est-àdire les deux couches les plus superficielles (les plus inférieures).

Fig. 7?, — VaroU latérules du ti'Oisième ventricule [face intei-ne de la-eouckewlîipt et de la tête du noyau caudé) (').

Nous considérerons d'abord ces deux couches comme formant uji seul faisceau représenté par le cordon o {fig. 77).

Ce faisceau est coupé en o; la portion retranchée fait partie de la couronne rayonnante et provient de l'écorce de la scissure de Sylvias, sans qu'on puisse d'ailleurs préciser davantage son origine. La partie visible sur la ligure 77 se dirige en dedans, gagne le bord interne dii noyau lenticulaire, puis le faisceau se courbe brusquement aulwr du pédoncule cérébral, se dirige vers le haut, et apparaît à la face interne de la couche optique sous forme d'un faisceau à- trajet ascendant {fig. 78, b). Il est recouvert par le pilier antérienr de

>', gludc plntelc;— t.li-

COURONNE RAYONNANTIî:. H5

la voûte (rf), par l'épendyme ventriculaire, et enfin par la substance grise qui tapisse la face interne de la couche optique [substance grise encéphalo-médullairé). On peut précisément en ce point le mettre facilement à découvert au moyen d'une préparation faite avec quelque précaulion. Si nous coupons la couche optique suivant la ligne xx ifig. 78), comme le montre à peu près la figure 76, nous voyons le faisceau en question [ik] longer la face inférieure du noyau lenticulaire, puis se relever en contournant le pédoncule, en dehors du pilier antérieur du Irigone (c) et pénétrer dans la couche optique. On voit facilement que cette entrée dans la couche optique se fait dans une partie située en dedans de celle dans laquelle nous avons vu disparaître la racine antérieure de la couche optique (/). Meynert divise cette racine ou pédoncule inférieur en deux couches parallèles. La couche profonde (3* couche de la substance innominée, e, fig, 76), pénètre directement dans la substance grise de la couche optique (noyau interne de la couche optique); la couche superficielle (4° couche de la substance innominée, k, fig. 76), se continue avec le stratum zonale delà couche optique qui donne au ganglion sa couleur blanche, et ne gagne la substance grise de la couche optique que par l'intermédiaire des fibres de ce stratum zonale [fig, 76, k et i).

La racine inférieure de la couche optique met par conséquent, par un trajet très-compliqué, l'écorce de la scissure de Sylvius en con^ nexion avec la couche optique. La signification physiologique de cette connexion nous est encore inconnue.

3. — Racine supérieure de la couche optique [Obérer Stiel des Thalamus^ Meynert). Pour comprendre ce faisceau, il faut nous reporter aux piliers antérieurs de la voûte. Nous savons que ces piliers se rendent à la base du cerveau, aux corps mamillaires. Ces derniers offrent dans leur intérieur un peu de substance grise; aussi Meynert les décrit-il avec raison comme des ganglions. Les piliers antérieurs passent d'abord derrière les tubercules mamillaires, ils les contournent ensuite en passant au-dessous d'eux, puis ils se redressent en se dirigeant en dehors et vont pénétrer dans la couche optique dans laquelle ils offrent un trajet oblique en haut et en dehors [fig. 78, c).

Ils évitent ensuite par une légère inflexion externe le faisceau de la racine inférieure de la couche optique (i), et gagnent le tubercule antérieur de la couche optique en passant entre les fibres radiées de la racine antérieure. On est en droit de rapporter ces faisceaux au système de projection du premier ordre, par cela même que le trigone prend son origine à la corne d'Ammon, et par

116 STRUCTURE DES tl ËH ISA ÈRES.

conséquent contient des Tibres qui font communiquer l'écorce avec un gros ganglion cérébral (couche optique].

Ce que nous venons d'exposer résume à peu près tout ce qu'on connaît de positif sur les feuillsts rayonnes de la couche optique. Nous aurons un nouvel aperçu des irradiations latérales en faisaul une coupe de la couche optique un peu plus en arrière, là où le corps genouillé externe se détache du pulvinar.

Surlaflgure79,quîreprésentecettecoupe, onvbitenmlesfaisceaui

Fig. 79. — Coupe transversale de la partie postérieure de la coiuhe optique {'].

. qui pénètrent par la face externe dans la couche optique ; leur direction oblique fait qu'ils sont coupés en o. On les voit passer traDsversalement à travers la substance grise de la couche optique, et se rendre & un noyau situé dans l'intérieur, le centre médian de Luys. Nous reviendrons plus loin sur le trajet de ces faisceaux. On mit encore sur cette coupe une partie de la bandelette optique pénétrant

(*) — a. ganglioa d« l'habicule; — b, bmiJelelUa qui pirleul <l« ce giaglioa; — e, budslctti IMgitudlDa1« postérieur; (dile i Urt Iraclui acou'lif ie>) ; — rf, pédoncule etrtbelleut «nptrraar;f, BDbilsoce nnirc de SÛmmcrlog; — g, coupe du pfdoocula ctrébnlj — h. Gbm du pUimait

COMMISSURES INTERHÉMISPHÉRIQUES. il7

dans la couche optique en k. Les fibres de cette bandelette se diri-: gent aussi du côté du centre médian, mais elles sont plusieurs fois interrompues par des fibres qui les croisent perpendiculairement (/?), et que Meynert considère comme les origines des fibres de l'étage supérieur du pédoncule cérébral.

Nous arrivons maintenant à l'étude des commissures.

ARTICLE III. — COMMISSURES INTERHÉMISPHÉRIQUES. {Corps calleuLx; commissure antérieure ^ commissure postérieure,)

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