CORPS CALLEUX
glions que l'on peut établir réellement la distinclion entre ces der* nières fibres et celles du corps calleux.
Mais on Toit bientôt, d'une façon très-précise, lorsqu'on descend plus profondément dans l'intérieur du corps calleux, que ses fibres cotnmencent à s'infléchir vers le bas, en croisant celles de la couronne radiée, et qu'en définitive elles se rendent à toutes les circonvolutions situées audessus de la scissure de Sylvius {fig. 69). Si Ton dissèque et si l'on coupe toutes les fibres ascendantes, dans la ligne z par exemple
{fig. 80), on a des pré- «•
parafions semblablesà (.
celles que Foville représente dans son atlas, et sur lesquelles il a fondé son opinion que le corps calleux est en partie une commissure entre les fibres des pédoncules cérébraux.
En arrière la signification des fibres est plus difficile à établir.
Nous avons vu que P'S- si. — Coupe lie la partir postérieiii-e du corpi
dans cetle région le '""''^ '-*>■
corps calleux est formé par deux feuillets superposés. Le feuillet supérieur envoie des fibres en haut, en arrière, et en dehors; toutes ces fibres s'entremêlent intimement avec celles de la couronne radiée. Mais il envoie aussi, comme on peut facilement le constater par la dissection, des libres vers le bas ; ces fibres longent presque verticalement, en formant un épais faisceau, la paroi externe de la corne postérieure du ventricule ]aiéra\ {fig. 81). Ce feuillet pénèlre ensuite plus profondément vers le bas et se répand dans les parties postérieures du lobe temporal; un certain nombre de fibres se recourbent même en avant et vont jusqu'à la pointe du lobe temporal. Le feuillet situé
{•, — a, huillcl lupsrOiiiel du corpi itllcui; — b, r«yillel profuna du bourrclcl du corps cai]ein; —
i20 STRUCTURE DES HÉMISPHÈRES.
plus profondément {b^fig. 81) a une destination semblable. Il descend en émettant des fibres en dedans, forme la paroi interne de la corne postérieure (c), et revêt notamment les circonvolutions moyennes du lobe temporal, de fibres commissurales.
Ces deux feuillets, qui tapissent la corne postérieure et la partie avoisinante de la corne inférieure, forment ce que Ton a nommé le tapetum du corps calleux (Rejl). On voit bien que de cette façon toutes les parties des hémisphères sont recouvertes de fibres du corps calleux ; ce sont les parties antérieures du lobe temporal qui en possèdent le moins. Elles ont une commissure toute spéciale dont nous parlerons bientôt.
Nousavonsconsidéré jusqu'ici le corps calleux comme une commissure entre leshémisphères. Autrefois les plus grands anatomistesont eu sur ce point des vues très-différentes. Sténon, Willis, et plus tardFoville, ont émis Topinion que dans le corps calleux pénétraient de chaque côté des fibres de la couronne rayonnante et du pédoncule cérébral ; de sorte que cet organe formerait une commissure entre les faisceaux qui de chaque côté vont de la moelle épinière au cerveau.
— Outre que la signification d'une pareille disposition serait incompréhensible, il faut encore reconnaître que les préparations de Foville ne sont nullement démonstratives. Aussi son opinion n'a-t-elie point été acceptée par les anatomistes modernes*.
Gratiolet a mis en avant une autre manière de voir. Il admettait que le corps calleux reçoit des fibres très-nombreuses de la couronne de Reil, et que ces fibres se rendent à l'écorce de l'hémisphère opposé.
— Le corps calleux formerait de la sorte une commissure entre les ganglions cérébraux d'un côté, et l'écorce cérébrale du côté opposé; il y aurait ainsi en définitive un entre-croisement des fibres venant de la moelle épinière. Gratiolet croit avoir vu cette disposition chez le singe. Meynert, malgré des recherches très-consciencieuses, n'a pu la retrouver.
Reil, Arnold, Owen, sont d'avis que le corps calleux n'est qu'une simple commissure entre les hémisphères, et qu'il n'a aucune connexion avec la couronne rayonnante et le pédoncule. Meynert, si compétent en pareille matière, se range à cette opinion ; il admet que le corps calleux relie entre elles les régions identiques de l'écorce cérébrale. De fait, on peut démontrer la chose, de la manière la plus évidente, sur les cerveaux des vertébrés inférieurs.