COMMISSURE ANTÉRIEURS. <2I
vis-à-vis des parties des hémisphères voisines de la base, un rôle analogue à celui que le corps calleux remplit vis-à-vis des régions supérieures. On peut direen effet que ces dernières reçoivent du corps calleux des libres plus nombreuses que les autres régions du cerveau . La commissure antérieure n'est libre que dans le milieu de son trajet entre les piliers antérieurs du trigone. Nous avons montré pré-
Fig. 82. — Disposition et rapport de ta commissure antérieure (•).
cédemment ses rapports avec les ganglions et les piliers sur diverses coupes longitudinales.
La commissure antérieure forme un faisceau très-apparent allant d'un côté à l'autre, vers la limite postérieure de la lête du corps strié dont elle traverse même une partie. Puis elle se dirige en arrière en décrivant une courbe arrondie, de sorte qu'elle prend la forme d'un fer à cheval dont la convexité est tournée en avant {Jig. 82). Les deux
branches du fer à cheval se rendent du côté de la pointe du lobe temporal ; dans ce trajet elles laissent leur empreinte sous forme d'une demi-gouttière sur la face inrérieure du noyau lenticulaire. Dans son ensemble la commissure antérieure, quand on la regarde par enbas, marche parallèlement à la bandelette optique ; Gratiolet a donné à la gouttière dans laquelle elle chemine le nom de canal de la commissure antérieure.
Les fibres de la commissure antérieure ne sont pas absolument parallèles, elles sont tordues sur elles-mêmes de telle façon que les fibres postérieures deviennent en définitive antérieures {fiff. 82). Ces fibres se rendent au lobe temporal et occipital, c'est-à-dire dans la circonvolution de Thippocampe, les circonvolutions linguiforme et fusiforme (les deux circonvolutions occipito-temporales), et dans la première, deuxième et troisième circonvolutions temporales. On peut suivre ces fibres avec une précision tout aussi grande en arrière, du côté du lobe occipital, comme Meynert Ta démontré d'une façon très-nette chez le singe.
Il n'est pas encore prouvé, comme l'admettait Fo ville, que la commissure antérieure envoie des irradiations à Tinsula de Reil.
Les rapports de la commissure antérieure avec les lobes olfactifs sont fort intéressants. Nous avons dit précédemment qu'au point de vue anatomique et physiologique, le lobe et le bulbe olfactif doivent être distingués l'un de l'autre. Nous avons montré qu'il existe chez les animaux, sous le lobe frontal, une saillie, le lobe olfactif {fig.U), laquelle porte un organe, le bulbe olfactif; ce dernier seul a des connexions certaines avec l'organe de l'olfaction. Il émet en arrière un épais faisceau blanc (tractus olfactorius) dont nous n'avons pas encore précisé la destination.
Du lobe olfactif part en arrière un faisceau distinct qui se joint à la commissure antérieure. On peut voir ce faisceau très-nettement chez tous les mammifères, sur des coupes transversales de la région frontale.
Les figures 83, 84 et 85, montrent des coupes moitié schématiques faites au travers du lobe frontal du chien ; a est le corps calleux , b le septum pellucide, c la tête du corps slrié, d le noyau lenticulaire, / la capsule interne, g le tractus olfactif. Sur la figure 83, qui représente la coupe la plus antérieure, on voit à la base de la tète du corps strié, en A, la coupe d'un faisceau arrondi, c'est le faisceau du lobe olfactif; on peut en effet le suivre très-facilement depuis son origine jusqu'à ce niveau.