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FIBRES DIRECTES DES PÉDONCULES

Cette région renferme donc plusieurs espèces de faisceaux appartenant à la couronne radiée. Le lecteur aura sans doute remarqué que dans la description des feuillets de la couronne radiée qui naissent des gros ganglions cérébraux, nous n'avons rien dit de la nature motrice ou sensitive de ces feuillets. Nous réserverons ces détails pour le moment où nous établirons la nature des ganglions eux-mêmes. Mais nous devons dès maintenant insister sur ce fait que les faisceaux occipitaux de la couronne radiée sont constitués bien certainement par des fibres sensitives et sensorielles. Le faisceau (suite de la partie externe des pyramides) qui vient de la moelle épinière sert sans aucun doute à la sensibilité générale ; les faisceaux autres, qui viennent des ganglions de terminaison des bandelettes optiques^ sont liés bien certainement aux fonctions visuelles. L'ordre de su<ïcession de ces faisceaux, en partant de la paroi externe du ventricule latéral, après l'ablation du tapétum, est le suivant :

1° Le faisceau du pulvinar {Jig. 87, m), radiatioiis optiques (terminaison du nerf optique) ;

2'' Le faisceau du corps genouillé externe (terminaison du nerf optique) (/?^. 87,/) ;

3** Le faisceau du corps genouillé interne (terminaison du nerf optique) [fig. 87, A) ;

4** Le faisceau du pédoncule cérébral. Celui-ci est le plus profondément situé, il offre ceci de remarquable qu'il se rend directement de la substance grise de la moelle dans les parties postérieures du

opposé du corps, et cela aussi bien pour la sensibilité générale que pour les sens spéciaux. Dans la découverte de ce fait de localisation, c'est la clinique et ranatomie pathologique qui ont ouvert la voie. Tûrck, de Vienne, a été le premier à constater dans quatre autopsies que lanesthésie de toute une moitié du corps avait été produite par une lésion de la partie postérieure de la capsule interne du côté opposé. Ensuite sont venues les observations et les nécropsies confirmatives de Jackson, de Charcot, de Vulpian ; puis les tiièses de Veyssière et de Virenque, qui ont analysé et présenté le tableau des cas les plus précis d'iiémianesthésie par lésion cérébrale (en dehors de Thémianesthésie des hystériques) et ont confirmé par des recherches expérimentales les données fournies par la clinique. Enfin, A.-F. Raymond a publié sur ce sujet (thèse, 1876) le travail le plus complet. De ces différentes recherches, il résuite av^oord'hui que Tabolition de la sensibilité de toute une moitié du corps, abolition persistante,, présentant les mêmes caractères pendant toute sa durée, a pour origine des lésions diverses portant soit sur la partie externe et supérieure de la couche optique, soit sur la partie postérieure du noyau lenticulaire, mais dépassant toujours la limite exacte de ces masses grises pour atteindre dans une certaine étendue la capsule interne ou la base de la couronne rayonnante de Reil ; que de plus une lésion siégeant uniquement dans la substance blanche de la capsule (A.-F. Raymond] produit cette même anesthésie. Par des vivisections sur les animaux, Veyssière a conQrmé ces résultats de l'observation clinique. En se servant d'un trocart capillaire muni d'un peUt ressort qui redressait sa pointe lorsqu'il était enfoncé à une profondeur déterminée^ il est parvenu à couper circulairement la partie postérieure de la capsule, et U a toi^urs produit ainsi, lorsque la section de cette partie de la couronne de Reii se trouvait complète, une anesthésie absolue aans la moitié opposée du corps.

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cerveau sans passer par un ganglion cérébral [fig. 88, d), La substance grise spinale joue par conséquent, à l'égard des conducteurs de sensibilité générale, le rôle d'un centre primitif, d'un ganglion sensible, comme les masses grises dans lesquelles les nerfs des sens trouvent leur terminaison première (1).

Nous devons encore parler ici de quelques faisceaux de la couronne radiée que nous avons simplement mentionnés lors de la description générale de la surface extérieure du cerveau.

d). Les bras des tubercules qûadrijumeaux supérieurs et inférieurs. — Ces faisceaux s'aperçoivent facilement quand on enlève la totalité de la couche optique et ses annexes, et qu'on poursuit les bourrelets visibles à l'extérieur qui les représentent. On ne peut pas prolonger la préparation très-loin dans la couronne radiée à cause de Tintrication des fibres, et il est actuellement impossible de dire dans quel point ces fibres vont se terminer.

b). Le pédoncule cérébelleux supérieur passe sous les tubercules

(1) Il ne sera pas inutile de rappeler ici les résultats de rexpérimentation sur les foncUons de l'axe gris de la moelle ; cet axe n'est pas seulement le centre des actes réflexes, il préside également à la conduction centripète; mais cette conduction présente ici des caractères tout à fait spéciaux. En eflet, les sections expérimentales faites sur la substance grise prouvent que cette substance grise ne conduit point les impressions sensitives par des voies anatomiquement préétablies, mais pour ainsi dire d'une manière indifférente. Ces faits singuliers, et qui renversent bien des théories, entre autres celle des conducteurs sensitifs spéciaux, ont été mis dans toute leur évidence par Vulpian. Ce physiologiste a montré, en elTet, que la moelle épinière peut transmettre à l'encéphale les impressions reçues à la périphérie, . même lorsqu'elle a subi des mutilations expérimentales considérables. S'il s'agit seulement de sections transversales^ ces sections peuvent diviser la moelle épinière dans une grande partie de son épaisseur, et dans un sens quelconque, sans interrompre la transmission des impressions sensitives, à la condition qu'une petite partie de la substance grise (une sorte de pont] ait été respectée par l'incision. Quel que soit le sens de l'incision transversale incomplète de la moelle, l'animal conserve incontestablement la possibilité de reconnaître le point du corps irrité, c'est-à-dire qu'il conserve encore des notions plus où moins exactes sur la position respective des diverses régions de son corps qui sont en relation, parleurs nerfs, avec la partie delà moelle épinière située en arrière du siège de la lésion.

n est impossible d'accepter, pour expliquer ces faits si remarquables, l'hypothèse qui voudrait que chaque parcelle d'une tranche transversale, passant par un point quelconque de la substance grise médullaire, contienne des éléments conducteurs en rapport avec toutes les fibres sensitives des nerfs naissant en arrière de ce point. On est donc conduit ainsi à se demandef si les impressions, arrivant dans la substance grise médullaire, n'y provoqueraient pas une opération physiologique spéciale, se produisant dans la région même qui reçoit l'impression, variant suivant le lieu d'où part rexcitatlon, suivant l'étendue de la région impressionnée, suivant le genre d'excitation qui donne lieu à l'impression périphérique. De cette opération physiologique résulterait une sorte d'impression centrale, médullaire, qui pourrait être ensuite transmise à l'encéphale par une voie quelconque, par un petit nombre d'éléments conducteurs comme par un plus grand nombre, et qui conserverait plus ou moins exactement, dans les éléments conducteurs, tous les caractères de forme, d'intensité, et jusqu'à une sorte d'empreinte originelle, permettant au sensorium de reconnaître le siège du point de départ périphérique de l'excitation qui a provoqué la formation de cette impression médullaire (Vulpian).

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quadrijumeaux, en s'enire-croisant avec celui du côté opposé, puis sous les. couches optiques (voir plus bas la description de la coupe transversale de la couche optique) ; il se divise ensuite en faisceaux qui se répandent en dehors du côté de la couronne radiée. On ne connaît pas leur terminaison dans Técorce.

2° — Fibres directes (motrices) du pédoncule cérébral à Vécorce cérébrale.

Nous avons fait remarquer précédemment déjà que Ton devait trèsvraisemblablement rattacher un quatrième faisceau aux trois faisceaux déjà décrits dans le pédoncule cérébral (faisceau du corps strié, du noyau lenticulaire, de la partie occipitale de l'écorce). Avec les méthodes actuelles d'investigation, on ne peut pas dire avec certitude s'il y a des fibres du pédoncule cérébral qui se rendent obliquement en haut et en dehors au travers de la capsule interne dans la couronne radiée, sans passer par les gros ganglions. Les préparations de fibres sur un espace un peu long sont toujours hasardées ; on ne peut être sûr de ces préparations que si l'on ne rencontre ni interruption ni entre-croisement des fibres. Or, précisément dans la partie supérieuredela capsule interne,rentre-croisement desfibres estsi complexe qu'on ne peut suivre ces fibres, ainsi que nous Tavons dit plus haut, que sur un espace fort court. Et cependant il existe de nombreuses raisons pour faire admettre l'existence de fibres ayant un pareil trajet.

D'une part, sur des coupes transversales, se trouvent des faisceaux coupés en travers qu'on ne voit ni se terminer dans un ganglion ni en émaner. Ces faisceaux sont situés toujours au bord externe du corps strié, et se dirigent eu haut du côté du lobe frontal. Mais ce n'est pas sur des coupes transversales qu'on peut démontrer la direction de ces fibres d'une façon bien nette.

D'autre part, Fritsch et Hitzig ont démontré que, chez le chien, il existe sur les parties latérales du lobe frontal une région dont l'excitation électrique provoque les mouvements isolés de muscles périphériques. L'extirpation de petites portions du cerveau dans cette région, et d'autres recherches analogues de Nothnagel, ont confirmé l'existence de centres psycho-moteurs directement reliés aux muscles de la périphérie. Mais cela n'est pas encore une raison suffisante pour admettre des fibres directes.

Gudden a extirpé chez de tout jeunes animaux toute la région correspondante du lobe frontal, et il a remarqué une atrophie notable de fibres dans la capsule interne.

ANSE PÉDONGULAIRË. 14i

Ces faits ne démontrent pas rigoureusement l'existence de fibres directes allant du pédoncule cérébral au lobe frontal, mais ils la rendent très-probable. Il existerait donc dans le lobe frontal un centre psycho-moteur, et les fibres qui s'y rendent auraient une certaine analogie avec celles qui vont directement du pédoncule cérébral au lobe occipital. Il faudrait admettre pour ces dernières un centre sensible et sensoriel (irradiations optiques) qui se trouverait peut-êlre en relation aussi bien par des voies directes que par des voies détournées avec le centre moteur du lobe frontal. Il y aurait lieu notamment d'attribuer ces fonctions de commissures au faisceau longitudinal supérieur ou arqué et à ses petits systèmes accessoires.

ART. VIL — SUBSTANCE INNOMINÉE (aNSE PÉDONGULAIRË

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