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ART. II. — TERMINAISON DES BANDELETTES OPTIQUES

Nous avons déjà donné quelques détails sur le trajet et la terminaison du nerf optique. Nous avons décrit :

a. Les racines qui vont au corps genouillé externe et au pulvinar.

b. Les racines qui vont au corps genouillé interne. Ce sont là les seules terminaisons visibles extérieurement à l'examen macroscopique.

A. — Quand on étudie la couche optique sur des coupes longitudinales, on voit la racine de la bandelette optique qui se rend au pulvinar, se séparer dans trois directions principales :

1. Un premier faisceau, le plus petit, se dirige en haut au-dessus et à côté du corps genouillé externe ; il se divise en un pinceau de fibres qui se mêle au stratum zonale de la couche optique. Cette disposition se voit souvent à l'œil nu sur des pièces fraîches.

2. Une seconde partie de la racine^ de beaucoup la plus considérable, passe sous le corps genouillé externe et pénètre dans Tintérieur du pulvinar. Ces faisceaux sont représentés dans la figure 79 et

15(> BANDELlilTTËS OPTIQUES.

92 en k. Ils accompagnent les faisceaux radiés de la couche optique ; ils sont croisés dans leur trajet par des faisceaux de la calotte, comme nous Pavons établi plus haut, et entrent probablement en relation avec ces deux sortes de fibres.

3. Une troisième partie des fibres pénètre dans le corps genouillé externe. Le trajet extérieur de ce faisceau se voit assez facilement chez rhomme et chez les animaux. Nous ne connaissons pas de fibres reUant le corps genouillé externe à la couche optique : nous ne connaissons que les fibres de la couronne rayonnante décrites plus haut qui mettent le corps genouillé externe en rapport avec l'écorce du lobe occipital.

Le pulvinar de la couche optique et le corps genouillé externe sont donc des organes analogues quant à leurs connexions avec le nerf optique ; il n'en est pas de même quant à leurs connexions avec d'autres parties des centres nerveux, nous ne connaissons, par exemple, pas de fibres allant du corps genouillé externe à la moelle épinière.

Le corps genouillé externe offre lui aussi, dans sa structure intime, la simplicité énigmatique des gros ganglions. Nous n'avons, du reste, de données un peu précises sur ces ganglions que celles fournies par Meynert. On voit dans leurs couches profondes de la substance grise et blanche alternant régulièrement, ce qui peut être rapporté au plissement en zigzag d'un feuillet de substance grise recouvert de chaque côté par de la substance blanche. On peut se représenter qu'un des feuillets de substance blanche renferme les fibres du nerf optique, que l'autre feuillet renferme les fibres de la couronne rayonnante, et que l'union des deux sortes de fibres a lieu dans rintérieor de la substance grise. On a de cette façon une théorie satisfaisante au moins sous certains rapports. Chez les animaux l'organe e^ construit au reste plus simplement.

B. — La seconde racine du nerf optique^ visible extérieurement, est celle qui va au corps genouillé interne. Chez l'homme cette racine n'atteint pas la grosseur de la racine du pulvinar. Ses fibres pénètrent toutes dans la masse grise du corps genouillé interne, qui n'offire pas de plissement de sa substance grise, comme le corps genouillé externe. Les fibres ressorlent du ganglion au pôle opposé et se rendent, après un court trajet, au tubercule quadrijumeau antérieur.hà tubercule quadrijumeau antérieur est par conséquent le point d'origine central de cette portion de la bandelette optique.

Vue extérieurement, la bandelette optique semble, il est vrai, dis-

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paraître dans le corps genouillé interne et s'y terminer ; dans tous les cas un fait est certain, c'est qu'elle subit une réduction de ses fibres dans l'intérieur du corps genouillé interne. Le faisceau qui va du corps genouillé interne au tubercule quadrijumeau antérieur est donc peu volumineux et échappe facilement à l'investigation. Il suit une direction oblique entre les bras des tubercules quadrijumeaux ; sa préparation macroscopique offre de grandes difficultés.

Meynert émet l'opinion, à laquelle nous ne pouvons provisoirement pas nous rattacher, que des fibres de la bandelette optique se joignent au bras du tubercule quadrijumeau postérieur, et se rendent par l'intermédiaire de ce bras au ganglion du tubercule quadrijumeau postérieur. De cette façon le tubercule quadrijumeau postérieur constituerait lui aussi un centre pour le nerf optique , à moins qu'on n'admette que ce faisceau ne fasse que traverser le tubercule posté- ^ rieur pour se joindre en définitive aux faisceaux de la calotte. Meynert né se prononce pas sur ce dernier point ; on ne pourra trancher la question que lorsque l'existence du faisceau lui-même sera tout à fait hors de doute.

Le corps genouillé interne a par conséquent une signification autre que le corps genouillé externe. Il est, à vrai dire, relié lui aussi à l'écorce du lobe occipital, mais il ne conserve pas ses fibres optiques, il les envoie au tubercule quadrijumeau antérieur.

Les régions où aboutissent les fibres du nerf optique et les connexions de ces régions sont par conséquent les suivantes :

1. Le stratum zonale du thalamus (connexions avec l'écorce du cerveau par la couronne rayonnante et la racine inférieure de la couche optique) ;

2. Le pulvinar de la couche optique (connexions d'une part avec l'écorce du lobe occipital par l'entremise des radiations optiques, et d'autre part avec la moelle épinière par les fibres de la calotte) ;

3. Le corps genouillé externe (connexions avec l'écorce du lobe occipital par les fibres de la couronne rayonnante) ;

4. Le corps genouillé interne (connexions d'une part avec l'écorce cérébrale par les fibres de la couronne rayonnante, et d'autre part avec le tubercule quadrijumeau antérieur par le prolongement de la racine optique) ;

5. Le ganglion du tubercule quadrijumeau antérieur (connexions d'une part avec un point non encore déterminé de l'écorce cérébrale par le bras du tubercule, et d'autre part avec la moelle épinière par le feuillet superficiel du ruban de Reil).

La figure 96 donne un aperçu des rapports du tubercule quadrijumeau antérieur el de la bandelette optique : a est le ganglion du tubercule quadrijnnieau aniérieur ; b son revêtement blanc extérieur ; c le pulvinar ; d les irradiations de la couronne rayonnante dans la couche optique ; f est le bras du tubercule quadrijumeau antérieur qui pénètre en partie dans le slratum zonale, en partie dans le ganglion, et s'entre-croise avec son congénère au pôle opposé ; ce fais-

Fig. 98. — Rapports des tubercules quadrijumeaux <mlé)ieart et de la tandtUU

optique (*).

ceau est coupé en /, il formera plus tard le feuillet superBciel du ruban de Reil ; g est le corps genouillé interne, qui est relié an IDbercule quadrijumeau antérieur par le faisceau A, prolongement du faisceau optique qui pénètre dans le ganglion ; k est le bras du fube^ cule quadrijumeau postérieur, coupé obliquement dans son trajet; m est la coupe transversale du pédoncule cérébral ; n est la ban(klette optique, remontant obliquement ; o le corps genouillé ezteriM

(')a, guglisn du lubereuLe qnadrijuDiuu antérieur; — 6, alntam iodiIc da ta guiglSm j — c, pallinar de la coushc oplique ; — d, eouroune ravonuanU de la eovcbï oplique ; — f, bru ie laW-

BDtérieur par [«[aisettu h; — II, bru du tube quadrijumeau pwtérieiir; — !, coupa du renïUel »pa- Bciel du ruban dE Reil (faisant suite au bras du lubeccuJe quadrijumeau aatériaDr); — m, coape h pédDncDie cérébral ; ^ o. ecupe du corpi genouillé eileme ; — p, pédoncule cér«bell«u tupArian; ■ ■ ' leSyMu ...

COBPS GENOUILLËS. 139

avec ses stralifications caractéristiques ; p est le pédoncule cérébelleux supérieur ; q la substance noire de Sômmering ; s l'aqueduc de Sylvius ; t est le noyau de l'oculo-moteur commun et du nerf pathétique ; u le faisceau longitudinal postérieur de la calotte (faisceau acoustique) ; v est le faisceau de la calotte provenant de la couche optique.

Kn regardant la figure 97, on se rendra compte que toutes ces par lies peuvent être vues sur une même coupe, passant par la ligne a. Cette coupe passe au travers des corps genouillés externes, du pulvinar, du

corps genouillé in- "

terne, des bras ' . des tubercules qua- ir drijumeaux, du tubercule quadriju- * meau antérieur, \' enfin du pédoncule cérébral. \ .

Chez les animaux les choses se pré- ■^' ' sentent sous certains rapports d'une ^"^ ' manière un peu dif- v-férenle. Cette difiérence provient surtout de ce que la

irrandeur relative ^^^- ''•" Face postérieure du bulbe et de t'isthmt de •* rencéphale (•).

des parties auxquelles aboutit la bandelette optique présente de ^andes variatiooi. Chez l'homme la couche optique offre une très-grande laideur à sa partie postérieure, le pulvinar. Le corps genouillé externe est trèspetit et caché sous la face inférieure du pulvinar ; il ne fonne souvent qu'une légère émioence à peine appréciable. Le corps genouillé interne est une petite saillie située dans l'angle rentrant compris entre le pulvinar et les bras des tubercules quadrijumeaux. Les tuber-

(*) Cette figor» «1 dnliiiée i lenlr de repèrt pour les eéries ie coupei IniuTemlH de celle région ; — ' la ligna a Endique \f. point ou est hits la coupe repr^aentéP fl^. 06 y — iei lignée 1, 11, 111. IV, T, etc., indiqacDt lat niTeaui correapandanL aui coupea qui eeroQL eiudi^ee ci-après i^l- ^^t ^^>

cules quadrijumeaux eux-mêmes, tout en ayant chez rhomme une grosseur assez notable, sont de petit volume, comparativement aux couches optiques.

Chez les animaux ces rapports sont tout autres. Le singe offire de grandes ressemblances avec l'homme ; les carnivores par contre ont un corps genouillé externe relativement très-grand, placé à la face externe de la partie postérieure de la couche optique, et séparé d'eUe par un sillon extérieur peu profond. De même, le corps genouillé interne est très-développé. Les deux ganglions sont encore plus volnmineux chez le mouton et le cheval. En même temps la couche optique diminue proportionnellement, elle ne forme plus qu'un rudiment d'organe chez les carnivores, et chez le cheval et le mouton elle a presque complètement disparu. Chez les mammifères les plus inférieurs^ elle n'existe plus du tout, et le corps genouillé externe est relativement encore plus volumineux; il se .trouve placé très en avant et au-dessus de la couche optique, comme l'ont prouvé les recherches minutieuses de Forel.

Nous devons rappeler ici ce que dit Meynert de la strucTture du corps genouillé externe chez l'homme et chez le singe. Ce corps se compose de couches alternatives de substance blanche et de substance grise, faciles à apercevoir chez l'homme et chez le singe. Chez les animaux moins élevés, cette disposition est moins nette, cependant on peut la démontrer encore chez les carnivores. Cette alternance des couches grises et blanches est due sans contredit à ce que des faisceaux de la couronne rayonnante pénètrent en arrière et en dehors dans la partie grise du corps genouillé externe (voyez schéma^ fig. 87, k et /). Ces irradiations devraient être fort peu développées^ ou être tout autrement disposées chez les animaux qui ne présenteot pas cette division en feuillets, mais ce dernier point nécessite de nouvelles recherches, car il serait peu logique que, chez les animaux inférieurs, les connexions du corps genouillé externe avec le cerveaa diminuassent à mesure que le corps genouillé externe s'accrott luiniême.

La distribution des racines du nerf optique offre chez les animaux des diff'érences en rapport avec les variations de structure de la région.

La différence la plus considérable est la suivante : chez tous les mammifères que nous avons habituellement à notre disposition, on voit une partie de la bandelette optique s'étendre à la surface du corps genouillé externe. Ce faisceau se recourbe ensuite en dedans

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et en avant, en décrivant une ligne convexe, et va gagner le bord antérieur du tubercule quadrijumeau antérieur. Ses fibres pénètrent dans le ganglion du tubercule quadrijumeau antérieur, ou plutôt dans im stratum gris superficiel qui enveloppe le ganglion comme dans une coque, et qui, très-développé chez les animaux, est tout à fait rudimentaire chez Thomme. Ces fibres, qui recouvrent le corps genouillé externe comme un tapis, sont si nombreuses qu'on est obligé de les considérer comme la plus importante des racines optiques des tubercules quadrijumeaux.

Ces fibres existent-elles aussi chez l'homme ? Nous sommes de cet avis, car on peut démontrer, sur le cerveau frais de Thomme^ des fibres qui ont un trajet analogue, et Ton retrouve sur les tubercules quadrijumeaux, du moins à Tétat rudimentaire, la couche de cellules superficielles dans laquelle pénètrent les fibres chez les animaux.

On doit aussi admettre chez les animaux l'existence des racines optiques précédemment décrites chez Thomme. Alors même que le pulvinar a subi un retrait, on peut toujours démontrer, dans la partie postérieure de la couche optique, des racines du nerf optique, et cela chez les rongeurs et les chéiroptères au<si bien que chez les carnivores : des fibres du nerf optique entrent incontestablement dans le revêtement blanc (stratum zonale) de la couche optique, et se rendent de là dans la profondeur du ganglion. Le corps genouillé interne renferme des fibres de la bandelette optique, mais cette racine, quand nous descendons dans Téchelle des animaux, devient de plus en plus petite, sans toutefois disparaître tout à fait. Ce fait remarquable ne concorde pas avec la grandeur croissante du corps genouillé interne ; sur ce point nos connaissances sont certainement encore très-restreintes.

Enfin une partie notable de la bandelette optique aboutit au corps genouillé externe. Celui-ci est recouvert en bas elt en haut par un mince feuillet blanc provenant de la bandelette optique et dont les éléments pénètrent successivement dans le ganglion.

En définitive, chez les mammifères (carnivores) les origines des nerfs optiques peuvent se résumer de la façon suivante :

1 • Les fibres qui vont au stratum zonale de la couche optique ;

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