‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 86 sur 186 · ISTHME DE L'ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

ISTHME DE L'ENCÉPHALE

cérébelleux supérieurs. On voit sur des coupes de cette région, ou bien Tensemble complet du nerf pathétique, ou bien des faisceaux isolés de ce nerf, pénétrer successivement dans la valvule, traverser la ligne médiane et ressortir de l'autre côté en se dirigeant en haut.

Les racines du nerf pathétique sul)issent donc avant leur émergence un entre-croisement manifeste. Ce nerf offre ainsi une disposition toute spéciale sur la signification de laquelle on n'est pas encore fixé. C'est dans l'espèce le seul nerf moteur qui présente un entrecroisement de ses racines entre le noyau et le lieu d'émergence. Nous avons vu plus haut, en étudiant Toculo-moteur commun, que ce nerf est mis en relation avec l'anse du noyau lenticulaire par des fibres qui s'entre-croisent dans le raphé, au-dessus du noyau. Si le nerf pathétique oirrait aussi un pareil entre-croisement des fibres cérébrales afférentes a son noyau, il y aurait ainsi dans l'ensenable de ses parties constituantes un double entre-croisement, ce qui reviendrait à dire que le nerf n'est pas croisé.

Mais les faits pathologiques concernant le pathétique parlent contre une pareille disposition, de sorte qu'il faut admettre que les fibres qui unissent le noyau du pathétique aux centres situés au-dessus n'offrent pas d'entre-croisement dans leur trajet vers ces centres. Ces fibres sont d'ailleurs encore totalement inconnues (1).

Un dernier point est à signaler dans ces coupes. Au-dessous de la région de la calotte, seule considérée jusqu'ici, se voit la protubérance. La protubérance offre en général des faisceaux transversaux qui sont croisés longitudinalement par les faisceaux dissociés du pédoncule cérébral.

On remarque l'apparition d'un faisceau signalé la première fois par Stilling, dans la région sous-jacente au tubercule quadrijumeau postérieur. Ce faisceau se sépare du pédoncule pour monter dans la région de la calotte (108,/). Il se réunit ensuite au feuillet superficiel du ruban de Reil, et descend avec lui dans la moelle épinière.

Comme ces deux voies, celle de la calotte et celle du pédoncule cérébral, sont deux voies complètement différentes au point de vue physiologique, ce passage des fibres d'une voie dans l'autre offre un intérêt tout spécial.

Dans une coupe faite un peu plus bas (/îy. 110), passant entre lY et V dans la figure 97, nous voyons l'aqueduc de Sylvius beaucoup

(1) Le fait de la distinction du noyau du pathétique d'avec celui du moteur oculaire commun, et l'étude des fibres qui unissent ces deux noyaux, nous paraissent devoir amener à répondre en partie au desideratum ici exprimé.

plus développé en hauteur et surtout en largeur. Il forme déjà la partie supérieure du sinus rhomboïdal ou quatrième ventricule. Le pédoncule cérébelleux supérieur (a) est ici notablement reculé en dehors et en haut, de sorte qu'il est maintenant tout à fait sorli du territoire du champ moteur. Il forme la limite latérale la plus exlé-

Fig, 1 10. — Coupe nu niveau de ta région supérieure du quatrième ventricule (").

rieure de la coupe. A la base de ta région de la calotte, on voit le feuillet superficiel du ruban de Reil [b), qui est actuellement descendu tout à fait de la partie externe à la partie inférieme. Mais, dès maintenant, ce feuillet ne renferme plus seulemeilt les libres venues du tubercule quadrijumeau supérieur, mais encore celles du faisceau du pédoncule cérébral que nous venons de mentionner ; c est le faisceau longitudinal postérieur; d est la racine descendante ou supérieure du trijumeau, sur laquelle il n'y a plus rien à dire, sinon qu'elle est notamment plus épaisse. Mais il y a encore d'autres points intéressants à étudier dans cette région.

a. La disparition du feuillet profond du ruban de Reil. On admettait jusqu'ici que ce feuillet profond se réunissait à un faisceau de forme toute particulière qui apparaît un peu plus bas, et qu'il pénétrait avec lui dans le cordon postérieur de la moelle épinière. Cela n'est plus admissible ; en réalité, ce faisceau mêle ses fibres à celles du champ moteur, et se rend avec ces dernières au cordon antérolatéral de ta moelle (1).

(I) Ces contusions et interprétatioas errojiées, dans lesquelles sont tombés les auteurs qui les premiers se sont livrés à l'étude da l'anatomie microscopique des cen.

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On peut admettre ainsi que le feuillet profond du ruban de Reil constitue lui aussi une voie motrice ; nous accepterons la chose comme démontrée dans la suite de cet ouvrage. C'est à cet apport de fibres qu'est dû principalement l'accroissement de volume notable que le champ moteur offre à ce niveau.

b. La séparation complète du champ moteur d'avec le pédoncule cérébelleux supérieur. Le champ moteur apparaît ici, pour la première fois, comme une formation bien dislincte débarrassée de tout élément étranger. Il ne se compose plus que des fibres venues de la couche optique et du feuillet profond du ruban de Reil qui provient du tubercule quadrijumeau inférieur.

c. L'apparition de fibres transversales dans le champ moteur. Ce sont les fibres les plus élevées d'un système de fibres transversales très-développées que nous retrouverons désormais sur toutes les coupes. Nous donnerons plus bas la signification de ces fibres transversales (corps restiforme).

d. L'apparition du noyau moteur du trijumeau. Ce noyau sera étudié avec les autres racines du trijumeau.

très nerveux, étaient le résuUat de Texamen d'un nombre trop restreint de coupes; avec une série insuffisante de préparations, les hypothèses sont trop souvent appelées à combler les lacunes que laisse l'observation directe. On ne saurait donc assez insister, comme règle générale des investigations de ce genre, sur la nécessité de pratiquer un nombre presque indéflni de coupes, se succédant sans interruption, c'est-à-dire de telle manière qu'un segment donné de l'axe cérébro-spinal, du bulbe par exemple,se trouve débité en une série de coupes fines, sans aucune'perte de substance. C'est ce que nous avons essayé de réaliser dans nos propres recherches, et c'est à cette méthode que nous devons le caractère essentiellement démonstratif de nos collections de préparations. Nous nous sommes donné pour règle d'arriver au résuUat suivant: une longueur de 1 millimètre de bulbe humain sera débitée en trente-six coupes (dont chacune a 1/36 de millimètre). Ces coupes sont reçues à part dans des godets numérotés : on peut en recevoir de trois à quatre dans chaque godet, parce qu'il n'y a pas de différence bien sensible dans l'organisation de segments aussi peu distants les uns des autres; mais toujours est-il qu'avec des préparations régulièrement échelonnées aune aussi minime distance, il est impossible de laisser échapper les moindres éléments de transition dans l'organisation des étages successifs de l'isthme de l'encéphale, région si importante et à métamorphoses si brusques^ que peu d'auteurs nous paraissent Jusqu'à ce jour en avoir saisi les phases rapides et compliqués.

Parmi les travaux d'une importance capitale sur l'anatomie microscopique de ces régions, il faut avant tout citer les belles planches et les descripUons de Stilling. Or nous avons eu maintes fois à faire remarquer que si ces planches sont souvent irréprochables, il n'en esl pas de même de leur interprétation, l'auteur attribuant à tel nerf un noyau qui appartient à tel autre ; c'est que les connexions ne peuvent être saisies que si elles sont suivies sur un nombre de coupes se succédant régulièrement, sans interruption ; de ce qu'un noyau ou amas de cellules nerveuses se trouve placé sans un certain étage du bulbe ou de la protubérance en un point où il sembler faire suite à un faisceau radiculaire observé dans un point analogue sur des coupes pratiquées à un étage différent et peu éloigné, on n'en saurait conclure que ce faisceau provient de ce noyau^ si on ne possède toutes les coupes intermédiaires propres à montre les détails intimes de cette connexion supposée.

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