‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 94 sur 186 · ET DU MOTEUR OCULAIRE EXTERNE · texte numérisé non relu

ET DU MOTEUR OCULAIRE EXTERNE

parlie se dirige de haut en bas, parallèlement à l'axe même du bulbe ; elle est de peu de longueur relativement aux deux branches (1).

(1) Nous avons proposé (voy. Recherches sur V origine réelle des nerfs crâniens^ Journ. de l'anat., mars 1877, p. 194) de donner, à cette partie moyenne du trajet en fer à. cheval que décrit le facial, le nom de faseiculm teres, nom qui lui avait du reste été déjà appliqué, mais d'une manière assez confuse (voy. la note ci-dessus, p. 80, pour la distinction entre Véminentia teres et le fasdculm teres) par Lockhart-Glarke et par J. Dean. Vu Fimportance de la question des origines du facial, il ne sera pas sans intérêt de rappeler ici les faits principaux de son histoire.

John Dean (l) n'a décrit comme noyau du facial que le noyau qui lui est commun avec le moteur oculaire externe ; il donne à ce noyau, qui fait saillie sur le plancher du quatrième ventricule, le nom de fascicultu teres, sans appliquer plus spécialement, comme nous le faisons aujourd'hui, cette dénomination au cordon de fibres nerveuses qui côtoie le plancher du ventricule, entre le noyau sus-indiqué et l'extrémité postérieure du raphé. Il p'est pas fixé, du reste, sur la signification précise de ce faisceau : « I am inclined, dit-il, to consider thèse columns as, at least, partial channels by means of witch the upper portion of the facial roots are conveyed downwards, either tho the underlying nucleus, or to decussate belowin the raphe » (p. 59). Mais ailleurs il dit : c With the exception that they are interminged with descending facial roots, thèse columns seem to be simply bundles belonging to the gênerai System of the longitudinal postéro-lateral columns, from which they are separated to some extend by the facial roots, etc. » (Op. cit., p. 48.)

En somme, J. Dean ne s'explique pas nettement sur la nature du faisceau que nous nommons fasciculus teres et sur la substance grise qui l'entoure. Dans le passage où il énonce le plus clairement ses idées à ce sujet, il dit seulement : «The fasciculus teres, wich becomes the nucleus of the sixth and faciès nerves, ist first seen as a somewhat dark mases on the floor of the fourth ventricle, in that part of the auditory nucleus wich represents the upward extension. of the hypoglossal. » (Op. cit., p. 45 et 46.)

Ces connexions, timidement indiquées par Dean, sont nettement affirmées par Lockhart-Clarke (2), qui décrit la continuité entre le facial et le fasciculus teres; mais en cherchant où va se terminer en bas ce fasciculus teres, il s'égare, c'est-à-dire qu'il n'observe pas la brusque réflexion en avant et en dehors qu'éprouve, après un trèscourt trajet, ce faisceau nerveux, et qu'il prétend le poursuivre relativement très-loin le long du plancher du quatrième ventricule, jusque dans la partie supérieure du noyau de l'hypoglosse : tantôt (op, cit,, p. 279) il voit, dans les petits amas de cellules peUtes et sphériques dont est parsemée la colonne grise de l'hypoglosse, les noyaux d'origine de son fascicultis teres ^ c'est-à-dire les noyaux inférieurs du facial ; tantôt il insiste sur ce fait que le fasciculus teres se recourberait en boucle, en ganse, autour du noyau commun du facial et du moteur oculaire externe (op. cit., p. 56 et 57). Enfin, sa description est quelquefois obscure, car il emploie le mot de fasciculus teres tantôt pour désigner uniquement la région du noyau du moteur oculaire externe, tantôt pour désigner toutes les fibres descendantes qu'il cherche à poursuivre jusque vers la colonne de l'hypoglosse, tandis que parfois il donne à ces fibres le nom de longitudinal column,

Deiters (3) est le premier auteur qui ait nettement décrit le noyau inférieur du facial et précisé ses connexions avec la partie longitudinale (fasciculus teres) du facial (Deiters, op. cit., p. 203, 205 et 229). Il a bien spécifié la double courbure que décrit le facial pour aller depuis son point d'émergence jusqu'à son noyau définitif; il donne à ce trajet courbe, en fer à cheval, le nom de genou du facial (KnieJ, « Les fibres du facial, dit^il textuellement (p. 281), ne s'arrêtent pas, comme ou l'a dit jusqu'à présent, uniquement dans le noyau commun au facial et au moteur oculaire externe, mais elles

(1) J. DeaD, The gray substance of the medulla oblongata and trapexium (Smithtonian contribution to knowledgej, Washington, 1864.

(1) Lockhart-Clarke, Researches on the intimate structure of the Brain. 2* série {PhiUiSoph, transact.f 1868).

(3) Otto Deiters, Untersuchungen Ûber Gehim und Ruckenmarkt herausgegeben v. M. Schultxe. Braunsch-weig, 1865.

A cette esquisse générale du trajet du facial nous ajouterons les données suivantes :

Le facial reçoit des fibres du noyau du nerf oculo-moteur externe [fig. 112, (i) ; jie fait a été souvent contesté, mais il est absolument vrai [fig. 105, à). Ces fibres sortent exclusivement de la partie supérieure de la colonne de cellules qui donne naissance au nerf oculomoteur externe (1).

Le brusque coude que forme le facial quand il s'approche du raphé porte le nom de genou du facial (Deiters). Dans la première portion de ce coude, le nerf abandonne un faisceau assez considérable, qui se dirige directement vers le raphé, et va se croiser avec le faisceau congénère du côté opposé (112, g). Nous ferons au sujet de ces fibres manifestement directes (c'est-à-dire sans interruption dans un noyau) les remarques que nous avons faites précédemment pour Toculomoteur commun et le pathétique.

Ces racines, appelées par Meynert descendantes, viennent sans aucun doute d'un centre situé plus haut. Elles viennent du noyau lenticulaire par l'intermédiaire de l'anse du noyau lenticulaire (Linsenkernschlinge). Nous désignerons plus tard ces fibres comme étant les fibres volontaires du facial, et nous les opposerpns aux a^utres racines qui ont bien plutôt, selon nous, des fonctions réflexes; £q les comparant aux fibres^ analogues de l'oculo-motéur et jdu pathétique, nous ferons remarquer en outre que les fibres volontaires du facial ne traversent bien certainement pas le noyau moteur du facial, tandis que nous sommes encore obligés d'admettre pour roculo-mo-

forment au-dessous de ce noyau même un tronc qui se recouiirâ complètement, en genou à convexité postérieure. » Ailleurs, il décrit les connexions de ces fibres âvecle vrai noyau inférieur du facial!

La description de ces connexions faite, il est vrai, d*une maniéré un peu morcelée dans les notes laissées par Deiters et publiées après sa mort, cette description nous amène bien plus loin que tout ce qu'avaient indiqué Clarke et Dean. Deiters' edt incontestablement le premier anatomiste qui ait bien saisi toutes les origines du facial. Il nous semble donc que Kôlliker est singulièrement injuste à son égard, où qu'il a bien peu compris la portée des descriptions de Deiters, lorsqu'il s'exprime en ties termes à ce sujet (1) : « Quant au facial, Deiters décrit comme une nouveauté une réflexion en forme de genou que subit la racine de ce ilerf sur 1er plancher du quatrième ventricule; mais cette réflexion a déjà assez nettement été reconnue par Déan, qui a montré aussi que la racine longitudinale du facial n'est autre chose ^e lAracint postérieure constante du trijumeau de Stilling, et que Schrceder a cobsidéré celte racine comme faisant partie de l'auditif. »

(1) Nous avons vériflé le fait sur lequel Huguenin insiste ici; chez tous les mammifères que nous avons examinés, et surtout chez les singes, dont les nerfs oculomoteurs sont très-développés, nous avons vu le noyau moteur oculaire externe donner des fibres radiculaires au facial qui le contourne; lô noyau moteur oculaire externe doit donc être considéré comme le noyau supérieur du facial.

(1) A KôUiker* Éléments d'histologie humaine. Trad. Tranç. Paris, 1869, p. 383.

Page 1