ET DU MOTEUR OCULAIRE EXTERNE
teur et le pathétique que les fibres conductrices de la volonté traversent le noyau correspondant (1).
Le noyau du facial est visible sur les figures 112 et 113 : ,en 112, n, comme l'extrémité supérieure tronquéç d'une colonne de cellules cylindriques; en 113, comme un noyau composé de nombreux petits noyaux secondaires (â). Le noyau du facial renferme des cellules identiques à celles de Toculo-moteUr commun, du pathétique et du noyau aioteur du trijumeau, c'est-à-dire de grosses cellules ganglionnaires m'ultipolaires. Les groupes secondaires sont séparés par des faisceaux de fibres d'origine qui prennent naissance incontestablement dans le noyau lui-môme.
S'il est bien établi que le facial prend son origine dans ce noyau, nous ne savons par contré pas grand'chose des connexions du noyau lui-même. Il en est ainsi du reste de tous les autres noyaux. Nous avons vu précédemment qu'un faisceau du facial se dirige vers le raphé, s'y entre-croise avec celui du côté opposé, et puis remonte vers le haut : c'est le faisceau volontaire. Lés fibres qui viennent du noyau propre du nerf peuvent, par contre, être considérées comme les voies réflexes. Mais où sont les fibres qui relient le noyau propre du facial aux centres sensibles (trijumeau, olfactif, etc.]? Ces fibres sont encore int^onnues, elles doivent cependant exister, de sorte qu'on peut admettre avec beaucoup de raison que le tronc du facial ne prend pas son origine à proprement parler dans le noyau, mais que ce noyau est plutôt le point de réunion de fibres nombreuses venant de différentes régions. Ces fibres sont interrompues dans le noyau par des cellules ganglionnaires, mais elles continuent ensuite leur trajet sous la forme du tronc commun du facial (2).
. (1) Nous devons dire ici que nos propices recherches ne nous ont pas confirmé Fexistence de ces fibres volontaires directes allant se joindre auxracines des nerfs moteurs sans passer par le noyau de ces nerfs. Notamment les fibres de ce genre décrites pour le nerf grand îiypoglosse nous ont paru être des cylindres axes qui, venus de la partie postérieure du raphé du bulbe, contournent le bord antérieur du noyau de la douzième paire, pour aller à celui des nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique (voy. plus loin : N. Grand Hypoglosse).
; (2) Ayant suivi, sur les animaux et sur l'homme, le trajet du facial et ses rapports avec ses deux noyaux, run propre, l'autre commun avec le nerf moteur oculaire externe ; ayant contrôlé, par des coupes longitudinales, les résultats observés sur des coupes transversales, relativement au noyau propre du facial et à son mode d'union avec ce que nous appelons le fasdculics teres, nous sommes en mesure d*affirmer, au nom de Tanatomie, que ce noyau est bien le véritable et le seul noyau inférieur du facial. Il faut donc modifier les notions jusqu'à présent admises par la plupart des auteurs français qui se sont occupés de la recherche de ce noyau, notamment à propos de la physiologie pathologique de la paralysie glosso-labio-laryngée. Cette modification, nous sommes en mesure de la faire de la manière la plus complète, puisqu'il nous a été donné récemment de constater l'état des noyaux du facial dans un cas de paralysie
200 ORIGINES DU MOTEUR OGULiURE EXTERNE.
2. Le nerf oculo-moteur externe. — Nous voyons sur la figure 112, roculo-moteur externe entrer par en bas (bord antérieur de la région bulbo-protubérentielle) et se diriger directement vers le haut
glosso-labio-Iaryngée. Pour bien faire ressortir la valeur de ce dernier fait, il sera nécessaire de rappeler en quelques mots Tbistorique de la question.
Après les travaux de Vulpian, de Stilling, de Lockhart-Clarke, le facial n'avait été suivi d'une manière positive que jusqu'au noyau qui lui est commun avec le moteur oculaire externe : les auteurs cités décrivaient Tanse, le genou, la boucle que le fada décrit autour de ce noyau ; mais ils n'avaient pas suivi au delà les fibres radiculaires. Le noyau commun au facial et au moteur oculaire externe était le seul noyau connu du facial,
A cette époque, Duchenne (de Boulogne) décrivit raffeclion connue depuis sous le nom de paralysie glosso-labio-laryngée. Il montra que, dans cette paralysie, le facial est atteint, mais d'une manière particulière : les muscles supérieurs de la face, 1 orbiculaire des paupières, ainsi que du reste les muscles du globe oculaire, ne sont pas paralysés : ceux de la moitié inférieure de la face, au contraire, et notamment l'orbiculaire des lèvres, ne se contractent plus. Ce tableau clinique divisait le facial, quant à ses fonctions, en deux parties : le facial supérieur, demeuré intact, et le facial tnférieur, frappé de paralysie. Par suite, on était amené à considérer le facial supérieur comme provenant du noyau du moteur oculaire, lequel avait également conservé ses fonctions, et à supposer que le facial dit inférieur provenait d'un autre noyau inconnu. Gomme la paralysie de ce facial inférieur se produisait consécutivement à celle de l'hypoglosse, Duchenne émit l'hypothèse qu'il fallait chercher ce noyau dans le voisinage de la colonne grise de la douzième paire. Ajoutons que les recherches d'anatomie pathologique montrèrent que, dans la paralysie glosso-labio-laryngée, la lésion bulbaire consiste en une atrophie des cellules du noyau des hypoglosses, tandis que le noyau moteur oculaire externe (et facial supérieur) demeure indemne. Il fallait donc chercher un noyau propre du facial inférieur, et, à priori, rien n'était plus acceptable que d'aller le chercher plus bas dans le bulbe, vers la partie supérieure de la colonne grise de l'hypoglosse.
En effet, a Clarke, dit Coyne (1), adopta ces idées avec un certain enthousiasme, et ne tarda pas à décrire, dans le bulbe inférieur et tout près du noyau de l'hypoglosse, un petit noyau remontant jusqu'au-dessous du noyau commun au facial supérieur et à l'oculo-moteur externe, et qu'il considéra comme le noyau inférieur du facial. Il pensait que de ce noyau partaient des fibres ascendantes qui se réunissaient sur le côté interne et postérieur du noyau commun du facial et de l'abducens, pour former ce petit faisceau arrondi de tubes nerveux (2) qu'on rencontre dans cette région. — Sur la foi de Duchenne et de Clarke, M. Cliarcot se rangea à cette manière de voir, et dans les leçons qu'il fit à la Salpétrière dans les cinq dernières années, dans celles qu'il fit à la Faculté de médecine, il considéra le noyau décrit par Clarke connme le véritable noyau du facial. »
Mais nous savons aujourd'hui que ce que Clarke a ainsi décrit sous le nom de noyau du fasciculus teres n'est autre chose que des petits noyaux appartenant à l'acoustique, ainsi que nous l'avons démontré {Joum, de PAnat,, t. XIV, p. 11, n* de janv. 1878).
D'autre part, dans le cas de paralysie glosso-labio-laryngée, si on constatait l'atrophie et la disparition des cellules du noyau du grand hypoglosse, on ne constatait rien de semblable pour les petites cellules de ces noyaux disséminés, attribués à tort au fadaL Il fallait donc chercher ailleurs ce noyau inférieur du facial : les résultats des recherches anatomiques pures, avec les travaux de Meynert, de Huguenin, de Stieda, et nos propres recherches, en tout confirmatives des précédentes, ont montré clairement où se trouve ce noyau, et comment il est uni au fasciculus teres par ce que nous avons appelé la branche inférieure de l'anse du facial. — Mais les anatomo-pathologistes^ rapportant toujours leurs idées à la paralysie glosso-labio-laryngée, point de
(1) Coyne, article Nerf facial {Dict, enq/clop. des seienees médicales, i877).
(2) Notre fasciculus teres.