NERF MOTEUR OCULAIRE EXTERNE
Ces faits infirment les idées de Schrœder van der Eolk qui considérait le nerf oculo-moteur externe comme un nerf non croisé.
Cette hypothèse n'est du reste pas nécessaire pour comprendre le mécanisme des mouvements de l'œil. Nous n'avons aucune donnée sur les connexions de Toculo-moteur externe avec les centres optiques situés plus haut, et pour ce qui concerne les connexions avec le noyau de Toculo-moteur commun et du nerf pathétique, tout ce que nous pouvons dire, c'est que nous avons vu dans le raphé, sur des coupes horizontales, des fibres qui semblaient unir, en s'entrecroisant, la partie supérieure du noyau de l'oculo-moteur externe au noyau de l'oculo-moteur commun. Nous donnons ce fait sous toute réserve (1). Mais si des connexions de ce genre existent réellement, il ne devient plus nécessaire du tout d'admettre que le nerf oculomoteur externe est un nerf non croisé.
Supposons, par exemple, que dans la position parallèle des yeux ÂA une image soit projetée sur la rétine de l'œil droit; cette image, pour des raisons faciles à comprendre, ne pourra être perçue que d'une façon très-indistincte par l'œil gauche. (Le point identique de la rétine ne peut être atteint à cause de l'obliquité des rayons lumineux.) '— Représentons en B les tubercules quadrijumeaux supérieurs, en C le chiasma. Dans la position parallèle des yeux, dans le phénomène dont nous parlons, un point b du tubercule quadrijumeau opposé est excité ; le point symétrique dans le tubercule quadrijumeau de l'autre côté ne l'est point parce qu'il n'y a point d'image formée dans l'œil gauche. Pour amener une vision complète, c'est-à-dire pour amener une image aussi sur l'œil gauche, il se produit un mouvement réflexe du globe oculaire vers la droite.
(1) Pour notre part nous croyons avoir également constaté l'existence de tbres semblables, c'est-à-dire qui, parties du noyau moteur oculaire externe d*un côté, se dirigeraient en haut et en avant, puis s'entre-croiseraient au-dessous des tubercules quadrijumeaux, pour se jeter dans les faisceaux de fibres émergentes du moteur oculaire commun du côté opposé. Avec le ly Laborde; nous avons entrepris des recherches expérimentales sur ce sujet (destruction du noyau ocnlomoteur externe d'un côté) et nous sommes arrivés à des résultats qui, présentés à la Société de biologie, nous ont permis de formuler les conclusions suivantes (Soc. de biol., 18 nov. 1877 et Gaz. méd., 1877, n» 52) :
Le noyau bulbaire d'origine du nerf de la sixième paire, ou moteur oouitirB externe, contient et envoie des fibres anastomotiques au moteur oculaire commun du côté opposé. Ces fibres, en rendant solidaire et synergique Texercice fonO' tionnel, c'est-à-dire la contraction simultanée des muscles droit externe d'un côté et droit interne de l'autre, assurent les mouvements associé» ou coi^jugués des yeux dans la vision binoculaire. — Ces mouvements associés paraissent avoir leur centre fonctionnel dans le bulbe rachidien, dans la région môme où est placé le noyau oculo-moteur externe, tandis que c'est dans le cervelet, ou dans les prolongements bulbaires des fibres cérébelleuses, que semble résider le principe coordinateur des autres mouvements oculaires. ^ ..