Premier développement du cerveau antérieur
Hémisphères cérébraux et portion axiale, lame terminale embryonnaire.
Ventricules latéraux et lobes olfactifs.
Nous avons vu précédemment, que l'on doit considérer au cerveau antérieur trois parties : une petite partie impaire et médiane, la base ou portion.
DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX. iOo
axiale du cerveau antérieur, et deux parties latérales beaucoup plus volumineuses, les hémisphères cérébraux proprement dits, le manteau cérébral ou pallium .
Portion axiale. — ■ La surface extérieure de la portion axiale du cer- i.-OSSo syivionne et veau antérieur constitue la fosse sylvienne. Très légèrement déprimée vers g'0"°t"s qm cn nais" la fin de la quatrième semaine de la vie embryonnaire, la fosse sylvienne s'accentue les semaines suivantes, et devient d'autant plus profonde que le manteau cérébral est plus étendu.
De très bonne heure, elle donne naissance à deux sillons qui la prolon- suion antérieur. geni l'un en bas, l'autre en avant. Le sillon antérieur (fig. 46, 68, paFS) atteint l'extrémité antérieure du manteau cérébral et en sépare un petit lobe étroit et allongé, le lobe olfactif, dont la cavité communique largement au début avec celle du ventricule latéral. Le sillon inférieur (piF 'S), se porte suion inférieur. vers la paroi antérieure de l'infundibulum et limite le lobe olfactif en arrière.
Vésicules hémisphériques, ventricules latéraux et lame terminale embryonnaire. — Les vésicules des hémisphères (manteau cérébral, pallium), représentent au début des vésicules creuses; libres en arrière où elles recouvrentlecerveauintermédiaireàlafaçon d'un capuchon (fig. 18,24), elles sont réunies entre elles en avant, par la lame terminale embryonnaire ou lame unissante, située dans le fond de la fente inter-hémisphérique.
En se développant, chaque vésicule hémisphérique forme en avant le Formation des diflobe frontal, en haut le lobe -pariétal, en bas le lobe temporal. Le lobe tem- fvéerae"ts poral situé au début au-dessus de l'axe transversal qui passe par les surfaces suturales opto-striées et par les fosses sylviennes, se porte peu à peu en arrière, puis en bas et en avant, et déborde bientôt en bas la fosse sylvienne (fig. 24. p. 74). Chaque vésicule hémisphérique entoure ainsi la fosse sylvienne d'un anneau presque complet, ouvert seulement en bas et en avant, et affecte la forme d'un rein ou d'une fève, dont le hile correspond à la fosse sylvienne ou au futur lobule, de l'insula.
Le ventricule latéral suit la forme générale de la vésicule des hémi- ventricules îatésphères, et entoure d'un canal presque circulaire la base du cerveau ; il présente une partie moyenne ou étage supérieur (cella média), une partie antérieure, la corne frontale, et une partie inférieure, la corne temporale ou sphénoïdale ou étage inférieur. La corne occipitale ne se développe que beaucoup plus tardivement, en même temps que le lobe postérieur ou occipital, et représente un diverticule de la corne sphénoïdale.
Chaque vésicule hémisphérique présente deux parois, l'une externe, paroi externe de l'autre interne. La paroi externe est convexe, elle est séparée de la base du Sphérique.U ° cerveau antérieur par un sillon presque circulaire, ouvert seulement en bas et en avant et qui correspond au futur sillon marginal de l'insula. Cette pus radiés transi paroi externe, lisse au début, présente pendant le deuxième et le troisième mois de la vie intra-utérine, des plis plus ou moins nombreux, qui affectent tous une disposition radiée par rapport à la fosse sylvienne (fig. 45,
raux et leurs subdivisions.
toires.
lOC.
Paroi interne de la vésicule hémisphérique.
Sa région antérieure.
Sa région postérieure.
Naissance de corne fl'Ammon.
46, 47). Ces plis comprennent toute l'épaisseur de la paroi externe; ils sont dus à l'inégal accroissement des vésicules hémisphériques par rapport au crâne, et disparaissent complètement vers le quatrième mois de la vie intrautérine, grâce à l'expansion rapide de la cavité crânienne. La face externe est complètement lisse vers cette époque, mais vers le cinquième mois de la vie intra-utérine, on y voit apparaître un certain nombre de sillons définitifs sur lesquels nous reviendrons. Pour nous, ces plis que nous avons pu étudier sur un embryon humain du troisième mois encore vivant, sont bien des plis primordiaux, et n'ont rien à voir avec les plis qui se produisent dans le manteau cérébral à cet âge de la vie, sous l'influence des liquides durcissants.
La paroi interne se réunit à angle aigu à la paroi externe, en formant le bord supérieur de l'hémisphère. La lame terminale embryonnaire divise la paroi interne en deux régions, l'une antérieure, l'autre postérieure; la région antérieure ou préthalamique est verticale, elle est en rapport avec la paroi interne de l'hémisphère du côté opposé, et correspond à toute la partie du cerveau antérieur située en avant du trou de Monro (fig. 41, 42, 44). La région postérieure ou thalamique correspond à la lame falciforme de Reichert (Sichelfôrmige Platte); elle est concave et recouvre toute la face externe du cerveau intermédiaire à laquelle elle est unie au niveau de la surface suturale opto-striée (fig. 58 à 63) ; un repli mésodermique qui fait partie de la faux primitive, et qui donnera naissance aux lacis vasculaires de la toile choroïdienne, la sépare du cerveau intermédiaire.
Cette l'égion thalamique de la paroi interne subit d'importantes modifications ; elle donne naissance au globus pallidus, à la lame cornée et au noyau amygdalien (fig. 52 à 63). Au-dessus de la surface suturale optostriée, on y voit apparaître de bonne heure, deux plis parallèles au bord hémisphérique. Ces plis font saillie dans la cavité ventriculaire ; ils partent du bord postérieur du trou de Monro, et se portent en bas vers l'extrémité inférieure du lobe temporal qu'ils n'atteignent cependant pas. Le supérieur ou pli ammonique, s'épaissit et donnera naissance à la corne d'Ammon; l'inférieur ou pli choroïdien, se réduit à une mince lame épithéliale qui coiffe les plexus choroïdes des ventricules latéraux. Ces deux plis, saillants dans la cavité ventriculaire, correspondent du côté de la face interne de l'hémisphère à deux sillons. Le premier sillon porte le nom de sillon ammonique (Ammonsfurche), de sillon marginal (Randfurche, Arnold), ou de sillon arqué postérieur de His (hintere Bogenfurche) (fig. 42, sap) ; le sillon inférieur, celui de sillon choroïdien (fig. 42, Fch). Ces deux sillons interceptent un pli arqué, le pli marginal de Schmidt (Randbogen), sur lequel nous reviendrons plus loin.
La région préthalamique de la paroi interne présente un sillon vertical, le sillon arqué antérieur de His (Vordere Bogenfurche) (fig. 41, 42, saa) ; il commence à la face interne du lobe olfactif, qu'il incise profondément en formant X incisura prima de His, et qu'il divise en une partie antérieure, le lobe olfactif antérieur, et une partie postérieure, le lobe olfactif postérieur. Profond à son origine, le sillon arqué antérieur se porte verticalement en haut,
DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX
CA
Fig. 4"!.
Fie. 48.
Fig. 45, 46, 47, 48. — Encéphale d'un embryon humain d'environ trois mois. (Dessiné d'après nature) .
— Fig. 45 et 46. Face externe droite et gauche. — Fig. 47. Encéphale tu par la face inférieure. — Fig. 48. Encéphale vu par la face latérale gauche après ablation de la paroi externe de la vésicule des hémisphères.
AC, arrière-cerveau. — B, bulbe. — BU, bandelette optique. — CA, cerveau antérieur. — CM, cerveau moyen. — CP, cerveau postérieur. — CStr, corps strié. — FiCp, face interne des circonvolutions cérébrales primitives. — fp, fissura prima. — FS, fosse sylvienne, — fs, fissura serotina. — fst, fente en forme de selle. — HC, hémisphères cérébraux. — BC'i, hémisphères cérébelleux. — /, infundibulum. — LF, lobe frontal. — LO, lobe occipital. — Lola, lobe olfactif antérieur. — Lolp, lobe olfactif postérieur. — LP, lobe pariétal. — LT, lobe temporal. — It, lame terminale embryonnaire. — paFS, prolongement antérieur de la fosse sylvienne. — Pchl, plexus choroïdes. — piFs, prolongement inférieur de la fosse sylvienne.
— Po, protubérance. — Sih. scissure inter-hémisphérique. — st. sillon transverse du cerveau moyen, — tb, trou borgne. — Te, tuber cinereum.
puis devient de plus en plus superficiel et se perd un peu en avant de l'extrémité antérieure du sillon choroïdien. Distinct au début du sillon ammonique, il ne se confond avec ce dernier que beaucoup plus tardivement (iig. 44). Il divise la région préthalamique de la paroi interne, en deux parties inégales : l'une antérieure, l'autre postérieure. La partie antérieure, la plus étendue, donnera naissance aux circonvolutions cérébrales de la région. La partie postérieure, plus étroite, est comprise entre le sillon arqué antérieur et la lame terminale embryonnaire. On peut lui considérer deux segments, l'un supérieur, l'autre intérieur. Le segment supérieur répond à la zone choroïdienne de His (Area chorioidea) et se continue en haut avec le pli marginal de Schmidt. Le segment inférieur, situé au-dessous de la commissure antérieure, porte le nom de zone trapézoïde de His (Area trapezoïdes), et appartient au lobe olfactif postérieur (fig. 41, 42, 44). Les vésicules des La lame terminale embryonnaire s'étend du chiasma des nerfs optiques r/unièsea avant^ar (%• ^* ' *2), à la voûte du cerveau intermédiaire. Sa partie inférieure, la lame terminale an- impaire et médiane, répond à la zone trapézoïde de His et persiste pendant
téneure. ' l r . .
toute la vie à l'état d'une mince membrane, la laine sus-optique qui ferme le troisième ventricule en avant. Sa partie supérieure correspond à la zone choroïdienne de His; elle est plus étendue que la précédente et forme avec elle un angle obtus, dont le sommet correspond à la commissure antérieure. La grande scissure inter-hémisphérique la refoule en arrière en formant le • pli falci forme de His, qui s'insinue profondément entre les corps striés, et ferme le trou de Monro en avant (fig. 42).
Lobes olfactifs. — Les lobes olfactifs antérieur et postérieur, sont creux au début et leur cavité forme le plancher de la corne frontale du ventricule latéral. Au fur et à mesure que le sillon arqué antérieur et en particulier Yincisura prima deviennent plus profonds, la séparation entre ces deux lobes devient plus distincte.
Loi.e olfactif anté- Le lobe olfactif antérieur se recourbe en arrière et forme avec le lobe postérieur, un fer à cheval dont la convexité regarde en avant et un peu en dehors et dont l'ouverture correspond à l'incisura prima (lig. SI). Il affecte la forme d'une petite pyramide aplatie d'avant en arrière, dont la base allongée et étroite s'étend de la fosse sylvienne à la paroi interne de l'hémisphère (fig. 47). Le lobe olfactif antérieur est limité en arrière par l'incisura prima de His ; en avant et en dehors par le sillon qui prolonge la fosse sylvienne en avant; en avant et en dedans par un sillon peu profond, le sillon tardif ou fissura sérotina de His, qui se continue en haut avec le sillon arqué antérieur et qui persiste chez l'adulte. Le sommet du lobe olfactif
ses rapports avec antérieur regarde en arrière et reçoit le nerf olfactif. Très petit au début, le sommet prend par la suite un assez grand développement; il se renfle pour donner naissance au bulbe olfactif, puis se détache de sa base d'insertion, grâce à la formation d'un pédicule creux, le pédoncule olfactif, d'autant plus allongé et effilé que l'on considère des embryons plus avancés
Bulbe olfactif. en âge. Le bulbe olfactif regarde d'abord en bas, puis en arrière ; et sa pointe
rieur
DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX
se place au-dessous du lobe olfactif postérieur vers la lin du deuxième mois (li^. 51); à mesure que le pédoncule olfactif s'allonge, le bulbe olfactif se redresse, puis se porte en avant pour se placer sous le lobe frontal, vers le troisième mois de la vie intra-utérine. Sa cavité, qui s'étend au début jusque dans le bulbe olfactif, se rétrécit peu à peu, puis disparait chez l'homme ; mais elle persiste chez quelques mammifères, en particulier chez les solipèdes, tels que le cheval, l'àne, etc., chez lesquels elle s'ouvre dans le ventricule latéral, en avant de la base de la tète du noyau caudé. L'étroite base d'insertion dulobe olfactif antérieur donne naissance, dans sa partie moyenne,
au trigone olfactif ' ; il fory i me en dehors la soi-di-
sante « racine » olfactive externe, en dedans, la « racine » olfactive interne, ainsi que le carrefour olfactif de Broca, que His propose de désigner sous le nom de zone de Broca.
Les racines olfactives interne et externe, représentent chez la plupart des animaux dits osmatiques deux circonvolutions cérébrales , la circonvolution olfactive interne, et la circonvolution olfactive externe, qui se continuent avec le lobe limbique de Broca.
La circonvolution olfactive interne, se jette en effet sur la circonvolution du corps calleux {gyrus fornicatus), la circonvolution olfactive externe, sur la circonvolution du crochet.
Un léger sillon, le sillon tardif ou fissura serotina de His, limite le carrefour olfactif en avant et le sépare du gyrus fornicatus.
Le lobe olfactif postérieur (fig. 47, 49), compris entre Fincisura prima de His. et le sillon qui prolonge la fosse sylvienne en bas, est situé en avant de l'embouchure du pédicule oculaire, et donne naissance à la substance perforée antérieure ou espace quadrilatère de Fouille et à la bandelette diagonale de Broca. Il se prolonge sur la paroi interne de la vésicule des hémisphères, où il se confond avec Yarea trapezoïdes de His (fig. 49). La substance perforée antérieure s'unit intimement à la base du corps strié, dont elle est séparée toutefois en arrière, chez l'adulte, par une mince lame de substance blanche. Quant à la bandelette diagonale de Broca, désignée
Fig. 49. — Face interne de l'hémisphère cérébral d'un embryon humain d'environ quatre semaines et demie. : D'après W. His.)
Ach, zone choroïdienne. — ATr, zone trapëzoïde. — Cst, corps strié. — Fch, plexus choroïdes. — fp, fissura prima. — Lola, lobe olfactif antérieur. — Lolp, lobe olfactif postérieur. — It, lame terminale embryonnaire. — NI, nerfs olfactifs. — PO, pédicule oculaire. — rif, recessus de l'infundibulum. — 5, surface suturale opto-striée. — saa, sillon arqué antérieur. — STh, région sousthalamique. — TM, trou de Monro. -- VB, vésicule des hémisphères.
Circonvolutions olfactives.
Lobe olfactif postérieur.
Substance perforée antérieure.
encore sous le nom de pédoncule du corps calleux, pédoncule du septum lucldum, elle correspond morphologiquement à un développement exagéré des libres tangentiellcs de l'écorce et représente le faisceau olfactif de la corne d'Ammon de Zuckerkandl. (Voy. structure de l'écorce cérébrale).
La cavité du lobe olfactif postérieur s'ouvre largement au début dans la corne frontale du ventricule latéral; elle est peu à peu comblée grâce au développement considérable que prend la base du corps strié. Parallèle de i ap- Le lobe olfactif représente donc en résumé, un appendice du cerveau
pareil olfactif et de , * • » , •. i ri* ii^x* i < i
ianpareil optique, antérieur, au même titre que le nerf optique et la rétine représentent un appendice du cerveau intermédiaire. Le pédoncule olfactif est en effet l'homologue du nerf optique, le bulbe olfactif l'homologue d'une partie de la rétine (de la partie dite cérébrale).