‹ Anatomie des centres nerveux (volume 2)Chapitre 29 sur 85 · CORPUSCULES PLUS OU MOINS ENCAPSULÉS · texte numérisé non relu

CORPUSCULES PLUS OU MOINS ENCAPSULÉS

a) Corpuscules du tact ou corpuscules de Meissner. — Les corpuscules du tact, très abondants à la pulpe des doigts et des orteils, occupent chez l'homme certaines papilles de la, peau, qu'ils remplissent à peu près complètement. Ils sont formés par un seul lobe ou par deux ou trois lobes superposés, qui constituent autant de corpuscules et reçoivent chacun une fibre nerveuse distincte. Ils présentent tous un aspect strié caractéristique et qui tient, ainsi que Langerhans l'a montré, à la direction transversale des fibres nerveuses, revêtues de myéline, qui pénètrent dans le corpuscule.

La fibre nerveuse qui aborde un corpuscule du tact l'atteint, en général, à son extrémité profonde et un peu sur le côté, décrit à sa surface un trajet plus ou moins sinueux, puis pénètre dans le corpuscule et s'y divise et subdivise, pour former une série d'arborisations plus ou moins distinctes et destinées aux différents lobules. Elle abandonne sa gaine de myéline après un court trajet; les branches de bifurcation myélinique présentent un trajet tortueux et un aspect moniliforme caractéristique, et donnent naissance à de nombreuses arborisations, qui se terminent par des boutons de forme irrégulière, généralement aplatis. Les arborisations terminales occupent la partie centrale du corpuscule, elles sont entourées d'un grand nombre de cellules marginales, présentant un noyau volumineux aplati de haut en bas. Tour à tour regardées comme des cellules épithéliales ou des cellules nerveuses, ces cellules sont aujourd'hui, depuis les travaux de Ranvier, regardées comme des cellules mésodermiques, différenciées en vue d'une adaptation spéciale.

b) Corpuscules de Pacini. — Les corpuscules de Pacini se trouvent en grand nombre dans le tissu cellulo-adipeux de la face palmaire des doigts et des orteils, au voisinage des nerfs collatéraux. On les rencontre également dans le mésentère, et surtout au voisinage des tendons, des aponévroses, autour des articulations et le long des ligaments interosseux. Ils sont formés d'une série de corpuscules emboîtés, qui entourent une cavité allongée transparente, contenant une matière granuleuse vaguement striée, cavité connue sous le nom de massue centrale. Le nerf qui aborde le corpuscule de Pacini est pourvu d'une gaine lamelleuse épaisse, dont les lamelles concourent à former les capsules emboîtées; cette gaine lamelleuse s'étend jusqu'à la massue centrale, et porte dans son trajet capsulairc le nom de funicule.

Chaque lame capsulaire est formée de fibres connectives, séparées par une substance amorphe et disposées en deux couches, l'une interne formée de fibres longitudinales, l'autre externe formée de fibres annulaires, et tra-

versée par quelques fibres à direction rayonnante. Les lames capsulaires les plus internes et les lames capsulaires les plus superficielles sont beaucoup plus minces que les lames capsulaires moyennes; elles sont en outre formées presque exclusivement de fibres longitudinales. Chaque lame capsulaire est tapissée à sa face interne par une mince lame endothéliale, analogue à celle de la gaine lamelleuse des nerfs, et dont les noyaux volumineux sont saillants dans l'intérieur de la capsule.

En abordant la massue centrale, le nerf qui occupe l'axe de cette dernière perd sa gaine de myéline et très probablement sa gaine de Schwann ; il est entouré d'une mince couche de protoplasma et présente une structure fibrillaire très nette. Il se divise et se subdivise, donne quelques ramifications latérales plus ou moins nombreuses, qui se contournent de diverses façons, et se terminent par des boutons de forme et de dimensions variables.

Quelquefois le nerf ne fait que traverser le corpuscule de Pacini, pour trouver dans un second ou dans un troisième corpuscule sa véritable terminaison. Dans ce cas, il perd néanmoins ses enveloppes lamelieuses et sa gaine de myéline, en abordant la massue centrale; mais toutes ses gaines se reconstituent au pôle opposé.

c) Les corpuscules de Krause, qui existent en grand nombre dans corpuscules delà conjonctive de l'homme, représentent des corpuscules de Pacini réduite '

à un nombre très restreint de capsules, et contenant une massue centrale relativement volumineuse, composée entièrement de cellules polyédriques (Longworth). Chez l'homme ces corpuscules sont sphériques et reçoivent plusieurs fibres nerveuses à myéline qui s'enroulent, se replient et se terminent par des extrémités libres et renflées.

d) A côté des corpuscules de Pacini, très nombreux dans les muscles et les tendons, on trouve dans les muscles, au voisinage de leurs insertions tendineuses, des corpuscules spéciaux à gaines concentriques : ce sont les corpuscules neuro-musculaires; ils présentent de très grandes variétés, quoique reliés entre eux par une série de transitions, et doivent être considérés, d'après Pilliet et Kerschner, comme des organes terminaux de sensibilité.

Entrevus par Frankel et Eisenlohr, qui les considéraient comme des corpuscules neuroproductions pathologiques, ils ont été reconnus comme normaux par Roth et par Babinski. Ils sont faciles à déceler sur les muscles atrophiés, quelle que soit la cause de l'atrophie musculaire, et se présentent sous l'aspect de fuseaux allongés, composés de trois à sept groupes de petites fibres musculaires striées, entourés d'une gaine lamelleuse. Tantôt ils ne contiennent que des fibres musculaires serrées et très jeunes, tantôt ils contiennent des muscles et des nerfs, soit réunis, soit séparés par des cloisons. Tantôt enfin, ils présentent une gaine en tout semblable à celle des corpuscules de Pacini. Cette dernière variété a été décrite par Pilliet en 1890, sous le nom de corpuscide neuro-musculaire à gaine pacinienne.

e) A côté de ces corpuscules nettement encapsulés, on peut signaler le corpuscule du tact corpuscule du tact du bec du canard domestique. Ce corpuscule est

constitué par des cellules tactiles, claires et volumineuses, entourées d'une capsule connective; le nerf sensitif, réduit à son'cylindre-axe et à sa gaine de Schwann, s'insinue entre les cellules tactiles, puis s'aplatit pour former un disque tactile.

Ménisques tactiles. /') Dans le groin du cochon et dans différentes régions de la peau de l'homme, on rencontre dans les couches superficielles du derme et dans la couche de Malpighi, des nerfs qui, après avoir perdu leur gaine de myéline, se divisent et se subdivisent pour constituer une arborisation extrêmement élégante, dont les derniers rameaux s'aplatissent et se terminent par des ménisques tactiles, autour de cellules spéciales claires, ovoïdes et volumineuses, non encapsulées et non groupées en corpuscules. Ces ménisques tactiles, qui simulent par leur forme des feuilles de lierre, représentent un mode d'arborisation nerveuse, terminale et libre, auquel Ranvier a donné le nom de terminaison hédéri forme. L'existence de ce mode de terminaison spéciale n'a pas encore été confirmée par les travaux de Golgi, van Gehuchten, Cajal, Retzius, etc.

Blocq et Marinesco. Sur un cas de myopathie primitive progressive du type Landouzy- Dejerine avec autopsie, Arch. de Neurologie, 1893, p. 189 et C. R. Soc. de Biologie, 1892. — Boll. Studi sulle imagini microscopiche délia fibra nercosa midollare, in R. Acad. dei Lincei. Roma, 1877. ■ — G. Catta.ni. L'appareil de soutien de la myéline dans les fibres nerveuses périphériques. Arch. italiennes de Biol. 1886, t. VIII, fasc. 3. — Cajal. Los ganglios y plexos nerviosos del intestino de los mamiferos. Madrid, 1893. — Du Même. Sur les ganglions et plexus nerveux de l'intestin. Mem. Soc. Biol. 1893, p. 217. — Gedoelst. Recherches sur la constitution cellulaire de la fibre nerveuse. La Cellule. Tomes III et IV. — v. Gehuchten. La cellule nerveuse du sympathique chez quelques Mammifères et chez l'Homme. La Cellule, Tome VIII, 1892. — Golgi. Sulla struttura délie fibre nervose midollale periferiche. Arch. p. le scienze mediche, 1884, t. IV. — Kôlliker. Handbuch der Gewesbelehre des Menschen. Sechste umgearbeitete Aufiage. Leipzig, 1893. — Lanterhann. Ueber den feineren Bau der Markhaltigen Nervcnfaser. Arch. f. Mikros. Anat. 1876, t. XIII. — v. Lenhossek. Ueber Nervenf'asern in den hinteren Wurzeln loelche aus den Yorderhorn entspringen. Anat. Anzeiger Jahrg. V. 1890. — Quénu et Lejars. Étude anatomique sur les vaisseaux sanguins des nerfs. Arch. de Neurologie, 1892, p. 1, t. XXIII. — Ranvier. Traité technique d'Histologie. Paris, 1888. — Du même. Leçons sur l'Histologie du système nerveux. 2 vol. Paris, 1878. — Renaut. Recherches sur quelques points particuliers de l'Histologie des nerfs. Arch. de Phys., 1881. — Retzius. Biologische Untersuchungen. Neue Folge. III, IV, V. Stockholm. — Rezzonico. Sulla struttura délie fibre nervose del midollo spinale. Arch. p. le scienze mediche, 1881. — Schiefferdecker. Beitrâge zur Kenntniss des Baues der Nervenfaser. Arch. f. Mikros. Anat., 1887, t. XXX. — Schultze. Ueber circonscripte Bindegewebshype-rplasie oder Bindegewebsspindel. Nodules hyalins de Renaut. Arch. de Virchoiv, 1892, Bd CXXIX. — B. Segall. Sur des anneaux intercalaires des tubes nerveux produits par imprégnation d'argent. C. R. de l'Acad. des Sciences, 1892, Soc. de Biol. 1892 et Journ. de l'Anal, et de la Physiol., 1893, p. 586.

Page 1