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I. ÉCORGE DU MANTEAU CÉRÉBRAL

L'écorce du manteau cérébral présente des modifications structurales Écorce du manteau qui varient suivant les régions. Nous étudierons ici trois régions principales : la région rolandique, la région de l'insula et la région occipitale.

Région rolandique (zone psycho-motrice). — Les cellules de l'écorce de la région rolandique se disposent d'après Cajal en quatre couches. Ce sont, ainsi que nous l'avons vu plus haut : 1° la couche moléculaire ; 2° la couche des petites cellules pyramidales ; 3° la couche des grandes cellules pyramidales ; i° la couche des cellules polymorphes.

1° Zone moléculaire (lre couche de Meynert, couche granuleuse, couche sans cellules de Slieda, couche des fibres tangentielles) (fig. 329, 339, A). — ■ Cette zone a une épaisseur de 0mm,2§ environ au niveau des crêtes des circonvolutions, mais peut atteindre 0"'m,73 dans le fond des sillons (Kaes). Immédiatement sous-jacente à la pie-mère, elle en est séparée par une mince couche de névroglie sous-pie-mérienne riche en cellules araignées. Sur des préparations colorées par le carmin (fig. 329), la zone moléculaire paraît constituée par une substance fondamentale d'aspect granuleux, dans laquelle on trouve disséminées quelques rares cellules nerveuses petites et irrégulières. Sur des préparations traitées par l'acide osmique; les méthodes de Weigert, de Pal ou de Wolters, cette couche est formée presque exclusivement de fibres à myéline, variqueuses, d'épaisseur très variable, présentant pour la plupart une direction parallèle à la surface et tangente à la courbe de la circonvolution. Cette couche de fibres tangentielles , découverte par Kôlliker en 1852 et bien décrite depuis par Exner, Tuczek, Ranvier, Emminghaus, Jendrassik, Vulpius, Kaes, constitue le réseau d 'Exner, la zone corticede tangentielle, les fibres zonales ou le plexus externe de Cajal.

Ce sont pour la plupart de très fines fibres à myéline, sauf dans la région rolandique où on en trouve d'assez volumineuses (Tuczek). Elles siègent surtout dans la portion la plus superficielle de la couche moléculaire, affectent une direction principalement horizontale et s'entre-croisent avec des fibres à direction verticale ou plus ou moins oblique. Le réseau d'Exner se trouve donc constitué, à la fois par des fibres à direction tangentielle et par des fibres à direction plus ou moins oblique (fig. 342).

L'origine des fibres du réseau d'Exner a donné lieu à de nombreux travaux. Martinotti a montré, à l'aide de la méthode de Golgi, que les fibres

Les quatre couche do Ramon 3' Cajal.

Zone moléculaire lre couche).

Son épaisseur.

Fibres tangentielles ou réseau d'Exner.

Origine des fibres du réseau d'Exner.

Cellules Je la couche moléculaire.

Cellules polyç nales.

668 AXATOMIE DES CEXTRES NERVEUX.

verticales de ce réseau se continuaient avec le cylindre-axe ascendant de certaines cellules polymorphes des couches sous-jacentes, et que la plus grande partie de ses fibres horizontales se ramifiait comme des arborisations terminales de cylindres-axes. Cajal reconnut que le plus grand nombre des fibres du réseau d'Exner proviennent de cellules propres à la couche moléculaire, cellules considérées jusqu'à lui comme étant de nature névroglique, et distingua dans cette couche trois espèces de cellules : des cellules fus if ormes , des cellules triangulaires et des cellules polygonales. Les cellules polygonales (fig. 331) sont anguleuses, de volume moyen et peu nombreuses; elles émettent un grand nombre de dendrites effilées, ramifiées dans tous les sens, et dont quelques-unes descendent jusque dans la couche des petites cellules pyramidales. Leur cylindre-axe,' très

Fig-. 331. — Cellules polygonales de la couche moléculaire de l'écorce cérébrale du lapin de 8 jours. Coupe antéro-postérieure. Méthode rapide de Golgi. (D'après Ramon y Cajal.)

a, cylindres-axes. — b, collatérales. — c, branches protoplasmiqucs.

Cellules fusiformes de Cajal.

mince, se détache d'un point latéral de la cellule, affecte une direction soit horizontale, soit ascendante, et se divise en fibrilles et en rameaux variqueux, qui suivent un trajet en général parallèle à la surface de la circonvolution, mais n'atteignent jamais la couche sous-jacente.

Les cellules fusiformes et les cellules triangulaires répondent au type cellulaire que nous avons décrit plus haut (voy. p. 165) sous le nom de cellules de Cajal, cellules caractérisées par la multiplicité de leurs cylindres-axes et par le mode d'origine de ces derniers, qui naissent tous d'une dendrite.

Les cellules fusiformes (fig. 332) sont en général bipolaires; elles peuvent toutefois être unipolaires en particulier chez les nouveau-nés ou les embryons. Elles présentent une apparence ovoïde, à surface lisse et régulière. De leurs deux pôles partent des dendrites assez épaisses, le plus souvent rectilignes, qui se coudent vers la superficie du cerveau, après avoir émis dans leur long trajet horizontal des branches qui se dirigent toutes du

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