‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 46 sur 118 · EL · texte numérisé non relu

EL

Imi

NL

coa

r--.-.-frTl)

liadialions strioihalaniiques.

FiG. 292. — Coupe horizontale passant par la partie inférieure de la région thalamique et intéressant le genou de la capsule interne, le faisceau géniculé, le globus pallidus, les lames médullaires externe et interne du noyau lenticulaire. Méthode de Weigert. 4/1 grandeur nature.

jBrf, bandelette diagonale de Broca. — Cia, segment antérieur de la capsule interne. — Ci {g), genou et faisceau géniculé. — Cip, segment postérieur de la capsule interne. — coa, commissure antérieure. — Ep, épendyme ventriculaire de la corne frontale. — ii, première circonvolution limbique. — Lme, lame médullaire externe du thalamus. — Ime, Imi, lames médullaire externe et interne du noyau lenticulaire. — NC, noyau caudé. — XLs, NL«, iVii.les trois segments du noyau lenticulaire. — PaTh, pédoncule antérieur de la couche optique. — Tr/a, pilier antérieur du trigone. — Tk, thalamus. — /'/• Th, fibres radiées du thalamus. — tsc, t;enia semi-circularis. — Ith, ttenia thalami. — VA, faisceau de Vicq d'Azyr. — Zi, zona incerta.

Elles abordent ensuite le thalamus et la région sous-thalamique, et peuvent, suivant leur hauteur, être distinguées en radiations strio-lhalamiques et radiations strio-sous-lhalamiqurs.

Les radiations strio-thalamiques (Rsth) émergent le long de la face interne du globus pallidus, au-dessus du sommet du noyau lenticulaire, traversent le segment postérieur de la capsule interne dans les parties moyenne et inférieure de la région thalamique et s'irradient dans

GANGLIONS INKU ACORT ICAIX : CORPS STRIÉ.

la moilié inférieure du llialamus. Elles paraissent très clairsemées, peu nombreuses sur les coupes horizontales sériées qui sectionnent la partie moyenne du thalamus (Fig. 291), mais deviennent d'autant plus denses et plus nombreuses que l'on s'approche de la partie inférieure de la région thalamique de la capsule interne en particulier de la zone de transition qui sépare la région thalamique de la région sous-thalamique

tsc

FiG. 293. — Le contingent thalamique (fisc) du tœnia semi-circularis (tsc) et les radiations strio-thalamiques (Rsth) de la région thalamique moyenne, dans un cas d'hémiplégie cérébrale infantile avec dégénérescence complète des fibres de projection corticale du segment postérieur de la capsule interne. (Cas Rivaud, p. lot, détail de la figure 143, p. 134.) Méthode de VVeigert-Pal. 10/1 grandeur nature.

(Fig. 292). Cet aspect, très apparent sur les coupes sériées normales, devient particulièrement manifeste lorsque les fibres de projection corticales du segment postérieur de la capsule interne sont complètement dégénérées à la suite d'une vaste lésion corticale (cas Pradel, Fig. 66 à 78, p. 100), ou sous-corticale, surtout lorsque cette dernière remonte à l'enfance (cas Rivaud, p. loi, Fig. 142 à 162). La comparaison des figures 293 et 294 appartenant au cas Rivaud est très démonstrative à cet égard. Dans la partie moyenne de la région thalamique (Fig. 293), les radiations strio-thalamiques (Rsth) traversent en lâches fascicules le segment postérieur de la capsule interne, croisent les fibres (ftsc) que le

Les radiations strio-sous-lhalami- '(ues.

taenia semi-circiilaris (tsc~) envoie à la couche optique et entrent dans la constitution des fibres radiées du thalamus. Dans la partie intérieure de la région thalamique (Fig. 204), les radiations strio-thalamiques (Rsth) sont si denses, si serrées, si nombreuses, qu'elles forment presque une couche continue, qui, — grâce à la rétraction des tissus dans ce cas, — masque en quelque sorte l'emplacement des fibres de projection corticale dégénérées et agénésiées.

Les radiations strio-sous-thalamiques sont infiniment plus nombreuses; à leur émergence le long du sommet du noyau lenticulaire, elles

Zr -^v

NL

frTb

Rsth

Fig. 294. — Les radiations strio-ttialamiques (Rsth) de la région thalamique inférieure dans un cas d'hémiplégie cérébral infantile avec dégénérescence complète des fibres de projection corticales du segment postérieur de la capsule interne. (Cas Rivaud, p. loi et suiv.) Méthode de Weigert-Pal. 10/1 grandeur nature.

se concentrent en une couche compacte de fibres (FI), Fig. 47, p. 69) qui se place entre le globus pallidus (NL,) et le segment postérieur de la capsule Ses trois groupes interne (Cip), puis elles se disposent, suivant la hauteur à laquelle elles appartiennent, en trois groupes de fibres. Les unes passent au-dessus du corps de Luys et forment le faisceau lenlicalaire de Forel (Fl^i ; les autres s'irradient dans le corps de Luys et constituent les radiations strio-luysiennes (RsL); les troisièmes contournent en dehors la région sous-thalamique de la capsule interne à sa limite avec le pied du pédoncule et s'irradient dans l'extrémité antérieure du thalamus et de la région sousoptique, en formant Vanse du noyau lenticulaire (Al).

Ces trois groupes de fibres, très mal délimités les uns des autres, ont été désignés par v. Monakow sous le nom commun à'anse du noyau len-

*]o libres :

GANGLIONS INFR ACORTICAUX : CORPS STRIE.

Ses connexions.

Ses rapports.

ticulaire. Cet auteur y distingue néanmoins trois parties (dorsale, moyenne et ventrale), correspondant à nos trois groupes de fibres.

Le faisceau lenticulaire de Forel (FI) (faisceau H- (Forel), dorsalcr i"Lo faisceau icn- Antheil der Linsenkernschlinge, v. Monakoiv) relie le corps strié à la partie la couche dorsale .lu antéro-ventrale du thalamus. — II est surtout formé de fibres radiées du <=o''ps do Luys. noyau lenticulaire qui traversent en fascicules nombreux, denses et serrés les deux tiers antérieurs du segment postérieur de la capsule interne (Cip), puis se rassemblent en un faisceau large et aplati qui s'étale en avant et au-dessus du corps de Luys (CL), (Fig. 318 T. I"', p. 637 et Fig. 312) en formant la couche dorsale du corps de Luys de quelques auteurs. II se porte ensuite en dedans (Fig. 323, 324), s'adosse au faisceau thalamique de Forel (Fth) dont le sépare la zona incerta (Zi) de cet auteur, puis s'enchevêtre avec le pédoncule inféro-interne de la couche optique (PiTh) et l'anse du noyau lenticulaire (Al). II abandonne chemin faisant quelques fibres à la substance grise centrale du 3'= ventricule et au champ de Forel (F), c'est-à-dire à la partie antérieure et supérieure de la capsule du noyau rouge, puis s'irradie dans la partie antéro-inférieure du thalamus. Les coupes horizontales montrent ses rapports au-dessus et en avant du corps de Luys (t'ig. 312 et Fig. 24), les coupes horizontales obliques, ses connexions avec le faisceau thalamique de Forel, le pédoncule inféro-interne du thalamus et l'anse lenticulaire. Sur ces coupes il se présente sous l'aspect d'un faisceau triangulaire formé de fibres parallèles (Fig. 318 T. P'). Les coupes vertico-transversales montrent enfin que ce faisceau n'appartient pas à un seul plan horizontal, mais qu'il traverse obliquement, de bas en haut et de dehors en dedans, le segment postérieur de la capsule interne avant de former la couche dorsale du corps de Luys (Fig. 323, 324, 325).

Les radiations strio-luysiennes (RsL) font suite au faisceau lenticulaire de Forel, au-dessous et un peu en arrière duquel elles sont situées. Elles traversent les deux tiers antérieurs du segment postérieur de la capsule interne et de la partie supérieure du pied du pédoncule cérébral en fascicules denses, nombreux, serrés et parallèles (Fig. 295 et T. 1"', Fig. 319, 320, 321), puis pénètrent dans le corps de Luys (CL) et s'y irradient en pinceau. Les coupes horizontales obliques montrent que les radiations strioluysiennes s'accolent en avant et en dedans à l'anse lenticulaire et qu'elles sont en rapport plus bas avec la bandelette optique et la commissure de Meynert (T. I", Fig. 321). Comme les radiations strio-luysiennes se myélinisent de bonne heure, vers le huitième mois de la vie intra-utérine, ces rapports les ont fait considérer à tort par Stilling (1880) et Bernheimer (1891) comme une racine luysienne de la bandelette optique (Voy. p. 429).

Anse du noyau lenticulaire (Al). — L'anse du noyau lenticulaire (ou anse lenticulaire, ansa lenticularis) est un faisceau volumineux situé au-dessous et en avant des radiations strio-luysiennes avec lesquelles il «e fusionne en partie. Les fibres radiées et les lames médullaires externe, interne et supplémentaires du noyau lenticulaire concourent à la former, mais elle reçoit en outre par les lames médullaires quelques fibres lenti-

2" Les radiations strîo-luYsicnnes.

3» L'anse lenticulaire.

I Imi 1

Ecoa

H^ Sgi Tap Alv

FiG. 29b. — Coupe horizontale de la région sous-thalamique de la capsule interne intétéressant les radiations du globus pallidus, les radiations strio-luysiennes, l'anse lenticulaire et le faisceau de Turck. Méthode de Weigert. 5/i grandeur nature.

Al, anse lenticulaire. — Ali<, alveus. — DrQa, bras du tubercule quadrijumeau antérieur. — Cge, corps genouiUé e.Kterne. — Cgi, corps genouillé interne. — Cip, segment posté-

rieur ; Cirl, segment rétrolenticulaire tle la capsule interne ; — CL, corps de Luys. — coa, commissure antérieure. — FT, faisceau de Turclc. — fTth, faisceau temporo-thalamique d'Arnold au moment où il aborde le pulvinar (comparez avec fig. 83, p. 112, cas Courrière). — Ime, lame médullaire e.x-terne ; Imi, lame médullaire interne du noj'au lenticulaire. — \C'. queue du noyau caudé. — iVii, A'L». NL3, les trois segments du noyau lentriculaire. — .V»!. centre médian de Luys. — PiTh, pédoncule inféro-interne du thalamus. Pul, pulvinar. — RC, radiations de la calotte. — RCgi, l'adiation du corps genouillé interne. ^ Rcoa. radiations de la commissure antérieure traversant le pied du segment postérieur de la couronne rayonnante. — RGp, radiation du globus pallidus. — RsL, radiations strioluysiennes. — 5,7e, couche sagittale externe ; Sr/i, couche sagittale interne du segment postérieur de la couronne rayonnante. — Tap, tapetum. — Tga, pilier antérieur ; Tgp, pilier postérieur du trigone cérébral. — (se, taenia semi-ciroularis.^ IV, zone de Wernicke.

Ses rapports avec lo segment postérieur de la capsule interno.

culo-caudées. Contrairement au faisceau lenticulaire de Forel et aux radiations strio-luysiennes, l'anse lenticulaire ne traverse pas directement, par le plus court chemin, le segment postérieur de la capsule interne, mais le contourne en écharpe en se portant horizontalement en dedans et un peu en avant. Dans cette partie de son trajet, elle longe la face inférieure du noyau lenticulaire (Fig. 23), appartient à la substance innominée sous-lenticulaire de Reichert et croise à angle presque droit les fibres de la capsule interne en suivant un trajet sensiblement parallèle à celui de la bandelette optique ou du pédoncule inféro-interne du thalamus, au-dessus desquels elle est située (Fig. 24, 45, 269, 270 et 295). Elle forme avec ce dernier faisceau l'anse pédonculaire de Gratiolet : c'est-à-dire cette bande de substance grise et blanche que l'on voit à l'œil nu sur un cerveau frais, après ablation de la bandelette optique, contourner le pied du pédoncule cérébral au niveau de sa pénétration dans le cerveau. Les deux faisceaux constitutifs de l'anse pédonculaire sont séparés l'un de l'autre par une couche de substance grise riche en volumineuses cellules nerveuses, qui appartient à la substance innominée sous-lenticulaire de Reichert et qui est connue depuis Meynert sous le nom de ganglion de l'anse pédonculaire.

Arrivée au tuber cinereum, l'anse lenticulaire se coude, se porte en haut et en arrière (Fig. 23, 2ol à 253) et s'enfonce entre le bord antérointerne du segment postérieur de la capsule interne et la substance grise centrale du troisième ventricule ; elle est accolée aux radiations strioluysiennes les plus internes (Fig. 295) ; passe en dedans du corps de Luys (CL), en dehors du tubercule mamillaire accessoire (Tma), du pédoncule du tubercule mamillaire (PTm), du pilier antérieur du trigone (Tga) et du faisceau de Yicq d'Azyr (VA) (Fig. 45 et T. I«% Fig. 319 et 320, p. 639).

Dans la région sous-optique, une partie des fibres de l'anse lenticulaire se porte en haut dans la partie antérieure et ventrale du thalamus où elle se termine en s'enchevêtrant avec les fibres du faisceau lenticu- son irradiation laire de Forel (FI) et du pédoncule inféro-interne du thalamus (PiTh) les la^caps^uie du"noya^u fibres les plus longues atteignent le plan du ganglion de l'habenula (Gh) ; ™"se. une autre partie se porte en arrière, abandonne chemin faisant quelques fibres à la substance grise centrale du troisième ventricule, puis pénètre dans la partie antéro-interne de la capsule du noyau rouge (CNR) (Fig. 231, 233 et 234, p. 268). Contrairement à l'opinion de Flechsig, Edinger,

Ses rapports dans la région sous-optique.

Bechlerew, etc., l'anse du noyau lenticulaire n'envoie aucune fibre dans le ruban de Reil, ni dans les radiations de la calotte.

DcgcDéresccnce Dégénérescence des radiations striées consécutives aux lésions cenconséciuvc"ï\"utc traies. — Les radiations strio-thalamiques et strio-sous-thalamiquos lésion centrale éten- déséuèrent à la suitc de toute lésion centrale des hémisphères cérébraux

■ lue ou limitée du^. . ,...,,

corps strié. qui détruit le corps strié ou sectionne les radiations striées dans leur

trajet capsulaire, thalamique ou sous-thalamique. Comme ces lésions empiètent le plus souvent sur la capsule interne, une dégénérescence des fibres de projection corticale, en particulier de la voie pédonculaire, se surajoute nécessairement dans ces cas à la dégénérescence des radiations striées et en complique Tétude. Les lésions du corps strié sont d'autre part des lésions partielles en général, et partant n'entraînent qu'une dégénérescence partielle du système des radiations striées. Il est en effet exceptionnel, même dans les vastes lésions centrales, de constater une destruction totale du corps strié et partant une dégénérescence complète de son système de fibres radiées. Cette particularité tient évidemment à la complexité de l'irrigation vasculaire de ce noyau, le corps strié recevant ses vaisseaux des artères striées antérieures qui se détachent de l'artère cérébrale antérieure ; des artères lenticido-striées et lenticulo-optiques, branches de l'artère sylvienne, et de l'artère choroïdienne antérieure. (Fig. 163 et '164, p. 163.) Dégénérescences Lcs lésions étcndues du coi'ps strié entraînent en général une dégéné-

sufvanue%iè™"'"" rcsceuce plus OU moins intense de toutes les catégories de fibres striées : radiations strio-thalamiques et radiations strio-sous-thalamiques (faisceau lenticulaire de Forel, radiations strio-luysiennes, anse lenticulaire). Les lésions plus restreintes peuvent intéresser de préférence certains groupes de fibres, en épargner d'autres et les dégénérescences secondaires qui en résultent varient alors suivant le siège de la lésion : ainsi les lésions de la partie supérieure et moyenne du noyau lenticulaire (domaine des artères lenticulo- striées et lenticulo-optiques) déterminent surtout une dégénérescence des radiations strio-thalamiques, strio-luysiennes et du faisceau lenticulaire de Forel, et respectent relativement l'anse lenticulaire. Les lésions de la tète du noyau caiidé et de Vextrémité antérieure du putamen (domaine des artères lenticulo -striées) épargnent en général Fanse du noyau lenticulaire et le faisceau lenticulaire de Forel et retentissent surtout sur les radiations strio-thalamiques et strio-luysiennes. La dégénérescence prédomine enfin dans l'anse lenticulaire, lorsque la lésion destructive occupe la base du noyau lenticulaire, en particulier du globus pallidus. Il résulte de cette disposition qu'il est difficile de déterminer ce qui, dans la constitution des radiations striées, revient, soit au noyau caudé, soit au putamen ou au globus pallidus.

D'après v. Monakow, le faisceau lenticulaire de Forel et les radiations strio-luysiennes tireraient leur origine principale du putamen et du noyau caudé, tandis que l'anse lenticulaire proviendrait des trois seg-

monts du noyau lenticulaire. Le noyau caudé (en particulier sa tête) serait pour cet auteur et pour JMahaim en connexions étroites avec le corps de Luys, ce qui impliquerait dans la constitution des radiations strioluysiennes un contingent caudé important. Il nous semble pi-obable toutefois que la constitution des radiations striées est plutôt régionale que segmentaire ; le faisceau lenticulaire de Forel, les radiations strioluysiennes et strio-tlialamiques tireraient leur origine de la partie supérieure et moyenne du corps strié, tandis que l'anse lenticulaire relèverait surtout de la région ventrale et antérieure.

Lorsqu'on examine au point de vue de la dégénérescence des radiations striées les cas de lésions centrales rapportées p. 167 à 185, on est frappé du nombre relativement considérable de fibres qui persistent intactes après des lésions mêmes très étendues du corps strié. Ce fait est bien mis en évidence par la méthode de Weigert-Pal.

Dans le cas Racle, par exemple (Fig. 165 à 173, p. 167 et suiv.), bien que le putamen, la partie adjacente du globus pallidus, le tronc et la partie supérieure de la tète du noyau caudé soient complètement détruits, il existe néanmoins dans l'anse lenticulaire et les radiations strio-luysiennes un grand nombre de fibres saines qui, dans la région sous-tlialamique, traversent ou contournent en fascicules si nombreuses et si serrées le segment postérieur de la capsule interne qu'elles masquent presque la dégénérescence des fibres de projection corticale (Fig. 169, 170, 171, p. 169).

Dans le cas Dautriche (Fig. 192 à 196, p. 182 et suiv.), il existe une lésion destructive du globus pallidus, en particulier de son segment interne (NL|) ; la dégénérescence secondaire intéresse toutes les catégories de fibres striées, les radiations strio-thalamiques, Vanse lenticulaire ^ le faisceau lenticulaire de Forel, les radiations strio-hiy siennes, le corps de Luys; mais ici encore on est frappé par le nombre des radiations striées intactes. Chaque parcelle du globus pallidus respectée par la lésion, possède un dense feutrage interradiaire et de nombreuses fibres radiées; et la partie adjacente du segment postérieur de la capsule interne est cloisonnée par de nombreuses radiations strio sous-thalamiques et strio-luysiennes saines. Dans les lésions plus circonscrites, telles que les cas Segalon,Liavigne, Carré, les dégénérescences sont plus localisées encore et se confinent au plan du secteur lenticulaire lésé. Dans le cas Segalon (Fig. 181 et 182, p. 178\ il existe une dégénérescence partielle de la partie antérieure du corps de Luys et de l'anse lenticulaire ; dans les cas Lavigne (Fig. 189 à 191, p. 180) et Carré (Fig. 186 à 188, p. 179) — (section de la partie postérieure du noyau lenticulaire), — la dégénérescence respecte l'anse lenticulaire, retentit sur la partie postérieure du corps de Luys et les radiations strio-luysiennes correspondantes.

L'étude des dégénérescences secondaires, faite à l'aide de la méthode Dégénérescence

lAî 1-* X "■! 'ix' ^1' 1^* ''A' des fibres radiées et

de Marchi, montre qu il existe toujours en amont dune lésion primitive ^^ feutrage interradu corps strié une déerénérescence très nette du putamen et du globus f'''!'''' «n aœon( des

^ ^ *^ ^ \ y lésions primitives.

pallidus^ adjacente à la lésion et intéressant à la fois les fibres radiées et

en aval

le feutrage interradiaire. Cette dégénérescence des gros fascicules de fibres est localisée à une tranche, à un secteur du corps strié et ne s'étend pas très loin du foyer primitif; mais on trouve en outre, disséminé dans le corps strié, un très fin granité de dégénérescence que l'on peut suivre souvent très loin. Ce mode de dégénérescence concorde bien avec ce que nous savons de la structure du corps strié et de la constitution des fascicules radiés : les fibres striées parcourant souvent un très long trajet avant de se réunir en faisceaux radiés. Dégénérescence En aval de la lésiou primitive, la dégénérescence intéresse les radiations strio-thalamiques et strio-sous-thalamiques (faisceau lenticulaire de Forel, radiations strio-luysiennes, et suivant le siège, à un degré plus ou moins prononcé, l'anse lenticulaire).

Trajet des radia- Pour pcu qus la lésiou primitive n'empiète pas trop sur le segment néréVen^aTai de'îa postéricur de la capsule interne et sur le thalamus, il est en général très lésion primitive. facile de suivre le trajet des radiations strio-sous-thalamiques dégénérées. On les voit traverser, en fascicules serrés et parallèles (Cas Ronse, Fig. 296 à 301), le segment postérieur de la capsule interne (,Cip;, croiser à angle droit les fibres de projection corticales plus ou moins dégénérées et s'irradier dans le corps de Luys (CL) et les régions ventrales du thalamus. La pénétration en pinceau des fibres dégénérées dans le corps de Luys est particulièrement évidente et tout à fait conforme à ce que nous enseigne l'anatomie normale.

Dans toute lésion du corps strié, la dégénérescence du corps de Luys est toujours très intense et comprend en général toute l'étendue de ce corps. La dégénérescence du faisceau lenticulaire de Forel (FI) (Fig. 297 et 298) est de même très manifeste et peut être suivie au-dessus du corps de Luys, dans les parties ventrales du thalamus et dans le champ de Forel. Quant à la dégénérescence de l'anse lenticulaire, elle est surtout facile à suivre dans cette partie de son trajet ovi elle contourne le segment postérieur de la capsule interne, et s'irradie dans la partie antéro-ventrale du thalamus (Fig. 297) et la partie antéro-interne de la capsule du noyau rouge.

Cas Ronse. — Il existe dans ce cas deux lésions, Tune sous-corticale, sous-jacente aux circonvolutions rolandiques, l'autre centrale, intralenticulaire.

1° La lésion sous-jacente aux circonvolutions rolandiques a sectionné le pied du segment supérieur de la couronne rayonnante, empiète un peu sur la partie supérieure et postérieure du noyau externe de la couche optique ; elle s'est manifestée pendant la vie par une hémiplégie gauche avec contracture et hémianesthésie datant de treize mois. (Voy. Long, Th. Paris, 1899, Cas XI, p. 237.)

Cette lésion a entraîné les dégénérescences secondaires classiques :

a) Une dégénérescence très étendue du segment postérieur de la capsule interne (Cip) (Fig. 296 et 297) pouvant être suivie dans la partie moyenne du pied du pédoncule cérébral (Fig. 299 et 300i, dans l'étage antérieur de la protubérance, la pyramide antérieure du bulbe et le faisceau pyramidal croisé et direct de la moelle. Les segments sous-lenticulaire et rétrolenticulaire [Cirl),les parties postérieure et antérieure du segment postérieur (Cip) de la capsule interne, en particulier le genou de la capsule (Ci (g) (Fig. 298) sont respectées par la dégénérescence et il en est de même des parties interne et

fU-'A

com

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FiG. 296.

Cirl

Cas Rouso. 1» Lésion sous-corticalo sous-jacento aux circonvolutions rolandiquos ayant sectionné le segment supérieur de la couronne rayonnante et empiété sur la partie supérieure do la couche optique. Dégénérescence de la partie moyenne do Cip et du pied du pédoncule. Dégénérescence de Zr, Lme, Ne, Nm. 2" Lésion intralentioulaire. Dégénérescence des libres radiées et lames médullaires du globus pallidus, des radiations strio-thalamiques, strio-luysiennes, du faisceau lenticulaire de Forci, de l'anse lenticulaire et de la commissure de iVIoynert.

Dégénérescence du corps de Luys, delà partie antéro-inférieure de la couche optique, du noyau rouge et de sa capsule de fibres.

ANATOiMIE DES CENTRES NERVEUX.

Cas Ronsc. 1" Lésiou sous-oorticalc sous-jaccute aux circonvolutions rolan- Jiqucs ayant sectionné le segment sup(^rieur de la couronne rayonnante et empiété sur la partie supérieure «le la couche optique. Dégénérescence de la partie moyenne de Cip et du pied du liédoncule. Dégénérescence de Zr, Lme, Xe, Nni. 2° Lésion intraleaticulaire. Déi;énércscence des libres radiées et lames médullaires du glolius pallidus. des railiations strio-thalamiques , strio-luysiennes, du faisceau lenticulaire de Forci, de l'anse lenticulaire et de la commissure de Meyuert.

Dégénérescence du corps de Luys, de la partie antêro-intërieurc de la couche optique, du noyau rouge et de sa capsule de fibres.

e.xlerne du i>ied du pédoncule cérébral, y compris le faisceau de Turck (Fig. 299 el 300) .

- - RgBm.

FiG. 296, 297 et 298. — Cas Ronse. Hémiplégie gauche avec contracture et hémianesthésie. La teinte grise indique l'étendue de dégénérescence capsulaire consécutive à la lésion sous-corticale.

Coupes horizontales obliques parallèles à la bandelette optique passant par les parties moyenne (Fig. 296) et inférieure (Fig. 297 et 298) de la région Ihalamique : 1° Dégénérescence du segment postérieur (Cip) de la capsule interne consécutive à une lésion sous-corticale sous-jaceute aux circonvolutions rolandiques ayant sectionné le segment supérieur de la couronne rayonnante et empiété sur la face supérieure du thalamus. Intégrité du segment rétrolenticulaire (Girl) et des parties postérieure et antérieure du segment postérieur de la capsule interne, en particulier du faisceau géniculé (Ci(g). Dégénérescence de la zone réticulée (Zr) de la lame médullaire externe (Lme) et des libres radiées du noyau e.vterne (Ne) du thalamus. Dégénérescence du centre médian de Luys (Nm) et de la région dite du ruban de Reil médian. 2° Lésion du putamen et du globus pallidus (Fig. 296). Dégénérescences des fibres radiées et des lames médullaires (lme, Imi, Imi') du noyau lenticulaire, dégénérescence des radiations strio-thalamiques (Rslh), du faisceau lenticulaire de Forel (FI), de l'anse lenticulaire (Al) des radiations strio-luysieiiues (RsL) et de la commissure de Meynert (CM). Dégénérescence du corps de Luys (CL). Dégénérescence de la partie antéro-inférieure du thalamus dans la région du faisceau Ihalamique (Fth) et du champ de Forel (F) (fig. 298).

Dégénérescence partielle du twnia thalami. Dégénérescence partielle de la commissure antérieure. Méthode de Man^hi. 2/i grandeur nature.

GANt;LIOXS IXFRACORTICAL'X: COUPS STRIE.

b] Une dégénérescence de la zone réticulée, de la lame médullaire externe (Lme) et des libres radiées du noyau externe (Ne) de la couche optique dans toute la partie adja-

Fr;. 299. — Cas Ronse.

Hémiplégie gauche avec contracture et hémianeslhésie. Coupe liorizonlale oblique, parallèle à la bandelette optique passant par la région sous-thalamique.

Dégénérescence de la partie moyenne du pied Qjgi du pédoncule (P), du locus niger (Lu) et du pes lemniscus profondtPLp) .

Intégrité du faisceau interne du pied du pédoncule, malgré la dégénérescence de l'anse lenticulaire de la ligure 297.

Intégrité du faisceau de Yig. 299.

Turck, de la partie adjacente du pied du pédoncule, du segment sous-lenticulaire de la capsule interne (Cisl), de la zone de Wernicke (W) et du pulvinar (Pul).

Dégénérescence de la région du ruban de Reil médian (RgRm) et de la commissure postérieure consécutive à l'extension de la lésion sous-corticale à la partie supérieure de la couche optique.

Dégénérescence du noyau rouge et de sa capsule de fibres consécutives à la lésion

intralenticulaire et à la dégénérescence des fibres strio-thalamiques et strio-sous-thalamiques, en particulier de | l'anse lenticulaire et du faisceau lenticulaire de Forel. Méthode de Marchi. 2/1 grandeur nature.

FiG. 300. — Cas Ronse. La zone de dégénérescence du système de fibres striées a disparu; le ruban de Reil médian et le noyau rouge ne contiennent que quelques rares grains isolés. Dégénérescence de la partie moyenne du pied du pédoncule cérébral, qui, dans la région pédonculaire inférieure, lenvoie par le pes lemiiiscus profond (Plp) quelques fascicules aberrants de la voie pédonculaire dans le ruhan de Reil médian. Intégrité des parties interne et externe du pied du pédoncule. Méthode de Marchi.

Cas Ronse. 1" Lésion sous-corticale soiis-jacentc aux circonvolutions rolandiqucs ayant sectionné le segment supérieur de la couronne rayonnante et empiété sur la partie supérieure de la couche optique. Dégénérescence de la partie moj'enne de Cip et du pied du pédoncule. Dégénérescence de2r, Lme, Ne, Nm. 2» Lésion intralenticulaire. Dégénérescence des libres radiées et lames médullaires du globus pallidus, dos radiations strio-thalamiques, strio-luysiennes, du faisceau lenticulaire de Forel, de l'anse lenticulaire et de la commissure de Meynert.

Dégénérescence du corps de Luys, de la partie antéro -inférieure de la couche optique, du noyau rouge et de sa capsule de fibres.

cents à la dégénérescence capsulaire (Fig. 296, 297, 298). Une dégénérescence particulièrement accusée de la partie postérieure du noyau externe du thalamus (Fig. 296), c[ui se continue autour et en dehors du centre médian de Luys (Nm, Fig. 297 et 298) e dont l'intensité est due très probablement à l'extension de la lésion primitive à la partie postérieure du thalamus.

2° La lésion centrale intralenticulaire se présente sous l'aspect de foyers lacunaires

remplis de corps granuleux (fl, Fig. 296 et 297), foyers allongés dans le sens antéropostérieur, situés dans le putamen (NL3) et le deuxième segment du noyau lenticulaire (NL2, Fig. 296) et respectant le segment interne du globus pallidus. Cette lésion de date plus récente que la lésion sous-corticale — à en juger d'après l'état de dégénérescence des fibres — a entraîné une dégénérescence de toutes les catégories de fibres striées. Dans la région thalamique de la capsule interne (NLj, Fig. 296), elle intéresse

CM

JEsL

FiG. 301. — Cas Ronse. Hémisphère gauche sain. Dégénérescence de la commissure de Meynert pouvant être suivie le long de la bandelette optique et du segment postérieur de la capsule interne du côté opposé à la lésion lenticulaire, jusque dans le globus pallidus. Il existe, en outre, dans ce cas, un petit foyer lacunaire du globus pallidus ayant entraîné une dégénérescence partielle et régionale des radiations strio-luysiennes. Méthode de Marchi 2/1, grandeur nature.

les fibres radiées du putamen et du globus pallidus (NLo), les lames médullaires externe (Ime) et interne (Imi) et le feutrage du globus pallidus, les radiations strio-thalamiques (Rsth) qui sillonnent le segment postérieur dégénéré de la capsule interne et qui s'irradient dans le noyau externe du thalamus et dans la région occupée par le faisceau thalamique de Forel (Fth, Fig. 297).

La partie antéro-supérieure du putamen et du globus pallidus, en particulier son segment interne, ne contient que très peu de fibres dégénérées (Fig. 296), mais il est contourné par les fibres dégénérées de la lame médullaire interne (Imi) qui traversent la partie antérieure non dégénérée du segment postérieur de la capsule interne, en par-

ticulier le faisceau géniculé (Gig), puis s'irradient dans la partie antérieure du thalamus (Fig. 296).

Dans la partie inférieure de la région thalamique (Fig. 297), au voisinage de la substance innominée sous-lenticulaire de Reichert (Sti), les fibres dégénérées sont particulièrement nombreuses. Elles occupent les fibres radiées et le feutrage des deux segments internes du globus pallidus (NLo, NLi), les lames médullaires internes (Imi) et les lames supplémentaires (Imi') et s'amassent en une couche épaisse le long du bord externe du segment postérieur de la capsule interne (X) (Fig. 298).

Elles traversent ensuite ce segment capsulaire (Fig. 297); les supérieures suivent la voie des radiations strio-thalamiques (Rsth), les suivantes la voie du faisceau lenticulaire de Forel (FI) et envoient un petit fascicule (FF) dégénéré dans la substance grise centrale du troisième ventricule, au-dessus du tubercule mamillaire; les inférieures, enfin, proviennent surtout des lames médullaires, suivent la voie de l'anse lenticulaire (Al) et contournent la partie antérieure non dégénérée du segment postérieur de la capsule interne (Fig. 297). D'autres libres, enfin, suivent la voie des radiations strioluysiennes (RsL, Fig. 298). Un grand nombre de ces fibres dégénérées concourent à former la capsule du corps de Luys et s'épuisent dans ce corps (CL) dont la dégénérescence est manifeste. Les autres s'irradient dans la partie antéro-inférieure du thalamus, entrent dans la constitution du champ de Forel (F) et de la capsule du noyau rouge (Fig. 298).

D'autres fibres dégénérées ne traversent pas la capsule interne, mais se détaclient de la base du noyau lenticulaire et prennent la voie de la commissure de Meynert (CM) (Fig. 297 et 298). Elles peuvent être suivies dans la substance grise centrale du troisième ventricule le long du chiasma et des deux bandelettes optiques jusque dans le noyau lenticulaire du côté opposé (Fig. 301).

Dans la région sous-optique (Fig. 299), il existe : i° en avant du corps genouillé interne, une dégénérescence de la région du ruban de Reil médian (Rg Rm), qui fait suite sur les coupessériéesàla dégénérescence qui entourelecentremédiande Luys; 2° une dégénérescence de la capsule du noyau rouge et de la partie extei'ne de ce noyau (NR) , qu» /fait suite à la dégénérescence du champ de Forel. Ces zones dégénérées diminuent rapidement d'intensité de haut en bas et dans la région du pédoncule cérébral (Fig. 300), le noyau rouge (NR), le ruban de Reil médian (Rm), la formation réticulée (SR) ne contiennent que quelques grains isolés qui disparaissent rapidement. Dans la région sous-optique (Fig. 299), il existe, en outre, une légère dégénérescence de la commissure postérieure (cop), consécutive très probablement à l'extension de la lésion sous-corticale à la partie supérieure du thalamus. Il existe enfin une dégénérescence de la partie moyenne du pied du pédoncule (P), du locus niger (Ln) et du pes lemniscus profond (PLp), qui fait suite à la dégénérescence capsulaire.

Il existe, en outre, dans ce cas, une dégénérescence partielle du tasnia thalami (tth, Fig. 296, 297, 298) et une dégénérescence partielle de la commissure antérieure (Fig. 297, 298); cette dernière relève de la lésion directe de ce faisceau par un des foyers lacunaires.

Ce cas démontre :

1° Que le corps strié envoie des fibres dans les radiations strio-thalamiques, dans le faisceau lenticulaire de Forel, dans l'anse lenticulaire, dans les radiations strio-luysiennes et dans la commissure de Meynert. Ces fibres sont destinées au corps de Luys, à la partie antéro-inférieure du thalamus, au noyau rouge, à sa capsule de fibres; et au noyau lenticulaire du côté opposé, par l'intermédiaire de la commissure de Meynert.

2° Que l'anse lenticulaire ne concourt pas à former le faisceau interne du pied du pédoncule cérébral et n'envoie pas de fibres dans la voie

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