‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 61 sur 118 · CERVELET · texte numérisé non relu

CERVELET

Situation.

Rapports chez l'homme.

Chez le.s mammifères.

Aspect.

Organe impair et médian le cervelet se développe aux dépens d'une^ partie de la voûte du cerveau postérieur ou quatrième vésicule encéphalique. Il occupe la plus grande partie de la loge crânienne inférieure, repose sur les fosses cérébelleuses de l'occipital, se place en arrière et en dedans du rocher et de l'apophyse mastoïde, au-dessus du trou occipital dans lequel il plonge avec le bulbe rachidien, au-dessus du rebord du trou occipital qui imprime à sa face inférieure un sillon plus ou moins marqué suivant les sujets (eoc), Fig. 332). Il n'atfecte qu'un rapport éloigné avec la gouttière basilaire sur laquelle repose la partie inférieure du tronc encéphalique.

Chez l'homme, le cervelet se trouve enfoncé à la façon d'un coin entre le cerveau et la moelle épinière. Il est situé au-dessous des hémisphères cérébraux qui le recouvrent entièrement, et dont le sépare une profonde scissure : la grande fente cérébrale transverse qui loge la tente du cervelet, en arrière de la protubérance, en arrière et au-dessous des tubercules quadrijumeaux, en arrière et au-dessus du bulbe rachidien.

Chez les mammifères autres que l'homme, grâce à la direction horizontale de l'axe du tronc encéphalique et au peu de développement des lobes occipitaux, le cervelet est situé au-dessus du tronc encéphalique et non en arrière de lui; sa face supérieure est en outre à découvert, elle est située en arrière des hémisphères cérébraux et du cerveau moyen souvent très développé.

Sur l'encéphale extrait de la cavité crânienne, le cervelet se présente sous l'aspect d'un ellipsoïde à grand axe transversal, de couleur gris rosé.

M0nPH0[,0r.IE DU RHOMBENCEPHAI,E. 437

dont la consisianco égale celle du cerveau. Son aspect silloiîné et lamelleux lui donne un cachet particulier, bien ditïérent de celui du cerveau.

Le cervelet comprend chez l'homme deux parties latérales paires et ■symétriques, les hémisphères cérébelleux on lobes latéraux (HCv, Fig. 331, 332 et 333) réunis par une partie médiane et impaire qui doit à son aspect strié ou annelé spécial le nom de vermis, ver, éminence vermiforme, processus vermiformis, et à sa situation celui du lobe moyen du cervelet. (Vs, Vi, Fig. 331, 332, 338, 339, 340, 341).

Dans la série des mammifères, les hémisphères sont d'autant plus vaicm- phyiogénépetits et le vermis d'autant plus saillant que l'on descend davantage tZsx:îllZ^''''^''^ l'échelle zoologique. Chez les oiseaux, les hémisphèi'es sont rudimentaires, le cervelet est réduit au vermis, l'étage antérieur de la protubérance et les pédoncules cérébelleux moyens font défaut; chez les vertébrés inférieurs, poissons et reptiles, le vermis rudimentaire n'est représenté que par une lame transversale lisse ou plissée. Au point de vue phylogénétique et ontogénétique, le lobe moyen ou vermis représente en effet la partie primitive et fondamentale du cervelet, il se développe le premier chez le fœtus humain et présente des sillons et des circonvolutions à une époque où les hémisphères cérébelleux sont encore lisses.

Pour étudier la configuration extérieure du cervelet, il faut ou bien configuration expratiquer la coupe dite de Meynert (Voy. T. 1"', Fig. 3 et 4), c'est-à-dire *™'^'"''séparer le manteau cérébral du tronc encéphalique et des corps optostriés par une section curviligne qui correspond à l'angle externe du ventricule latéral et aux sillons marginaux de l'insula, ou encore séparer le rhombencéphale du cerveau par une coupe horizontale qui passe par les pédoncules cérébraux et les tubercules quadrijumeaux.

On constate alors que le cervelet présente une face supérieure inclinée en dos d'âne (Fig. 342, 340), une face inférieure irrégulière et bombée (Fig. 332, 333, 344) et une grande circonférence. Lorsqu'on le libère du tronc encéphalique, on voit qu'il présente en outre une face antérieure (Fig. 334) concave, dans laquelle le quatrième ventricule envoie un diverticule angulaire connu sous le nom de faite, d'angle du toit ou de la -tente du quatrième ventricule.

Face supérieure fFig. 331, 338, 339, 340, 342). — Vu par sa face Face supérieure. supérieure, le cervelet présente d'après la comparaison des anciens anatomistes l'aspect d'un cœur de cartes à jouer, dont le sommet tronqué est en avant et la base échancrée en arrière.

L'échancrure postérieure, étroite et profonde, loge la faux du cervelet Échancrure •et porte le nom d'incisure niarsupiale (em) , d'incisure marginale postérieure, d' échajicrure perpendiculaire postérieure (Vicq d'Azyr), d'incavatura perpendiculare commune (Malacarne), incisura marsupialis, posterior cerebellar notch (des Anglaisj. — L'échancrure antérieure, plus large et jplus étalée que la postérieure, entoure les tubercules quadrijumeaux et

supiale.

Incisurc scmi-luriairo.

l'isthmo postérioiir dont la sépare un repli pie-mérien ; elle est connue sous le nom d'incisure semi-lunaire (esl), cCincisiire marginale antérieure, anterior cerebellar notch (des Anglais) et représente une véritable face tapissée de lamelles transversales et située au-dessus du toit du quatrième ventricule et du hile du cervelet (Fig. 33i et 336).

On considère à la face supérieure une partie sagittale médiane et sail-

ss

cm'

. 3-31. — Le cervelel, recouvert de la pie-mèra et da l'arachnoïde, vu par sa face supérieure. La toile clioroïdienne et les plexus choroïdes des ventricules latéraux (d'après la photographie d'une pièce durcie dans le formol).

Bt, bourgeon terminal. ^ em. échancrure marsupiale. — dp, glande pinéale. — le, lame cornée. — iP, lobe postérieur du cervelet. —LS, lobe supérieur du cervelet. — iVC, noj'au caudé. — Plck, les plexus choroïdes du ventricule latéral, et leur glomérule [GlPlch] situé dans la région du carrefour ventrii-ulaire. — «sT, sillon supérieur de Vicq d'Azyr. — Tch, toile choroïdienne. — Tgci, pilier antérieur du trigone. — Th, couche optique. — VXrst, veine du corps strié. — VG, veine de Galien. — ■ Vs, vermis supérieur du cervelet masqué en partie par les plis de l'arachnoïde.

Vormis supi'TÎour.

lante, le vermis supérieur (Vs) ou face supérieure du lobe moyen du cervelet, et deux pai'ties latérales obliques en bas et en dehors et légèrement concaves, les hémisphères cérébelleux inclinés en versant de toit ou en dos d'âne.

Le vermis supérieur (Vs) est compris entre l'échancrure semi-lunairo (esl) ou antérieure, et l'échancrure marsupiale ou postérieure (em). Beau-

MORPHOLOGIE DU RHOMBENCEPH A I.E.

coup moins étendue dans le sens sagittal que les hémisphères cérébelleux qui le débordent en arrière, le vermis est séparé do chaque côté des hémisphères cérébelleux par un sillon sagittal très superficiel, le sillon longitudinal supérieur (sis) droit et gauche (Fig. 339, 340), simple dépression qui loge une des branches principales de l'artère cérébelleuse antérieure. Comme les lamelles cérébelleuses se continuent directement du vermis sur les hémisphères, comme elles pi'ésentent à peine au niveau des sillons longitudinaux supérieurs une légère encoche, il ne peut donc — pour la face supérieure du cervelet — être question d'un lobe médian et de deux lobes latéraux dans le sens strict du mot. Nous verrons qu'il n'en est pas de même à la face inférieure du cervelet.

Le vermis supérieur est convexe d'avant en arrière ; il forme à la face supérieure du cervelet une saillie plus ou moins accusée suivant les sujets, connue sous le nom de monticule, et qui comprend un sommet ou faîte, le culmen (VCu) et un revers ou pente, le déclive (Vdc) (Fig. 338, 339). Les anciens anatomistes (Malacarne, Reil, Burdach, Vicq d'Azyr, etc.) considéraient au vermis une tête, un corps et une queue mince et un peu effilée. Le corps répondait au culmen, la queue au déclive, la tète s'enfonçait dans l'échancrure semi-lunaire et correspondait au lobule central de Malacarne : elle se terminait sur la valvule de Vieussens par une sorte de languette, la lingula, découverte en 1776 par Malacarne qui ne croyait pas à son existence constante, et bien décrite en 1864 par Stilling.

Les hémisphères cérébelleux débordent le vermis en arrière. Un sillon transversal profond, le sillon supérieur de Vicq d'Azyr (ssV) [sillon jjostérieur et supérieur de quelques auteurs) (Fig. 331, 338, 339) qui atteint en dedans le fond de l'échancrure marsupiale, divise leur face supérieure en deux parties inégales. La partie antérieure, la plus volumineuse, est quadrilatérale et légèrement concave; elle correspond au monticule (culmen et déclive) du vermis supérieur et forme le lobe supérieur [\-&). La pai'tie postérieure, beaucoup plus petite, est d'aspect semilunaire ; elle déborde le vermis en arrière, limite l'échancrure marsupiale en dedans et constitue le lobe postérieur (LP).

Parties tuantes.

Hémisphères céré-.

Ijelieux.

Face inférieure (Fig. 332, 333, 344). — ■ La face inférieure ou occipitale du cervelet est moins régulière que la face supérieure. Les hémisphères sont plus bombés, plus convexes dans le sens antéro-postérieur comme dans le sens transversal, ils sont séparés l'un de l'autre par une profonde scissure sagittale et médiane , la vallée (vallecula seu valletta) de Reil, la scissure ou fente médiane du cervelet ou scissure longitudinale médiane, masquée sur le cervelet recouvert de ses méninges par un vaste pont arachnoïdien qui limite le lac cérébelleux inférieur du liquide céphalo-rachidien. La vallée de Reil se continue en arrière avec Léchancrure marsupiale (em) ; elle loge dans sa partie postérieure la faux du cervelet, et dans sa partie antérieure le bulbe rachidien; son fond est occupé par le vermis inférieur (Vi). Pour apercevoir ce dernier

Face inférieure.

Vallée de Reil.

Vcrmis inférieur. (

dans toute son étendue, il faut enlever le ponL arachnoïdien, relever le bulbe en baut et en avant ou encore le sectionner au voisinage du sillon bulbo-protubéranliel (Fig. 332). Le vermis inférieur se présente alors sous l'aspect d'une éminence très convexe dont la partie postérieure se ontinue avec le vermis supérieur, dont la partie antérieure s'enfonce profondément entre les deux hémisphères cérébelleux et fait saillie dans le 4° ventricule.

Lorsqu'on enlève la pie-mère et qu'on écarte les hémisphères, on constate que le vermis inférieur, qui porte encore le nom de processus ou érvi-

HCv

cii. : Eli . , ^-^ cm .. Lsli

Fin. 332. — Face inférieure du cervelet recouvert de la pie-mère, après ablation de l'arachnoïde, et section du bulbe au-dessous du sillon bulbo-protubérantiel.

Aci, artère cérébelleuse inférieure. — B, bulbe rachidien. — em, échancrure marsupiale. — eoc, empreinte jugulaire. — HCv, hémisphères cérébelleux. — LI, lobe inférieur. — LP, lobe postérieur. — Lsli, lobe semi-lunaire inférieur. — Pijc, pyramide de Malacarne. — sli, sillon longitudinal inférieur. — Vi, vermis inférieur.

Parties constituanlcs.

nence vermi forint ou vermiculaire inférieur^ est plus volumineux, plus large et mieux délimité que le vermis supérieur. Il constitue une saillie cruciale, une sorte de pyramide à quatre pans, couverte de lamelles transversales et présentant quatre crêtes saillantes, dont l'une est antérieure, l'autre postérieure, les deux autres externes (Fig. 344).

Le sommet de la pyramide est connu sous le nom de pyramide lamineuse de Malacarne (Pyc). Les crêtes externes ou latérales se prolongent de chaque côté dans l'épaisseur des hémisphères en formant les expansions ou les ailes de la pyramide. La crête postérieure se porte obliquement en haut et en arrière, et s'unit au vermis supérieur dans le fond de l'échancrure marsupiale, au niveau des lames transversales d'Arnold (Fig. 332). La crête antérieure se porte en avant et en haut, fait saillie

MORPHOLOGIE DU RHOMBENCEPH ALE. 44

dans la cavité du 4'= ventricule dont elle est sépare'e par l'épendyme ven triculaire, la toile et les plexus choroïdiens du 4" ventricule (Fig. 336). Elle comprend deux lobules nettement délimités : le nodule (No) en avant, et la luette (Uv) en arrière (Fig. 344).

Deux profonds sillons, convexes en dehors, les si/Ions lonc/itudinaux um (^sli") droit et gauche, séparent de chaque côté le verrais inférieur des hémisphères cérébelleux. Profonds en avant où ils aboutissent au nid de pigeon ou d'hirondelle (Voy. Fig. 345 et p. 471), ils deviennent plus superficiels en arrière et sont constamment interrompus au niveau de leur point le plus convexe par les ailes ou expansions latérales de la pyramide de Malacarne. Quelquefois ils éprouvent une seconde interruption par un lobule superficiel qui unit le lobe semi-lunaire inférieur au tubercule valvulaire (Voy. p. 469).

Les hémisphères cérébelleux qui débordent le verrais inférieur en Hémisphères céréarrière, le recouvrent en dedans et en avant et se renflent dans cette région en une saillie ovalaire, oblique en arrière et en dedans, très rapprochée de celle du côté opposé et qui plonge dans le trou occipital avec le bulbe rachidien en arrière duquel elle est située. Cette saillie, que nous désignerons sous le nom d'éminence occipitale, est séparée du Éminence occipu reste de l'hémisphère cérébelleux par une empreinte semi-lunaire concave en dedans, Yempreinte jugulaire de Henle [impressio jiigularis) (eoc, Fig. 332) qui correspond au rebord du trou occipital et au tubercule jugulaire de l'occipital; elle commence sur les parties latérales de la vallée de Reil, en avant des ailes de la pyramide, puis se porte en avant et en dehors, et se termine en ai'rière d'un petit lobule nettement circonscrit, situé à la partie antéro- inférieure du pédoncule cérébelleux moyen et connu sous le nom de flocculus (Floc), de lobule du nerf vague ou pneumogastrique (Vicq d'Azyr). Un profond sillon, le sillon inférieur de Vicq d'Azyr (siV, Fig. 333), l'homologue du sillon supérieur, divise la face inférieure de l'hémisphère en deux parties inégales : l'une postérieure, plus petite, qui appartient au lobe postérieur (LP) ; l'autre antérieure, plus volumineuse, qui comprend le lobe inférieur du cervelet (LI). En dedans de ce dernier, on trouve un petit lobe très bien délimité, situé en arrière du bulbe rachidien; il surplombe le verrais inférieur et plonge dans le trou occipital. C'est l'amygdale (Amg), la tonsille des anciens auteurs, qui doit encore à ses rapports le nom de lobule du bulbe rachidien.

Grande circonférence. — La grande circonférence du cervelet cnande circonféeomprend quatre bords, dont deux sont antérieurs et deux postérieurs, et six angles qui sont antérieurs, postérieurs et externes.

Les bords antérieurs, (Fig. 333) obliques en arrière et en dehors, Ion- Bords. gent le bord supérieur du rocher; ils présentent un sillon large et superficiel en dedans, mince, effilé et profond en dehors, le sillon marginal antérieur sma), qui loge le pédoncule cérébelleux moyen et sur lequel s'implantent à angles plus ou moins droits les sillons et lamelles des faces supérieure et inférieure du cervelet.

Les bords] pos/fh-iciirs.'' tvbs ôpais, obliques en arrière et erijdedans,

Tm

sjna

Floc

Sm a

S Si

LiSli

av

nv;

J^g Ldg SP^-P

FiG. 333. — L'espace opto-pédonculaire et le rliombencépliale vu par sa face inférieure, après ablation de la pie-mère (d'après la photographie d'une pièce durcie dans le formol).

Amij, lobe tonslUaire ou amygdale. — El, éminences latérales du tuber cinereura. — Es, éminence vasculaire ou médiane du tuber cinereum. — Floc. flocculus ou lobule du nerf pneumogastrique. — If, tige de l'hypophyse. — Ldr/, lobe digastrique. — Lgr, lobe grêle.

— Lsli. lobe semi-lunaire inférieur. — 01, olive inférieure ou bulbaire. — P. pied du pédoncule cérébral. — P;/, pyramide antérieure du bulbe. — Pi/c, pyramide de Malacarne.

— ï'ZI'i, diverticule latéral du 4'' ventricule. — siV, sillon inférieur de Vicq d'Azyr. — spop, sillon post-pyramidal. — ssf, sillon sous-tlocculaire. — Tm, tubercule mamillaire. — Trna, tubercule mamillaire accessoire. — II. nerf optique, son chiasnia i.rll . et sa bandelette. — ///, nerf moteur oculaire commun. — I', nerf trijumeau. — 17, nerf moteur oculaire externe. — 17/, nerf facial. — 17//, nerf auditif. — IX. nerf glossopharjTigien. — X, nerf pneumo-gastiique. — A7, nerf spinal. — A7/, nerf grand hypoglosse.

décrivent une courbe à convexité postérieure et correspondent à la partie horizontale du sinus latéral, lu profond sillon, le grand sillon circonfé-

MORPHOLOGIE VV UHOM HENCEPHALE.

rentiel de Vicq d'Azyr iscf) (^Fig. 338, 3i0, 342) ou grand sillon, horizontal de Reil, parcourt le bord postérieur, se jette en dehors dans le sillon marginal antérieur et s'enfonce en dedans dans le fond de l'échancrure marsupiale pour se continuer avec le sillon de même nom du côté opposé. Ce sillon sépare la face supérieure de la face inférieure de l'hémispiière. Il ne correspond pas rigoureusement au bord postérieur du cervelet, mais empiète un peu en dedans sur la face supérieure, en dehors sur la face inférieure.

Les angles antérieurs sont situés à l'union de l'échancrure semilunaire et du bord antérieur; les angles externes, à l'union des bords antérieurs et postérieurs; les angles postérieurs, à l'union des bords postérieurs et de l'échancrure marsupiale.

Dans le sens transversal, le cervelet mesure 10 à 11 centimètres entre les deux angles externes. Il mesure, dans le sens sagittal, 3 à 4 centimètres, au niveau du vermis, entre les deux échancrures,et 5 à 6 centimètres sur les hémisphères de l'angle antérieur à l'angle postérieur. Son épaisseur ne dépasse guère 4 à 5 centimètres, sur les points les plus bombés des hémisphères.

Ancflcs.

Face antérieure. — Lorsque par une coupe oblique en arrière et en dedans on sectionne de chaque côté les trois pédoncules cérébelleux et qu'on sépare le cervelet du tronc encéphalique, on constate qu'il présente une véritable face antérieure concave en avant et qui embrasse l'isthme postérieur, la protubérance et le bulbe rachidien.

Cette face présente à sa partie centrale le diverticule angulaire du toit du quatrième ventricule (Fig. 334); de chaque côté, le hile du cervelet (hCv); et à sa périphérie, l'extrémité antérieure du vermis supérieur, représenté par le lobule central (Le) et la lingula (Lg) , l'extrémité antérieure du vermis inférieur qui correspond au nodule (No) et à la luette (Lv), enfin la face antérieure des amygdales (Amy).

Le hile du cervelet est constitué par la section des trois pédoncules cérébelleux; il représente le point d'émergence ou la porte de sortie des pédoncules cérébelleux (Ausgangspforle de Stilling). Si la coupe qui a isolé le cervelet du tronc encéphalique passe en arrière du trijumeau (côté gauche de la Fig. 334), la surface de section intéresse les trois pédoncules cérébelleux au niveau du point où, intimement unis, ils pénètrent dans la masse blanche des hémisphères. Mais pour peu que la coupe passe en avant du trijumeau (côté droit de la Fig. 334), il est en général facile de reconnaître dans le hile du cervelet la surface de section propre à chacun des pédoncules. Le pédoncule cérébelleux supérieur (Pcs) occupe la partie supérieure et interne du hile ; sa surface de section est ovalaire et aplatie de haut en bas ; il est situé au-dessus de la tente ou voûte du ¥ ventricule qu'il concourt à former, et réuni à celui du côté opposé par la valvule de Vieussens (VV) et la lingula (Lig). En dehors et au-dessous du pédoncule cérébelleux supérieur se trouve la surface de section irré-

Facc antérieure

Diverticule du 4'* ventricule.

Mile du cervelet.

i^ulitrement arrondie du volumineux pédoncule cérébelleux moj/e7i (Pcm), adhérant en haut au pédoncule cérébelleux supérieur, en bas et en dedans au pédoncule cérébelleux inféi'ieur. Les pédoncules cérébelleux moyens séparent le diverticule latéral du quatrième ventricule (rlV4) et le tlocculus (Floc) du lobe supérieur du cervelet, puis pénètrent dans le

; lie' ; w^ vni '.

Floc ; '. - ;— ^^--1

Lig FLoc

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^^^■\ Ecm iTvni

FiG. 334. — Face antérieure et hile du cervelet après ablation du tronc encéphalique. — La cavité du quatrième ventricule est colorée en rose. — D'après la photographie d'une pièce durcie dans le formol.

Am;/, amygdale ou tonsille cérébelleuse. — Floc, floccidus ou lobule du nerf vague. — pFloc, pédoncule du flocculus. — hCv, hile du cervelet. — Le, lobe central, Le' , ailes du lobe central. — Ldg, lobe digastrique. — Lgr, lobe grêle. — Lig, lingula. — Lqa, lobe quadrilatère antérieur. — Lqp, lobe quadrilatère postérieur. — Lsli, lobe semi-lunaire inférieur.

— Lsls, lobe semi-lunaire supérieur. — iVo, nodule. — Pcs. pédoncule cérébelleux supérieur. — Pci, pédoncule cérébelleux inférieur. — Pem, pédoncule cérébelleux moyen. — rlVi,, diverticule latéral du 4" ventricule. — sef, grand sillon circonférentiel du cervelet. — siV. sillon inférieur de Vicq d'Azyr. — sma, sillon marginal antérieur. — spon, sillon postnodulaire. — f^pop, sillon post-pyramidal. — sprp, sillon pré-pyramidal. — ssf, sillon sousflocculaire. — ssl, sillon semi-lunaire. — ssY, sillon supérieur de Vicq d'.Vzyr. — Uv, luette.

— IT, valvule de Tarin. — l'I', valvule de Vieussens. — VU, nerf facial. — VUI, nerf auditif.

sillon marginal antérieur dont ils occupent le fond. La surface de section du pédoncule cérébelleux inférieur (Pci) est plus étendue que celle du pédoncule cérébelleux supérieur, mais beaucoup plus petite que celle du pédoncule cérébelleux moyen. Elle est ovalaire, aplatie de haut en bas et présente une face inférieure libre et intraventriculaire qui concourt à limiter le diverticule latéral du quatrième ventricule (rlVi) et qui se coude ensuite brusquement en bas et en dedans pour se continuer avec le corps restiforme.

MORPHOi.or,[E nr riiombengephale.

LOlîKS, LOBULES ET LAMELLES DU CERVELET

Toute la surface du cervelet est parcourue de sillons curvilignes, rapprochés, sensiblement parallèles, et en général concentriques à l'échancrure semi-lunaire. Cette disposition concentrique est surtout manifeste à la face supérieure du cervelet (Fig. 338) et dans la région postéro-externe de la face inférieure (Fig. 333). Dans la région antéro-interne de cette face , la courbe des sillons se redresse et se rapproche d'autant plus du plan sagittal que les sillons sont plus internes ; c'est ainsi que le lobule digastrique est parcouru de sillons dont la concavité regarde en dedans et un peu en avant et que les sillons de l'amygdale sont presque antéropostérieurs (Fig. 333).

Sur un cervelet recouvert de la pie-mère (Fig. 331), ces sillons paraissent tous égaux en profondeur, mais en les écartant ou en pratiquant des coupes sagittales du vermis ou des hémisphères (Fig. 336, 358, 359), on constate qu'ils pénètrent à des profondeurs très inégales et segmentent le cervelet en lobes, lobules, lames et lamelles ou circonvolutions. Les plus profonds pénètrent jusqu'au noyau blanc central du cervelet et séparent les lobes et les lobules ; les sillons superficiels servent à délimiter les lames et les lamelles.

Les sillons p7'ofonds,i?ifei'Iobaires ou interlobulaires occupent en général toute la largeur du cervelet et appartiennent à la fois au vermis et aux deux hémisphères. Mais leur profondeur n'est pas forcément la même dans tout leur trajet : tel sillon profond au niveau des hémisphères devient superficiel au niveau du vermis, et, m'ce versa, tel sillon profond du vermis devient superficiel dans les hémisphères. Leur symétrie n'est en outre jamais absolue, et il est fréquent de voir, en particulier au niveau du vermis supérieur, des sillons interlobulaires du côté droit, par exemple, se porter non dans le sillon homologue gauche, mais dans le sillon situé en arrière ou en avant du lobule qu'il délimite. D'autres fois, ce sillon se bifurque, une branche se continue avec le sillon homologue du côté opposé, l'autre se rend dans le sillon interlobulaire suivant ou dans l'intérieur du lobule qu'il dédouble. Il résulte de cette disposition que les lobes et lobules limités par ces sillons sont loin d'être symétriques ; tantôt la partie hémisphérique gauche d'un lobule du vermis est épaisse et très développée, tandis que la moitié hémisphérique droite est mince et tapissée de moins de lamelles; tantôt un lobule, épais à droite, est dédoublé ou fait défaut à gauche, et vice versa.

L'asymétrie des lobules porte non seulement sur leur foi"me et leur étendue, mais encore sur le nombre, la direction, le trajet et les connexions des lames et des lamelles qui les tapissent.

Le parallélisme des sillons superficiels n'est jamais en outre absolu : il est fréquent de rencontrer à la face supérieure et surtout à la face inférieure du cervelet un nombre plus ou moins considérable de sillons

Les sillons curvilignes du cervelet.

Leur profondeur varialile.

Sillons profonds interloljaire et interlobulaire.

Leurs variétés nombreuses et leur asymétrie en passant du vermis sur les hémisphères.

Sillons ciels.

superfi-

Ils ilclimiteiu los laïups ot laniellos «les lolios ot lobules liu «•crvrict.

des lames et lamelles <lu cervelet.

interlamaires ou interlamellaifcs, qui se jeUeiit obliquement ou Ti angle presque droit dans un sillon interlobaire ou interlobulaire. Dans l'immense majorité des cas, ces sillons limitent une circonvolution ou une lamelle, superficielle dans une partie de son trajet et qui s'enfonce ensuite dans la profondeur du sillon interlobaire pour en tapisser ime de ses faces ou l'une et l'autre de ses faces. Les sillons interlobaires et interlobulaires sont en effet sillonnés de lames et de lamelles, voire même de lobules, cachés dans la profondeur du sillon et qui triplent et quadruplent ainsi l'écorce cérébelleuse visible à la surface (Fig. 336, 339, 3il, 343). Quelquesunes de ces lames et lamelles profondes font suite aux lames superficielles ; d'autres sont profondes dans tout leur trajet, longent l'une des lèvres du sillon ou se portent obliquement d'une lèvre à l'autre du même sillon (Fig. 341 et 343), disposition déjà signalée et figurée par Vicqd'Azyr. Yaiiùtés d'aspect, Lcs lames et les lamelles n'appartiennent pas nécessairement à toute nomiiro, "d'épaisseur la largcur d'uu lobc OU d'uu lobule cérébelleux; elles peuvent n'appartenir qu'au vermis ou à un seul hémisphère, elles peuvent être superficielles au niveau de l'hémisphère droit et devenir profondes au niveau ou au delà du vermis, et vice versa. L'épaisseur, la hauteur, la largeur, l'étendue des lamelles ne sont pas partout les mêmes. On trouve des lamelles beaucoup plus larges, beaucoup plus étroites, beaucoup plus étendues que d'autres; on en trouve qui sont épaisses par place, d'autres qui sont minces par place, en particulier au niveau de leurs points de terminaison oîi elles diminuent gi'aduellement et s'effilent; on trouve les lamelles qui se divisent dichotomiquement ou trichotomiquement, une lamelle large donnant deux à trois lamelles étroites ; on en trouve qui se fusionnent au nombre de deux à dix, ou vingt ou davantage, au niveau d'un point de terminaison commun. Dans ce dernier cas, on voit en général des lamelles qui tapis" sent les faces superficielle et profonde d'un lobule s'implanter à angle droit sur une lamelle de concentration commune à trajet vertical ou sagittal. C'est ce que l'on observe par exemple à la face inférieure du cervelet où les hémisphères sont séparés de chaque côté du vermis par un sillon sagittal profond, ou encore dans la région postérieure du cervelet où les lobes très développés dans leurs parties hémisphériques possèdent une partie médiane très réduite (Fig. 341 et 343). Asymétrie des ré- Dc ccttc façon s'cxpliquc l'inégale épaisseur que peuvent présentcîr les ions vormiennc^et j^jjgg gj. Jobulcs du ccrvelet daus Icur partie hémisphérique et dans leur partie médiane : tel lobe, très épais au niveau du vermis, ne présente que des parties hémisphériques rudimentaires, comme la liiujidu et le lobule central par exemple (Fig. 337) ; tel lobe, très épais au niveau des hémisphères, se réduit dans sa partie médiane à un petit lobule insignifiant ou encore à quelques lamelles situées dans la profondeur du sillon : c'est ce que l'on observe dans la région postérieure du cervelet; ici, grâce au développement considérable des hémisphères qui dépassent le vermis en arrière, les volumineux et épais lobes semi-lunaires (Lsli, Lsls) ne sont réunis l'un à l'autre que par de minces lames transversales, telles que le

liémisp!iéri(iue loljos cérébelleux.

MORPHOLOGIE DU I\ HO.MBENCÉPH ALE. 447

bourgeon tenninal (Bt) et le tubercule va/ru/aire (Tv. Fig. 341) tandis que le lobule grêle n'est représenté dans le vermis que par les quelques lamelles qui tapissent le fond du sillon post-ptjratnidal.

Les sillons profonds, qui atteignent la substance blanche centrale, Les siiions prosubdivisent le cervelet en un certain nombre de lobes plus ou moins volu- s™ vL do^aseTunc mineux, dont la connaissance est indispensable à une bonne étude topo- ciassiflcauon des lo-

in»' n «p-i 11* ^^^^ ^" cervelet.

graphique du cervelet. Une classification rationnelle serait facile à établir, si les sillons profonds du vermis conservaient leur profondeur dans les hémisphères, et vice versa. Nous avons vu qu'il n'en est rien. Les sillons du vermis, grâce au peu de développement de sa substance blanche centrale, sont en général plus profonds que ceux des hémisphères; cette particularité est surtout évidente pour les sillons des parties supérieure et inférieure du cervelet, elle l'est moins pour ceux de la partie postérieure. La partie postérieure des hémisphères prend en etfet un développement considérable et déborde en arrière, dans une étendue de deux à trois centimètres, la partie correspondante du vermis située dans le fond de l'échancrure marsupiale : il s'ensuit forcément que les sillons de cette région sont plus profonds dans les hémisphères que dans le vermis. Les hémisphères possèdent en outre im nombre beaucoup plus considérable de sillons profonds que le vermis, ainsi que le montre la comparaison des Fig. 358 et 359 intéressant une coupe sagittale du vermis et une coupe sagittale des hémisphères. Le vermis présente un aspect nettement trifolié; les sillons des hémisphères, au nombre de 12 à 14, s'implantent par contre radiairement autour de la masse blanche centrale des hémisphères dont le développement est considérable.

Ceci posé, on comprend combien peuvent être variables les appréciations des auteurs sur le nombre des lobes et lobules du cervelet. Un tel décrit trois lobes au vermis ; un autre lui en assure huit à neuf. Les uns décrivent cinq lobes aux hémisphères, les autres neuf à dix.

En présence de cette difficulté, il est logique d'admettre avec Kôlliker classification. une classification embryologique et de choisir comme type le vermis qui est le lobe fondamental dans la série, se développe le premier chez l'homme et montre le premier des sillons, qui plus tard s'étendent aux hémisphères.

Kôlliker a montré qu'au troisième mois de la vie intra-utérine, quatre Les cinq lobes prisillons principaux divisaient le vermis en cinq segments ou régions pri- ■"°''<^'''"^mitives qui sont : 1° le vermis supérieitr; 2° les lames transversales ; 3» la pyramide; 4» la luette ou uvula; 5° le nodule.

En s'étendant aux hémisphères, vers le quatrième mois de la vie intrautérine, les quatre sillons principaux délimitent de chaque côté : 1° le lobe quadrilatère; 2" le lobe postérieur de Eenle; Z" le lobe inférieur ou digastrique; 4° \ amygdale; 5° le flocculus.

Vers la fin du quatrième et dans le cours des cinquième et sixième mois apparaissent les lobes secondaires qui sont, du côté du vermis : 1° la

/• /"117Z7 7oi 7 ^'^^ lobes secon-

tinguta; 2" le lobule central; 3° le culmen ; ik° le déclive; 5« la lame tram- Jaiics.

versale supérieure [folium caciiminis) ; 6" les /cimes transversales inférieures [tuber valvulie), et du côté des hémisphères, la subdivision du lobe quadrilatère en régions antérieure et postérieure et celle du lobe postérieur en lobe semi-lunaire supérieur, lobe semi-lunaire inférieur et lobe grêle.

Homoiogic em- H résultc de ces données embryologiques que le lobe quadrilatère, le bryosdmquc. ^^j^^ gj-^jg^ jgg lobes semi-lunaires ne sont pas l'homologue du lobe digas-

trique, de l'amygdale et du flocculus. La pyramide, la luette, le nodule, qui représentent des lobes primordiaux, correspondent en effet à l'ensemble du monticule, du lobule central et de la lingula, de sorte que le flocculus, par exemple, est l'homologue des deux lobes semi-lunaires et du lobe grêle, ou encore du lobe quadrilatère, en y joignant les ailes du lobule central et les freins de la lingula.

Au point de vue embi'yologique, le cervelet comprend donc cinq lobes primordiaux que nous désignerons, en mettant à contribution les recherches de Henle, Kolliker et Schafer, d'après leur situation sous les noms suivants :

i" Lobe supérieur, ou lobe de la masse pinncipale du vermis;

2° Lobe postérieur, ou lobe des lames transversales ;

3" Lobe inférieur, ou lobe de la pyramide;

4° Lobe inféro-interne, ou lobe de la luette ,'

S° Lobe inféro-antérieur, ou lobe du nodule.

Les trois derniers lobes restent indivis ; le lobe supérieur se fragmente en quatre lobes secondaires, le lobe postérieur en deux, soit un total de neuf lobes inégaux de forme, d'aspect, de dimension et de volume, qui empruntent leur nom à la partie correspondante du vermis et qui comprennent chacun une partie médiane ou vermienne et deux parties latérales ou hémisphériques.

Le tableau ci-contre, résume la classification embryologique du cervelet en lobes primordiaux et lobes secondaires, les parties du vermis et des hémisphères appartenant à chacun de ces lobes ainsi que les sillons qui les séparent.

Mode dagence- A l'appui de Cette classificatiou des circonvolutions du cervelet, basée

ment des lamelles i< i i •

propres à chaque sur 1 embryologic, quc nous proposons, nous pouvons encore invoquer : '"'"'■ 1° la disposition particulière, caractéristique, que présente la région du

vermis dans chacun de ces cinq lobes primordiaux ; 2° le mode d'agencement spécial de leurs lamelles dans la région vermienne et dans la région hémisphérique (Fig. 33.3).

Mode propre au Dans le lobe supérieur (LS), la région moyenne ou vermienne (V) est intimement soudée dans toute sa largeur aux régions hémisphériques (H) et forme avec cette dernière un tout inséparable. Les lamelles se portent directement d'un pédoncule cérébelleux moyen à l'autre, et éprouvent à peine de chaque côté du lobe médian une légère inflexion qui sert à délimiter le vermis des hémisphères.

Dans le lobe postérieur [LP), le développement du vermis (V) est rudi-

MORPHOLOGIE DT Ull OMBENCÉPHALE.

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