MOELLE ÉPI NIÉ RE
Au commencement du deuxième mois, les pavois latérales de la moelle épinière se coudent légèrement, et ce changement de direction entraîne
une déformation du canal central, qui n'affecte plus la forme d'une fente antéro-postérieure aplatie latéralement (lig. 25), mais celle d'un fer de lance.
La cavité présente par conséquent quatre sillons, deux médians étroits et profonds, et deux latéraux beaucoup plus larges. Le sillon médian postérieur, de moitié moins profond que ['antérieur, présente une extrémité fourchue, qui tient à une légère pénétration de la voûte dans le canal central (fig. 26).
Les sillons latéraux divisent les épaisses parois latérales du tube médullaire en deux moitiés inégales :
l'une antérieure , cylindrique, la lame fondamentale de Mis (Grundplatte, vorderer Markcylinder) ; l'autre postérieure, prismatique, la lame a/aire de His (Fliigelplatte, hinteres Markprisma).
Ces deux parties sont réunies Tune à l'autre par une pièce intermédiaire, d'aspect losangique (Schaltstiick de
-Ms, racine sensitive. — se, sillon cylindrique. La lame fondamentale, for tement
— sm, sillon mari; mal. — V. voûte. '
saillante en avant, est limitée en arrière par un sillon profond, le sillon cylindrique (Cylinderfurche) (se). Elle donne naissance à la commissure grise antérieure (P), à la commissure blanche antérieure (ca), à la corne antérieure (CA), aux cordons antérieurs (Ga), à la partie antérieure des cordons latéraux (Cal) et à la moitié antérieure de la formation arquée (Fa), et renferme tous les noyaux d'origine des nerfs moteurs.
Akpa CA Ca Fio. 26. — Coupe transversale do la région dorsale supérieure do la moelle d'un embryon humain d'environ quatre semaines et demie, mesurant 12,5 mm. de longueur. (D'après W. His.)
As, artèi-o du sillon. — Aspa, artère spinale antérieure. — CA, corne antérieure. — Ca, cordon antérieur. — eu, commissure blanche antérieure. — Cal, cordon antéro-latéral. — Ce. canal central.— CL, corne latérale.— Fa , formation arquée. — Fo, faisceau ovalaire postérieur. —
Déformation de cavité médullaire < fer de lance.
Lame fondamentale
Développement considérable des cordons antérieurs.
Torsi< postcrie
La lame a/aire est prismatique ; elle donne naissance à la corne postérieure et reçoit les terminaisons des racines des nerfs sensitifs. Ces racines forment, en abordant la moelle épinière, un petit faisceau longitudinal, à section ovalaire, le cordon postérieur primitif ou cordon ovalaire de llis (Fo), premier vestige des cordons de Rardach.
La pièce intermédiaire (Pi) est losangique ; elle occupe la partie antérieure élargie du canal central et s'étend du bord antérieur du faisceau ovalaire. dont elle est séparée par le sillon marginal de His (sm) (Randfurche), au sillon cylindrique de la moelle (se). Elle donne naissance au col de la corne postérieure, à la colonne de Clarke, au processus relient f iris et à la partie postérieure du cordon tolérai (Hinterseitenstrang).
Dans cette région apparaîtront plus lard le faisceau pyramidal croisé et le faisceau cérébelleux direct de Fleclisig.
Les cornes antérieures prennent bientôt un développement considérable; elles se tordent un peu sur leur axe et envoient leurs racines motrices, non plus directement en dehors, mais en avant ; leur partie postérieure, connue sous le nom de corne latérale (CL), envoie de nombreuses libres dans les cordons antéro-latéraux. Les cordons antérieurs et antéro-latéraux, se développent au fur el à mesure ipie la substance grise embryonnaire s'accroît. Les cordons antérieurs font à peine saillie au début de chaque côté de la commissure antérieure (lig. 26 et 27); ils prennent bientôt un développement considérable et déterminent en avant de la commissure antérieure, la formation d'un sillon médian,
le futur sillon médian antérieur, d'autant plus accentué et d'autant plus profond, que les cordons antérieurs sont plus volumineux (fig. 28, 3!>, -'{0).
Les cornes et les cordons antérieurs précèdent toujours dans leur évolution, les cornes et les cordons postérieurs. Les cornes postérieures sont encore informes (lig. 2G, 37, 28), alors que les cornes antérieures et latérales sont déjà nettement accentuées. Vers la lin du deuxième mois, la corne postérieure subit un mouvement de torsion tel, que sa face dorsale ou postérieure devient interne; le cordon ovalaire ou postérieur, qui représente le futur cordon de Burdach, l'entoure alors complètement (fig. 29),
Fie. 27. — Coupe transversale Je la région dorsale supérieure de la moelle d'un embryon humain d'environ 5 semaines mesurant 13,8 mm. de longueur.
(D'après W. His.)
Aspa, artère spinale antérieure. — CA, corne antérieure. — Ca, cordou anté-
■ /.clame
sut, .sillon marginal.
DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX
et la corne postérieure commence à se délimiter de sa portion cervicale. En même temps, se produisent des modifications importantes dans la partie postérieure du canal central. Celui-ci s'oblitère d'arrière [en avant, par apposition des parois latérales, puis se retire peu à peu de la surface vers l'intérieur, et finit par ne plus occuper vers le troisième mois de
la vie embryonnaire, qu'un espace relativement petit au centre de la moelle (fig. 29 et MO).
Le canal central se termine alors en arrière par une pointe étroite, qui s'insinue entre les cordons postérieurs et donne insertion à un cordon névroglique le septum postérieur (fig. MO), lequel s'étend jusqu'à la surface de la moelle légèrement déprimée à ce niveau. Cette dépression correspond au sillon médian postérieur, lequel ne peut être comparé au sillon médian antérieur ni embryologiquement,ni morphologiquement.
Entre le septum postérieur et le faisceau ovalaire, apparaît le cordon de Goll, dont le tissu de soutènement est formé aux dépens des éléments des deux parois juxtaposées du canal central; les fibres du cordon de Goll n'apparaissent que fort tardivement. L'apparition de la commissure grise postérieure est également tardive, et concorde avec la disparition complète du prolongement postérieur effilé du canal central.
L'évolution de la substance grise et de la substance blanche de la moelle s'effectue de haut en bas; vers le troisième mois de la vie intra-utérine, la moelle cervicale présente déjà les apparences de la moelle lombaire de l'enfant, tandis que les cornes et les cordons sont à peine ébauchés dans les régions médullaires inférieures. La moelle cervicale est donc toujours, à un stade de développement plus avancé que la moelle lombaire, laquelle conserve, même chez l'adulte, un caractère foetal par rapport à la moelle cervicale. (His.)
Les renflements cervical et lombaire sont déjà ébauchés vers le deuxième mois de la vie embryonnaire ; ils correspondent exactement au premier
Fig. 28. — Coupe transversale de la région dorsale supérieure de la moelle d'un embryon humain d'environ sept semaines et demie, mesurant 18,5 mm. (D'après W. His.)
As, Artère du sillon. — Aspa, artère spinale antérieure. — CA, corne antérieure. — Ca, cordon antérieur. — ca, commissure antérieure. — Cul, cordon antéro- latéral. — Ce, canal central. — CL, corne latérale. — CP, corne postérieure. — Fn, faisceau ovalaire postérieur. — Hm. racine motric
ginal. — V, voûte. 3 '
— lis, racine n, sillon mar-
Scptimi postérieur.
issure grise
Renflements cervicaux et lombaires.
Rapports de la moelle avec le canal rachidien.
rudiment des membres, mais ces rapports changent ultérieurement. La moelle épinière s'étend en effet au début, jusqu'à l'extrémité des vertèbres caudales, et pendant le deuxième et le troisième mois, son accroissement est parallèle à celui de la colonne vertébrale.
A partir du quatrième mois, le développement de la colonne vertébrale s'accélère, et la moelle, ne conservant plus ses rapports avec les vertèbres inférieures, semble remonter. Ce changement de rapport s'effectue très lentement : la moelle n'affecte en effet ses rapports définitifs avec la colonne vertébrale qu'après la naissance, car, au sixième mois, elle s'étend encore jusqu'au canal sacré, et au moment de la naissance jusqu'à la troisième vertèbre lombaire. Mais si la moelle semble remonter, par contre, les racines médullaires et les lepto-méninges s'allongent et s'accroissent dans les mêmes proportions que la colonne vertébrale. Au début, les racines médullaires se détachent à angle droit de la moelle, pour se porter vers les trous de conjugaisons des vertèbres correspondantes; elles conservent cette direction dans la région cervicale, et deviennent légèrement obliques en bas et en dehors dans la région dorsale.
Dans les régions lombaire et sacrée, les racines s'allongent au fur et à mesure que la moelle semble remonter, et prennent une direction d'autant plus oblique qu'elles appartiennent à des régions plus inférieures. Les racines Lombo-sacrées, qui effectuent un long trajet à l'intérieur de la Queue do cheval et colonne rachidienne, forment par leur ensemble la queue de cheval, et les lepto-méninges constituent le filum terminale, qui s'insère au sommet du sacrum.
rincs médulla avec la colonne tébrale.
Fie. 29. — Coupe transversale de la région dorsale supérieure de la moelle d'un embryon humain de huit semaines et demie, mesurant 24 millim. de longueur. (D'après W. His.)
As, artère du sillon. — Aspa, artère spinale antérieure.
— CA, corne antérieure. — Ca, cordon antérieur. — ca, commissure antérieure. — Cal, cordon autéro-latéral. — Ce, canal central. — CL, corne latérale. — CP, corne postérieure.
— J 'G, faisceau de Goll. — Fo, faisceau ovalaire postérieur. — Le, laine épendymaire. — Iim, racine motrice. — lis, racine seusitive. — se, sillon cylindrique, —sm, sillon marginal.
fdiim terminale.
Membrane limi- Pénétration des vaisseaux dans la moelle embryonnaire. —
Immédiatement après l'occlusion de la gouttière neurale, l'encéphale et la moelle épinière, se trouvent situés dans un canal tapissé d'une membrane
DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX
conjonctive lisse, la membrane limitante méningée de His, on pie-mère rudimentaire, qui n'adhère au tube encéphalo-médullaire qu'au niveau de sa voûte. En dehors de la membrane limitante méningée, on trouve les vaisseaux méningés, qui proviennent dans la région rachidienne, des vaisseaux inter-costaux et dans la région crânienne, de l'aorte. Dans l'une et l'autre région ils apparaissent, vers la quatrième semaine de la vie embryonnaire,
au niveau du plancher du ca- To(tb) nal neural, qu'ils entourent
bientôt d'anneaux presque complets. Puis apparaissent, de chaque côte de la ligne médiane, des artères anastomoti- et P°stér
systèmes
ques longitudinales : ce sont i°ng d'abord les deux artères spinales antérieures (fig. 26, 27); réunies l'une à l'autre par de nombreuses anastomoses transversales puis les artères spinales postérieures.
Ces deux systèmes artériels longitudinaux, donnent naissance à de nombreux bourgeons vasculaires,qui pénètrent dans l'intérieur de la moelle.
Les branches qui naissent des artères spinales antérieures, et qui constituent les futures artères du sillon médian antérieur de la moelle, abordent la partie antérieure de la moelle; — elles divergent bientôt, se portent de chaque côté de la commissure antérieure, en dedans de la corne antérieure, à laquelle elles abandonnent une branche collatérale, puis se dirigent en arrière et atteignent la ligne de pénétration des racines postérieures (fig. 85).
Les deux artères spinales antérieures et les deux artères du sillon médian antérieur, se rapprochent de la ligne médiane et se fusionnent l'une avec l'autre vers la sixième ou la septième semaine (His), pour donner naissance à une seule artère spinale antérieure, impaire et médiane, et à une seule artère du sillon médian antérieur (fig. 28, 29, 30).
L'apparition des artères spinales postérieures est plus tardive que celle des antérieures. Elles abordent la moelle un peu en avant du point de péné-
Les vaisseaux méingés proviennent es intercostales et e l 'aorte.
Apparition ultéeure des artères pinales
CA
ig. 30. — Coupe transversale de la moelle de région dorsale supérieur!? d'un fœtus humain 3 mois. (D'après W. His.)
As, artère du sillon CA, corne antérieure raissure antérieure.— nal central. — CL, rieure. — Cpl, cordoi Goll. — Fo(FS),t'aiscf Burdach. — Lr. lam trice. — lis, racine s sm, sillon marginal.
— Aspa, artère 'spinale antérieure.
— Ca, cordon antérieur. — ca, com- Cal, cordon antéro-latéral. — Ce, caiorne latérale. — CP, corne posté-
postéro-latéral. — FG, faisceau de lu ovalaire postéri ■ ou faisceau de
Fusion des artères inales antérieures
'tps des •iues antérie
tration des racines postérieures, et se portent vers l'extrémité postérieure de l'artère du sillon médian antérieur.
Apparition tardive Los artères qui pénètrent dans la moelle par les racines antérieures, apparaissent encore plus tardivement, de même que les artères radiées, adiées. destinées aux parties latérales et postérieures de la moelle; elles ne se montrent guère avant le troisième mois de la vie embryonnaire. Les artères cérébro-spinales s'entourent de bonne heure de canaux périvasculaires, dont les parois sont formées par le myelospongium de His (Voy. Histogenèse, p. I 38 et suiv.).
I E POST ERlEi: 1! E PRIMITIVE
Cerveau rhomboïdal (Rautenhirn, I lis ) .
iicuie du qua- Le cerveau postérieur et I' 'arri ère-cerveau , qui procèdent de la troisième voùte^rme la vésicule encéphalique primitive, et <|iii circonscrivent une. seule et même irane obtura- cavité, la cavité du quatrième ventricule, sont surtout caractérisés par leur
du quatrième 2 r
cuie. aspect losangique et par l'amincissement d'une partie de leur voûte, connue
sous le nom de membrane obturatrice du quatrième ventricule. Les bords bords donnent de la membrane obturatrice sont irrégulièrement losangiques (fig. 20, p. 67); !"',, (!,,",, 's1^- on peut leur considérer trois parties : une partie moyenne (e), une partie eufes 'cérebeî' suPer^eure (a b) et une partie inférieure [d et e). Les bords sont parallèles au niveau de la partie moyenne qui correspond à la plus grande largeur de la cavité du quatrième ventricule (fig. 20 (c) ; dans leur partie supérieure les bords se portent transversalement en dedans (/>), puis obliquement en haut et en dedans [a), et se réunissent à angle très aigu, au niveau de l'isthme du cerveau postérieur; ils donnent naissance aux hémisphères cérébelleux et aux pédoncules cérébelleux supérieurs.
La partie intérieure des bords est beaucoup [tins étendue que les partics supérieures ou moyennes; (die se dirige d'abord en bas et très légèrement en dedans (//), puis se coude à angle obtus, pour converger brusquement et se réunir à angle aigu (e) à celle du côté opposé; elle bas, aux corps donne naissance aux corps resti formes et aux pyramides postérieures du bulbe. Chez l'embryon du deuxième mois, l'angle inférieur de la membrane in buibe. obturatrice atteint la courbure de la nuque, c'est-à-dire l'extrémité supérieure de la moelle épinière. Chez le nouveau-né et chez l'adulte il en est séparé par toute la hauteur de la partie inférieure du bulbe.
Lorsque la courbure du pont apparaît (fig. 18, 22, 23, 24), la voûte du cerveau postérieur s'applique peu à peu sur la voûte de l'arrière-cerveau, dont elle n'est plus séparée que par une fente profonde et étroite, la fente choroïdienne (fch), qui livre passage à la toile choroïdienne inférieure, et recouvre les plexus choroïdes du quatrième ventricule. Le plancher s'élar-
sl itormes r a m ni es posté
DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVE1 X