‹ Anatomie des formes extérieures du corps humain [electronic resource]Chapitre 12 sur 60 · DU COU · texte numérisé non relu

DU COU

De ces faisceaux , l'un est interne , étroit , saillant comme une corde (i) , et il aboutit à l'articulation slerno-claviculaire (A); l'autre est externe, plus large, plus mince (2) ^ et il aboutit à la clavicule à un travers de doigt en dehors, du premier ^B). Celui-ci est toujours beaucoup plus sail-^

conduit d'abord à la veine sous-clavière, à la jugulaire irterne qui s'y ouvre, aux nerfs diaphragmatiqueetpneumo-gaslrique, et puis au cul-de-sac supérieur des plèvres et aux poumons qui les dilatent; la même fossette à gauche conduit encore à la carotide'età l'artère sous-clavière qui passent en dedans. Le faisceau externe du sterno- mastoïdien correspond aux mêmes Teines , au scalène antérieur, à l'artère sous -clavière qui passe là, à un ou deux doigts au-dessus de la clavicule, et par conséquent à la branche antérieure du premier des nerfs dorsaux, en sorte qu'un instrument plongé horizontalement dans chacun des points précités sur le côté supérieur de la clavicule, blesserait inévitablement les organes dont je viens de parler. La connaissance de ces connexions est de la plus haute importance pour le chirurgien obligé de pratiquer des opérations vers l'extrémité inférieure du muscle sterno-mastoïdien. Elle n'est pas non plus sans intérêt pour le médecin ; elle lui explique les phénomènes qu'on observe quelquefois dans les veines lors d'un anévrysme du cœur, et la résonnance de la voix qui s'y fait si clairement entendre chez certains pectoriloques,

(A) Ce faisceau du sterno-mastoïdien cstdistinct et bien rendu dans les statues du Tibre, 5g; du Gladiateur, 62; d'Adrien, 276 ; dans un Hercule en repos ^ 4-^2; dans un Suivant de Bacchus, 4^5; dans une tête dile autrefois de Démot-lhènes. Mais il l'est mal dans un Faune enfant, 4o5; bien dans l'As^ cension dii Jésus, par An. Carrache [5^15].

(B) Celui-ci est bien rendu dans l'Hercule en repo?, 4^2; dfips un 3uiYant de Baçchus, 435; dans le Jésus et le Samari-

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lant , dans les moiïiens où son muscle vient à agir. Toutes ces formes sont si visibles chez un homme sec et maigre , qu'il faudrait être peu attentif pour n'en être pas frappé. Parfois , le plan du faisceau extsrne du sterno-mastoïdien est même distinct jusque vers le point où il s'unit h l'interne, en s'engageant en dedans , et au dessous de ce faisceau (1) (A).

Sur la ligne médiane de la surface antérieure du cou , chez l'homme au moins , se voit la saillie du larynx , l'organe de la voix , (2) (a) , saillie anguleuse formée par la

tainduGuide [ io54] ; ilest excessivement senti dans un Saint Pierre les mains jointes, de Lanfranc [1060] ; il est mal à droite dans une figure de Jeune homme assise (tableau de la Méduse, par Gérlcault) [79] ; dans la tête dite autrefois de Démosthènes. Il a été porté trop en dehors dans l'Adrien , 276 ; dans le Faune dansant, ^oo; dans l'Hercule de Farnèsc.

(1) P. I, IIÏ, 33.

(A) Comme on le voit dans le Suivant de Bacchus , 4o5; dans le Jésus montant au Ciel d'An.|Carrache [giS] ; dans le Christ couronné d'épines, peint par le Correge [944] > et même dans une tête analogue, de Guido [io56].

(a) La saillie du larynx est un des points vers lesquels les suicides dirigent d'ordinaire leurs coups. La douleur et la résistance de l'hyoïde et des cartilages du larynx arrêtent souvent leur main , mais la voix en est frcquemmeut altérée ou perdue ,' soit momentanément, soit pour toujours, parce qu'alors ils blessent l'organe même de la voix. (Voy. Paré, liv.X, ch. 3o et 3i.) Il y a irruption de l'air par la plaie et parfois emphysème. {Foj. l'Obs. de Paré, liv. x, ch. 5o; de Lafaye, dans Dlonis, dem. , 479, 1740; de Pascal, dans Hévin,' Mém. de L'Jc. de cliir. , t. I, 428 , in-8°; et celle de Poncenard, ibid. , 457.) Cette sailHe est un bouclier protecteur dans ces plaies pour les artères carotides, les veines jugulaires in-

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réunion des lames du carlilflge thyroïde qui dessinent sur les côlés de ce relief, deux plans obliques en dehors et en arrière (A). Au-dessous di larynx, le cou s'arrondit (a)

terneS;, les nerfs pneumo-gasltlques et grands sympatiques, au niveau larynx; aussi ces gros vaisseaux et ces nerfs sont-ils rarement atteints dans ces blaasures des suicides. ( Foy. les Obs. de Pascal, d'Âlary, de Uouquotdans Hcvin, Mém. de l'Ac de ckir. , t. I, 428 ; cellci de Garengeot, de Poncenard, i^'/a.,456, in-8 celles de Fine, Journ. de méd.^ t. LXXXIII, p. 04, de'liaviard, dansPlanq , t. IX, p. 55^, in-4''.) Les rapporl de cette saillie avec le pharynx qu'elle recouvre ne le prol^^jent pas toujours dans ces blessures, témoins entre autres les (»x<^mples mêmes que je viens de citer, et de là alors le passage des alimens et des boissons par ces plaies. Enfin les artères et les veines byo- thyroïdiennes et crico-lhyroïdiennes, qui traversent les espaces de même nom; les artères et veines thyroïdiennes supérieures qui avoisinent latéralement la saillie du larynx, aggravent ces blessures, parce que le sang qu'elles fournissent peut suffoquer les malades, eu s'insinuaut dans sa cavité , ce qui exige des soins particuliers. ( Voy. Morgagni, de, Sedib. , epist. 62, art. ai, etc. ) La saillie laryngée et surtout les formes sous-cutarrées du larynx que l'on sent au toucher, guident l'opérateur dans la laryngotomie, soit qu'on la pratique suivant le procédé de Vicq-d'Azir , soit qu'on la fasse comme Fourcroy.

(A) On voit bien cette saillie du larynx sur le Gladiateur, 262 , sur le Faune, 4o3 ; elle est peu distincte et un peu basse sur l'Apollon du Belvédère.

(a) Cette région thyroïdaire est sujette, parla présence même du corps thyroïde qu'elle renferme, à bien des déformations par suilo des lésions organiques, de nature et de volume variables, que l'on voit s'y dcvelopper ou s'y étendre; ce sont des goilr«;s énormes (Hedenus dans S. Cooper, t. II, 5o8 ; Petit Ha jcl, dans Encjc. mulh. cliir., 1. 1, 254; Alibert, Nos., nat.jX. I, 466, LuUier-WiusIow, But. de l'Athénée de Med.) Ce

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par la présence du corps thyroïde , pour se creuser an peu

plus bas en une fossette assez profonde (i) (A). Cette disposition est due à ce que le sternum se trouve sur un plan assez avancé; à ce que les faisceaux internes des muscles sierno-mastoïdiens sont plus avancés encore; à ce qu'en lia ut, la trachée-artère, qui porte l'air aux poumons, est ( (■couverte par Une mince aponévrose , les muscles qui tiennent du sternum, et surtout par le corps thyroïde; (andis qu'en bas, au contraire, elle n'est recouverte que par celte aponévrose et ces muscles minces, s'enfonce graduellement, davantage, et se place, en descendant aux poumons, sur un plan beaucoup plus reculé» et plus profond qu'elle ne l'était d'abord. Malgré ces dispositions,

sont fies goitres de nature très-dîVersifiée. (Obs. de Dehaen 'dans Boyer, t. 7, 65; Postiglione, dans S. Cooper, t. 1 , 237; Mibert, t. I, ^6^.) Ce sont des thyroïdes variqueuses que j'ai observées sur des cadavres ; ce sont des tumeurs écrouelleuses ; t e sont des hernies de la membrane interne de la trachée. (Muys, déc. 110, obs, 7; Manget, dans ses notes sur Barbette, ch x; Lafaye dans Dionis , 7" leçon.) La présence des VI ines thyroïdes dans cette région doit faire préférer la laryngo- Irachéolomie (Boyer,VII,i3i) à la trachéotomie, ou, au moins , 011 ne doit pratiquer celle-ci qu'après s'être rendu maître du sang qui s'écoule des veines thyroïdiennes ; autrement il pourrait pénétrer dans la trachée-artère , tourmenter le malade, ou le suffoquer, comme on le voit dans les plaies de ce conduit. {f^oy. Alary dans Hevin , Mém. del'Ac. de ch., t. I, 4^9; fllorgagni, deSed. et Caas., ep. Sa, art. 21.) (.) P. I, III, 35.

(A) Cette fossette sus- ternaire est visible sur le Germanicus;sur le Faune, 4o5; sur un jeune Alblète, 3q5 ; sur un Suivant de Bîicchus, 485 ; sur le Jésus d'An. Canache montant au ciel [913]; sur le Marius de Drouais [5i], et sur une foule d'autres figures.

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l'embonpoint peut remplir entièrement le vide de la fossette? sus-sternairc , comme on le voit si fréquemment chez la i femme. Telle est aussi la forme qu'ont suivie les statuaires i de la Grèce , dans leurs Vénus et beaucoup d'autres de leursi chefs-d'œuvre (o).

Depuis la fosse sous-auriculaire jusqu'à la fosse sus-ster— naire, s'observe au devant du cou un long sillon borné eni dehors par le relief du slerno-mastoïdien , et en dedans parr la saillie du larynx et du corps thyroïde. Dans ce sillon se; dessine assez souvént la veine jugulaire antérieure [b),.

(a) Les rapports de celte fossette avec le tronc bracbio-cé-pbalique en rendent les blessures excessivement dangereuses,, et ce danger est connu depuis long-temps. « Si la plaie, ditr Fabrice d'Aquapendente , se rencontre en la partie antérieure -, et inférieure du col , c'est-à-dire, en la cavité qui y est visible, . et qu'elle pénètre si avant que le sang en sorte à grand ran- • ^don, le coup est sans doute mortel..., ce qui est cause que les anciens Romains appelaient la susdite cavité jugulum, d'au- ■ tant que tous animaux blessés en cet endroit sont incontinent . égorgés ot privés de vie. » (Fabrice d'Aquap. , part, i, I. 2, cbap. 57.) La présence du tronc brachio-céphalique au fond de cette fossette ne permet pas non plus de prolonger l'incision de la trachéotomie jusqu'au sternum, car on léserait inévi- 1 tablemcnt celte artère. Béclard disait l'avoir vu.

Enfin, les rapports de toute cette région antérieure du cou avec le larynx et la trachée, l'exposent aux fistules aériennes; et ses rapports éloignés avec le pharynx et l'œsopbage ' l'exposent à d'autres' fistules de ces organes. ( Foy. , entre autres, les Obs. de Yan-Swieten et de Trioen dans Boyer, t. YII, 3i , 52.)

(/>) Le sillon antérieur du cou a dans toute son étendue des connexions si rapprochées avec la carotide, qu'il suffit d'in- , ciser le cou dans la direction du sillon , et de pousser en dehors le muscle slerno-mastoïdien pour arriver ù ce vaisseau;

Ét cou. 6i

Côttiiiié il devient plus large au niveau du larynx, il en réiulle là une petite région , une petite forme particulière trèsnléressante pour le chirurgien, c'est la fosse hyoldaire, que je nomme ainsi parce que l'os hyoïde en fait le fond. Elle est bornée en haut par la région sous-mentonnière , et se continue, là , chez les personnes maigres, avec la gouttière de même nom. Elle l'est en has par le rapprochement

gulaire des saillies du larynx et du muscle sterno-mastoï- ,tlien ; en avant, par le premier de ces deux reliefs ; et eu arrière par le second (a).

Les surfaces latérales du cou sont arrondies en haut, et . reusées en bas d'une fosse sus-clavière parfois très-profonde et triangulaire (i).

aussi, toutes les opéralions faites jusqu'à ce jour pour le lier ijl'onl-elles été de cette manière. {P^oy., entre autres, les nonihieuses Obs. rapporlées dans Hogdson, Malad. des art., etc., t. II, p. 8 et suiv. ; S. Cooper, Anevrys. d& la carotide , t. I, 5 55etsuiv.) C'est aussi par ce sillon que Verducle fils voulait .'iller ouvrir l'œsophage, quoiqu'il s'exprim/it avec peu de précision (Pathol. deChir.,t. II, 897, ch. 27, iGgS), et que Guattani proposa d'exécuter l'opéralion. {Méin. de CAcad. de cliir

t. in, 343.)

(a) La fossette hyoïdaire laisse sentir en arrière, près du sfcrno-mastoïdien l'artère carotide ; en haut, sur la grande corne de l'hyoïde, bat encore l'artère sublinguale, et, deux ou trois lignes plus bas, la thyroïdienne supérieure. Ces rapports expliquent le danger des blessures de celte région, et fournissent celui de l'hyoïde, que l'on sent au toucher, un excellent guide pour lier les artères sublinguale et thyroïdienne ; celui du sterno-mastoïdien et de l'hyoïde, un moyen infaiiiilde d'atteindre l'artère carotide externe à volonté, soit pour ]>réyenir une hémorrhagie pondaat une opération, soit pour farrcter quand elle survient,

' (0 P.ï,ni, 54,

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La saillie du muscle s terno -mastoïdien (i) borne celte fosse par devant; celle de la clavicule (2) par en Las; une saillie plus large qui s'élève du haut de l'épaule , et monte 1 se perdre dans la partie arrondie du cou, la limite en ar-rière (3). Ce relief est formé parle trapèze.

La saillie de la clavicule (4) est très-prononcée (a) ; ellsi» se dirige horizontalement en dehors , ou même un pem obliquement en bas et en dehors. Ce n'est pas qu'on ne la i voie quelquefois se porter un peu en haut et en dehors, mais» je crois cette disposition bien moins commune. Je crois 4 aussi ne l'avoir observée que chez les personnes robustes dont les muscles sont très-dé veloppés , tandis que chez les . adolescens et les femmes , les clavicules m'ont paru inclir nées en dehors , ou au moins horizontales {b). Si mes obscr-

(a) La clavicule est si superficielle , elle est tellement placé^ . entre l'épaule qui reçoit tant de coups et le slernmn qui résiste \ alors, qu'il est étonnant qu'elle ne se casse pas plus fréquem-'ment, encore, qu'on ne le voit. Elle est si mobile en même temps qu'elle est superficielle, que son cal est presque toujours difforme, lors même qu'elle est bien réduite. (J.-L. Petit, il/a/, j des oSf t. II , 95 , in- 12.) Ce n'est cependant pas une raison ' pour abandonner ses fractures à elles-mêmes.

(/>} Ce n'est donc pas pour conserver à la clavicule sa direction prétendue oblique en haut, qu'il convient de tenir le moignon de l'épaule élevé dans les fractures de cet os, mais pouç retenir le fragment externe contre l'interne , soulevé par le sterno-mastoïdien, comme je l'ai démontré dans mon traité de bandages. (Genre 4^ <^sp. i5.) C'est précisément au contraire pour rendre ;\ la clavicule sa direction oblique en arrière et en dehors qu'on porte le coude en avant et le moignon de 4 l'épaule en arrière , d'après les principes de Desault {f^ oy, selS (2Bw. c/uV.j rédigées par Bichat) j mais c'est à peu près iuu-« ^

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rations sont exactes , et je le pense , car je les ai faites îivec toute l'attention ot la bonne foi dont je suis capable , on a trop souvent donné à la clavicule une direction oblique en haut et en dehors , et si l'on tient à se rapprocher de la nature , on doit revenir sur celte forme (A). Pour vérifier ce que je viens do décr+f*-, on devra toujours observer la clavicule sur une ])Crsonqo debout et les bras pendans sur les côtés du corps. Comme la davicuîe est très-mobile, si on en étudie la direction dans tout autre situation , on peut la trouver sensibloment différente , même dans un état de repos parfiiit. Ainsi , lorsqu'on est couché, les membres que leur poids ne porte plus vers les pieds , comme lorsqu'on est debout, reviennent vers la tête, probablement par suite dé la rétraction des muscles élévateurs de l'épaule , et l'extré mité externe do la clavicule s'élève.

. La saillie do la clavicule n'est pas seulement remarquable parce qu'elle est , pour ainsi dire , ineffaçable par l'embonpoint le plus considérable et parce qu'elle est dirigée horizontalement; elle l'est encore parce qu'elle se porte très-obliquement en arrière par son extrémité scapulaire ou externe , et parce qu'elle se recourbe sur elle-même en sens

tîlement, car l'^^paule revient toujours en avant, soit spontanément, soit sous l'influence du poids du corps quand lè malade est couché sur le dos, soit par suite du relâchement du bandage.

,^ (A) La clavicnle suit une bonne direction dans un jeune Athlète, 095, dans un Bacchus, 428 ; dans l'Hercule en repos^ 432; dans un Esculape, 478; dans un Mars, 260; dans ùh Antinous, 234 ; même dans le Germanicus , quoiqu'elle y sdîl; un peu oblique en haut et en dehors, 712; dans le Jésus montant au ciel, par Ant. Carrache [giS]; dans le tableau de rUnion du dessin et de la couleur, par le Guide [io45].

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inverse comme uûe S romaine. Dans ces changemens alternatifs de direction, elle offre, en avant, une courbure convexe dans les deux tiers internes de sa longueur (i), et une courbure concave, au contraire, dans le reste de son étendue (A) (2).

La clavicule se dessine toujours beaucoup mieux en haut qu'en devant , parce que dans ce sens la peau et les fibres minces du peaucier la recouvrant seule , rien n'empêche la peau de s'enfoncer profondément derrière la clavicule chez les gens maigres. L'articulation sterno-claviculaire , que les attaches inférieures du sterno-mastoïdien dérobent souvent aux regards dans les efforts du muscle, fait sentir une saillie peu prononcée qui augmente dans les luxations de la clavicule en avant , et diminue dans les luxations en arrière (3) (B).

L'articulation scapulo-clavîculaire , souvent distincte par une légère proéminence de la clavicule sur l'acromion , se rapporte au moignon de l'épaule (4) (a).

(A) Les courbures de la clavicule ne sont peut-être pas trèsexactement rendues dans le Gladiateur; dans l'Atblète , ùg5; èlles le sont très-bien dans le Germanicus, 712; dans l'Hercule de Farnèse; mais elles me paraissent trop prononcées dans le Faustulus de Pierre de Cortone [1142]; dans le Jupiter du mariage de Henri IV avec Marie de Médicis, par Rubens [685].

(B) Celte saillie se dislingue dans le Faune, 4o3; dans le tableau de l'Union du dessin et de la couleur, par le Guide, dont tout le côté droit du cou est d'une admirable forme [ io45].

(fl) Le chirurgien ne doit pas oublier que cette saillie de l'ex- Irémiié externe de la clavicule n'est point rare , car il pourrait

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La saillie du trapèze ( i ) forme un plan prononcé et largement arrondi chez la l'emme , où il dessine une grande et belle ligne courbe, convexe, depuis le côté du cou jusque, sur l'épaule, dont il forme le bord supérieur. Ce plan commence vers l'extrémité de la clavicule, et au quart externe de sa longueur (2), où se fixe le trapèze; de là il se dirige en dedans , en arrière et en haut , en se contournant sur lui-même, pour aller aboutir à l'occipital. Cette révolution est la source de la beauté de ce plan ; elle est le produit d'une semblable révolution dans les fibres charnues du bord supérieur et externe du muscle trapèze. Si ces fibres , au lieu de se porter de la clavicule en arrière pour se rouler en spire sur elles-mêmes et gagner l'os occipital, se portaient directement de l'extrémité de la clavicule ou du scapulum h la tête , elles soulèveraient un repli grêle , mince et choquant k la vue (A).

La fosse sus-claviculaire (3) est très-profonde et partant très-manifeste chez les personnes desséchées par une grande

la prendre pour une luxation , comme je l'ai déjà vu plusieurs fois.

(A) Le bord supérieur de l'épaule ne me paraît pas bien dans le îaune, 4o3 , à droite. Il est un peu maigre sur l'épaule droite de l'Hercule de Farnèse. Il est beau sur la même épaule du gladiateur, 262; il est bien dans le Faune , 583 ; dans un Mars , 260; dans l'Antinous, 234; dans l'Esculape, 233; très-bien dans le Germanicus, 712; dans leJason dit Cincinnatus , 710'; dans le Jésus montant au ciel, par Carrache [9i3]; dans le tableau de l'Union du dessin et de la couleur, par le Guide [1045]; dans le Satyre du tableau d'Antiope endormie, peint par le Gorrége [940]; dans le Samson d'A. Ycrronèze [841].

(3)p. i,ni,3/î.

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maigreur, ce qui est dû à ce qu'elle est surtout remplie , dans l'état d'embonpoint , par du tissu cellulaire graisseux (A). Ou y voit souvent saillir en corde, particulièrement dans les grands efforts, une veine qui est la jugulaire externe (i) , veine qui depuis la fosse sous-auriculaire descend obliquement en bas et en arrière jusqu'au milieu de la longueur de la clavicule , pour s'engager sous cet os (B) (a). On y dis-

(A) Elle est peu distincte dans le Gladiateur du côté droit, par suite de l'abaissement de l'épaule; mais elle est bien dans l'Atblète, 395; dans l'Hercule, 433; dans le Discobole, 704; dans, le Jason, 710; dans l'Hercule de Farnèse ; moins bien dans le Jupiter du gouvernement de; la reine [690], dans le Mercure dé la renonciation de Marie de Médicis [H96], tous deux par Rubens, et où le trapèze est trop rapproché du sterno- mastoïdien et trop étroit. Cette même fosse et ses limites ont peu d'exactitude de dessin sur un pauvre de la distribution de saint Bruno, par Lesueur [i5o]. Elle mé paraît bien rendue, au contraire, sur un homme tenant une pierre dans la lapidation de saint Étienne, par Lebrun [121] ; sur le Marius de Drouais [5i] , où elle offre une grande ; vérité,

(B) Je crois la distinguer à droite sur le Gladiateur, et aussi i sur l'Hercule, 452; mais on la voit manifestement sur le Sui-- Tant de Baccbus , 485; sur le Tibre, 3/19; sur le Germanicusà droite, ^la, où elle divise la région sus-clavière en deuxt plans. Ilubens l'a souvent rendue, mais notamment sur soni Jupiter, dans le mariage de Henri IV [685]; David l'a dessinées sur le cou deTalius, dans ses Sabines [3o].

(fl) La situation presque sous-cutanée de la jugulaire extem.e: permet d'y pratiquer la saignée ; mais la difllculté de la bien, comprimer, le danger peut-être de voir l'air s'y engager et sec porier jusqu'au cœur, devront la rendre rare , et exiger, quand! ou l'emploiera désormais, des précautions toutes particulières,,.

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tingue aussi , assez souyenfc , d'autres veines aLoullssant h la jugulaire exterue elle-même (A) , que ce soit des raciaes de cette veipe , ou cjue ce soieiit des anastomoses qui Tunisseiit avec la jugulaire antérieure, lorsqu'elle existe, ou même avec les veines thyroïdiennes qui descendent du larynx h la fossette sus^sternaire (a),

comme de ne lever la compression qu'après que l'on aura fermé l'ouverture de la veine. Les rapports du muscle peaucier avec celteveine exigent, d'ailleurs, qu'on l'incise obliquement en bas et en avant ; enfin, ses rapports avec les nerfs cervicaux superficiels ne permettent guère de la saig-ner vers le milieu du cou. Il vaut mieux l'ouvrir à deux ou trois dojgts au-dossus de la clavicule, en ne laissant, entre l'incision et cet os, que l'espace nécessaire pour la compression. (Gordy, TraiU Uç bandages j genres.) Les nouveaux éditeurs de la Médecine opératoire de Sabatier parlent, d'après Bosquiilon, de deux enfans qui moururent à la suite d'une saignée de la jugulaire, et chez lesquels on trouva piqué le rameau que la branche antérieure de la troisième paire cervicale envoie, pour s'anastamosir m&ç le nerf vague et J' anse renversée de l' liypoglosse (Sabatier, t. Il, p, i65.). Je regrette que l'absence de ce rameau ébranle Wa confiance dans l'exactitude de ces deux observations.

(A) David a dessiné un cas de ce genre sur Tatius, dans son tableau des Sabines [3o].

(fl) La présence du peaucier sous la peau de la fosse sus^ claviculaire ne ride point cette membrane. Il ne peut que la soulever et la tendre sur les côtés du cou. Aussi M. Yelpeau s'est-il trompé quand il lui a attribué la première de ces action?. {Anat. des rég., rég. sus- hyoïdienne, 1°.) La peau se ride au cou par les, seuls mouvemens de flexion. — Les rapports de cette fosse avec le plexus brachial, avec l'artère, la veina axillairc et les vaisseaux qui en, dépendent, en rendent les plaies graves et parfois fort graves (Paré, 1. 10, ch. 3o.; Colles, dans S. Cooper, t. I,p.i53.). Ses rapports avec l'arlcrr.

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Le cou en haut et en dehors est creusé de la fosse sousauriculaire, qui lui appartient aussi bien qu'à la tête, où nous l'avons décrite ; mais derrière cette dépression et audessus de la fosse sus-clavière , il est arrondi en cylindre , parce qu'il est là formé de mUscles nombreux, pressés eti si exactement appliqués les iins sur les autres qu'ils sem- • Ment se confondre en une seule et même masse (i).

La surface que le cou présente par derrière est beaucoup)

que je viens de citer, l'exposent à être déformée par des tu-meurs anévrysmales de l'axillaire; mais elle peut l'être encore* par des anévrysmes des artères voisines, par exemple de lai sous-clavière, du tronc brachio-céphalique et de l'aorte {V oy.. les obs. de Colles, dans S. Cooper, t. I, p. i53; de Hogdson,, Mal. desartères, trad., 1. 1, p. 106; de Burns,//».). Et j lorsque la» tumeur est très-volumineuse, l'opération devient impossible, au i point qu'on a été obligé de l'abandonner après l'avoir commencée {Foj. l'obs. d'A. Cooper dans Hogdson, t. II, p. 109). Lee voisinage du plexus bracbial l'expose alors ùêtre en partie compris dans la ligature (.Poj., entre autres observations, un faitt semblable cité par S. Cooper, t. I, p. i5i.). Les rapports de la fosse sus-clavière, de l'axillaire à son commencement et de la première côte, permettent, comme l'a observé Camper, d'y comprimer ce vaisseau avec succès. Les rapports de laj fosse sus-clavière avec l'artère en particulier permettent de lai lier en ce point, comme on le fait aujourd'bui {Voy. Hogdson,. loc.cU.,t. II, p. 134, 125; Sabalier, éd. Dupuytren , t. III,. p. 2o5.). Los rapports delà fosse sus-clavière avec les ganglions.» lympbaliques nombreux qu'on y trouve, et le tissu cellulaire lâche qui y abonde , expliquent les tumeurs ganglionaires^ et les abcès qui la déforment, et qui quelquefois, cboqués parr les batlemens de l'axillaire, simulent des tumeurs anévrysmales.

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