DU COU
plus large en bas que les précédentes; disposition qui est due h ce que les muscles trapèzes s'étendent de l'occipital (1), jusque vers le sommet de l'épaule, où ils vont se fixer l'angle rentrant , formé par la clavicule et l'acromion articulés ensemble (2). Cette région, bornée en haut par la tête, la protubérance externe de l'occipital et l'apophyse mastoïde du temporal; en bas par une saillie spinaire (3) , puis par le méplat qui entoure cette saiUie (4) , et enfin par le bord supérieur de l'épaule , est assez franchement bornée en dehors et en bas par le bord externe du trapèze (5) ; mais en haut et en dehors , il n'y a plus de limite évidente qui la sépare des côtés du cou. Une fossette, que l'on nomme la fossette de la nuque, ensuite une surface aplatie ou parfois légèrement arrondie en cylindre (6) , puis un large méplat cervico-dorsaire , avec la saillie spinaire proéminant au milieu (7) , telles sont les formes qu'ofire cette surface postérieure du cou sur la ligne médiane. Sur les côtés, c'est d'abord une sailUe arrondie , descendant comme une corde volumineuse du derrière de la tête , où elle est fixée et très-sensible, et disparaissant bientôt par derrière le cou , où elle s'arrondit (8); ensuite un plan iws-s/îma/îe trèsétendu, qui se prolonge, en dehors, jusqu'au-dessus de l'épaule, et , en bas , jusque vers la partie la plus saillante du scapulum, que l'on nomme son épine (9).
La tête étant couverte de cheveux en arrière, même dans la vieillesse la plus avancée , la tubérosité externe de l'occipital et l'apophyse mastoïde du temporal ne peuvent point être visibles par derrière (a).
(3) P. II, 3o. (4) 28, 3i, 41.
'\a) L'arièrç occipitale et la branche postérieure du secpnii
Î70 DU cou.'
La fossette de la nuque est rarement (listinclc , h causé qu'elle est cachée par la chevel urc. Ella est due à ce que les deux muscles grands complexus" qui la circonscrivent sont légèrement écartés l'un de l'autre , à ce que leur intervalle fa'est qu'incomplètement rempli par le tissu cellulaire , le ligament cervical tout fibro-cellulaire , et par la mince aponévrose des muscles trapèzes (a). Le rapprochement des muscles grands complexus un peu plus bas forme le méplat légèrement arrondi qui succède à la fossette de la nuque.
La dépression cervico-dorsaire est ovalaire ou rhomboïdale. Elle a pour cause l'aponévrose semi-elliptique des deux
des nerfs cervicaux, passent ensemble dans le milieu de l'espace qui sépare la lubérosilé de l'occipital d'avec l'apopbyse inastoïde du temporal. Aussi sent-on les battemens de la première, en cet endroit, à partir du point où elle se dégage da splénius, en sortant de dessous une arcade aponévrolique , qu'elle franchit pour devenir sous-cutanée.
(a) La fossette de la nuque est un des points où lamoelle épinière est le pliis vu Inérable, dans l'homme et même dans beaucoup d'animaux, parce que l'arc postérieur de l'atlas ne remplit que très-imparfaitement le vide qui existe entre l'occipital et l'axis ; et malheureusement ces blessures y sont si graves qu'il est rare qu'elles n'amènent pas la mort sur-lechamp. On en trouve un exemple dans J. L. Petit {Mal. des 'os, lux. de la Ute.). La blessure fut causée par un marteau lancé à la nuque d'uû homme fuyant un père furieux, dont il venait de tuer l'enfant dans un dangereux badinage, en le suspendant par la lêtelavec les mains. On en trouve un second, assez semblable, dans la chirurgie de M. Boyer, (t. VII,p. 9). Il s'agit d'un tambour, qui fut blessé à la nuque et à la moelle épinière par la pointe d^un sabre qu'un de ses camarades lui lança par derrière. Ce cas, qui ne fut pas mortel, est des plus curieux , par la paralysie dç sensibilité dont il fut la cause.
BU cor. 7* muscles trapèzes (A) , et la tuLérosité spînairc qui s'élève au milieu est l'apophyse épiueuse de la sixième , d'autres fois de la septième vertèbre du cou (B). Cette saillie , toujours visible , est la limite la plus inférieure du cou et la plus élevée du dos , observation importante pour placer les épaules («).
Les saillies , qui de la tête descendent derrière le cou , pour disparaître bientôt, sont essentiellement formées par les muscles grands complexus; car le trapèze qui les recouvre est, là, d'une minceur extrême. Quant au plan sus-scapulaire ou sus-spinaire , j'en parlerai à la région scapulaire.
Les formes du cou sont , comme vous voyez , beaucoup plus simples que celles de la tête , et prêtent par cela même beaucoup moins aux formes conventionnelles que les artistes semblent avoir imaginées pour ramener les variétés trop multipliées de la nature à un petit nombre de formes adoptives , en enchaîner et en simplifier les modifications , èn diminuant leur nombre (C).
(A) Le méplat cervico-dorsaire est très-dislinct sur le Gladiateur, 262; sur le Germanicus, 712 ; sur l'Hercule de Farnèse; sur un homme du déluge peint par Ant. Carrache [ 927 ] ; sur la figure la plus élevée du tableau de la Méduse , par Géricault [79].
(B) Cette apophyse est très-visible, dans le même tableau de là Méduse, sur une figure du premier plan, renversée la face sur le radeau [79]-
(a) Là sixième vertèbre du cou , qui forme ordinairement ta saillie laplus prononcée qu'on voie en arrière au bas dii cou, probablement parce que la flexion du cou en avant ne s'étendpas au-delà de la sixième , qu'elle rend plus saillante que la septième , est par cela même très-exposée aux fractures dans soa
épine. . , j ' «R'.
(C) imptuxc moderne.) Uk'^yx kVÎUMxiiï^^^^^
La poitrine ou le Luste est une partie du torse. Quoique arrondie dans sa circonférence , elle est légèrement comprimée d'avant en ari^ière, et présente quatre côtés ou quatre surfaces. L'une de ces surfaces regarde en avant; c'est la poitrine proprement dite. Elle a peu d'uniformité : aussi se divise-t-elle naturellement en plusieurs régions , la sternaire sur le milieu , la mammaire et la sous-mammaire sur les côtés (A).
La région sternaire règne , de haut en bas , depuis la fos-
clave de Michel-Ange ; la saillie du larynx et la fossette sussternaire n'y manquent point d'exactitude. Les extrémités inférieures des faisceaux sterno-mastoïdiens me paraissent un .peu rapprochées sur le cou, d'ailleurs si beau et si gracieux, du Hyacinthe de Callamard [27]; et sur celui du Narcisse [34] de Calderari. Le cou des figures [49, 63 et 68] de Franche- Ville offre beaucoup d'erreurs. L'extrémité inférieure des slerno-mastoïdiens y est mal rendue et écorchée; le larynx est trop peu saillant, la fossette sus-s(ernaire trop élevée et la jugulaire externe trop grêle sur la [49']. Il n'en est pas de même du cou de l'Homère [75], par Roland, il est parfaitement exécuté. J'en dois dire autant de celui du Milon de Crotone, par le Puget : la saillie du larynx, du slernomastoïdien et de la jugulaire y est Irès-maniféste.
(A.) Les statuaires de l'antiquité ont assurément donné de belles formes à la poitrine; mais, il faut le dire, ce sont le plus souvent des formes conventionnelles. On ne saurait faire le même reproche à Rubens; il suit la nature, mais une nature sans noblesse. On en trouve maints exemples dans ses ouvrages, et particulièrement dans le Jupiter du mariage de Henri IV, [685] , et dans la fuite du prophète Élie [670]. La natuie est plus belle et non moins exacte dans une figure du passage du Granique, par Lebrun, foylée auji pieds d'un cheval blanc,
sette sus-sternaire (i) jusqu'au creux de l'estomac (2). Elle est creusée en un sillon dans presque toute son étendue (A) (a). Elle forme presque un tiers de la longueur du torse mesuré depuis la fossette sus-sternaire jusqu'au pubis,
[122, i5i] ; dans un cadavre du naufrage de la Méduse, couché sur le dos à l'avant du radeau [79]; et surtout, enfin , dans le Tatius de David.
(i) P. I, III, 55. (2) 54.
(A) Tout le monde sait que ce sillon est parfaitement droit : aussi sommes-nous étonnés qu'un statuaire aussi habile que l'auteur du Jason, dit le Cincinnatus, inscrit sous le n' 710 au musée du Louvre, lui ait fait éprouver l'étrange déviation que nous y avons découverte. Le sillon y remonte directement jusqu'au-dessous et en-dehors de l'articulation sterno-claviculaire droite, après quoi il se porte transversalement à gauche pour regagner l'échancrure supérieure du sternum,
(«) Les rapports de région stcrnairc avec le sternum expliquent la résistance que les corps vulnérans y éprouvent à atteindre les viscères de la poitrine. La suspension, aux cartilages de la poitrine, de cet os, d'ailleurs spongieux et peu fragile, explique la rareté des fractures que l'on observe dans cette région ; de même que sa position entre plusieurs des muscles du cou et du ventre explique comment il a pu être brisé dans de violens elForts accompagnés de renversemeul en arrière, ainsi que David et Chaussier en ont vu chacun un exemple. Les rapports immédiats de la peau , dans la région slernaire, avec le sternum, permettent d'en sentir aisément la surface, surtout chez les gens maigres, et de l'explorer par le toucher, dans le cas où l'on en soupçonne la fracture. Aussi, ces fractures sont-elles ordinairement faciles à reconnaître aux inégalités qu'elles y produisent, aux mouvemens et à la crépilaiion qu'y occasione quelquefois la main du chirurgien ou la respiration (Voy. Lamartinière, Mém, de l'Acad. deChir,, t. 4, obs. 3«; iu.r le trépan appliqué au sternum.). Mais ilfaut être pré-
DE LA tOIiniNE.
Elle est beaucoup plus courte sur le Gladiateur combattant,
venu que le sternum est sujet à plusieurs anomalies capables d'en imposer : à des saillies prononcées , à des dépresfions , à des fossettes , ou à des trous qui le percent d'outre en outre, et que d'ailleurs ses fractures ne sont pas nécessairement accompagnées du déplacement des fragmens. La présence du sternum immédiatement placé sous la peau , ne permet pas aux abcès profonds de cette région , aux abcès du médiaslin, de s'y montrer et de s'y ouvrir un passage direct: aussi, tantôt le pus se montre vers l'appendice xiphoïde ; tantôt sur les côtés du sternum, et surtout à gauche, où se dévie le médiastin ; tantôt au cou, au-dessus du même os, comme le prouvent les 4% 5^ et6* observations rapportées par Lamartinière, dans son mémoire sur la trépanation du sternum; et il ne s'écoule par cet os que quand il est fracturé , carié ou perforé, comme on en trouve des exemples dans les 5^ et / observations du même mémoire. La barrière puissante qu'il oppose à l'apparition, à [l'ouverture directe de ces abcès au-dehors, et par suite à leur évacuation complète, rend leur diagnostic fort obscur dans le principe de leur développement, et nécessite la trépanation du sternum, opération faite anciennement chez les Romains, par Galien, quel qUe soit l'instrument dont il se servit [F oj. Gai. De L" administ. anat., 1. 7, chap. i5, Chartier. éd., t. IV, p. 162.), préconisée dans le dernier siècle par le célèbre Lamarlinière {toc. citât., t. IV, p. 488), et pratiquée par plusieurschirurgiens, Stalpaart- Vanderviel [Obs., /. i, c. 1 7. ) > J- ^'^t'' {Mal.cliir., pl. de poitr., t.I), Auran {Gaf. de méd., t. XXXVI), Boyer ( t. III, p. 53 1), etc. Si l'on en croit Marchettis, il faut s'abstenir ici de la cautérisation de l'os carié, non à cause du voisinage des viscères qu'il protège , mais parôe qu'il a remarqué , dit-il, sur plusieurs malades que la portion cautérisée du sternum ne s'exfoliait pas en trente ou quarante jours , comme dans les autres os , mais seulement au bout de deux ou trois années (Vày, Biàl, demèd., par Bonet, t. 3, part. 2, p. 242? àhs. 43.)-
DE LA POITMNE.
Trois plans s'en partagent l'étendue. Le pt^ëillîéif 'éôlTespond
Lamarlinière pense que cette défense de Marchettis doit inspirer de la circonspection {loc. cit., p. 5o3), et les observations de plusieurs chirurgiens, et de J. L. Petit en particulier, sur la lenteur de l'exfoliation des os spongieux et du sternum , semblent juslifier cette réserve. [Mal. chir.yX. 1, pl. de poitrine, p. iSg, i4i-) La structure spongieuse du sternum et la faible résistance qu'il oppose par sa consistance à un choc étroit, sa situation sous-cutanée, donnent aux contusions étroites de la région sternaire un caractère un peu plus grave qu'à celles de la plupart des autres parties, et doivent éveiller la prudence du chirurgien. ( Voy. dans J. L. Petit, l'obs. d'un cavalier atteint paruneballede pistolet ,etc., pl.depoitr.. Mal. chir. t. I, p. i38; 1790.) Les larges etviolentescontusions de la région antérieure et des côtés de la poitrine sont graves aussi, parce que les parois du thorax, pouvant céder à l'effort des violences extérieures, ne défendent plus avec assez de succès les viscères de la poitrine contre leur action (lîoyer, t. III,p.i45; t. VII, p. 3o8-ii.). — Les rapports de la région steinaire avec la crosse de l'aorte, permettent à ces anévrysmes de soulever, de bomber, d'user le sternum pour se montrer dans la région dont nous parlons [Voy. les ouvrages de Sénac , de Corvisart, de Berlin et Bouillaud, sur les maladies du cœur et de ses gros vaisseaux; de Laennec et d'une infinité d'autres auteurs, qui en contiennent des observations.) Les rapports de cette région, en bas , avec le cœur, ont permis ù Galien [loc. cit.), à Harvey {exerc. de gêner.), à Lamartinièriî [.(oc. cit., ohs. 9), et à M. Portai [Aiiat. mécL, t. I, p. 529), àLéveillé [ISouv. doct. chir., t. II, p. 244), le sternum étant perforé par une trépanation ou par une carie, d'c^percevoir le cœur ou au moins l'agitation de ses mouvemens. Les mêmes rapports ont conduit Ski'eldrup et Laennec à proposer de trépaner la région sternaire en bas, dans le cas où l'on soupçonne un hydro-péricarde, pour s'assurer de son existence et ouvrir le péricarde ensuite.
^ la première'pièce du sternum ( i ) ; il est le plus large (a) , et s'unit à angle avec le suivant (2). Cette union produit, en travers de la région sternaire,une saillie qui provient de la jonction do la première pièce du sternum avec la seconde (A) {ù).
{a) Les rapports delà partie supérieure delà région slernairc avec le tronc brachio-ccphalique autoriseraient peut-être ù y appliquer le trépan dans un cas de nécessité , pour lier ce gros vaisseau.
(A) On trouve un bel exemple de celle saillie dans le Juplier colossal , 705 ; dans le Tibre, 249 ; dans l'Antinous en Hercule, 234; dans le Génie funèbre, 22; dans le Démosthènes , 98, où l'on distingue très -bien la saillie du deuxième cartilage des côtes qui y aboutit; dans le Centaure Nessus du Guide, enlevant Déjanire [1048]; dans un Christ de Van-Mol [SgS]; dans le Jésus crucifié, de Prud'hon [242]; dans l'Apparilion de Jésus aux trois Maries, par la Hyre [90]; dans l'Endymion de Girodet [82]. Celte saillie se retrouve encore, mais trop descendue dans le David du Guide [1029]. Elle forme quelquefois une large bosse comme dans le Germanicus, 712; dans le MariusàMinturnes de Drouais [5i].
(b) L'angle sternaire de la région de même nom est un point des plus exposés aux fractures , et parce qu'il est plus saillant, et parce que , tant que l'ossification n'a point soudé les deux premières pièces qui s'y rencontrent, il présente moins de résistance aux violences extérieures. J'ai rencontré déjà plusieurs fois des fractures en ce point, et c'était aussi en cet endroit qu'était la fracture dans l'homme irépané par Lecat, dont on trouve l'histoire dans le mémoire de Lamartinièrc, sur la trépanation du sternum {loc. cit., obs.7 ). Le rapport constant de cet angle avec le cartilage de la deuxième côte fournil un moyen de reconnaître le rang des côtes, ce qui peut intéresser dans les fractures de ces os , pour des rapports de mé-
Le deuxième plan (i) se prolonge depuis le premier jusqu'au creux de l'eslomac; il est plus étroit, plus creux et plus long que le précédent (A) ; il s'élargit eu bas en une surface triangulaire (2) (B), et correspond aux pièces delà partie moyenne du sternum. C'est la saillie des muscles pectoraux sur les côtés qui creuse un sillon sur la surface de cet os; c'est leur rapprochement qui le rend étroit, comme on le voit sur l'Hercule de Farnèse ; et c'est parce que leur angle interne d'en Las est tronqué et arrondi que ce plan étroit s'élargit en triangle (2)»
decine légale, et aussi dans des cas d'empyème, pour pratiquer l'opération de miune nom.
(A) Peut-être son étroitesse est-elle exagérée dans le Gladiateur d'Àgasias. Il y a plus de vérité à cet égard dans le Laocoon et l'Apollon pythicn.
(2) P. I, III, 5o.
(B) Peut-être cet espace est-il un peu trop étroit dans le Germanicus, daas le Jupiter colossal, 7o3; dans le Tibre,
(a) Cette saillie de la base des muscles pectoraux a des connexions avec l'artère mammaire interne , qui se trouve à une telle distance des bords du sternum , que l'on peut glisser le bout du doigt entre elle et cet os. Aussi , lorsque les anatomistes veulent injecter les artères par le cœur et l'aorte, emportent-ils aisément une partie du sternum sans blesser ce vaisseau. J'insiste sur ce rapport, parce qu'un anatomisle fort distingué, mon collègue, M. Vclpeau, insinue que l'artère mammaire interne suit le bord du sternum, en recommandant d'inciser parallèlement à ce bord pour la découvrir, et en ne fixant point la dislance de l'incision. {Anat. des rég., t, I, 486.) C'est par suite de la même erreur qu'il dit un peu plus bas : « D'après la position et 1g calibre do co vaisseau , on voit qu'un coup
7^ De la poitrine.
Le troisième plan ou le creux de l'estomac s'observe dans 1111 méplat triangulaire inter-mammaire , borné latéralemcni par l'angle interne et inférieur des régions mammaires. Il fWûie une fosse étroite , profonde et cintrée en haut par une arcade résistante, en sorte qu'il contraste d'une manière frappante avec le précédent (i). Il correspond \ l'appendice xiphoïde. Le creux qui le distingue est du d'aliiord à l'angle rentrant qu'ojOTre en devant cette appen- ^ic^ unie avec le sternum, et dirigée obliquement en bas et en avant. Il est encore produit par la saillie que font de chaque côté les cartilages de la septième côte en s'unissant ensemble par-devant l'appendice xiphoïde au moyen d'un ligament cintré qui va de l'un à l'autre , et dessine l'arcade dont j'ai parlé (A). Une éminence ferme, cédant îi la pression, mais revenant après, se montre, souvent, au bas du creux.de l'estomac; c'est l'extrémité inférieure et cartilagineuse de l'appendice trop saillante , ordinairement invisible , quelquefois même rentrant vers lé ventre [a]
d'épée, qu'un Instrument piquant, quelconque , produirait une hémorragie dans la région sternale, d'autant plus sûrement, qu'il aurait porté plus près des côtés de l'os principal. »
(A) Ce creux a été le sujet de deux formes conventionnelles dans l'antiquité. Tantôt il est triangulaire comme dans l'Apollon pylhien; tantôt quadrilatère, en losange comme dans rHcrcuIç de Farnèse et presque toutes les autres statues an-r tiques. J,e ne crois pas eu avoir trouvé plus d'une où les formes. (Je la, nature aient été respectées : c'est celle du fleuve Ilissus, statue admirable et des plus estimées. Ou observe quelque chose d'analogue dans le fils aîné du Laocoon.
(a) Les rapports profonds de la région du creux de l'eslomaç avec le médiaslin , par l'ouverture sous-sterui^une du dia-
DE LA POITRINE. f9
La région mammaire est enfermée entre îa davicule qui la borne en haut et la région sous mammaire qui borne en bas; entre la région sternaire qui l'avoisine en dedans , le côté de la poitrine et l'épaule ou la fosse sous-claviculaire qui la terminent en dehors (A). Sa circonférence présente ainsi cinq côtés ou cinq bords difFérens : un en ! dedans, un en haut, un en bas et deux en dehors.
L'interne règne tout le long du sternum; il est le moins épais et le moins saillant (1), et parfois il ojDTre trois ou quatre digitations arrondies très-distinctes , parce que les fibres du grand pectoral s'attachent là au sternum en faisceaux, en digitations arrondies plus ou moins distinctes (B)é
phragme et par deux autres ouvertures latérales à celle-ci, éxpliquent comment des abcès du médiastin peuvent émigrer vers le creux de l'eslomac autour de l'appendice xiphoïde. ses connexions avec le lobe gauche du foie et l'estomac d'avant en arrière , ses connexions assez voisines aussi avec le cœur et les poumons expliquent le danger de ses blessures; mais il est difficile d'admettre avec Cordroncbi (JDe morb. novo, prolapsu scUic. mac. cartil. Libel. Bonon., i6o3), que le renversement en arrière de l'appendice xiphoïde puisse être la cause de vomissemens opiniâtres, de difficulté de respirer, de jaunisse, etc.
(A) La région mammaire est irès-belle sur le Laocoon , pleine de vérité sur la statue mutilée de l'Ilissus. Elle esl bien rendue dans le Faustulus de P. de Cortone [ii^^]; dans un Saint Sébastien du Guide [io45]; très-bien dans le Marius de Drouais [5i]; je n'en puis dire autant d'une foule de figures de Rubcns.
Le Gladiateur en présente deux assez sensibles lorsqu'on est attentif. On en irouve aussi deux ou trois sur le Jason , dit Cincinnalus ; j'aimerais à en voir de bien prononcées sur la yaslc poitrine de l'Hercule de Farnèse.
8o DE LA POITRINE»
Il offre encore des saillies (A) steimo-articulalrcs, parfois tr^-sprononcées, qui correspondent aux articulations des cartilages costaux avec le sternum , et qui sont dues précisément au relief des premiers sur le dernier, qu'ils surpassent en épaisseur (a). Le bord supérieur .tient à la clavicule, parce que le grand pectoral , qui le forme, y adhère en cet endroit. 11 ne s'élève pas au niveau de cet os , qui reste ordinairement saillant sur la région mammaire. Ce Lord présente un faisceau distinct, séparé du reste du grand pectoral par un sillon parfois très -visible.
Le bord opposé (i) est tantôt légèrement courbé, tantôt dirigé obliquement en haut et en dedans, le long du cartilage de la cinquième côte, tantôt dirigé à peu près transversalement. La première et la seconde disposition sont les plus communes , et sont dues h ce que le bord inférieur du grand pectoral suit lui-même la direction du cartilage auquel il est attaché et dont je viens de parler (B). Ce bord
(A) On trouve un exemple des saillies sterno-arliculaircs sur le Centaure , i54.
(a) La saillie et l'épaisseur du bord interne du grand pectoral, protègent faiblement les saillies sterno-articulaires contre les violences extérieures, elle relief de ces saillies sur le sternum, les expose d'un autre côlé à leur action.
(B) Agasias , qui tout en conservant la noblesse et le grandiose des formes antiques , savait aussi rendre la nature, a combiné, les deux premières formes dans son Gladialeur. On reconnaît encore la nature dans le Jason, 710, qui appartient à la même école , peut-être au même auteur; dans les Baccbus, i54» 4^8; dans l'Antinous en Hercule, 234; dans l'Apollon pyibien ; dans l'Hercule de Farnèse ; dans le Christ de Campi, pleuré par i\larie [8go]; dans l'Apparition de Jésus aux trois
'de la poitrine.
Si
înférleup de la région mammaire fait , comme le bord interne, un relief assez sensible, mais généralement et conventionnellement exagéré dans les statues antiques (a). Ce relief est dû h la même cause dans l'un et dans l'autre. Il est du h ce que le Lord correspondant du muscle grand pectoral, s'altachant par de courtes fiLres aponévrotiques aux parties auxquelles il est fixé , devient tout à coup muscu-
Maries , par la Hyre [90] ; dans le Tatius de David [Sg] ; mais il manque généralemcnl de vérilc dans les chefs-d'œuvre de l'aullquité, et surtout dans les statues romaines, où les régions mammaires finissent par un rebord trop saillant et trop horizontal pour son étendue. C'est une forme de convention ; vous l'observerez enlr'autres sur l'Esculape, 235 ; sur le Tibre, 2^9; sur le Pollux, 218; sur l'Achille, ; sur le iSéron, 3i ; sur le Torse de Jupiter, ^iZ; même sur le Mercure de Cléomène, dit le Germanicus. Les artistes modernes, c'est-à-dire depuis la renaissance de l'art en Italie, n'ayant guère adopté de cts formes conventionnelles de l'antiquité, ne sont point tombés dans la même faute , ou du moins cela n'est arrivé qu'à un petit nombre. Parmi ces derniers , je citerai Girodet, dans l'Adulte de la Scène du Déluge [80]; dans son Endymion [82]; David dans son Léonidas. Mais si les modernes n'ont pas commis la même faute que les anciens à cet égard, on peut leur en reprocher d'autres : ainsi le bord inférieur de la région mammaire est arrondi d'une manière peu naturelle et peu agréable dans le David du Guide [1029]; il ne m'a paru bien, non plus, ni d<ins ses Hercules [1047 et 1049]; ni dans le Christ de Salviati [n84]; ni dans une foule de tableaux de Rubens.
(fl.) Ce bord et le cartilage auquel il s'insère , peuvent fournir un point de départ pour déterminer l'ordre numérique des côtes , ce qui est nécessaire pour l'opération de l'ompyèmc , et pour les rapports de médecine-légale, où l'exactitude possible est toujours de rigueur.
'§2 ïiE T.A. POITRINE.
leux dans toute son ('•paisseur. Or, comme les fibres clia lîucs ont toujours beaucoup plus d'épaisseur que le lisf^J fibreux qui les fixe aux os, il en résulte qu'elles font loi' jours relief sur celui-ci. L'angle par lequel ce bord et l'iiij terne se confondent ensemble est tronqué , arrondi et pli ou moins obtus suivant les individu» (i).
Deux bords , avons-nous dit , circonscrivent en dehors région mammaire , l'un en haut , l'autre en bas. Le premi it| est marqué par une fossette (2) , qui , prolongée en silloj i descend depuis le quart extei'ne de la longueur de la ciav», cule en bas et en dehors (A). Cette fossette provient de : que la peau s'enfonce , là , entre le grand pectoral et le dec loïde , qui , d'abord écartés l'un de l'autre, .finissent bienth par se toucher (3) (a). On voit parfois se dessiner une veiniiJ
(,)p. i,ni,5t. (2)45.
(A) La fossette sous-claviculaîre est exactement imitée d une foule de statues antiques, comme le Centaure, le Ger r.icus, le Gladiateur ; elle est cependant déplacée dans ses raa ports avec la clavicule, dans une statue d'Adrien, 27G; est trop étroite, trop linéaire, trop idéale dans l'Apollon pr thien, dans l'Hercule de Farncse, où elle isole par trop bras du tronc,
(fl) La fossette sous-clavière a des rapports fort reraarqi Lies avec l'artère axillaire sortant de dessous la clavicule. Ceci artère se trouve, à son côté interne, cachée derrière le boé externe et supérieur du grand pectoral, qui la couvre tout;fait du côté gauche, et qui, ordinairement, la laisse àchvi der pn dehors , du côté droit du corps. Comme l'artère « là pour ainsi dire enveloppée au milieu du plexus brjchh: et côtoie la veine axillaire, vous prévoyez combien les bl.'^ çurçs de la fosse sous-clavière, et surtout les blessures de ss!
^aBS cette fosse sous-clavièro , ou au-sîtîssous . mais clans la jjpgpie dlrectipn; c'est la veine çépîialiqiie (/i). Le secppd de CCS deux bords externes peut être nommé axiliflîre , par ce qu'il forme la paroi antérieure du creux jîe l'aisselle (i), Ce Lord, dirigé obliquement en haut et en dehors, est arrondi d'avant en arrière, et je plus épais de tous ceux du grand pectoral. Il prend cps caractères 4ans l'arrangement des fibres charnues du bord çprrespoEi- 4ant du muscle. Ces fibres s'enroulent en corde , les unes sur les autres (B).
bord interne, peuvent être dangereuses. Vous prévoyez aussi que le même coup qui atteindrait ces diverses parties, pourrait bien ne pas épargner la veine céphaliquc, qui suit le bord externe de la petite région qui nous occupe; mais ce serait lu ipqindre des maux.
I^i, par les rapports que nous venons de signaler, cette fosseUe ouvre, pour ainsi dire , aux instrumens vulnérans une voie qui peut nous être funeste, elle en ouvre aussi une aux instrumens du chirurgien pour réparer'les effets des premiers. Par là, en effet, il peut porter une ligature suri'artère axil- ' laire blessée, si , après avoir incisé la peau et le tissu cellulaire r sous-cutané dans la direction de la fossette, après avoir mé- \ nagé la veine céphalique , il écarte les deux bords musculaires voisins du deltoïde et du grand pectoral, détache celui-ci de la clavicule dans l'étendue d'un demi-pouce à un pouce au I besoin, abaisse le petit pectoral, et découvre l'artère au moyen d'une sonde.
(A) Le Jupiter, 703, en offre un exemple trèg-visible. (1} P. I, 111,53.
(B) Bien qu'il ait naturellement une grande épaisseur, je la trouve encore exagérée dans la plupart des statues antiques. 3'al vu des individus plus robustes que ne pouvait l'être le commun des hommes de la Grèce et de Rome antique , et je n'ai jamais vu rien d'égal aux formes qu'ils ont suivies à cet égard .Lq
8/j bE LA i>OlTI\lNlC.
L'angle qui unît les deux bords externes de la région mammaire va se perdre dans le bras; celui qui se trouve à la rencontre du bord inférieur avec le bord axillaire est obtus, arrondi , assez saillant, et porte le mamelon. Il se trouver toujours en dedans d'une ligne verticale qui serait abaissée^; de la fosse sous-clavière.
La surface de la région mammaire forme un plan légèrement déprimé en haut et en dehors, et légèrement i bombé ou h. peu près uniforme dans tout le reste de sonn étendue. Cependant près du sternum on voit souvent de? saillies costo-sternaires se diriger de cet os en dehors,où elles échappent bientôt h la vue. Ces saillies sont duet aux cartilages des côtes , et même quelquefois en partie la, ces os , et c'est parce que ceux-ci se portent en arrière pai leur courbure, que les reliefs qu'ils forment disparaissemi en s'éloignant du milieu de la poitrine. Gomnle les cartihiges eux-mêmes , ces saillies sont d'autant plus écartée! qu'elles occupent un rang plus élevé, et elles sont d'autanil plus rapprochées , plus longues et plus obliques en haut ee en dedans qu'elles occupent un rang plus inférieur. Cetttc obliquité même est la cause de leur rapprochement. Dà ces saillies , la plus visible répond l'angle sternaire et aiu cartilage de la seconde côte qui la produit (A). Elles offreml
3ason, 710, me paraît cependant renfermé daus les limitée de la nature, et l'Apollon du Belvédère , malgfé sou caraclèra itléal , ne s'en éloigne pas sensiblement. Les artistes modernci' ne sont pas tombés daus cette exagération , au moins je ne croii pas avoir rien vu de semblable. Mais ils ont quelquefois donmé au bord axillaire de la région mammaire , une bien mauvaisM fo'rrae : le Guide, par exemple, dans son David [129] ; dans soin Hercule mourant [1049]; Verronèse, dans son Saint Sébas^ tien pansé parliène [845]; etc.
(;\) Le deuxième cartilage est surtout évident sur le Fauue ;
DE LA POITRINIÎ.
quelquefois, maïs chez les gens très-maigres, un renflement, une sorte de nœud visible h travers la peau , à une petite distance du sternum. Ces saillies costo-articulaîres sont toutes rangées, de haut en bas, sur une ligne droite, oblique en bas et en dehors. Elles sont dues h. l'articulation des cartilages avec les côtes , parce que ces articulations ont un peu plus de volume que le reste du cartilage et de la suite de la côte. Tous ces reliefs s'effacent h mesure que le grand pectoral devient plus épais ou que l'embcapoînt augmente {a). Je ne parle point ici de la région du sein chez la femme. J'en décrirai les formes gracieuses dans la seconde partie de cet ouvrage , où j'exposerai les différences qui caractérisent son sexe et y répandent tant de charmes.
4o3; sur l'Antinous en Hercule , 534- Les deuxième et troisième cartilages le sont également dans un Christ de Campi [890], mort et pleuré par sa mère; dans l'Hercule mourant du Guide [1049]; dans le tableau d'Adonis blessé t\ mort, peint par Vaccaro [laS^]; dans un mulâtre de la Révolte du Caire, par Girodet [80].
(a) La saillie des cartilages des côtes les expose aux violences extérieures qui peuvent les enfoncer dans le médiastin , et donner lieu i\ des abcès. Leur élasticité les fait quelquefois résister à des chocs assez forts pour occasîoner des lésions intérieures graves. D'autres fois ils se brisent d'abord, soit vers le sternum, soit vers la côte, se relèvent ensuite par leur ressort, et se remettent iV leur place comme s'ils n'avaient pas été cassés. Ces faits qui me semblent peu connus , ont été observés parJ.-L. Petit. {Foj. Mal. cliir., plaîesde poit., 1. 1, 144, 1790.) Ils sont de la plus haute importance; le chirurgien qui les ignorerait, pourrait en méconnaître la gravité. Il résulte en effet des observations de l'illustre chirurgien français, que les fractures et même la simple contusion décos cartilages, par une balle, par exemple, peuvent êlrc suivies d'un abcès cxî(s-
' 1)E LÀ ^OITRiNli.
La r^^^îon 5ous-mammairc n'a guère moins d'étendue que précédente; aussi les anciens statuaires de la Grèce et do
rieur à la plèvre. Il a eu occasion d'ouvrir plusieurs cadavres de gens morls de parcillcsbiessures, et .< j'ai souvent trouvé, ajoulet-il, des abcès sur h plèvre, qu'on aurait pu guérir en coupant le cartilage, ou peut-être même en ouvrant au-dessus et audfessous, eomme je l'ai fait quelquefois le sixième ou le septième jouï^ de la blessure» [loc. cit., p. 146). L'auteur lait un j précepte de découvrir ces cartilages contus, et si, malgré les antiphlogistiques, il survient de la difficulté de respirer, une fièvre ardente, une douleur aiguë et des frissons, il ne faut point douter, dit-il, qu'il ne se fasse suppuration, et dès lors il convient d'ouvrir. Dans ce cas les plans des cartilages, au moins sensibles au toucher, s'il n'y a pas beaucoup de gonflement ou d'empâtement dans les parties extérieures, doivent servir de jalons au bistouri du chirurgien. Les intervalles des i cartilages costaux doivent encore lui servir de guide, pour ouvrir des abcès du médiastin distendu par le pus, et dont les lames sont repoussées en dehors du sternum. Celte opération serait, au reste, beaucoup plus facile, et facile dans une beaucoup plus grande étendue à gauche qu'à droite, parce que le médiastin s'y dévie de plus en plus de haut en bas , au point que vers la cinquième côte il s'étend, ordinairement, à deux doigts àii moins en dehors du sternum, et à deux doigts \\ au plus de la saillie costo-articulaire, que l'on sent au moins au loucher, si on ne la distingue pas à la vue. La saillie mus-' culaire du grand pectoral en dehors des cartilages coslaux, l'épaisseur du pelit pectoral , le tissu cellulaire abondant qui les revêt l'un et l'autre, forment li, sur les côles, un coussin assez épais qui les recouvre et les protège. La grande laxité et la grande exlensibililé de ce tissu cellulaire laissent le sang et l'air s'y infiltrer considérablement dans certaines blessures. Les vaisseaux thoraciques qui s'y ramifient, compliquent assez soiivent d'hémorrhagie les plaies- de celte région. Ces
Dlî Li POITRINE,
i Rome se sont-ils écarlés de la nature en resserrant celle ré- :Ldans des limites trop étroites. G'éla.t une de leu.s
^ diverses dispositions déstructure exigent qu on mcise promptement dans les points violemment contus, pour donner , issue au san^ épanché. et éviter de grandes infillral.ons, et , par suite de vastes gangrènes et des suppurations ^considéra- -
Mes (vor. les Obs. de J.-L. Petit, loc. cit. , p. io6 et iSyj. , Les côles qui supportent la région mammaire et qui partagent les violences qui la choquent, la prédisposent aux fractures , j si je puis parler ainsi; cependant elles résistent souvent, mais tantôt avec succès, et tantôt en cédant par leur ressort et par celui des cartilages, en sorte qu'alors le cœur et les poumons \ peuvent être blessés mortellement. Dans d'autres cas encore, elles protègent ces organes ; mais la plèvre et le tissu cellulaire I meuilris, s'enflamment et suppurent {voy. entre autres obs. de ce genre, celles de J.'L. Petit, /oco,ctY., p. i49etsuiv.).
La présence des côles derrière la mamelle, si souvent affectée de cancer, les expose à partager la même affection, et dans ce cas on peut en retrancher une partie, comme l'a Conçu et pratiqué M. Richerand. Le soutien que ces os se prêtent les uns aux autres rend sans danger la perle d'une portion de plusieurs côtes. C'est la même circonstance qui modère leur déplacement dans les fractures.
Des phénomènes que déterminent les côtes dans cette région et dans tout le thorax, il n'en est pas de plus curieux que la ^ déviation des bailes qui, frappant la poitrine vers la mamelle, ' vont sortir au dos, sans pénétrer dans la cavité de la poitrine. Ten ai vu plusieurs exemples à l'hôpital Saint-Louis en i8i4- Xa cavité des plèvres et les poumons qui viennent au-delà des côtes, donnent aux blessures de la région mara-maire les caractères particuliers des plaies de poitrine : Pemphysème, l'émission de l'air dans le temps de l'expiration, les épanchemens pleuraux liquides et gazeux, l'expecloration par la bouche y et lu sortie par la plaie, d'un sang rouge etécumeux, desjrou
formes adoplivcs et conventionnelles. La région sous-maœ maire, Lornée en haut par la saillie du grand pectoral (,) " est limitée en Las et en dedans par un sillon, qui, partan; de l'appendice xiphoïde (2), suit le rebord carlllagineu de la poitrine, en sorte qu'il rétrécit graduellement celti région, de haut en bas, et contribue à lui donner la flgur d'un triangle, dont le sommet anguleux aboutit au creux di l'estomac (5) ; dont le côté inférieur et interne, droit mai oblique (4), forme en s'unissant avec celui du côté oppos» du corps vers l'extrémité supérieure de l'appendice slcrnale:
bles plus ou moins considérables et toujours pénibles rians respiration,. et quelquefois, ce qui est beaucoup plus rare, bi hernie des poumons. Vous trouverez des exemples d'emphy-sème universel par suite de fracture de côte , et sans pbaie , dans Wéry {Mém. del'Ac. des Se. , 1720, p. 1,6), et dan.-^j Ledran (Obs. deeliir., t. i, obs. 29); un exemple d'empbysèmcc universel énorme, de onze pouces d'épaisseur sur la poitrine dans Littre {Mém. de L'Ac. des ^r. , i^iS, p. 4). Sabatier opér.,X. Il, p. 89, éd. Dupuytren), et S. Cooper (art. Emphysème), en citent d'autres encore. J'ai yu de semblables cm.-' pbysèmesen 1814, mais un surtout très-considérable sur ur officier de la garde impériale ; j'ai vu aussi, sur des militairej blessés dans la mGme campagne, des épaucbcmens pleuraux liquides et gazeux. Ceux-ci, je me le rappelle encore, piquaient ma curiosité novice, par la facilité avec laquelle \\L permettaient aux malades de souffler par la plaie de la poitrines une bougie allumée. Quant aux cas de hernie, quoique fortt rares, on en peut lire des observations dans F. de IlilJen (CentJ 2» obs. 52, ou Bonct, Bibl. deMcd., t. n, 1. 2, p. 168, obs. 5o); dans Ruysch et dans Roland, cités par M. Boycr {Mal. ch!r., t, vu, p. 2G5-66), et aussi par S. Cooper, qui en rapporte' d'ailleurs un autre de Tulptus {Dlct. de c/iir. , t. 11, 286). (1) P. I, III, 5i, C6, 5;. (2) 54. (5) 54. (4) 55, 9|, 97..
une échancrure anguleuse ouverte en bas; dont le côté supérieur est borné par la région mammaire (1) ; dont la base se confond insensiblement avec les côtés de la poitrine sur une ligne verticalement abaissée par la fossette sous-clavière. Toile est la forme la plus commune de la région sousmammaire , et elle est déterminée par la charpente osseuse et cartilagineuse qui en fait les fondemens. Cette forme ne manque point de beauté; on peut en juger par la nature môme et par les exemples qu'en ont mis sous nos yeux des artistes modernes du plus grand mérite (A). Quoique cette forme soit la plus commune , elle affecte encore assez fréquemment celle d'une surface quadrilatère irrégulière et allongée, qui offre en dedans près de la ligne médiane une hauteur de trois ou quatre doigts et descend jusqu'à l'extrémité de l'appendice xiphoïde, en tronquant l'échancrure antérieure de la poitrine, à son sommet, comme vous le Yoyez dans le Laocoon , ou en l'arrondissant en arcade ,
(1) P. I, III, 5i, 56, 57.
(A) La région sous-mammaire est triangulaire, comme dans la nature , dans les ouvrages de la plupart des artistes des temps modernes, et, par exemple, dans les Hercules du Guide [10^6] [1049]; ^1'^"'' Ccnlaure Nessus, enlevant Déjanire [1048]; dans le Jésus montant au ciel [gi5], elle Jésus du tableau de la Madeleine [91 5], par Ann. Carrache ; dans une fjgure du tableau [177] de Lesucur; dans les Lebrun ; dans le Christ en croix do Prud'hon [242]; en un mot, dans les ouvrages des artistes qui ont plus de respect pour la nature que pour l'antique , oi'i celte région n'est presque jamais triangulaire. Je ne l'ai trouvée, en clFet, jusqu'à ce jour, que sur la statue mutilée de l'Ilissus, qui est admirable, et sur celle d'un prêtre égyptien du premier style , qui est fort grossière.
î)<^ Ï)E LA POITRINE.
comme vous le voyez aussi sur la plupart des antiques. Celle dernière forjne est en effet précisément celle qu'ont adoplcoles anciens statuaires de la Grèce et de Rome, quoique ce soit la plus rare. H est vrai qu'elle est fort belle; mais en la. choisissant ils l'ont tous presque constamment allérée au i point d'en faire une foi*me de convention que l'anatomie ne saurait légitimer. Ils ont en effet si profondément échancré par en bas la région sous -mammaire qu'ils ont réduit sai hauteur à un ou deux travers de doigt et lui ont ainsi! donné une élroitesse qu'elle n'a jamais dans la nature.. Aussi à voir leurs statues on dirait que celte région est assise sur un cartilage unique et dirige horizontalement jusqu'au sommet de l'appendice xiphoïde, tandis qu'au con-traire plusieurs cartilages, tous très-obUques eu haut et eui dedans, en forment la charpente (A).
La forme quadrilatère de la région sous-mammaire estt
La région sous-mammaire est ainsi Irop étroile et con-- Iraire à la nature, dans l'Hercule de Farnèse, dans le Jupiterr colossal, no3 ; clans l'Hercule , 4^2 ; dans le Discobole , 704 ;; dans le Centaure, i54; dans l'Apollon du Belvédère. Girodett me paraît s'être égaré ici sur les traces 'des anciens, et avoirr même encore exagéré, dans son Endymion , la faute que je; nie permets de reprocber à l'Apollon, qui semble l'avoir inspiré. . Agasias, plus fidèle à la nalure, a sacrifié à peine au goût de; son temps, dans son Gladiateur. Mais c'est cbez les artistesmodernes seulement, que l'on retrouve la région sous-mam — maire dépouillée entièr»^ment de ses formes de convention,, lorsqu'elle devient quadrilatère. Cependant, le célèbre David, , si savant imitateur de la nature, l'a quelquefois ici sacrifiée en partie au goût de l'antiquité, comme on peut le remarquer sur son Léonidas, et même encore sur le Talius de ses Sa-' bines.
âne toujours h ce que le plan supérieur muscle è.o^ étant très-développé remplit le sommet de 1 échancrnre c e la poitrine; et tanL , en même temps, . ce que 1 ex rénn é inférieure de l'appendice xiphoïde se porte eh avant; tan ,lôt h ce que la première intersection du muscle droit de Tabdomen , répondant h l'extrémité de l'appendice xiplioide , produit, sur la surï\.ce du muscle , un sillon , dans lequel se ette, en abandonnant les côtes, celui qui remonte le long de leurs cartilages; tantôt h la réunion de ces diverses cir-
COIlStcltlCGS»
La surface de la région sous-mammaire est légèrement bombée chez un hoiiime dont les muscles ont un médiocre développement; mais chez les uns elle est uniforme, chez d'autres elle offre plusieurs saillies et plusieurs reliefs. Ces formes sont ordinairement produites, dans l'un comme dans l'autre cas, par le plan supérieur du muscle droit de l'abdomen , qui reste tantôt uniforme, tantôt divisé , au moins pendant ses contractions , en faisceaux assez distincts. Dans quelqties cas ces saiUies sont causées par les cartilages cos- , taux; mais cette disposition ne s'observe guère que chez les i sujets très -maigres. On y voit d'autres saillies qui forment, de haut en bas et en dehors , des séries assez régulières et que je désigne sous le nom de digitations de la poitrine. Je les ; décrirai avec celles des côtés de cette cavité pour en présenter au môme endroit une théorie com|)lète (a).
(a) La région sous-mammaire droite repose sur le foie, qui •chez l'homme couché remonte dans le point le plus haut de sa convexilé, jusqu'au niveau de l'angle externe et inférieur du grand pectoral à peu près , tandis que le poumon descend pardevant, jusqu'à la sixième côte, en sorte qu'une épée plongée, perpendiculairement à l'axe du corps, dans la poitrine, immédiatement au-dessous de l'angle du grand pectoral, atteindrait ù
Après tout ce que je viens de dire sur la poitrine , vouiij avez dû être frappé du ncmLre des formes de convenlior que les anciens ont adoptées pour cette région du corps, particulièrement pour la surface antérieure que nous ve? nous d'étudier; mais vous avez du remarquer que si elle modifient la nature, elles la simplifient et lui donnent une régularité plus symétrique. C'est probablement cette simi plicité et cette régularité de formes qui a charmé les ani ciens artistes de la Grèce et de Rome, fixé leur goût, contribué à leur assurer les suffrages des artistes de tousi les temps. Mais cependant serait-il si ridicule de croir« qu'en voulant corriger la nature ils s'en sont un peu trojp éloignés, et que leurs chefs-d'œuvre, loin d'y perdre, ga gneraient h nous en retracer les images avec un peu plu
la fois le poumon , le sommet de la courbure du foie , et le dia-iphragme qui le revêt. Si dans une semblable blessure il survenait une jaunisse générale, des hoquets, des vomissemenS;. de la douleur à l'épaule droite, il ne pourrait guère y avoiir d'incertitude sur la lésion du l'oie. La position de cet organe., en cet endroit, l'expose aux contusions, etdonnc lieu à defs abcès de la surface supérieure de cet organe , qui saillent directement au debors, ou y parviennent après s'être ouverts danss la poitrine. On en trouve des observations dans F. do Ililderi (Cent. 2% obs. Sg) ; dans Yerduc, cité par laFaye, dansDioniîS (5= démonsl.) ;■ dans Marcbeltis {Dib. dcMéd., par Bonet , t. m. part. 2, p. 25, obs. 54); dans Petit fils {Mém. de l'Ac du Chir. , t. I, 4a , in-8% etc. ).
Dans la môme région, mais du côté gaucbe, se trouve h grosse extrémité de l'estomac, qui remonte à un travers dt doigt moins haut que le foie. 11 en résulte que l'estomac peut! f;lre blessé dans les plaies de cette région , ce que ca^acléri^enl des YOmisscmens de sanç ou d'alimcns aièlés de sang.
DÉ LA poitrine:. 9^ Je fidélité? J'avoue que j'incline vers cette opinion, et que je m'y fortifie en observant que si les artistes des temps modernes admirent en théorie l'antiquité par-dessus tout, i s semblent l'admirer un peu moins dans la pratique, par le respect profond qu'ils portent à la nature (A).