DB L* ARTICULATION BU GOTJBÊ
U bora postérieur du coude fait contraste avec le précé- ,lcat, soit qu'on l'examine de face ou de profd. Une sadlie anguleuse, et même âpre, s'y observe chez les gens maigres [i]:. ''embonpoint la dissimule dans le bras gracieux d une femm^J „.ais alors même que cette saillie est noyée d.ns la graisse, clleproémine encore en relief arrondi. Cette sailUe a pour lase la tubérosité interne de l'humérus (A) . qui , sur l os même, est beaucoup plus prononcée que l'externe. Une telle disposition explique déjà pourquoi la saillie de latubérosité ne peut jamais disparaître entièrement: mais il est une autre circonstance qui rend mieu^ compte encore de cette ineffa^ rable saillie, c'est que l'avant-bras ne prolonge point exactement l'axe de i'humérus(2), et qu'il est incliné latérale-* ment (5), de manière à faire un angle obtus, dont le soinmel; même correspond à la tubérosité interne de l'humérus (4) («) •
(i) P. I, IIî V7»-
' [H) La tubérosité interne de l'humérus est très-évîdenle suï
le bras droit du Gladiateur : mais, au lieu d'une dépression , elle est suivie, par-flerrière , d'une bosse considérable que rieH n'autorise. La tubérosité de l'humérus se voit encore àdroite sut le'suivantde Bacchus, 485. Klle est frappante sur le bras droit du Saint Michel de Raphaël [1159]. Elle est invisible sur le bras gauche de l'Hercule mourant [1049] » P»r le Guide , où elle devrait être manifeste. EUe manque d'exactitude sur h même bras du Jésus montant au ciel , par Ann, Carrache [91 3}. Elle en a davantage sur le Faustulus [1142]; plus encore sur le bras droit du Christ [242], par Prud'hon; sur plusieurs figures de la Révolte du Caire, par Girodet [81]; sur te Marîus de Drouais [5i]. On la distingue aussi sur le père, dans le Serment des Horaces, par David [5y], et sur son Tatius, dans ses Babines [39].
(2) P. I, 148, i52. l5) 175, 186, 193. (4) 171. - (a) Cette tubérosilc , se trouvant à un demi-travers de doigt
t>B l'avant-bras.
Immédiatement au-dessous de cette tubérosité , se trouve une petite ëchancrure cubitaire (i) , de la largeur d'un travers de doigt au plus, qu'il ne faut pas confondre avec la fossette du même nom; elle paraît tenir au relief que le fléchisseur profond fuit du côté du cubitus, au-dessous de l'échancrure dont je viens de parler, parce qu'il ne commencequ'immédiatement au dessous de l'articulation (A). Elle est, de quelques lignes , moins bas que l'échancrure radiaire , laquelle elle correspond (2). Mais il y en a parfois une autre, produite par le faisceau aponévrotique qui se détache du tendon du biceps brachial; celle-ci ne s'obser/e que dansl'extension de l'avant-bras , qui , distendant ce faisceau , lui fait dessiner un sillon courbe, dont cette échancrure n'esti qu'une partie (B).
DE l'avant-bras.
Vavant-bras , fait suite au bras, et s'incline sur le côté; externe de ce membre , en formant un angle saillant eni
au-dessus de rarliculalion du coude, peut et doit servir det règle pour y parvenir, dans les amputations et dans les resec-tions que l'on pratique sur cette jointure.
(A) L'échancrure cubilaire est Irès-évidente sur le bras droit du Gladialeur, 262, et sur le gauche du Suivant de Bacchus,, 485. Elle l'est aussi sur le bras droit du Saint Michel, par Ra-. phaël[ii5p]; elle est trop bas sur celui de l'Apollon , dans le 1 tableau de Ilubens[69o]; elle est plus exacte sur le même bras, dans le Christ de Prud'hon [242] ; elle est encore trop bas sur' le Jésus, dans les Aveugles de Jéricho, par le Poussin [217].
(B) On en trouve un exemple sur le bras droit du Marius de Drouais [5i], et sur celui de l'adulte, de la Scène du déluge, par Girodet [80].
DE l'avant^bras. .19^
.arrière, au niveau de la tubérosité interne de l'humérus , comme nous l'avons dit un peu plus haut, par avance, pour expliquer la saillie de cette tubérosité. L'avant-bras se montre beaucoup plus aplati que le bras ; aussi présente-t-il deux surfaces et deux bords distincts. De ces surfaces l'une regarde en avant et en dehors, quand le pouce, se trouvant dans sa position naturelle, est tourné en dedans; c'est le dos de l'avant-bras : l'autre regarde en sens inverse ; ce sera le ventre de l'avant-bras. Des deux bords , l'un correspond au pouce, il est tourné en dedans et en avant; le radius existe dans son épaisseur : c'est le bord interne ou le bord radiaire; l'autre est tourné en sens inverse, il est opposé au nremier; le cubitus lui donne le soutien : c'est le bord externe ou cubitaire de l'avant-bras. Nous nous sommes déjà expliqué à cet égard; mais nous le répétons ici pour éviter toute obscurité [ci).
Le ventre de l'avant-bras, renflé dans sa moitié supérieure , déprimé dans l'inférieure , semble , chez quelques athlètes vigoureux , divisé , en haut , en deux moitiés latéra-
(a) La présence de deux os dans l'avant-bras l'expose moins aux fractures complètes, que s'il n'y en avait qu'un seul; et dans les fractures incomplètes l'os intact retenant, comme le fait un tuteur, les fraginens de l'os (.as^é , en borne le déplacement qui est toujours peu considérable. Mais si ces fractures offrent peu de déplacement, elles présentent un genre de déplacement particulier, c'est que les fragmens de l'oi brisé se rapprochent de l'os sain. Comme on craint que ce rapprochement ne gêne, par la suite, les inouvemens de pronation et de supination de l'avant-bras, on s'y oppose , autant que possible, par une modification spéciale dans les appareils qui sont destinés à ces iVacturcs. {Voy. Gerdy , Traité de Bandages , p. Yj4o. )
HfjA DE l'avant-bras.
les, par un sillon superficiel qui fait suite à l'angle médian du pli du Lras (i ). Ce sillon est produit par la dépression de h "peàh entre les muscles des deux bords opposés du membre. '
Cette partie, étant vue de profil , présente un renflement considérable, qui finit assez brùsquement, vers le milieu de la hauteur de l'avant-Lras (2), pour que le plan qui lui fait suite J olFre, par sa ligne droite et inclinée, un contraste frappant. Ce i plan, dont jeparle, comprendiamoitié inférieure du vcntrede l'avant-bras; il suit une ligne droite, mais inclinée , par suite lie l'amincissement progressif du membre par en bas , amincissement qui résulte de ce que les parties inférieures des muscles se dépouillent des fibres charnues, qui leur donnent tant de volume. j
Deux saillies tendineuses , en corde , placées l'une h côté de l'autre , partagent la moitié inférieure du ventre de l'avant-bras en deux parties latérales, à peu près égales (5) ; ces saillies deviennent frappantes, lorsque la main fait ef- j fort pour se fléchir, tandis qu'un obstacle s'y oppose. L'une des deux forme une corde plus volumineuse, parce que h j tendon qui la produit est plus gros que celui de l'autre. Ces | tendons appartiennent : l'interne, qui est le plus gros, au | muscle grand palmaire (4) ; l'externe , qui est plus rapproché j du bord externe ou cubitaire du membre , au muscle palmaire grêle (5). Une dépression linéaire sépare leur saillie; ils j marchent parallèlement l'un à l'autre , mais un peu obliquement en bas et en dedans, du côté du pouce (A). Des i
(i) P. I,ÎII, 166. (2) P. lïl, j86. j (5) P. in, 193. I (4') P. I, m, 196. (5) 195. ' (A) Je ne dislingne qu'un seul des tendons médians de l';ivanl-l)ras, sur le GlaJialcur, 262 , et encore suil-il le milieu de l'aYant-bras, sans obliquité, ce/pii est une faute. J'en trouve
DE l' AVANT-BRAS. 1 g5
lieux rt^glons en lesquelles ils partagent le plan de l'avantbras, l'une correspond au radius, l'autre au cubitus. Elles forment, vers le poignet , deux gouttières larges et superficielles (i) , distinctes, surtout, quand la main commence à se fléchir sur Tavant-bras (A)'. La gouttière radiaire est plus
deux sùr l'Hercule, 4^0, et de plus une saillie veineuse qui en simule un troisième. La direction des tendons est ici fort exacte. On les entrevuitsur le bras droitde l'Apollon, du Germanicus, 712; mais ils n'ont pas leur obliquité naturelle. On devrait les distinguer au premier coup d'œilsur l'Hercule mourant, du Guide [1049]; mais ses ombres excessives n'y laissent ticxi découvrir, au moins sur le bras gauche. On les reconnaît difficilement sur le Christ [242], par Prud'hon ; èt le Sueur a manqué d'exactitude , en leur donnant un égal volume , sur l'ayant-bras d'un pauvre , dans son tableau [i 5 1]. On pourrait faire le même reproche à Girodet, pour plusieurs figures de la Ré- ToUe du Caire [81], en ajoutant qu'il n'en a pas rendu l'obliquité naturelle. Hs ont au contraire une direction convenable dans lé Marius de Drouais [5i]; dans le Tatius des Sabines , par David [3g]. On retrouve encore ces tendons sur l'adulte et sur l'enfant suspendu a la chevelure de sa mère, dans la Scène du Déluge, par Girodet [80]; mais l'externe es; trop fort sup l'homme adulte.
(i) P. I, III, 190, 198.
(A) On trouve de beaux exemples des gouttières latérales de l'avant-bras, sur le bras droit du Gladiateur, 262; sur celui ^de l'Hercule, 45o, et sur celui du Germanicus, 712. On devrait aiisrî les retrouver sur l'Hercule mourant, du Guide [ 1049]; m-ais elles sont distinctes sur le Christ de Prud'hon [242] ; sur un pauvre du tableau de Lesueur [i5i]; sur plusieurs figures de la Révolte du Caire, par Girodet pur le Marius de
Drouais [5i], où elles sont d'une grande vérité; sur l'un des Horaces [Sy] : mais il y a une erreur sur la gouttière cubitaire, dans le bras gauche de l'Aveugle du Léoni'îas aux ïhermo-
igG DE l'avant-braS.
profonde, plus large , plus longue et plus uniforme que l'au - '! trc (i); son fond se relève souvent d'une manière Irès-visi- Lie , vers l'exlrémllti inférieure du radius , pai* la saillie que font sentir la crête de rapo|)liyse slytoïde du radius et I3 bord anlérieiu* de son extrémité (a). Cette limite est la limite naturelle de l'avant-Lras , c'est réellement en cet endroit qu'il iînii; au-delh vient le poignet.
Je viens de décrire le ventre de l'avant-bras, en faisant 1 abstraction des veines qui s'y dessinent chez les personnes | maigres. De ces veines , l'une remonte le long des deux tiers | supérieurs du bord radiaire du membre; c'est la veine ra- ! diale : elle est volumineuse et va former, au pli du bras , le premier jambage de VM vasculaire qu'on y observe, et que 1 j'ai décrite (A). Une autre, née par de nombreuses racines vers la base du pouce , remonte un peu obliquement , du bord radiaire vers le bord cubitaire, jusqu'au milieu du pli du bras; ccstlamédiane de l'avant-bras. Quelquefois, au lieu d'une, il yen a deux qui marchent à peu près parallèlement. D'autres fois encore , c'est la veine radiale qui les rcmp'ace , en remontant très- obliquement du bord radiaire vers le mi- ; lieu de l'avant-bras, ainsi que j'ai àé]h eu occasion de le | dire plus haut. Deux autres veines se montrent encore , tout ,
pyles [38], par David. Elles sont pleines d'exaclitude sur l'a- î dulle de la Scène du Déluge [80].
[a] La gouttière radiaire a, avec l'artère radiale, des connexions qui sont importantes pour le diagnostic des lésions d.e celle artère , et pour en pratiquer la ligniure , au besoin. C'est en effet tout le long du milieu de la gouUière, que l'on sent baltre l'arlèrc radiale.
(A) La veine radiale est évidente sur le Léonidas aux Thcrmopy'-es [58], par David.
DE l'avant-bras. 197
! eu haut , sur le ventre de Tavant-bras. Elles remontent obli- I ijuemcnt du bord cubitaire vers le milieu de l'avant-bras , et vont former, au pli du bras , le dernier jambage de VM qui y *;st figurée. Ce sont les veines cubitales, dont la principale est très- volumineuse (A). Enfin, des veines plus petites que les précédentes, mais d'une inconstance telle, que la variété .semble leur seule loi , forment , de l'une h l'autre des veines principales que je viens d'indiquer, un réseau vasculaire à mailles polygones et régulières , qui établit un commerce ^général d'anastomoses entre tous ces vaisseaux. Ces dernières ne se dessinent que rarement d'une manière distincte.
La masse de chairs assez considérable, que présente le ventre de l'avant-bras en haut, est produite parle rond pronateur, le grand palmaire, le palmaire grêle , le cubital postérieur ( l'antérieur des auteurs ) , le fléchisseur superficiel, le fléchisseur profond, le fléchisseur propre du pouce. On Irouve encore , sur la même surface du membre , une grande i partie du long supinateur et du premier radial , qui appar- ! tiennent au bord radiaire. On ne distingue point de plan ; particulier à chacun de ces muscles, en haut de l'avant- 1 bras , parce qu'ils se trouvent renfermés dans des gaines fî- ! breuscs minces, qui ne les isolent pas d'une manière évii' dente à l'extérieur, et les laissent se confondre en une seule masse , sous l'aponévrose de l'avant-bras qui les presse. Le dos de l'avant-bras est tourné en avant et en-dehors,. k et pour la facilité de la description , nous le supposerons directement tourné en avant dans toute son étendue. Il
(A) La principale des veines cubitales s'observe sur le bras droit (lu Ghidiateur, 262, et sur celui du Gurmanicus , 719.; sur plusieurs figures de la Révolte du Caire [Si] , par Giro.dct ; et sur l'Aveugle du Léonidas i\ux Tberuiopyles^ par David [38]. ' " • ' '
••9^ De l'avant-uras.
est K^èremcnt convexe d'un hord h l'anlre , et moîns en bas qu'en haut.' ÏI 'suit, en profil, une li^ne courbe fort allongée, cjuï s'étend sans interruption du coude au poignet. Assez uniforme dans le tiers inférieur do sa longueur, environ, aucune saillie , aucun creux ne s'y dessinent distinctement. Il n'en est pas de même dans sa partie supérieure. Le dos de l'avant-Lras est, là, partagé en plusieurs plans assez manifestes. Ce sont, du Lord radiairc au cubitaire : 1 " un plan fusiformc, h peu près de la largeur d'un travers de âoigt, qui correspond au muscle second radial externe ( i ) (A) , dans le point où ce muscle se trouve h nu sous la peau. Il so montre, depuis le quart supérieur de l'avant-bras, où il commence en pointe , jusqu'au tiers inférieur, où il finit encore en pointe aiguë, remplacé là par un autre plan qui descend obliquement vers lebordradiaire de l'avant-bras, et qui est le résultat de la saillie des muscles long abducteur et court extenseur du pouce (2); 2° un plan, de la même largeur à peu près que le précédent , et produit par le muscle extenseur commun des doigts (3) (B) (a); S^un autre plan-
(A) Le plan du second radial externe est distinct, quoique d'une exaclitude médiocre, 'sur le bras droit du Gladiateur, 262 ; sur le gfauche du père, dans le serment des Horaces [3^], par David ; sur le bras droit du frère du héros , dans son Léonidas âtix ïhermopyles [38] ; sur le Tatius de ses Sabines [jq].
(2) P. Il, III, 197.
(B) L'extenseur commun s'observe évidemment dans la Ré- Tolle du Caire , par Girodet [81], sur le bras du Turc abattu ; tlans lè Serment des Horaces [87] , sur le bras gauche du père 'ét ie droit du premier des fils; sur le droit encore du Léonidas aux Thermopyles [38].
~^^\a) Le sillon qui correspond à l'intervalle du second radial
!)£ l'avant-buas. 199
fyftt étroit , se dessinant quelquefois à travers la peau , comme le ferait une corde d'une à deux lignes de diamètre, et correspondant à l'extenseur propre du petit doigt (A) ; 4° un quatrième plan longitudinal, que dessine le muscle cubital antérieur (1) (B). Ces quatre plans sont légèrement sail- ' laus, et ne se distinguent bien que chez les hommes forts, maigres, el/ pendant la contraction des muscles (C).
Au-dessus du muscle cubital , se montre quelquefois aussi le méplat triangulaire du muscle anconé (2) (D). Enfin , en
externe et de l'extenseur commun des doigts, répond aussi^ vers le milieu de la longueur de l'avant-bras, à l'artère interosseuse antérieure. Un peu plus bas l'artère se glisse au-devant de l'extenseur des doigts, avec le filet nerveux qui l'accompagne. Il est aisé de voir ce qu'il y aurait à faire pour la déoou- Yriir et la lier.
(A) L'extenseur du petit doigt n'est pas moins évident que l'extenseur commun, sur le Turc abattu, dans la Révolte du Caire [81].
(B) Le cubital antérieur se dessine avec évidence, sur le bras droit du Gladiateur, 262; sur le même bras du Turc terrassé, clans la Révolte du Caire [81]; sur le bras droit du premier fils , dans le serment des Horaces [5^] , par David.
(C) On n'en distingue aucun dans le bi'as gauche du saint Michel [i iSg], de Raphaël , bien que l'on aperçoive, autour de la fossette radiiiire , trois fossettes qui semblent se rapporter à des muscles ; dans le fait, il n'y en a qu'une qui s'y rapporte réellement et qui soit vraie. Ils m.anquent de précision sur le Samson d.'Al. Yeronèse [841]. Ils sont trop disséqués , et d'ailleurs inexactement rendus , dans le tableau de Lesueur [i36].
(D) L'anconé est on ne peut plus manifeste, sur le Xnrc tei> rassé , dans ia Révolte du Caire [81] , par Girodet. Uesta peine
200 Djj l'a vant -BRAS.
dehors do ces deux muscles , le dos de l'avant-Lras se creuse," de haut en bas, d'un long sillon sinueux, comme serait une S fort allongée (i). Ce sillon est d'autant plus profond que les muscles ont plus de développement. Le bord antérieur du cubitus en forme le fond. Il est dû au relief que font sur le cubitus, en devant, l'anconé et le cubital antérieur, en arrière, le fléchisseur profond (A). Ce sillon est encore un exemple de ces creux qui correspondent aux parties saillantes des os, tandis que les reliefs circonvoisins sont dus à des muscles (a). Au-delà de ce sillon, proéuiinc largement une masse musculaire qui fait partie du bord cubitaire du membre. Elle se montre aussi au dos de l'avant-bras , surtout quand ce membre est fléchi , et que son dos est tourné en avant , comme lorsqu'on s'appuie le menton sur la main. Le bord radiaire de Tavant-bras est épais et saillant^dans
visible dans le serment des Horaces [37] , sur le bras droit du premier fils , et il me paraît manque sur le gauche du père. (1) P. II, 180, 191 , 199.
(A) Le sillon cubitaire se reconnaît au premier coup d'ceil sur le bras droit du Gladiateur, 262, et sur celui du Faune, 709, quoiqu'il y soit moins exact. On le reconnaît aussi sur le Gormanicus, 712. II est peu prononcé sur le bras droit du Samson d'Al. Yeronèse [841] ; il l'est trop sur toutes les figures du Tableau [i56], de Lesueur; il est très-naturel sur le bras droit du Turc abattu , dans la Révolte du Caire [81] , par Girodet; sur le gauche du père dans le Serment des Horaces , par David [37] ; sur le bras droit de l'aveugle du Léonidas aux Thermopyles [38].
(a) Ce sillon cubitaire, reposant sur le bord antérieur et externe du cubitus, qui est immédiatement sous-cutané dans toute sa longueur, est un des points où il est le plus aisé et le moins douloureux d'explorer l'os, dans le cas où ou eu soupçonne U fracture.
DK l' avant-bras. 201
sa moitié supérieure, et y décrit, en profil, une grande ligne courbe ( i) . Cependant , cette ligne est , le plus souvent , légèrement interrompue par l'écliancrure radiaire (2) , qui est due à la saillie que font le long supinaleur et le premier radial, sur le profil du second. Dans la moitié inférieure de ce bord radiaire, Tavant-bras n'offre qu'une ligne à peu près droite (5) , qui succède brusquement h la première , et s'étend jusqu'au poignet (4). La courbure que ce bord présente en haut, est la suite de celle qui embrasse l'articulation du coude; elle est produite par les muscles supinateur et radiaux externes. Elle finit tout h coup, parce que les fibres charnues de ces muscles s'arrêtent , pour ainsi dire, toutes à la fois, h l'extrémité supérieure de leur tendon. La ligne droite qui succède , en quelque sorte subitement, à la ligne courbe , suit les tendons du long supinateur et des radiaux. Ainsi , c'est parce que la masse de ces muscles se réduit tout à coup à l'épaisseur de trois tendons, aplatis et couchés le long du radius, sans faire aucun relief sur cet os, que le bord radiaire de l'avant-bras nous ^'ffre, en profil, le contraste des deux lignes que nous venons d'exposer (a).
■ Cependant, empressons-nous de dire que cet arrangement simple d'une double ligne ne s'observe , sur le profd du bord de l'avant-bras , que lorsqu'il se présente à l'œil par
(2) P. I, II, i;6.
(fl) La minceur de ces tendons le long du radius, dans sa moitié inférieure, permet d'explorer la surface de cet os, par le bord radiaire de l'avant-bras , plus facilement que par tout autre point,
les ppiots les i>Ius rapproches de la surface palmaire de ce membre (A); qu'au conlraire, s'il s'offre h la vue p;,^ les points les plus rapprochés de la surface dorsale, il monlrç alors une Iroisiènu^ ligne courbe, au-dessus du poigiicl (i ). ÇcIIç-çi est une ligne courbe peu prononcée, d'ailleurs , et que l'on dislingue diaicilcment dans un bras arrondi par l'embonpoint; elle est produite par la saillie que font sentir, derrière et ensuite en dehors du radius , le muscle long abducteur du pouce et son court extenseur (B). ° Les formes du Lord ^adiaire sont souvent masquées pu
(A) I,a double ligne radiaire se rencontre évidemment sur l'Apollon Pylhien; sur le Gladiateur, 262; sur les Hercules , 452 et 45o ; sur le bras droit du Laocoon , où elle est d'une beauté médiocre; sur le bras droit du Jésus monlant au ciel, par Ann. Carraclie [giS]; sur le Christ de Prud'hon [242] ] sur le bras droit de l'ange le plus élevé, dans le ijonge de saint Bruno , par Lesueur [1 5o] . Elle est d'une grande vérité et d'une grande beauté sur le père et sur la jeune femme, dans le serment des Iloraces [37]. Elle n'est pas aussi belle dans l'aveugle du Léonidas aux Termopjles , où les bras sont maigres, comparativement aux jambes [38j. Elle se montre d'une grande beauté, sur le Tatius des Sabines du même peintre [So]
(DP. II, m,. 97.
(Bj Une triple 1 igne radiaire s'observe sur le bras droit du Gladiateur, 262 ; sur celui du Saint Michel dePiaphuel [iiSg], où elle produit de belles formes; sur celui de l'Hercule mourant [io49] > où elle a infiniment moins de beauté; sur le bras gauche du Jésus montant au ciel, d'Ann. Carrache"[gi5] ; sur plusieurs des figures du Tableau [i56], par Lei^ueur, où elle produit de mauvaises formes; sur l'un des aveugles de Jéricho [217], par le Poussin , où ellle est maigre; sur leMarius à Miniurnes de Pro.uais [Sij, où elle est, "aussi exacte que belle. " '■■■"■ ''^ > — • ■ ^ ' ' ^
DE l'aYàNT-IîRA?. 200
troublées par la veine radiale , qui le suit exaclement en bas, se perle ensuite vers le ventre du membre , et gagne le pli du coude, en remontant le long du grand supiuateur (A).
Le bord cubitaire parait être plus 6pais que le précédent. Son profil dessine une grande ligne courbe , qui , depuis le coude ou l'échancrure cubitaire (i), se porte jusqu'au poignet, sans interruption (2), disposition bien différente de celle du bord radiaire. Comme la ligne de ce dernier, elle est due h rorganisation même des muscles correspondans : h ce que le fléchisseur profond , particulièrement , et h cubital postérieur (l'antérieur des auteurs) , ont, tous deux, mais surtout le cubital , leurs libres charnues étendues tout le long de leur tendon, jusqu'au poignet.
Ainsi , c'est parce que ces muscles , et surtout le dernier, ne perdent que graduellement leur volume de haut en bas, que la courbure du bord cubitaire s'abaisse graduellement , ou, si l'on veut, s'allonge jusqu'au poignet , où elle finit (B).
(A) C'est par erreur que Gh'odet a gonflé de sang les racines veineuses de l'avant-bras élevé du Turc abattu, dans la Révolle du Caire [81]. Pareille faute ne se trouve point sur le bras élevé du Laocoon : le gauche, qui est au contraire abaissé, et dont les veines sont comprimées , au-dessus du poignet, par le corps de l'un des serpens qui l'enveloppent, présente un contraste plein de vérité et de sentiment.
(B) La ligne courbe du bord cubitaire s'approche beaucoup de la nature sur le Gladiateur, 262. Elle est très-exaele sur l'Hercule, l\5o; sur le Faune, 709, et sur le Germanicus et le bras droit du Laocoon , où elle a une grande beauté. Elle ne manque pas de vérité sur le bras droit du Jésus montant
rii l'avakt-buas.'
Le bord cubîtaîre de l'avant-bras est plus aplati , en bas, que le bord opposé; il est néanmoins plus large, ou plus épais, lue ne le comporte l'épaisseur du cubitus et du cubital postérieur, qui le forment en cet endroit. Celte disposition provient de ce que l'os pisiforme, auquel s'attacbe, par en bas. le muscle dont je viens de parler, étant très-saillant, fait saillir aussi , comme une corde médiocrement tendue, ce muscle cubital postérieur. Le bord cubitaire de l'avant-bras est convexe en dehors , vers le tiers supérieur de sa longueur, parce que le fléchisseur profond, d'abord saillant en dehors du cubitus, ne se porte en dedans, vers le radius, qu'h la partie inférieure de l'avant-bras. La maigreur diminue beaucoup ce relief. Le long de ce bord remontent les veines cubitales, l'une devant, l'autre derrière, mais en se dirigeant obliquement, du dos et du bord cubitaire de l'avant-bras vers son ventre, pour gagner le côté cubitaire du pli de l'articulation du coude (A) (a).
au ciel , par Ann. Carrache [910] ; sur le Christ de Prud'hon [242] ; sur le Marins de Drouais [5i]. Elle est admirable sur le bras gauche du père et celui de la jeune femme , dans le Serment des Horaces [5;] ; sur le bras droit du jeune guerrier rattachant sa chaussure, dans le Léonid.s aux ïhermopjles [58] ; sur le bras gauche d'Hersilie, dans lesSi.biues [Sg], par David.'
(A) Scalptureviodcrne. Les formes del'avanl-brasn'ont pas assei de précision , sur plusieurs statues modernes, pour pouvoir être analysées et décrites; par exemple, sur les Esclaves de Michel-Ange, 5 et 7, où elles paraissent manquer de fermeté, et sur l'Hyacinthe de Callamard, 27, où elles sont pleines de grâce; sur le Narcisse deCalderari, 3^, où l'avant-bras est un peu maigre; sur les figures de Francheville, 3-, 49, 5i , 63, 68. Le profil du dos et du ventre de l'avant-bras est d'une grande exactitude et d'une grande beauté sur l'Homère de Ro-
{a)V oyez la note (a) à la page suivaDle.