‹ Anatomie des formes extérieures du corps humain [electronic resource]Chapitre 29 sur 60 · Î20 DE LA MAIN · texte numérisé non relu

Î20 DE LA MAIN

tit doigt. L'autre que je nomme le sillon oblique de la paume de la main, s'étend obliquement de l'extrémité inférieure du pli du pouce vers le Lord cuLitaire de la main qu'il n'atteint point ( i ) (") • ^^"^^ \r<x]c\, , il croise le précédent. Il ne me paraît être que la répétition du pli des doigts , comme le précédent l'était en partie de celui du pouce (A). De toutes ces observations, il résulte que, dans un dessin large, grandiose , on pourrait très-bien négliger ces plis intermédiaires, qui ne sont guère que de faibles répétitions des premiers , et qui ne correspondent , ni aux grands mouvemens , ni aux grandes formes de la main.

Des trois espèces de saillies que j'ai indiquées plus haut , l'une correspond h des muscles , une autre à du tissu cellulaire, la troisième aux articulations de la base des. doigts.

Il y a deux saillies musculaires ou charnues à la paume de la main , l'èminence thénar et l'hypothémr.

Le thénar fait la base du pouce (2). Il est triangulaire. Le sillon que j'ai décrit sous le nom de pli du pouce , le circonscrit en bas et en dehors , et le distingue du reste de la paume de la main (5). Un bord, qui descend obliquement du poignet vers la première phalange du pouce , le limite en haut et en dedans (4) ; un autre bord remonte

(a) L'arcade palmah'e superficielle passe , Iransversalemcnt , un peu au-dessus du sillon oblique de la paume de la main.

(A.) Ces plis intermédiaires croisés me paraissent manquerd'exactitude dans la main droite de l'Apollon Pylhien , qui ne me rappelle, au reste, ni la mollesse de la peau, ni les formes^ de la nature. Ce n'est qu'une main de pierre. Ils sont pleins de : vérité dans l'Hersilie du tableau des Sabines , par David.

(3) p. 1,111, au. ^4) 207.

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de l'extrémité inférieure du pli da pouce k la première phalange de ce doîgt, en se dirigeant vers le bord précédent qui°lui est supérieur, et achève la figure triangulaire du thénar. Des trois angles de celte éminence , celui d'en ~ haut, près le tubercule scaphoïdaire du poignet (i) , celui d'en bas, près la base du doigt indicateur, sont arrondis ,par le pli du pouce , tandis que l'interne donne naissance à ce doigt (2) , qui semble n'en être qu'un prolongement.

Le thénar proémine en cylindre méplat dans les deux tiers supérieurs de sa hauteur, depuis le sillon du pouce jusqu'à ce doigt. Tout le tiers inférieur de sa surface, qui comprend l'angle d'en bas, est plus déprimé, parce que l'on n'y trouve que l'adducteur du pouce (a) , tandis que l'on trouve dans le point le plus saillant trois muscles , le court abducteur du pouce, l'opposant, le court fléchisseur, superposés en partie sur le premier os du métacarpe, et sur la crête de l'os trapèze. Si la peau et l'aponévrose palmaire n'adoucissaient le passage du plan supérieur, que forment ces trois derniers muscles , h l'autre plan , que forme l'adducteur, la dépression de celui-ci produirait l'image de deux marches d'escaher. C'est aussi ce qui a lieu sur l'écorché.

Vhypothènar est une éminence moins longue et moins

(1) P. I, ni, 200. (2) 210.

{a) Le point où la dépression du thénar s'unit avec son relief, correspond précisément au bord inférieur de l'opposant et du court fléchisseur du pouce. A ce point aboutit aussi l'arcade palmaire superficielle qui vient y finir. On se sert avec avantage de ces données pour arriver à ce vaisseau , ce qui pourrait être nécessaire pour le lier, dans un cas de blessure , où la ligature de l'artère cubitale, près du poignet, n'arrêterait pas 'hémorrhagie.

s^^lllmle (i). Elle donne n(5anmoms Leaucoup d'épaisseur aui bord cuj^itairc de la main. Elle cotn-t le long de ce bord , depuis la proén^incnce du pisiformc (2) jusqu'il la Lase du petit, doigt , quoiqu'elle soit comme interrompue par le sillon digitaire de la paume de la main (3). Elle est un peu plus large et un peu plus prononcée en haut, qu'elle ne l'est en bas, Elle doit son volume aux muscles court fléchisseur et opposant du petit doigt , couchés, sur le cinquième des os du métacarpe , et superposés l'un à l'autre.

Le$ saillies qui correspondent à du tissu cellulaire sont, des saiUies graisseuses. Ordinairement elles se montrent précisément au-dessus de l'intervalle, ou, si l'on veut, de la commissure des quatre derniers doigts, en sorte que les sillons qui les séparent correspondent à la base des doigts. Ell^s sont très-distinctes , quand la main est fortement étendue, parce qu'alors , les languettes que l'aponévrose palmaire envoie à chacun des doigts , se trouvant tiraillées , se rapprochent des os , enfoncent avec elles la peau qui leur adhère assez intimement , et font saillir d'autant plus les petits pelotons de ce tissu cellulaire graisseux que, l'on trouve dans les intervalles qui les séparent les unes des autres (A). Ces

(A) On ne trouve rien de la mollesse des saillies graisseuses , sur la main toute conventionnelle de l'Apollon du Belvédère. Il y a plus de vérité dans l'Hercule de Farnèse. Elles sont marquées , mais au-dessus des doigts, sur le père , dans le serinent des Horaces, par David [5^] ; et surtout dans l'aveugle du Léonidas, où elles sont si hirges qu'elles se touchent [38]. Elles paraissent plus exactes danj la main du Bélisaire [4i], par le même peintre; mais il les a de nouveau dessinées audessus des doigts dans l'Hersilie et la belle brune de son la-^ bleau des Sabincs [SqJ.

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saillies sont quelquefois effacées par des reliefs confus , formés dans leur intervalle par ies tôtes des os du métacarpe. On n'observe guère cette disposition que sur les personnes dont les doigts se renversent beaucoup vers le dos de la main , ou dont la peau , fine et molle , reste un peu lâche à la surface palmaire des articulatiops de la base des doigts. Elles sont, plus souvent, effacées encore chez les manœuvres , parce que les pressions et les frottemens déforment leurs mains.

Les saillies articulaires ne sont bien distinctes qu'au dessus des trois derniers doigts , tout contre le pli qui séparP ces organes de la paume de la main. L'épiderme en est ordinairement plus épais et plus calleux que celui des parties voisines. Cette disposition tient probablement à ce que la peau est, là, souvent pressée entre les tendons fléchisseurs des doigts , placés au-dessous , et lels corps extérieurs que la main embrasse et saisit. Ces tendons font, sous l'articulation des doigts avec les os du métacarpe, unesaiUie assez considérable qui explique parfaitement celle que nous décrivons; mais les têtes de ces derniers os n'y concourent pas , compae on pourrait le croire au premier coup d'œil, car les saillies articulaires qui nous occupent proéminent une ou deux lignes au-dessous : aussi M. Blandinme paraît-il s'être trompé, lorsqu'il a dit, dans son Anatcmic topograpkicjue , que ces éminences correspondent aux têtes des quatre derniers métacarpiens. En effet , lorsque les têtes de ces os font relief au dehors , c'est au-dessus et dans l'intervalle des saillies graisseuses, ainsi que je l'ai expliqué, il n'y a encore qu'un instant (a). Tout le monde, au reste, peut le vérifier sijr

(«' Ces cbscrvalions sur le rapport des saillies articulaires avec les articulations delà base des doigts, sont imporlanteSj en ce qu'elles fout prévoir la possibilité de conserver un lambeau

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soi-même, au toucher (A). Le creux de la main occupe à peû prîis le centre de la paume : il offre une dépression légère , qu'on rend à volonté fort sensible , sans que la peau puisse jamais le remplir par des plis. Cette impossibilité, pour la peau , d'y former des plis , est due à ce que, dans toute l'étendue de la paume de la main, elle adhère intimement à l'aponévrose palmaire.

Des deux bords de la main , l'un correspond au radius et l'autre au cubitus : le premier est raccourci par la présence du pouce, qui en occupe au moins la moitié supérieure (a). Le reste de ce bord concourt h. former la commissure dui pouce et de l'indicateur, qui est une très grande échancrure. Le bord externe de cette échancrure est formé par l'ad--

palmaire assez considérable, dans ramputalion des quatre dcr-niers doigts. Les idées de M. Blandin sur les rapports dont nou3! venons de parler détruiraient ces flatteuses espérances.

(A) On ne retrouve pas plus les saillies articulaires que? les saillies graisseuses, sur la main droite de l'Apollon dui Belvédère.

(a) La grande mobilité du pouce, dans son articulationi carpo-métacarpienne, l'expose beaucoup aux luxations; ellesy sont assez communes. Mais les mêmes circonstances y rendent les fracturas fort rares. Leur rareté dépend aussi dm peu d'étendue que présente le premier os du métacarpe. L'i-solcmenl du pouce donne beaucoup de liberté au cbirurjjien,, pour en pratiquer l'amputation dans son articulation carpométacarpienne. Il serait possible aussi de le couper dans la con- ■ tinuité de son os du métacarpe, si la maladie qui en nécessiterait la section permettait d'en conserver une partie, comme cela pourrait avoir lieu dans une brûlure. Dans un cas semblable , on ne devrait pas hésiter ù conserver une portion du pre-mier os du mélacarpc; quelque courte qu'elle fût, elle seraiti

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