DES ORTEILS
Les doigts du pied ne sont guère moins inégaux , en volume et en longueur, que les doigts de la main ; tout le monde le sait. Le pouce est beaucoup plus gros que les autres, disposition en harmonie avec la solidité que doit offrir le bord du pied qui porte le plus du poids du corps, et qui s'appuie le moins sur le sol , puisqu'il n'y touche que par ses extrémités. Le deuxième orteil est aussi long que le pouce , ou k peine davantage; le troisième l'est presque autant que le second , et cependant moins que le pouce ; le quatrième approche beaucoup du troisième ; mais le cinquième est très-
(A) La saillie inférieure du talon est toujours visible; mais vous la voyez bien séparée de la supérieure, sur le Gladiateur, 262; sur le Silène, 709; sur le Jason, 710; sur le Germanicus^ 712 ; sur le Saint Luc d'A. Carrache [916]. Elle est encore visible sur le Saint Christophe de Spada [1200] ; elle l'est beaucoup plus sur l'Apollon de Rubens [6go] ; sur l'adulte , de la Scène du Déluge , par Girodet [80].
(a) L'os du talon, donnant attache aux plus puissans des muscles du corps, peut cire brisé par eux dans un effort violent et subit , comme ceux auxquels on se livre dans raction de sauter. Aussi en a-t-on déjà d'assez nombreux exemples.
sensiblement plus court que les autres , et il n'atteint qu'avec peine le niveau de la dernière articulation du pouce (A). Placés tous côte h côte, il reste cependant un intervalle sensiblement plus large entre les deux premiers qu'entre les isuivans. A l'exception du pouce, les orteils sont naturel-
(A) On n'a, je crois, adopté pour la longueur des orteils, qu'une étendue de convention. Dans le Gladiateur, 262, le second dépasse évidemment le premier, dans le pied gauche seulement, et le cinquième y est aussi plus long que dans la nature. Ces dispositions sont un peu moins sensibles dans l'Apollon. Le second est assez loin d'atteindre le premier sur le Silène, 709 , et sur le Jason , 710 , qu'on dirait ici exécutés par le même ciseau. Il est plus long à gauche qu'à droite, sur le Germanicus, 712 ; sur l'Achille, i44i bien plus long que le pouce, adroite, sur l'Apollon Sauroctone, 19, et à gauche seulement sur le Génie funèbre, 22. Le second présente à peu près la même longueur que le premier, sur le Prophète- Roi , du Dominiquin [954] , et le dernier n'y est qu'un peu plus court que le quatrième. Le second et le troisième sont plus longs que le premier sur le pied gauche du David, du Guide [1029] , et le cinquième y est beaucoup plus court que celui qui le précède; le second est plus court que le premier, le cinquième un peu plus court que le quatrième, sur le Saint Luc de Carrache [916] . Le second est un peu plus long que le premier, et les autres décroissent graduellement jusqu'au dernier, en suivant une ligne courbe, dans le pied droit de l'Hercule tuant l'hydre deLerne, par le Guide [lo.ijG] ; la même disposition , à peu près, s'observe sur l'Hercule mourant, du même peintre [1049], cette disposition est la plus commune de celles que présente la nature. Le second ne paraît pas plus long que le premier, dans le Jésus de Bronzino [887], et il en est écarté avec excès. Les doigts sont lourds dans les pieds de l'Apollon deRubens [690]. Le second est un peu plus long que !e premier, dans les figures du tableau des Horaces, par David [37].
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lement recourbés en bas, et vont presque toucher le sol par leur extrémité libre (A). Ils sont à la fois cylindriques , comprimés en quatre sens opposés , et offrent , comme les doigts, deux extrémités , et quatre faces , un dos , un ventre et deux côtés latéraux. Leur base tient au corps du pied par une articulation métatarse- phalangienne , et par une commissure qui les unit en même temps les uns avec les autres. L'articulation est beaucoup plus reculée que leur commissure; comme elle ne se dessine en aucune manière, je n'ai rien à en dire (a).
La commissure des orteils est, comme celle des doigts, un pli de la peau , qui se tend et figure une arcade par l'écartement des orteils , et qui , ici comme à la main , est soutenu par une arcade ligamenteuse analogue, à laquelle ce pli cu-
(A) L'exlrémilé des orteils se dirige sensiblement vers le sol) sur le pied gauche du Prophète -Roi, du Dominiquin [954]; sur le David du Guide [1029]; sur le Saint Luc, d'A. Carrachc [916]. Cette disposition est surtout évidente sur le pied droit d'un homme vu de profd, et gravissant un rocher, dans le Déluge d'Ant. Carrache [927]; sur le même pied du guerrier à l'écharpe rouge, dans les Sabines du Guerchin [i025]; sur le pied gauche de l'Apollon de Rubens [690] ; sur les pieds des figures du Serment des Horaces, par David [37].
(a) La position reculée des articulations de la base des orteils, et la position avancée de leurs commissures, permettent d'emporter ces doigts, tous ensemble, comme les quatre derniers de la main , et de tailler aux dépens du coussin de la plante du pied qui s'étend jusqu'à la commissure, un lambeau inférieur plus que suffisant pour recouvrir les têtes des os du métatarse mises î\ découvert. Cette opération, facile, est bleu préférable , lorsqu'on en a le clioix, à toute autre amputation qui retrancherait une plus grande portion du pied.
tané doit toute sa résistance. L'extrémité onguéale des orteils semble comme tronquée, par son apposition sur les plans où reposent nos pieds. Il n'y a que le pouce dont l'extrémité soit arrondie , précisément parce qu'il l'a dirigée en avant. Cette partie des orteils a un grand volume, qui ne tient pas seulement à un grand développement de leur pulpe; il tient encore à ce qu'elle est refoulée en arrière, par la manière dont les orteils viennent s'appuyer sur le sol. L'extrémité libre des orteils porte un ongle, que le défaut de soin des gens sales et malpropres laisse souvent s'accroître d'une manière difforme (a).
Le dos des orteils , légèrement arrondi d'un côté h l'autre , laisse sentir , d'une manière peu prononcée , les deux dernières articulations de ces doigts. A leur ventre on ne distingue rien dans l'état de repos, parce que, recourbés sur eux-mêmes , ils ne présentent à l'œil qu'un sillon profond , et la surface , pour ainsi dire tronquée , de leur extrémité qua-
(fl) Quand l'ongle est pressé et refoule, par des chaussures étroites, contre sa racine et les chairs qui l'environnent, il les irrite. Quand à ce refoulement se joint une disposition particulière de l'ongle à rentrer dans les chairs, et des chairs à s'irriter, elles s'enflamment d'une inflammation ulcéreuse, qui cause des douleurs vives et insupportables. Les uns proposent pour guérir cette alTection de glisser sous les bords de l'ongle des plaques de plomb, qui sont ordinairement impuissantes; les autres,, d'emporter une moitié latérale de l'ongle; d'autres, de l'arracher en entier; d'autres, d'en couper le bord avec les chairs qui le recouvrent. Toutes ces méthodes sont fondées sur l'opinion où l'on est, que l'ongle est la seule cause du mal; sous ce rapport ,'je crois que Ton s'abuse, et que les chairs de la circonférence de l'ongle présentent une disposition morbifle particulière,
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diilatère (A). Mais, lorsqu'ils sont étendus, ils ne laissent , que deux sillons superficiels , marques de leurs articulations. Lo pouce, seul , offre un sillon profond, simple ou double, vis-à-vis ,1a jointure de ses deux phalanges. Les autres côtés des doigts nous offrent peu d'intérêt , à l'exception du bord interne du pouce, qui fait une grande saillie , en dedans , au niveau de son articulation phalangienne , et parce que la phalange ouguéale correspondante porte une apophyse assez prononcée, en dedans de sa base, et parce que l'étroitesse de nos chaussures , à leur extrémité , repousse la première phalange du pouce en dehors.
Les orteils conservent rarement intactes , chez nous , les formes qu'ils ont reçues de la nature. Les chaussures étroites, dans lesquelles^nous" les emprisonnons , y produisent des callosités accidentelles, des durillons et des cors. Ces dernières altérations sont des maladies souvent fort douloureuses , qui s'exaspèrent quelquefois , par les cliangemens de temps , et peuvent persister avec opiniâtreté, lors même qu'on revient à l'usage de chaussures larges. La théorie qu'on en donne, en regardant la compression mécanique comme leur unique cause , explique fort mal leur apparition chez des personnes qui ne portent jamais que de très-larges chaussures , l'opiniâtreté de leur persistance chez d'autres qui n'en portent plus d'étroites , et quelquefois la vivacité de leurs douleurs.
L'étroitesse de nos chaussures n'altère pas seulement la forme des orteils, elle en change aussi la direction; et tandis qu'elle repousse le premier en dehors , elle ramène en dedans les deux derniers, et effile en pointe l'extrémité de nos
(A) La disposition des orteils , vus en dessous, est très-exacte sur Iç Saint Christophe Uq Spaili^ [laoo],
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pieds , toujours large au moment de la naissance , par la divergence des doigts (A) (a).
(A) La forme effilée du pied ne s'observe , ni sur le Gladiateur, 2()2 ; ni sur l'Apollon du Belvédère , ni sur la plupart des chefs-d'œuvre de l'anliquilé; ni sur le Prophète-Roi du Dominiquin; ni sur le David du Guide, [1029]; ni sur le Saint Michel de Raphaël [i iSq] ; ni sur une foule d'autres. Maison la trouve sur le Saint Sébastien de Bonini [880], et quelques autres figures peu correctes.
(a) Le pied présente une grande analogie de structure avec la maiu, soit dans sa plante, soit dans son dos, soit dans ses orteils.
Les muscles, lesnerfset les vaisseaux de la plante du pied sont renfermés dans des gaines ligamenteuses, comme le sont les muscles, Jes nerfs et les vaisseaux, dans les autres parties des membres. Ces gaines sont au nombre de trois, l'une interne, l'autre moyenne , la dernière externe.
10 La gaine plantaire interne renferme les muscles adducteur et court fléchisseur du gros orteil, l'artère plantaire interne et un rameau du nerf correspondant. Elle est formée, en bas et en dedans, parla portion interne de l'aponévrose plantaire, qui va s'attacher le long du bord interne du pied ; en dehors , par une cloison plantaire externe qui s'enfonce vers le tarse et le métatarse, où elle va s'attacher; enfin, en haut, parles os du tarse et le premier du métatarse.
20 La gaine plantaire moyentie contient, dans sa cavité , le court fléchisseur, le long fléchisseur des orteils, avec ses lombricaux et son accessoire , le long fléchisseur du premier orteil, les abducteurs oblique et transversal du même doigt, l'artère" plantaire externe, le nerf satellite et une partie du plantaire interne. Cette gaine est formée, en bas, par la portion moyenne de l'aponévrose plantaire; en dedans, par la cloison plantaire interne, qui est la lame externe de la précédente ; en dehors, par la cloison plantaire externe, qui s'attache aux os du tarse ;
REMARQ. g£;N. SUR LA -SURFACE DU C0RP3 DK l'iIOMMI:. 5o5 REMARQUES GÉNÉRALES SUR LA SURFACE DU CORPS DE l'hOMME.
Notre corps étant partout recouvert par la peau , tontes ses formes, à l'exception de quelques parties où existent les ongles , des poils abondans et considérables , des vaisseaux plus injectés et plus colorés qu'ils ne le sont dans les autres points de la peau , présentent , à peu près la même disposition et les mêmes caractères extérieurs , dans la surface de la membrane qui les revêt. Ces caractères ne méritent pas tous , assurément, l'attention des artistes; mais , comme ils concourent , presque tous , à l'aspect que prend h nos yeux la surface de la peau frappée par une lumière
en haut, par les mêmes os du tarse, ceux du métatarse et les lames ini'érieures des muscles interosseux. Cette gaîne se subdivise en deux, en arrière, sous le tarse, par une aponévrose mince qui sépare le court fléchisseur des orteils d'avec l'accessoire du long fléchisseur, et en avant par une lame aponévrotiqne particulière, qui sépare l'abducteur oblique des tendons du long fléchisseur des orteils.
"5" La gaine plantaire externe renferme les muscles du cinquième orteil. Elle est formée, en bas, par la portion externe de l'aponévrose plantaire, qui s'attache au bord externe du pied, excepté au point où le tendon du long péronier latéral s'engage dans la gaîne qui lui est propre; en haut, par les os du tarse et du métatarse; en dedans, par la cloison plantaire externe, qui est la lame externe de la gaîne moyenne.
La portion moyenne de l'aponévrose plantaire, qui envoie des languettes à tous les orteils, présente , en avant, des ouvertures différentes , pour le passage des tpndons , des nerfs et des vaisseaux qui sortent de la plante du pied. Elles sont analogues à celles que nous avons indiquées à l'article de la main.
4'> Outre les gaîiies dont je viens de parler, je dois mention-
006 REMARQUES GÈNÈnVLES
vive, comme d'ailleurs ils sont' peu connus , je les décrirai , pour la plupart , d'après mes propres observations , avec quelques détails , Lien que plusieurs soient h. peine visibles h l'œil nu.
Sur la surface de la peau se dessinent , h peu près à tout agC', plusieurs genres de dépressions et de saillies : les dépressions sont (les plis , des rides, des sillons paplllaires , de petits godets pllifères ', 4çs ouvertures perspiratoires et des ouvertures folliculaires; les saillies , des papilles régulières et irrégullcres et des' saillies cpidermaires.
Les plis de' la peau sont les dépressions linéaires qu'elle présente , au niveau de certaines articulations, oii elle adhère intimement au tissu ligamenteux sous-jacent : ce sont , par exemple , ceux que l'on observe à la surface pal-
ner, au moins en commun, celles des muscles interosseux qui sont formées latéralement, parles os du métatarse, en bas et en haut par des lames ligamenteuses évidentes.
Au dos du pied , on ne trouve qu'une aponévrose , qui s'at- ■ lacbe à sa circonférence, comme celle du dos de la main, et qui adhère intimement à ses tendons. Cette disposition y produit les mêmes effets qu'à la main,; un abcès sous-aponévrotique du dos du pied remonte facilement dans les gaines • delà jambe, en passant par celles du ligament annulaire: j'ai, disséqué plusieurs cas de ce genre. Ici, comme à la main, em ouvrant des abcès sous-cutanés , il faut bien se garder d'enfon- • cer le bistouri assez profondément pour aller ouvrir l'aponé- ■ vrose sous-jacenle ; le pus pourrait s'engager au-dessous et: fuser plus loin.
Les orteils ont absolument la même organisation que lesdoigts des mains. Elle y estpeut-être seulement moins pro-tioncée. Une aussi légère différence me semble insuiïîsante: pour rendre compte de la bénignité de leurs lésions et de leurs i
j|iabiaiç9, çQmpwa'ivçittt'm îi Vs m'^\V-^nH de ccUç§ des doigts,
SUn LA SURFACE DU CORPS DE l'hOMMB. 5o
maire du poignet , de la main et des doigts. Ils paraissent dus, à la fois , aux adliérerices mêmes de ia peau et au plissement de son tissu par la flexion répétée des articulations : aussi existent-ils à peine chez l'enfant à la naissance et chez l'enfant qui a peu d'emhoupoint; et s*ils semblent exister évidemment, au poignet et au coude-pied, chez les^nfans gras et Lieu portans, c'est qu'ils sont remplacés alors par des pHs d'un autre genre : ceux-ci , en eflT^t, proviennent de ce que la peau ne se laisse point distendre par ia graisse, au niveau même de la flexion des jointures, soit que les mouvemens s'opposent à cette distension , soit que la peau adhère davantage aux parties sous-jacentes , par le fond de ces phs. Voilà dt)nc deux espèces de plis articulaires.
Il y a aussi deux espèces de rides : les unes tiennent au relâchement de la peau, les autres à son ressort. Les rides par relâchement s'observent au dos des articulations ginglimoïdales , et à la face du vieillard. Elles proviennent de deux causes , et de ce qu'à ia longue des plissemens répétés de la peau y produisent mécaniquement ces rides , en en renouvelant incessamment l'empreinte, et de ce que la peau, ayant perdu son ressort par des tiraillemens répétés, se replie sur elle-même.
Les rides par ressort sont des rides produites par l'élasti-*. cité même de la peau) aussi (îhangent-elles singulièrement parles tiraillemens qu'on lui fait éprouver. Elles jouent un gran^ rôle dans les reflets qu'elles impriment à la lumière, comme je vais l'expliquer dans vm instant. Ces rides étant extrême-» ment fines, on ne les aperçoit qu'à la loupe, sur presque toute la surface du corps. En les regardant de très-près ^ sur le poignet et sur la main , on peut jusqu'à un certain point les étudier à l'œil nu.
De ces rides, les unes affectent l'apparence d'une suite dq tjuadrilatùrçs Qn losange , d'autres h forme dQ ligiiça h pei^
près parallèles , qui communiquent cntr'cllcs par des rides intermédiaires, obliques ou transv^ersalcs , moins visibles; d'autres encore sont irrègulières : les premières , qui sont ijuadrilatères h peu près , s'observent au pli du coude , autour du poignet , au dos de la main ; les secondes , qui sout linéaires , se voient dans les mêmes points , mêlées avec les précédentes. On les distingue aussi au ventre des doigts. Les troisièmes existent sur tout le r3ste du corps h peu près, et ne se voient bien qu'à la loupe. Elles forment des réseaux irréguliers.
Quand on tire la peau dans un sens, ces diverses rides s'y allongent aussitôt, et aussitôt que l'on tire la peau dans le sens opposé, elles s'y allongent encore , précisément comme les mailles d'un filet. Les rides quadrilatères et linéaires, ou du moins celles d'entre elles qui sont les plus visibles , sont dirigées en sens inverse des grands mouvemcns auxquels elles obéissent. Ainsi , elles sont transversales autour du poignet et sur le dos de la main , longitudinales entre les têtes des os du métacarpe, et transversales au dos des doigts; ainsi , encore , elles suivent des directions composées dans les lieux où la peau doit s'étendre dans plusieurs sens h la fois; par exemple, entre le ponce et l'index, sur les têtes des os du métacarpe. îl résulte , de \h, que , par leur seule direction, on pourrait indiquer les mouvemens de la partie où on les observe , et auxquels elles paraissent destinées à se prêter librement. Elles servent aussi , toutes, h l'ampliation de la peau dans l'embonpoint. Telle parait être surtout la destination des rides longitudinales du ventre des doi-ts. Les rides irrègulières n'en ont pas d'autre habituel lem°ent , et c'est probablement parce qu'elles doivent servir au déploiement de la peau, en tout sens, qu'elles ne sont pas, comme les rides régulières, plus prononcées dans un sens que dans un autre : celles-ci, en elTct , ne diiR;rcnt des autres que
par ce caractcrc. Elles forment des rcseaax comme les rides irrégulières, mais des roseaux dont les mailles sont , plus prononcées dans un sens que dans l'autre.
Ces rides , en cédant et en se déployant par l'embonpoint, donnent à la peau une surface unie et luisante , où la lumière se réfléchit a\'ec éclat; en se rapprochant et se resserrant par le froid, elles font saillir le derme dans leur intervalle et donnent lieu à lu chair de poule.
Les sillons papillaires sont des dépressions étroites, qui dessinent des courbes , plus ou moins régulières , à la pulpe des doigts et à la paume des mains. Ils ont été décrits par beaucoup d'anatomistes.
Les godets pilifcres sont de petites dépressions d'où l'on voit sortir les poils. Je crois qu'on les rencontre seule-, ment dans le trajet des rides de contraction ou de ressort.
Les ouvertures perspiratoircs s'observent très - distinctement h la loupe, au bout des doigts sur les filets papillaires qui séparent les sillons de même nom. Ces ouvertures donnent passage au fluide de la transpiration , et on l'en fait sortir, d'une manière visible à la loupe , par la pression des doigts, quand la peau est échauffée. Elles prouvent évidemment la perforation de l'épiderme pour le passage de la sueur, perforation que l'on s'est cru autorisé h nier , parce que la mercure ne passe point h travers l'épiderme , dans lequel on le renferme et on le presse, comme il le fait à travers une peau de chamois. Mais ce fait ne prouve rien, car les ouvertures de l'épiderme pourraient être obliques , commo celles des uretères à la veisie.
IjCs ouvertures folliculaires sont les orifices de petits organes sécréteurs, connus sous le nom do follicules.
Les saillies papillaires régulières forment des filets courbés sur eux-mêmes, au ventre des doigts et ix la paumQ
3lO * REMARQUES GÉNÉRALES
des mains. Elles ont élé décrites avec sôin par divers auteurs et entre autres par Gauthier.
• Les saillies des papilles irrégulières sont beaucoup moins «évidentes; elles existent partout où manquent les précédentes, c'est-h-dire, îi peu près sur toute la surface du corps.
Les saillies épidermaires sont des saillies irrégulières répandues eh et là comme de petits boutons au milieu des poils des membres. Elles sont formées par l'épiderme légèrement soulevé , quelquefois un peu chagriné , d'autres fois déjà déchiré, et par un poil sous-jacent replié et enroulé sur lui-même, qui tantôt ne sort point encore , tantôt sort déjà distinctement , quoique flexueux , à travers l'épiderme qui l'arrête.
De toutes les dépressions et saillies que je viens de décrire , les plis de la peau et les rides produites par le relâchement de cette membrane sont si visibles à l'œil , que les artistes ne peuvent se dispenser de les dessiner, ou au moins de les indiquer , dans certains endroits et dans certaines circonstances. Quant aux rides produites par le ressort de la peau , comme elles sont à peine visibles ou même invisibles , ils ne peuvent jamais songer à les copier; mais, comme elles rembrunissent, pour ainsi dire , la peau par leur présence; comme en s'efiaçant par la distension de cette membrane, elles la rendent plus polie et plus luisante par leur absence : il en résulte que les artistes sont obligés d'en exprimer les effets.
La peau , chez le blanc , est partout colorée d'une teinte à peu près uniforme. Nous verrons, dans la seconde partie de cet ouvrage, quand nous exposerons les caractères distinctifs des peuples , qu'il n'en est pas de même chez le nègre , et qu'il présente, à cet égard, des différences très-considérables. Quoique fort légères chez le premier, les nuances de la couleur de la peau y sont cependant appréciables. On prétend
SUR LA SURFACE DU CORPS DE l'hOMME. Oll
que cette coloration est due à un corps maqiœax, Blancliâ-. tre, sorte d'enduit ou de vernis répandu entre îa membrane mince et transparente qui forme la surface de ïa peau , et le derme qui est au-dessous. Depuis Malpiglii, les anatomistes l'ont sans cesse répété, en ajoutant que, si le nègre dilTere de nous par la couleur, cette teinte provient de ce que le cops muqueux de sa peau est noir. Dans cette théorie de la coloration de la peau, les anatomistes ont mêlé l'erreur à la vérité. Il est bien vrai que la peau du nègre présente, sous l'épiderme qui revêt sa surface, une sorte d'enduit ou de peinture noire; mais il n y a rien d analogue chez le blanc , et il doit le privilège de sa couleur, non à un veriiis blanchâtre, mais à l'absence de tout enduit coloré. Ce que j'avance est fondé sur de nombreuses recherches et de nombreuses expériences , qu'il serait trop long et inutile de rapporter dans cet ouvrage.
PROPORTIONS DES PRINCIPALES PARTIES DU CORPS DE l'iIOMME