‹ Anatomie des formes extérieures du corps humain [electronic resource]Chapitre 32 sur 60 · ou PIKD · texte numérisé non relu

ou PIKD

Courbée en une voûlo ouverte vers le côlé interne du pied (t), la plante de cet orgme (A) est surbaissée en arrière, au talon ; en avant, vers les orteils , et, en dehors , vers son bord externe ou péronéaire; en sorte que ce membre , toujours détaché du sol par son côté interne, s'y repose toujours par le talon , par son bord externe et par l'extrémilé antérieure de sa voûle, par conséquent dans les trois quarts, au moins, de la circonférence du pied, sans qu'il y ait aucune interruption entre ces trois points. Ce sont là les véritables appuis du pied , les véritables bases de sa voûte qui sert de soutien à l'édifice entier de notre machine.

Le pied présente , en dessous, un coussin plus que demicirculaire , arrondi en tête au talon , rétréci au bord externe, élargi et saillant vers la base des orteils , et partout remarquable par sa mollesse et son élasticité. Cette mollesse, cette élasticité, en effet, adoucissent, pour le pied de l'homme civilisé , comme pour le pied du sauvage , la dureté de la terre et l'aspérité des cailloux qui gisent h sa surface , les chocs de la marche et les chocs plus violens de la course (a).

(A) La plante du pied est d'une vérité remarquable dans le Saint Christophe de Spada [1200]. Elle est encore assez bien rendue sur l'aîné des enfans de la Scène du Déluge, par Girodet [80].

(a) Le coussin plantaire n'adoucit pas seulement l'âprêté des ■ lieux où l'homme pose son pied, il n'amortit pas seulement le chocetla pression du pas; souvent, aussi, il modère et arrête l'ac- • lion des corps vulnérans. Alors les blessures ne dépassent point; ■ son épaisseur , et conservent un caractère de bénignité qu'elles; perdent, au contraire, quand les blessures s'étendent par de-Iài l'aponévrose plantaire. La gravité de ces blessures provient de; ce que les gaines du pied compriment les parties enflammées, ,

Le coussin plantaire se prolonge plus loin sous la base des doigts du milieu , moins loin sous le pouce , mais moins loin encore sous le petit doigt. Il est partout formé par la peau épaisse de la plante du pied, et par le tissu fibro-graisseux sous-cutané. Sous le talon, la saillie du calcanéum ; sous le bord externe du pied , la saillie des muscles du petit orteil; sous les articulations des orteils, les têtes des métacarpiens, les tendons et les gaines fibreuses , sous-jacens à ces os , rendent parfaitement compte des formes de ce relief (A). Sous l'articulation du premier orteil arec le premier os du métatarse , où le relief a plus de volume et plus de saillie encore (1), cet excès de volume est dû, et à ce que la tête articulaii^e du premier os du métatarse est beaucoup plus forte que les autres , et à ce qu'elle repose sur deux os sésamoïdes très-gros. Ainsi, l'excès de force de cette join-

en s'opposant à leur gonflement. C'est une pure hypothèse que (l'expliquer la gravité de ces blessures^ aussi bien que celle des piqûres en général, par la section incomplète des filets nerveux des parties blessées. Jusques à quand répéterons-nous , sans preuves , comme sans critique , les opinions de nos devanciers ? Comment ne voyons-nous pas que, dans toutes ces lésions, c'est l'étranglement des parties enflammées qui cause tout le mal , et que , s'il cesse par une incision qui élargit l'ouverture d'une plaie, c'est parce qu'on la débride largement, et non parce qu'on achève la section de prétendus nerfs , qu'on ne voit pas, et qui seraient incomplètement divisés? Si tel était l'avantage des incisions, par quel bonheur , puisque ces nerfs échappent entièrement à nos yeux par leur délicatesse , pourrions-nous, en en faisant la section, n'en pas couper d'autres incomplètement?

(A) Le coussin de la plante du pied est d'une exécution parfaite dans le Saint.Christophe de Spada [1200].

(i).P.I,in,58o.

agô Dti PIED.

ture , comparatîveiïicnt aux jointures voisines , est en harmonie avec le poids du corps dont elle est surchargée , par suite de la forme voùlée du bord interne du pied, et par conséquent, avec la résistance qu'elle doit offrir, puisque le pied ne s'appuie sur le sol , h son bord interne , que par cette articulation (A) et par la proéminence du talon (a).

Le bord interne du pied a une grande épaisseur vers le point où la jambe appuie sur sa courbure; il en perd peu à peu jusque vers le premier orteil qu'il semble produire. Son arc, plus sensible quand le pied est détaché du sol, s'étend et s'affaisse un peu sous le poids du corps dans la station debout. Sa surface , à peu près uniforme , est cependant un peu échancrée sous la malléole interne , par la gouttière sousmalléolaire ( i ) , saillante à un ou deux travers de doigt du coude-pied, vis-à-vis le scaphoïde qui proémine en ce point [ù) , et renflée à l'articulation du pouce (2). Une grosse

(A) La saillie formée par l'articulation du pouce est trèsévidente sur le David du Guide [1029]; sur le pied gauche du Saint Luc d'A-. Carrache [916] ; sur le Saint Christophe de Spada [1200].

(a) Il résulte de cette observation qu'on ne saurait trop ménager cette articulation , ou du moins la tête du premier os du métatarse, dans les amputations que l'on pratique sur le pied. M. Blandiu me paraît avoir parfaitement senti cette nécessité.

(2) P. I, III , 38o.

[b) Le renflement du scaphoïde est un excellent guide pour pénétrer dans l'articulation de cet os avec l'astragale. Aussi , M. Richerand a réellement rendu plus aisée l'amputation du pied par la méthode de Choppart, en montrant qu'on pouvait se diriger dans son exécution sur la saillie du scaphoïde {Nosog, chir. , t. IV, Amput. dtj pied). Cette saillie peut encore servir de guide pour l'amputation tarso-métatarsienne, car à un pouce

veine s'y dessine : c'est le commencement de la grande saphène(i), déjà indiquée, plus haut, à plusieurs reprises (A). Une grosse corde tendineuse vient obliquement , de haut en Las et d'arrière en devant, se fixer à l'extrémité postérieure du premier os du métatarse ; c'est le tendon du jamhier antérieur (2).

Le bord externe du pied a moins de largeur et â'épaisseur que l'interne. Il repose par toute sa surface , quand il s*appuie sur un plan uniforme. Il est arrondi du dos à la plante du pied, mais échancré, pour ainsi dire, au-dessous et au-devant de la malléole externe , parce que les os du tarse donnent à ce membre peu de largeur en cet endroit , tandis que ceux du métatarse lui en donnent bien davantage (B). L'extrémité postérieure du cinquième métatarsien proémine constamment sur ce bord , ou est au moins distincte au toucher (a) .

au-devant du scaphoïde se rencontre l'articulation du premier os du métatarse avec le premier des os cunéiformes. Cette observation est très-importante, lorsqu'opérant sur le pied gauche, on commence par le bord interne ; car il est rare que l'état du pied permette de sentir distinctement l'articulation que l'on veut ouvrir.

(A) Vous voyez la veine saphène sur le pied, dans le Gladiateur, 262 ; sur le Silène, 709.

(B) L'échancrure externe du pied est on ne peut plus évidente sur le Gladiateur, 26a, et à peu près sur toutes les statues antiques. Elle l'est aussi sur le pied droit du Saint Lucd'A.. Carrache[9i6]; sur celui de l'Hercule mourant,par le Guide [1049]; sur le Saint Christophe de Spada [1200].

(a) La proéminence du cinquième os du métastase est un

298 nu PIED.

Le talon pro6mInc derrière les mallc'iolcs, d'environ deux, travers de doigt, en une saillie spliéroïdals, où se dessinent , par-derrière , deux renflemens , le relief du tendon d'Achille h son attache au calcanéum, et le relief heaucoup plus fort du talon lui-même.

Le premier (i) ne s'élève pas plus haut que le sommet de la malléole externe , mais il s'élève jusque là (A). Le second, arrondi en tcte, se montre immédiatement au-dessous du premier (2); il est formé par la peau épaisse du

excellent guide pour pénétrer dans les articulations tarsoinétatarsiennes , lorsqu'on y pratique l'amputation , et surtout lorsqu'on la commence par le bord externe, comme on le fait quand on opère sur le pied droit. La disposition des os du métatarse placés aux bords du pied, permet d'en faire la résection avec assez de facilité. On doit pratiquer celte opération par la méthode ovalaire. Il n'est pas impossible non plus de réséquer un seul os du métatarse, entre les autres, en emportant l'orteil correspondant; et à moins que l'on n'opère sur le premier, on ne voit pas l'avantage qu'il y aurait à conserver l'orteil.

(1) P. II, m, 570.

(A) La saillie supérieure du talon est trop tuberculeuse, et peut-être trop élevée, sur le pied gauche du Gladiateur, 262 , et sur le plus grand nombre des statues antiques. Elle n'est point la même, d'ailleurs, des deux côtés, sur le Faune dansant, /joS , où elle est trop forte à droite. Elle l'est trop aussi , et trop élevée sur le Silène, 709; elle se rapproche plus de la nature sur le Jasoo, 710, et sur le Germanicus , à gauche; car elle est plus forte sur le talon droit. Elle est trop forte surle Saint Luc d'A. Carrache [916]. Elle est à peine visible sur le Saint Christophe de Spada [1200] . Elle est bien rendue sur l'ApoUoa de Rubens, dans son tableau du Gouvernement de la reine [690] ; sur l'adulte de la Scène du Déluge, par Girodet[8o]. (a) P. 11,111,375-

talon, et surtout par le lîssu ligamcnlo-graîsseux sous-cutan(5, et la moitié inférisure de la grosse tubôrosilé que le calcanéam présente par-derrière (A) (fl).

L'extrémité digitale du pied donne naissance aux cinq orteils. Plus épaisse en dedans qu'en dehors , elle n'est point coupée transversalement , mais obliquement en arrière et en dehors , en sorte que la naissance de chaque orteil est d'autant plus reculée qu'il s'éloigne davantage du pouce.

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