‹ Anatomie des membresChapitre 25 sur 92 · LOGE P OS TÉRO-EX TERNE DE LAVANT-BRAS · texte numérisé non relu

LOGE P OS TÉRO-EX TERNE DE LAVANT-BRAS

du troisième métacarpien, au niveau de la pointe que cette base envoie en dehors,

L 'extenseur commun des doigts naît d’une facette, bien marquée à la face externe de l'épicondyle, entre celle du second radial et celle du cubital postérieur ; mais les fibres musculaires naissent aussi : i° d'une cloison aponévrotique interposée entre le muscle et le second radial : 2° delà face profonde de l’aponévrose antibrachiale, de sorte qu’il est impossible de disséquer cette aponévrose jusqu’à l’épicondyle : on la sectionnera au ciseau, au-dessous du point où elle donne naissance à l’extenseur. Le muscle descend le long delà face postérieure del'avantbras pour se diviser, à la partie inférieure, en quatre languettes qui, devenues tendineuses, glissent dans une large gouttière de la face postérieure de l’extrémité inféricuredu radius, gouttière convertie en canal ostéo-fibreux par le ligament annulaire postérieur. Nous étudierons en détail, au chapitre du dos de la main, la terminaison des tendons extenseurs à l’extrémité supérieure des deux dernières phalanges des quatre derniers doigts.

L extenseur propre du petit doigt n’est qu’un faisceau isolé du muscle précédent, dont il est impossible de le séparer à la partie supérieure. 11 partage donc l’insertion épicondylienne de l’extenseur commun, adhère comme luià la face profonde de l'aponévrose antibrachiale et se fusionne plus ou moins en arrière avec l’origine du cubital postérieur. Le tendon qui fait suite au muscle passe sous le ligament annulaire dorsal, dans une coulisse propre, uniquement fibreuse, répondant à l’interligne radio-cubital.

Le cubital postérieur s insère par un fort tendon à une facette marquée à la face postérieure de l’épicondyle ; de plus, le muscle adhère, comme nous l’avons vu, au précédent et reçoit en outre quelques fibres de la face profonde de l’aponévrose anlibrachiale. La dissection de ce muscle présente quelques difficultés ; il faut d’abord isoler son bord interne qu’on découvre en désinsérant de la crête du cubitus (bord postérieur) l’aponévrose anlibrachiale qui y adhère ; on s’aperçoit alors que le muscle cubital postérieur ne s’insère pas, comme on le dit souvent, sur la longue surface interne de la face postérieure du cubitus. Le muscle glisse sur cette surface, sans s’y insérer; parfois pourtant, à la partie supérieure, il jette quelques fibres sur le cubitus, immédiatement au-dessous de lanconé. 11 faut désinsércr ces fibres, au ras du cubitus, pour pouvoir suivre le tendon du cubital jusqu’à l’épicondyle ; pour y arriver, il faut fendre l’aponévrose qui recouvre l anconé et qui adhèreau tendon du cubital, tandis qu elle

MEMBRE SUPÉRIEUR

glisse sur 1 anconé. A la partie inférieure, le cubital postérieur glisse dans une gouttière située entre la tète et l’apophyse styloïde du cubitus, gouttière convertie en canal par le ligament annulaire dorsal : puis le tendon du muscle va s’insérer au tubercule que présente l’extrémité supérieure du cinquième métacarpien.

U anconé s’insère à l’épicondyle par un fort tendon qui marque sur l’os une facette horizontale allant de la partie inférieure de la facette du cubital postérieur jusqu’aux fibres les plus externes du vaste interne; les insertions de 1 anconé cl du vaste interne circonscrivent, en bas et en dedans, la facette circulaire de la partie postérieure de lépicondyle qui répond à la peau. Le tendon de l’anconé suit le bord inférieur du muscle; il donne naissance à des fibres musculaires qui vont se fixer sur la surface cubitale, située en arrière de la crête limitant postérieurement la petite cavité sigmoïde. L’anconé a une forme triangulaire ; il irradie de la surface épicondyliennc : ses fibres inférieures sont très obliques, presque verticales ; scs fibres supérieures horizontales se continuent sans limite nette avec les fibres du vaste interne ; aussi, certains auteurs rattachent-ils l’anconé au triceps brachial. Sa face superficielle est recouverte par l’aponévrose antibrachiale qui est tendue entre le cubital postérieur et le bord externe du tendon du triceps .

Pour voir les muscles de la coucbe profonde il faut sectionner une partie des muscles superficiels; nous conseillons découper les radiaux et les extenseurs (pi. i3).

Le courl supinateur est un muscle complexe ; seul de tous les muscles profonds, il naît à la fois du bras et de l'avant-bras. Son insertion brachiale, la moins importante, se fait à l’épicondyle par un tendon aplati, qui s insère entre les muscles épicondy liens et le ligament latéral externe. Les fibres épicondyliennes du muscle adhèrent intimement à ce ligament, si bien qu il faut les détruire une à une pour disséquer ce dernier (voy. arlicul. du coude). L insertion cubitale se fait à la fosse située au-dessous de la petite cavité sigmoïde ; fosse limitée en arrière par une crête saillante qui la sépare de la surlace de l’anconé. La plupart des insertions du court supinateur se font par des fibres tendineuses à cette crête ; pourtant des fibres musculaires, plus ou moins abondantes suivant les cas, s’insèrent en avant de la crête dans la partie postérieure de la fosse ; la partie antérieure est d ordinaire vierge d insertions pour laisser le cliainp libre à la tubérosité bicipitale, dans les mouvements de pronation. De ces insertions, les fi b res du muscle descendent, obliques en bas et en avant

LOGE P OS T ÉRO-EX T E RlX E DE L'AVANT-BRAS

pour s’enrouler autour du tiers supérieur du radius ; les fibres superficielles s’insèrent à la racine inférieure de la tubérosité bicipitale, obliquement descendante en bas et en dehors, jusqu’à l'insertion du rond pronateur ; c’est sur celte crête (pie s'insère aussi le chef radial du fléchisseur superficiel. Les fibres profondes, charnues, s’insèrent sur les faces externe et postérieure du licrs supérieur du radius. On conçoit, d’après la direction de ces fibres, quelle force doit avoir ce muscle comme supinateur. Le court supinateur est dédoublé par un canal que traverse la branche profonde du radial.

Le loin/ abducteur du pouce est un puissant muscle inséré en haut : i° à la partie supérieure de la longue surface de la face postérieure du cubitus, située en dehors de la surface de glissement du cubital postérieur; 2" à la partie supérieure du ligament interosseux; 3U à la partie supérieure de la face postérieure du radius. Ces insertions forment une pointe supérieure répondant à l’angle formé par l’anconé et le court supinateur. Le muscle, oblique en bas et en dehors, ce qui est d’ailleurs la direction de tous les muscles de la couche profonde, croise superficiellement les radiaux, puis l’insertion inférieure du long supinateur, glisse dans une coidissc ostéo-fibreusc à la face externe de la stvloïde radiale, et se termine à la base du premier métacarpien, non sans envoyer une expansion tendineuse au court abducteur du pouce.

Le court extenseur n’a pas d’insertion cubitale; il s’insère surtout au ligament interosseux, au-dessous du précédent, qui le recouvreen partie : souvent, quelques fibres s’insèrent à la face postérieure du radius. Le tendon du court extenseur suit fidèlement le bord interne du long abducteur, glisse dans une coulisse située immédiatement en arrière delà précédente ; forme avec lui le relief externe de la tabatière anatomique et se termine, en s’insérant à la base de la première phalange du pouce.

Le long extenseur du pouçe s'insère sur la surface postérieure du cubitus, au-dessous du long abducteur, et sur la partie avoisinante du ligament interosseux. Le tendon du muscle glisse dans une profonde gouttière située à la face postérieure de l’extrémité radiale, entre celle des radiaux et celle de l’extenseur commun ; sorti de son canal ostéofibreux, le tendon qui forme le relief interne de la tabatière anatomique croise à la face dorsale du carpe, les tendons radiaux, puis l’artère radiale et vient rejoindre le court extenseur pour le dépasser en s’insérant à la base de la deuxième phalange du pouce.

L extenseur de l'index s’insère à la facette cubitale et au hga-

Planche i3.

Loye postéro-externe de l avant-bras.

MUSCLES

Lg. Supin. long supinateur, reclinc par une épingle.

Les radiaux sont sectionnés 1er radial, ex. ; 2'' radial, ex. leur segment supérieur ; 1er rad. ext. ; 2e rad. ext. = leur segment inférieur.

Ext. coram. — extenseur commun des doigts sectionné et vu par sa face profonde ; ses 4 tendons sont sectionnés au poignet, immédiatement au-dessus du ligament annulaire dorsal.

Ext 5 d 1 = extenseur du 5e doigt, son segment supérieur; Ext. 5e d. 2 — son tendon. Cub. post. = le cubital postérieur, qui glisse sans s’y insérer sur la surface du cubitus [Cubitus (s. du c. p .)].

Cr’ Supin. = court supinateur.

Lg. abd. pouce = long abducteur du pouce.

Crl ext. p = court extenseur du pouce.

Lg. ext- p. = long extenseur du pouce.

Ext1' p. ind. = extenseur propre de l’index.

NERFS

Le Tronc du radial donne le nerf du long supinateur, invisible, et celui du Ier radial [N. du 1er radial].

Rad. (b. ant) — - branche antérieure du radial qui donne N. du 2° radial.; id. (b. post ) - branche postérieure du radial qui traverse le court supinateur et en ressort pour s’épanouir entre les deux couches musculaires de la loge postéro-externe en innervant : l’extenseur commun, l’extenseur propre du 5e, le cubital postérieur [N. cub. post.] et les 5 muscles de la couche profonde. Il envoie le nerf interosseux |Ram. interos. ] qui descend jusqu’au carpe.

N. cub. (br. eut. d.) — branche cutanée dorsale du nerf cubital.

ARTÈRES

On aperçoit, dans. la profondeur, la bifurcation de l’humérale. La radiale [A. rad ] qui réparait dans la tabatière anatomique, au-dessous de la slyloide radiale ; avant de plonger dans le premier espace interosseux, elle donne la dorsale du carpe |Dors. Carp.] et l'in terosseux du 2e espace [Int. 2° esp.]

Anastse prof. — anastomoses venant des artères palmaires.

Rec. rad ant. = récurrente radiale antérieure.

A. cub. = artère cubitale, qui envoie en arrière le tronc interosseux postérieur; ce tronc perfore la partie supérieure de l’espace interosseux, apparaît, sous le court supinateur, près de l’épanouissement du radial et se divise en : [Rec. rad. post.] - récurrente radicale postérieure et [Int. post.] interosseuse postérieure qui s’anastomose, à la région dorsale du carpe, avec l’interrosseuse antérieure [Int. ant ), devenue postérieure.

DUJARIER. — Anatomie des Membres.

Planche 13

Loge postéro-externe de l’avant-bras

Hum. prof, (r. post

Anast51, prof

Auastsf prof

2e rail. ext.

ug. aDa. pouce.

Ram. interos.

... Lg. ext p.

N. cri. ext. p.

Crl ext p.

. Ext' p. ind.

Condyle hum

1er radial ex~

Rec.Tad. post

Int. post.

3e radialex -

N . cub. post Ext. coin.

Cubitus.

(s du c. p ). .

Ext. 5e d. i Cub. post . . .

Int. ant.

Anasts.e des int.

Ext 5e d. 2

N.cub,(br.cut.d.)

Ram. eut. de l'av.

br. (n. rad ).

Tronc du radial.

N du 1 e.r radial .

Rad. (br. ant ).

id. (br. post ).

N. du 2e radial.

Rec. rad. ant.

A. rad.

. .. . A. cub. Cr( supin.

Rad. (br. post.).

...ic.r rad. ext.

— . Styl. rad.

A. rad.

Dors, carpe.

Int. 2e esp.

G. STEINHE1L, Éditeur

LOGE POSTÉGO-EXTEGXÉ D Ë L'AVA N T- B /? A S

Co

ment interosseux au-dessous du précédent ; il passe dans la coulisse ostéo-libreuse de l’extenseur commun, dont il croise la face profonde, et se termine à la face postérieure de la main, en s'accolant au bord cubital du tendon extenseur de l'index.

Nerfs. — Les nerfs de cetle loge viennent tous du radial.

Nous ne dirons qu’un mot du nerf de l’anconé, issu du radial à la région postérieure du bras, où nouslavonsétudié souslenoin de rameau du vaste externe et de l’anconé. Pour le découvrir, il faut fendre en long le tendon du triceps et le chercher dans la moitié externe, presque accolé à l’humérus dans les fibres du vaste interne.

Le radial, avant de se diviser, donne, à la partie inférieure du bras, le nerf du long supinateur qui l’aborde par sa face profonde, et le nerf du premier radial qui aborde aussi profondément ce muscle (pi. q).

Le nerf du second radial vient d'une des branches de bifurcation du nerf radial, tantôt de la superficielle (pl. io), tantôt de la profonde (pi. n).

Le nerf radial se divise en deux branches dans la rainure externe du pli du coude. La branche antérieure ou superficielle, située dans la gaine même du long supinateur, suit ce muscle jusqu’à son tiers inférieur, pour s’en dégager, en passant entre le long supinateur et le premier radial. Devenu sous-cutané, il innerve la peau externe du dos de la main.

La branche postérieure ou profonde perfore, le court supinateur, à sa face antérieure, contourne, à l’intérieur du muscle, la face externe du radius, pour s’en dégager, en arrière, un peu au-dessus de son bord inférieur. Avant de s’engager dans le canal musculaire, on voit le nerf donner plusieurs petits rameaux, pénétrant avec lui dans le muscle et s’y distribuant.

A sa sortie du court supinateur, la branche postérieure du radial est aplatie, large, comme lamelliforme ; elle s’épanouit presque aussitôt en un grand nombre de branches musculaires :

i" Une grosse branche, bientôt divisée en nombreux filets, dont les supérieurs sont récurrents, pour l’extenseur commun.

2° Un rameau pour l'extenseur du petit doigt.

3° Un autre pour le cubital postérieur, qui, né du bord supérieur du tronc du nerf, décrit un léger coude, avant de pénétrer dans le muscle, toujours accompagné d’une branche artérielle.

Les nerfs de la couche profonde naissent ordinairement d’un seul tronc qui donne :

Düjarier. 5

MEMBRE SUPÉRIEUR

i° En dedans un filet pour le long abducteur.

2° Un second fdet, qui donne encore à ce muscle, et vient se distribuer dans le court extenseur, en croisant la face superficielle de l’abducteur, ou en traversant une partie de ce muscle.

3° En dehors un filet pour le long extenseur et, plus bas, pour l'extenseur de l’index.

4° Enfin, un filet médian, dit nerf interosseux, qui s’applique contre le ligament interosseux, et vient se perdre dans les articulations du carpe, en passant profondément dans la gaine de l’extenseur commun. Au poignet, le nerf interosseux postérieur se renfle d ordinaire en une ou plusieurs nodosités et envoie souvent des filets très longs et grêles, qui, d’après Rauber, viendraient jusqu’aux articulations métacarpo-phalangiennes. Ces filets sont très difficiles à suivre et à isoler.

Artères. — Res artères delà loge postéro-externe viennent en partie de la radiale, mais surtout de la cubitale. La radiale donne à son origine la récurrente radiale antérieure, qui vascularisé la partie supérieure du long supinateur et des radiaux, et s’anastomose dans la rainure externe du pli du coude avec la terminaison de lhumérale profonde. Un rameau de cette récurrente accompagne le radial dans le tunnel du court supinateur.

L’artère radiale descend du milieu du pli du coude à la gouttière du pouls ; le long supinateur est son muscle satellite et la recouvre dans les deux tiers supérieurs de l’avant-bras; mais l’artère n’est pas dans la gaine du muscle ; elle est intermédiaire aux deux loges de l’avantbi •as, comprise dans un dédoublement de l’aponévrose qui va s’insérer au bord antérieur du radius et qui sépare la loge postéro-externe de 1 antéro-interne (fig. 4)- L artère radiale donne un certain nombre de rameaux superficiels pour le long supinateur et les radiaux.

L artère cubitale donne le tronc des interosseuses, dont le rameau postérieur, l’artère interosseuse postérieure, traverse la partie supérieure du ligament interosseux et entre dans notre loge au-dessous du court supinateur, tout près de la sortie du radial. Cette artère se divise de suite en deux branches :

i° La récurrente radiale postérieure qui glisse sous le cubital postérieur et l’anconé, pour s’anastomoser, derrière le coude, avec l’artère de l’anconé ou le rameau postérieur de l humérale profonde.

2° L ’ interosseuse postérieure proprement dite qui descend, non pas accolée au ligament interosseux, mais entre les deux couches musculai res de la loge. Elle donne des rameaux à la plupart de ces muscles

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