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partout la même ; des fibres plus où moins entrelacées entre les vaisseaux sanguins et lympbhatiques , se voient immédiatement au-dessus de la couche musculaire, et leur accumulation détermine le relief de la muqueuse dans la cavité intestinale. Elles sont plus denses et en plus grand nombre là où la muqueuse forme une saillie ou un pli; il n’y en a que fort peu dans les dépressions intermédiaires.
Quand on examine la surface libre de la muqueuse de l'estomac sous une loupe assez forte, l’on aperçoit des saillies formant des mailles assez régulières, pour la plupart oblongues, séparées par des excavations peu profondes. Ces mailles sont plus arrondies vers la partie supérieure de Festomac; elles s’allongent en approchant de la valvule pylorique, sur laquelle elles se transforment en plis longitudinaux. Mais le fond des mailles n’est pas uni; il est au contraire réticulé, et l’on aperçoit deux, quatre ou six cryptes, qui s'ouvrent par des trous ronds dans la cavité, de sorte que le tout prend à-peu-près l’aspect d’un tissu léger de dentelle, où plusieurs mailles rondes sont entourées d’un rebord plus solide. Une matière opaque, grenue, d’apparence blanchâtre sur un fond noir, est accumulée au fond de ces eryptes à ouvertures rondes. Tel est l'aspect de la surface libre de la muqueuse. Sur une coupe transversale, les saillies de la muqueuse se présentent comme autant de collines ou de verrues implantées l’une à côté de l’autre, et séparées par des rentrées reposant sur une couche entièrement opaque, qui envoie quelquefois des prolongemens dans les espaces entre les mamelons. Au dessous de cette couche se voit une faible couche fibreuse , percée de nombreux vaisseaux sanguins, dont les réseaux capillaires montent jusqu’au centre des mamelons supérieurs. Si l’on a eu soin de faire la coupe de manière à conserver la couche visqueuse de mucus, qui couvre toujours la muqueuse, Fon voit cette mucosité répéter en quelque sorte la formation des mamelons, en ce sens que des accumulations plus grandes répondent toujours aux sommets des mamelons, d’où paraissent partir des traits noirs. Les mamelons eux-mêmes présentent un aspect rayonnant.
Ce n’est qu'après ces études préliminaires que l’on peut comprendre l'aspect de la muqueuse sous des grossissemens considérables, qui permettent d’en reconnaitre les élémens. On voit alors (Tab. O, fig. 11) que l’enduit visqueux est composé d’un liquide, dans lequel sont accumulées une grande quantité de cellules épithéliales , qui se montrent à tous les degrés de décomposition ; et dont la plupart sont finement grenues. On remarque en outre, dans ce même liquide visqueux, une quantité de pettes granules libres, tout-à- fait Semblables aux cellules en décomposition; ce qui nous fait penser que le liquide est le résidu de cellules qui ont crevé et se sont vidées.
Celles des cellules qui sont encore entières ont des noyaux; les autres en sont dépour-
vues; il y en a même qui sont tout-à-fait transparentes, et dans l’intérieur desquelles on ne voit ni noyaux ni granules.
Celle mucosité baigne de toutes parts les nn de ou plutôt les plis, grands et petits, de la muqueuse. Ceux-ci sont composés d’une quantité de cellules coniques engrenées les unes dans les autres, comme les pierres d’une voûte , et formant ainsi ce qu'on a appelé un épithélium à cylindre. Sur les bords, ces cellules s’aperçoivent dans toute leur longueur, et forment des rayons partant du centre des mamelons ; au milieu, au contraire, où les coins ne sont visibles qu'en face et non de profil, comme sur le bord, elles paraissent rondes et réunies ensemble comme des cellules en pavé. Chacune de ces cellules coniques a en longueur à-peu-près le triple de sa largeur: elles ont toutes des noyaux, et un contenu plus ou moins grenu. Il parait que ces cellules sont disposées autour d’une cavité médiane, dans laquelle serpentent les vaisseaux sanguins qu'elles entourent de toutes parts. On ne saurait mieux comparer le tout qu'à des panaches allongés dont les plumes représenteraient les cellules coniques, tandis que l’axe du panache serait le tronc médian formé par les vaisseaux sanguins , Tab. O, fig. 11.
La structure de la muqueuse de l’estomac est, on le voit, des plus simples. Une couche épaisse de cellules coniques recouvre le tissu fibreux , en répétant les différens accidens que celui-ci présente. Îl parait que ces cellules coniques sont recouvertes à leur tour par des cellules plates et grenues, qui se trouvent en quantité dans la mucosité qui remplit l'intestin. Ces dernières se renouvellent sans cesse, et ce qui prouve bien qu’elles forment une couche continue en pavé, c’est que plusieurs fois. en comprimant des coupes transversales sous le compresseur microscopique, nous avons vu le fond des anfractuosités se détacher et présenter un rouleau en forme de massue , tel que nous l'avons représenté fig. 11, à droite et en haut. Il nous a été facile de reconnaitre alors que ce rouleau n’était pas composé de cellules cylindriques, mais bien de cellules rondes et aplaties, qui tapissaient le fond du creux, et qui s'étaient détachées en entier par la pression.
Les cellules coniques reposent immédiatement sur les fibres de la muqueuse. Il parait qu'il ya, à la face externe de la muqueuse, une accumulation de cytoblastème rempli de noyaux et de granules, dans lequel ces cellules se renouvellent continuellement; cependant nous n'avons jamais pu réussir à isoler convenablement cette couche, pour l’étudier dans ses détails.
Il n’existe des glandes muqueuses composées ni dans l’estomac,' ni dans aucune autre partie de la muqueuse. Les cryptes de l'estomac, qui s'ouvrent, au nombre de
2 O0 quatre à six au plus, dans une cavité plus grande, et qui sont entourées comme d’un rempart par un pli relevé de’la muqueuse, sont les seuls représentans des glandes, et encore leur structure ne diffère-t-elle en aucune facon de celle des plis qui les entourent. Ce sont de simples excavations destinées à augmenter la surface sécrétante.
Dans l'intestin proprement dit, les cryptes sont encore moins développées que dans l'estomac. Aussi loin que les appendices pyloriques s'étendent, la muqueuse du duodénum , si l’on veut appeler ainsi cette portion de l'intestin, est simplement réticulée ; les plis sont très-peu saillans , les mailles peu profondes, et l’on ne trouve pas cet arrangement de cryptes s’ouvrant dans une excavation commune, comme c’est le cas dans l’estomac. Aussi la structure de la couche celluleuse diffère-t-elle d’une manière sensible. Les cellules cylindriques sont remplacées par des cellules aplaties, comme celles qui sont contenues dans le mucus, et l’on trouve toujours dans l'intérieur des plis, une grande quantité de petites vésicules graisseuses et teintes en vert par la bile, preuve que la bile est résorbée dans l’intérieur de la muqueuse.
La couche la plus superficielle de la muqueuse de l'intestin semble souvent presque dépourvue de structure ; l'on n’y voit qu’un bord lisse , transparent, dont les granules verts ne s’approchent jamais , quelle que soit la pression qu’on lui fasse subir. Examiné de plus près , le bord transparent montre de petites lignes courbes et irrégulières , et l’on ne tarde pas à se convaincre qu’il est formé par des cellules fondues et liées ensemble.
La forme des plis varie beaucoup dans la partie de l'intestin grèle, qui est dépourvue d’appendices pyloriques. On y trouve des plis plus considérables formant tantôt de très-grandes mailles et tantôt des mailles isolées, desquelles partent des plis secondaires rayonnant dans toutes les directions.
La partie postérieure du canal intestinal, qu’on peut considérer comme le rectum . est pourvue de grands plis transverses , qui font le tour de l'intestin. Entre ces grands plis, se trouvent de petits plis secondaires réticulés, à petites mailles, semblables à ceux qui existent dans le duodénum.
Les appendices pyloriques n’offrent pas la moindre différence d'avec l'intestin en général, et l'examen microscopique prouve jusqu’à l'évidence qu'ils n’ont rien de commun avec les glandes, mais que ce sont réellement de petits cæœcums. La fig. 10 de Tab. O représente une coupe transversale d’un appendice pylorique , telle qu’elle se voit sous un faible grossissement. On peut, par ce moyen, se faire une idée nette des rapports des différentes membranes de l'intestin , en les embrassant toutes d’un seul coup-d’œil.
RC
La muqueuse des appendices pyloriques est garnie de plusieurs plis longitudinaux , qui s'étendent tout le long de la cavité ; coupés transversalement, ces plis se présentent sous la forme de villosités faisant saillie dans la cavité interne et remplies d’une quantité de granules graisseuses. La muqueuse parait alors opâque , granulée , fibreuse ; la couche musculaire épaisse, avec fibres croisées, qui, après un traitement préalable à l’acide acétique, montrent une grande quantité de noyaux et de fibres nucléolaires. Enfin, vient à l'extérieur une couche peu considérable de fibres conjonctives appartenant au péritoine. Il est facile de faire ces coupes transversales aussi minces que l’on veut et d'étudier ainsi la formation d’une muqueuse simple sans bourses , cryptes, ni glandes , mais composée uniquement d’une couche cellulaire épaisse , plissée et reposant sur un fond fibreux (*).